09/08/2018

PURITANISME PAS MORT

On rencontre de curieux zozos quand on feuillette un peu Internet. Cela concerne souvent des sortes de messies convaincus qu’il vont sauver l’humanité grâce à un régime alimentaire approprié : croyez en moi et votre santé est assurée et vous vivrez vieux. Certes cela ne date pas d’hier, on se souvient de la doctoresse Kousmine, une Russe devenue vaudoise qui prétendait frauduleusement guérir les cancers par un régime sans beurre. Une mienne collègue, en parfaite santé, avait été atteinte par le virus kousmitique et déclarait n’avoir plus un gramme de beurre dans son frigo. Un peu de privation afin de vivre longtemps (et aussi d’honorer son père et sa mère pour la même raison), pourquoi pas ? Mais alors, il ne faut pas venir chez Thomann licher le fond du plat beurré comme je l’ai vue faire. La gourmandise avait eu le dessus !

Un de ces gourous de la santé (oups, j’allais écrire sainteté !) m’avait frappé par son aplomb. Il déclarait d’abord ne jamais boire, l’eau indispensable à son organisme lui venait des fruits qu’il mangeait en abondance et des légumes qui sont, comme on sait, gorgés d’eau à quelquefois 80 %, les concombres particulièrement. En théorie, ça se tient et s’il n’a jamais soif, c’est lui qui voit.

Ensuite il soutient qu’on fait trop de repas, un seul suffit, pris en début de soirée. Sa théorie, c’est qu’après un repas, on a envie de dormir, ce qui n’est pas tout à fait faux. Et de prendre l’exemple de l’enfant qui tète et qui en écrase tout de suite après. Là aussi, ça se tient, cela paraît même raisonnable, mais il n’en reste pas moins que la quasi-totalité de l’humanité se sent le matin une fringale que seul le petit-déjeuner peut combler. J’ai moi-même souvent pratiqué le copieux déjeuner à l’anglaise pour la satisfaction de mes papilles et pour une énergie redoublée.

Notre homme va ensuite nous montrer ce que sera son unique repas de la journée. Il sera sans protéines animales, cela va sans dire, et il sera cru. L’orthodoxie alimentaire galopante. Il va prendre une demi-douzaine de légumes et les passer dans une sorte de machine qui les réduira en une purée colorée à laquelle il ajoutera du piment de Cayenne, de l’huile d’olive et diverses épices dont le physialis, une substance dont j’ignorais l’existence et dont l’absence selon lui pouvait avoir les pires conséquences.

Il va manger ça, qu’il appelle une purée. C’est son quotidien, avec des variantes, parfois il y a du céleri, parfois pas. Pas de doute, cet homme est heureux. Petitement. Cette purée qui fait ses délices, elle doit être bien monotone à la longue, surtout qu’on le voit pas l’accompagner d’un verre de vin, qu’il doit considérer comme un poison violent.

Si j’ai voulu dresser le portrait de ce personnage à première vue inoffensif, c’est que je vois en lui une résurgence d’un puritanisme dont on avait cru naïvement être plus ou moins débarrassés. Le puritanisme a des origines religieuses. Il se veut, comme chez les juifs, une privation pour plaire à Yahvé. On ne mélange pas le viandeux et le laiteux, pas d’escalope à la crème, on ne mange pas de porc porteur de maladies ni de fruits de mer. Sauf que Yahvé doit s’en foutre. Le porc impur est un bobard. Lorsque Jésus, le faiseur de miracles envoie les ‘démons’ d’un possédé dans un troupeau de cochons qui avaient eu la malchance de se trouver là, cela prouve qu’il y avait bien des porcs dans le coin et destinés à être mangés, sans dommage pour la santé des bâfreurs. La viande de porc, si elle n’est pas consommée tout de suite se sale ou se fume et se conserve ainsi longtemps. Il n’y a que les rabbins qui ne savent pas ça.

