Le blog d'André Thomann

  • JE SUIS HARCELÉ

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    Non pas par des jeunes femmes séduites par mon physique exceptionnel, mais par une officine lausannoise qui voudrait que je m’intéresse à l’astrologie et accessoirement que je leur laisse quelques sous.

    Au premier téléphone, j’ai répondu poliment que l’astrologie ne m’intéressait pas. Et j’ai raccroché. Au deuxième, le ton est déjà monté d’un cran, à trois puis quatre, je reconnais avoir été grossier, j’étais poussé à bout. Si l’astrologie doit aboutir à une meilleure connaissance des êtres et des choses, ces messieurs-dames de Lausanne devraient avoir lu dans les astres que l’être Thomann avait l’astrologie en nulle estime.

    Pourtant je reviens de loin. J’avais un oncle en Argovie où je passais mes vacances d’été chez ma grand’mère et où j’ai appris le dialecte. Cet oncle travaillait dans la grande usine du coin la journée et donnait le soir des consultations astrologiques, histoire d’améliorer ses fins de mois. C’est ainsi que j’eus droit à mon thème astral. Pour son neveu, ce fut gratuit.

    Je dis cette seule chose en sa faveur : il était absolument convaincu de ce qu’il racontait et de l’honnêteté de sa démarche. Il m’expliquait d’un ton pénétré, en considérant ma date et mon lieu de naissance, que Jupiter (der Youpiter) avait fait ami-ami avec Saturne, mais avec Mercure en embuscade, quelque chose comme ça. J’avais quinze ans et j’écoutais ça avec intérêt, c’était dit par un adulte, un vrai et son ton était de bon aloi.

    Mais il est vrai que j’eus tôt fait d’oublier les explications du tonton et quand plus tard on me demandait de quel signe j’étais, je faisais l’idiot, j’affirmais avec vigueur que j’étais d’aucun signe. « Mais voyons, tout le monde a un signe. C’est quoi, ta date de naissance ? » « Ça, je ne te dis pas, car tu vas m’abrutir de mensonges astrologiques et si on peut éviter ça… Parlons d’autre chose, tu veux ? ».

    On est étonné du nombre de bipèdes qui estiment l’irrationnel ‘vous pouvez pas dire qu’il n’y a pas quelque chose de vrai sur l’influence des astres, le tarot, la voyance, la télépathie, l’influence du prénom...’

    Ah bon ? Voyons cela d’un peu plus près. Prenons par exemple le prénom. Je clique sur Personnalité de votre prénom et je lis que André, en gros n’a ni vices ni défauts, tout au plus des faiblesses qui peuvent lui nuire s’il a affaire à des ingrats. André est honnête, il a le sens du devoir et aime rendre service aux autres. Avec les femmes, il est un gentleman romantique. Bref, c’est un type bien, ce que je savais déjà, mais le voir confirmé dans le magazine Elle, voilà qui booste mon ego. Autosatisfaction !

    Assez ri ! Les horoscopes, les cartes, la boule de cristal, le marc de café (oui, il existe une caféomancie, vous cliquez sur Marc de café prédictions si vous voulez rigoler un bon coup) sont des billevesées qui ont cours depuis plus de quatre mille ans et qui n’arrêteront jamais.

    J’ai été prof d’anglais. La difficulté dans ce métier est d’essayer de faire parler les élèves dans la langue enseignée. Il y a les timides, les taiseux, ceux qui voudraient bien parler mais qui ne s’expriment pas de peur de faire des fautes. J’étais cependant parvenu à un résultat satisfaisant en lisant avec eux Asimov, le prodigieux auteur américain de science-fiction. Il avait aussi écrit des ouvrages de vulgarisation d’où je puisais un texte sur l’astrologie. Asimov n’hésitait pas à la qualifier d’excrément of the male bovine, soit en un seul mot grossier mais vigoureux bulls..... ! Je ne cachais pas que je partageais avec Asimov cette réprobation, mais alors miracle, des mains se levaient dans la classe pour contrer Asimov et le prof en même temps : But sir… ! Ces bons petits collégiens et collégiennes, en principe en révolte contre le monde adulte dont ils ne faisaient pas encore partie. Mais là, il ne fallait pas dire du mal de l’astrologie et ils tenaient à le faire savoir. Je jubilais, mes élèves parlaient ! Bon, c’était pour dégoiser ces inepties très anciennes et cela prouvait qu’elles étaient encore bien vivaces. Je suis pessimiste.


    Pour ma coda une blague très ancienne mais qu’il est bon de rappeler de temps à autre.
    Un quidam va frapper à la porte d’une voyante. De l’intérieur il entend Qui c’est ?
    Il est reparti.

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  • TOUT TOUT TOUT VOUS SAUREZ TOUT SUR LE ZIZI

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    Non pas sur le zizi en général tel qu’il est décrit dans la chanson hilarante de Pierre Perret mais sur celui unique d’un monsieur Benjamin Griveaux, homme politique français qui, faute d’avoir observé le Onzième Commandement (voir ma coda*) se l’est vu affiché sur la toile alors qu’il lui faisait une bonne manière.

    Comment ce zizi est arrivé là, on ne veut pas le savoir. Mais toujours est-il qu’un russkov l’a découvert et l’a ainsi publié, ce qui a provoqué l’ire de l’intéressé et la consternation d’une partie de l’opinion publique, l’autre partie optant pour la rigolade.

    La teneur des protestations était l’atteinte à la vie privée. Laquelle est indéniable. Mais l’argument de celui qui a dévoilé cette atteinte est qu’il est hypocrite de faire, en tant que candidat à une élection, l’éloge de la famille, objet de tout notre culte, de jouer au père-la-vertu et d’envoyer du porno à l’être aimé qui se trouve ne pas être son épouse.

