28/09/2016

L'ARROSEUR ARROSÉ

Dans une démocratie bien conduite et soucieuse de pratiquer les préceptes qu'elle s'est elle-même donnés, la liberté de conscience et celle d'exprimer ce que cette conscience contient est totale, cela va de soi. Mais celui qui en fait usage doit s'exposer à la contradiction. La fameuse phrase de Voltaire (si elle est de lui) qui dit « je ne suis pas d'accord avec vous... » aura été certainement suivie de « mais je vais vous rentrer dans le cadre tant ce que vous dites est débile. » C'est le prix à payer de la tolérance.

Mais il y a un hic. Soit : la tolérance doit-elle accepter l'intolérance qui devrait à terme causer sa propre destruction ? C'est le dilemme des démocraties. Nous avons un exemple patent avec l'éphémère République de Weimar, une première démocratie allemande après des siècles de pouvoir par des autocrates pas toujours bien lunés et des tentatives de gouvernement par le peuple, surtout inspirées par la Révolution de 1789. On pense à la réunion, en 1848, à la Paulskirche de Francfort, d'une assemblée qui tentait de mettre sur pied un système presque démocratique. L'effort avorta, les monarques autocrates allemands continuant à se réclamer de Gott et pas du Volk et ce n'est qu'en 1918 et pour seulement quinze précaires années que s'instaura en Allemagne une réelle mais faiblarde démocratie.

Cette république, obéissant à son ADN, connut entre autres la liberté de la presse dont elle fit d'abord le meilleur usage. Elle autorisa également la publication de livres, dont un certain Mein Kampfr (le camphre a des propriétés anesthésiantes, d'où mon orthographe peu fréquente) d'un certain Adolphe H. (nom connu de la rédaction) et les discours enflammés du même. Au nom de ladite liberté. Mais ce qu'on ne savait pas, ou ne voulait pas savoir, c'est que cette tolérance devait aboutir à l'instauration d'un régime intolérant, par exemple la presse foisonnante des années vingt allait se réduire à un seul journal, le Völkischer Beobachter, rédacteur en chef Joseph Goebbels, complice de l'Adolphe. Cela rappelle alors l'exclamation de je ne sais plus quel calife : il faut brûler les livres, s'ils contredisent le Coran, ils sont nuisibles, s'ils le confirment, ils sont inutiles.

Cette question de la tolérance est au cœur du débat (si débat il y a) que nous avons, à plusieurs, avec Hani Ramadan. Notre homme est foncièrement totalitaire, c'est sa 'religion' qui l'exige. Pour lui, c'est Gott (qu'il appelle Allah) qui est supérieur au Volk. Le Coran est, sur ce sujet, explicite :

et que le culte soit rendu à Allah dans sa totalité (sourate VIII, v. 39)

Si bien que si on suit ce que H.R. demandait dans un blog désormais célèbre, à savoir qu'il aurait fallu faire taire Adolphe H. avant qu'il ne déclenche la Seconde Guerre Mondiale, il faudrait selon cette recommandation empêcher de parole ceux qui demandent le même totalitarisme au nom, non pas du Volk allemand mais de la Oumma, c'est-à-dire le Volk musulman dans sa totalité. Et l'un d'entre eux est justement H.R. qui se répand en lamentations parce qu'un maire de Nîmes lui a interdit de pérorer : « Atteinte à la liberté d'expression » couine-t-il. Son chagrin ne m'arrachera pas la larme d'un seul œil. D'autant plus qu'il récidive en se demandant dans un nouveau blog ce que peut être un authentique républicain. Venant de ce prédicateur soumis à la loi divine stipulée par le Coran, ce texte est aussi crédible que le serait l'éloge de la côte de bœuf par un végétarien.

 


Ein Volk, ein Reich, ein Führer (faites les transpositions nécessaires).

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22/09/2016

THOMANN, D'EXTRÊME DROITE !

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également en leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Et ceci encore :

...et des esclaves nus tout imprégnés d'odeurs
Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le douloureux secret qui me faisait languir.