De nos jours, le puritanisme a les mêmes connotations religieuses. Un des avatars de Dieu est maintenant la Santé, à laquelle on mettra une majuscule de déférence. Mais c’est le même principe ou presque, à défaut d’immortalité, il s’agit de vivre longtemps et en bon état. Donc on se prive. Un crudivore doit se passer de riz, de pommes de terre, de nouilles, de viande, sauf peut-être le biftèque tartare (mais ça m’étonnerait), d’un tas de choses qui sont à la base de l’alimentation humaine. Malgré un prosélytisme affiché (‘le crudivorisme sauvera l’humanité’), on voit mal le milliard de Chinois se passer de riz et mâchonner des feuilles de chou à la place. On a cette impression qu’il s’agit là d’une fantaisie de gosses de riches qui s’ennuient. Mais on aurait tort de prendre ce mouvement à la légère. Quand on voit que les végans sont capables de s’en prendre aux bouchers avec violence, on peut avoir les pires craintes. Il y a assez de terrorisme sans ajouter encore celui-là.

 


Nous sommes ici-bas pour rire. Nous ne le pourrons plus au purgatoire ou en enfer. Et, au paradis, ce ne serait pas convenable. (Jules Renard)

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02/08/2018

UN GROS MENSONGE

J’ai entendu ça l’autre jour : IL N’Y A PAS D’APPEL AU MEURTRE DANS LE CORAN. C’est tellement gros que j’ai mis des majuscules. Cela sortait de la bouche d’un de ces musulmans pérorant dans un interview ou sur un plateau de télévision, un homme bien mis, habillé à l’occidentale, l’air distingué de celui qui en sait plus que les autres. Allah sans confession. Il s’agit, contre toute évidence, de rendre l’islam acceptable.

Le problème, c’est que ces olibrius n’ont jamais en face d’eux le journaliste compétent qui aurait lu le Coran et le remettrait à sa place et lui dirait : Monsieur, vous venez de dire un gros mensonge, ce qui est inacceptable dans cette émission destinée à éclairer notre audience. Dès lors, votre présence ici n’est pas souhaitable et je vous prierai de déguerpir. Gardes ! Reconduisez Monsieur.

Vous allez dire que je m’acharne sur la bête. C’est que la bête est trompeuse et ne doit pas être acceptée telle qu’elle est. Les musulmans, ceux qui pérorent, nous reprochent à nous qui sont leurs adversaires déclarés, de ne pas connaître l’islam. Mais justement, si on se renseigne un peu, si on ouvre le Coran, on tombe sur cette sourate VIII, où le verset 5 dit précisément : frappez-les sur leurs cous ; frappez-les aux jointures. Sur leurs cous veut dire à la carotide, le sang gicle et on meurt en quelques secondes. C’est donc bien un appel au meurtre.

Cette prétendue ignorance, nos barbus en profitent, Ils savent que devant un interlocuteur ignare ils peuvent dire n’importe quoi et ça sera avalé tout cru. J’entendais naguère Malek Chebel déclarer que le Coran prônait la monogamie. Fallait oser. Mahomet monogame ? Personne en face de lui n’a moufté. Chebel est mort depuis, et vu ses états de service, il doit être au paradis d’Allah, en train de se taper des gonzesses. C’est ce qu’il a cru toute sa vie. Mais il n’en parlait jamais à madame Chebel.

Lorsqu’on pointe un doigt accusateur sur les nombreux passages violents du Coran, les théologiens musulmans, les savants selon leur vocabulaire, nous expliquent qu’il faut les remettre dans le contexte de l’époque où il a été écrit, une époque difficile où Mahomet était attaqué de toutes parts et ne faisait que se défendre (une version qui n’est pas celle que j’ai citée supra). Mais alors, le Coran devient un récit historique et n’est plus ce bréviaire valable aux siècles des siècles, dicté par Allah et auquel le musulman contemporain doit se conformer en en acceptant tous les préceptes. Non, vraiment, je reste sceptique sur cette Religion dont on nous dit qu’elle est d’Amour, de Tolérance et de Paix, RATP.