    Donc notre homme sera puni, normal, mais pas autant que sa victime qui a dû abandonner ses prétentions à la candidature pour la mairie de Paris. Comble de malchance, il était le poulain de Macron qui a dû changer ses plans en urgence. C’est la cata ! Mais il y en a qui se marrent.

    En plus, notre polisson a dû expliquer à son épouse (l’herbe de son pré) pourquoi il a voulu connaître le goût de l’herbe du pré d’une voisine. Et puis il y a ses enfants qui risquent de l’avoir en piètre estime désormais. Bref, le gâchis total. C’est pas à nous que ça arriverait.


    *Le Onzième Commandement nous vient d’Angleterre et il est rédigé dans la langue savoureuse du dix-septième :
    Thou shalt not be caught. (Tu ne te laisseras pas prendre).

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  • DOUCE FRANCE

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    Doux pays de l’enfance de Charles Trenet. Comment rester indifférent à ce pays qui nous lie par son voisinage, par une langue qui nous est commune. Avec peut-être un léger avantage du français romand. Les Français disent serpillière pour panosse, mais il ne peuvent pas en faire un verbe, tandis qu’ici on peut entendre cette phrase : Chérie, il faudrait voir à panosser la cuisine. Certes, mon correcteur souligne en ondulé rouge ce verbe qu’il n’accepte pas, bien que panosse figure dans le Grand Robert.

    Nous leur avons même annexé une montagne voisine qu’on atteint par un téléphérique qui part symboliquement de Suisse et a son terminus en France. On ne saurait être plus cousins. Comment dès lors ne pas s’inquiéter de ce qui se passe chez nos voisins atteints par une guerre civile qui ne dit pas son nom ?

    Car lorsque des commissariats sont attaqués par des bandes armées, lorsque les pompiers sont empêchés de faire leur travail par ces mêmes bandes, lorsque la police, un comble, attaque même les pompiers, lorsqu’il ne se passe pas un jour sans qu’une personne ne soit assassinée à coups de surin, il s’agit bien d’une guerre, n’est-elle pas ? (isn't it?)

    Et on ne parle pas des viols, des femmes tuées par leur mari ou leur ex, une occurrence aussi quasi quotidienne. Ni des adolescents tabassés pour une cigarette refusée, ni de la voiture que son propriétaire allait prendre pour se rendre à son travail et qu’il trouve le matin calcinée. Et ce n’est pas une voiture mais quelques dizaines les jours de liesse.

    Tout cela sous l’œil débonnaire d’un gouvernement totalement dépassé. D’un président qui se prend pour le roi de l’Europe (il multiplie les voyages dans les grandes capitales) alors qu’il n’est qu’un gnome ridicule. Faut dire qu’il a des excuses : adolescent, naïf Hyppolite, il fut la victime d’une Phèdre de province qui lui mit le grappin dessus et ne le lâcha plus. Encore maintenant, C’est Vénus tout entière à sa proie attachée. Il ne s’en est jamais remis.

    Mais ça n’excuse pas certaines bourdes tonitruantes émises urbi et orbi, en France et à l’étranger. N’a-t-il pas déclaré que certains Français étaient des analphabètes, des tire-au-flanc ou des pochtrons. Et la plus belle : selon lui, il n’y a pas de culture française.

    À part ce président sans peur et sans reproche, la France a peur, à tous les échelons. La presse a peur de perdre ses subventions pour un mot de travers aussi use-t-elle d’un langage feutré, elle parle de fait divers quand il s’agit d’un crime, elle ne donne pas le nom ni l’origine des scélérats qui les commettent. Sont peut-être musulmans.

    Les partis politiques ont peur, peur de perdre leurs adhérents soit par leur abstention, soit par leur fuite vers un autre parti. Le résultat, c’est qu’ils évitent de stigmatiser les auteurs des crimes cités plus haut. Sont peut-être musulmans.

    Les ministres, à la botte du président, ont peur de déclencher la catastrophe. Peur d’une insurrection d’une partie de la population qui pourrait déclencher une guerre civile proprement dite. Sont peut-être musulmans.

    Les juges ont peur. Des fois qu’ils condamneraient trop lourdement des trancheurs de carotide et que ses copains les menacent. Sont peut-être musulmans.

    Les civils, les citoyens anciens, ont peur eux aussi. Cela d’autant plus que s’ils se défendent l’arme au poing, c’est eux que la loi punit. On a vu un excédé qui avait tiré, chez lui, sur un cambrioleur être traîné devant les tribunaux. Tel quel.

    Cette absence de la volonté de sévir dans tous les domaines n’est pas sans danger. Dans une Europe qui prend l’eau de toutes parts et qui essaye en vain de maintenir un certain pouvoir face aux géants que sont les USA et la Chine, une guerre civile, il ne manquerait plus que ça !

    Bon, il ne nous reste plus qu’à attendre le résultat que nous donneront les prochaines urnes municipales avec un infime espoir que cela change.



    Ma coda sera pour éclairer Macron, c’est un célèbre alexandrin d’un de ceux qui furent justement un des artisans de cette culture qu’il nie :
    La France, mère des arts, des armes et des lois. (du Bellay, seizième siècle).

    Pour des raisons de dates, ce poète du seizième siècle ne pouvait pas connaître Victor Hugo, Baudelaire, ni Delacroix ni Renoir (arts picturaux), Berlioz ni Ravel (art musical) et encore moins Raimu (la Pomponette, art dramatique) ou La pince à linge (l’humour en art). Macron peut-être non plus.

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