 


RATP, Régie autonome des transports parisiens.

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26/07/2018

UNE RENCONTRE

J’ai fait récemment la connaissance d’un musulman algérien qui vit et travaille à Genève depuis bien vingt ans. Résultat : sympathie réciproque et immédiate. Je m’étonnais bien de mon attitude positive, étant donné ce que je sais de l’islam et sur l’attitude de certains Algériens devenus Français mais qui n’en continuent pas moins à agiter le drapeau de leur pays d’origine. J’avais des raisons d’être perplexe. Mais premièrement, ce monsieur ne mentionnait pas sa religion, son prénom certes m’indiquait qu’il n’était ni calviniste ni luthérien. Mais rien de plus. C’est au cours d’une conversation que j’en ai su un peu plus. À ma question voulue anodine de savoir s’il buvait, il me répondit par l’affirmative, un verre de vin aux repas. Ce qui signifiait que le Coran, il en prenait et il en laissait. À la bonne heure ! Il m’expliquait qu’il trouvait le vin agréable à boire et qu’il ne voyait pas pourquoi il s’en priverait, islam ou pas. Un musulman hédoniste.

Il y a d’autres exemples. En Allemagne du sud, dans un restaurant coté que j’ai du plaisir à fréquenter, le sommelier s’occupe avec pertinence de notre bien boire, sait décrire le vin, nous conseille un choix, et il est turc, donc a priori musulman. Il fait ce que le Coran interdit, non seulement ne pas boire mais encore ne rien à avoir affaire avec toute boisson alcoolique, sa vente, son transport. De ces préceptes rigoureux, à cirer il n’en a rien. Pas plus que mon tabac du coin tenu par un Turc également chez qui je peux me fournir en vodka et en whisky (bus modérément, vous pensez).

Cela signifie que ces personnes ont choisi le vrai vivre ensemble, ont choisi de s’assimiler (le mot indique le devenir semblable), sans d’ailleurs renier le pays d’origine. Ils sont généralement bilingues, ce qui est une richesse. Ils ont donc deux cultures mais ils font leur celle de leur pays d’accueil. Je pense aussi à ce Subsaharien, donc de peau foncée, devenu je crois municipal à Bienne et que j’ai entendu employer comme la grammaire le demande l’indicatif après ‘après que’, ‘après qu’il sera’ et non ‘après qu’il soit’, une faute que font beaucoup de francophones. J’imagine que ce monsieur parle le français comme une langue apprise, mais avec brio. Venu d’une culture différente, il respecte la nôtre.

Il s’ensuit que cette assimilation, la religion ni la couleur de peau ne peut y faire obstacle. Et que ceux qui en font l’effort (si c’en est un) sont les bienvenus. On pourrait même imaginer une dernière épreuve à l’obtention du passeport suisse, dont on nous dit que c’est une course d’obstacles.

Vous êtes candidat à notre nationalité dont je n’ai pas à vous rappeler combien elle est désirable. Vous avez répondu juste à toutes nos questions, vous êtes d’accord que Guillaume Tell est un vrai personnage, vous savez que la spécialité de Bâle est le leckerli, bon, vous n’avez pas su l’orthographier, c’est pas grave, que celle de Genève est la longeole, que les combats de vaches n’entraînent pas la mort de l’animal, et vous connaissiez même le nom de l’actuel président de la Confédération. Il nous reste un dernier petit test.

Vous prendrez bien trois décis avec nous. Je regrette mais ma religion l’interdit.
Passeport refusé.

Ou bien : Je veux bien, et si vous aviez du valaisan…
Passeport accordé, il vous sera envoyé par la poste.

 


Viva Bacchus, Bacchus lebe ! (Mozart, dans le jubilatoire Enlèvement au sérail)

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