Ces vers sublimes de Baudelaire, je n'ai pas été chercher dans mon édition des Fleurs du Mal, je les avais dans ma petite tête. Je les savais par cœur.

Or, voici qu'Oskar Freysinger, toujours lui, a demandé dans un de ses dérapages dont ses adversaires font leurs choux gras, que l'apprentissage par cœur soit repris (il avait été supprimé ?) et encouragé. Cette demande à laquelle je souscris évidemment devrait normalement faire l'unanimité. Elle est de bon sens. Mais non, il y a des voix discordantes qui voient d'abord dans toute parole d'O.F. une manifestation de l'extrême droite. Comme j'approuve cette démarche, cela me fait donc un suppôt de ce Satan-là. J'en prends mon parti.

Il faut cependant des arguments pour contrer cette proposition. Selon des spécialistes, apprendre par cœur surchargerait la mémoire. L'imbécillité de cet argument m'a rappelé un souvenir. J'étais adolescent et j'avais eu cette chance d'assister à deux des récitals de Wilhelm Backhaus qui donnait l'intégrale des sonates pour piano de Beethoven. Je ne sais pas si vous voyez ce que cela représente. Elles sont 32, la plus prodigieuse, la Hammerklavier, a une durée d'exécution de 45 minutes. Eh bien, notre homme jouait tout cela par cœur. Il devait en outre connaître également les cinq concertos et Pour Élise en plus. Sans parler d'autres compositeurs. Un vorace, je vous dis. Alors l'argument de la surcharge ne tient tout simplement pas. Dire que nous n'avons plus besoin d'apprendre par cœur parce que nous avons des ordinateurs qui nous donnent le renseignement immédiatement est une balourdise. Car ce que nos balourds oublient, c'est que nous apprenons tout par cœur naturellement à commencer par notre propre langue. L'enfant écoute les adultes, entend des mots, puis de phrases et se les approprie dans sa mémoire, selon ses dispositions, devenu adulte il enrichira ses acquisitions ad infinitum, il peut avoir un vocabulaire sans limites imposées.

Que ferions-nous sans ce par cœur ? Nous serions muets. Lorsque je salue quelqu'un en disant 'bonjour madame', c'est un truc qui sort tout seul, je n'ai pas besoin de sortir un calepin où je trouverais la formule.

On peut distinguer le par cœur nécessaire, son numéro de téléphone, le code de son immeuble, du par cœur simplement utile dans certains cas. Collégien, j'avais appris cette séquence : cesauticaclauné-galbovi-vestido. Keskeceksa ? C'est un moyen mnémotechnique pour se rappeler les douze premiers empereurs romains : César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, etc. Un bon moyen de se rappeler que Titus a succédé à Vespasien et non l'inverse.

Reste enfin le par cœur du plaisir, celui d'un poème qu'on a retenu et qui, remémoré, nous donne un moment d'émotion, car

apprendre par cœur demande un effort, certes,
mais savoir par cœur est une récompense.

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15/09/2016

HANI HONNI

Lors d'une conversation avec mon ami Christian Macherel, nous nous sommes trouvés en totale identité de vue. Je ne trouvais donc pas utile que je me décarcassasse à écrire un texte qu'un autre pouvait écrire aussi bien (je ne dis pas mieux, j'ai ma fierté). Je lui cède donc ma place.

Cette hospitalité a une raison. Mon ami, naïf comme pas deux, s'était fendu d'un commentaire à un blog de Hani Ramadan. N'ayant pas un nom à consonance arabe, il n'avait aucune chance de publication. Voici donc ce qu'il avait osé écrire.

 

Hani Ramadan ne manque pas de culot, on le sait depuis longtemps. Et lorsqu’on répond par un commentaire pertinent à l’un de ses blogs, par ailleurs tous de propagande, il ne vous publie pas. Seuls les internautes qui lui lèchent les babouches, et éventuellement les pro-burqa Ada Mara et Sandrine Salerno, passeront sa censure.

Dans un de ses derniers textes, il demande l’interdiction des partis extrémistes en Europe, le FN par exemple. On veut bien. Mais qu’est-ce que l’extrémisme ? En gros, c’est un package idéologico-politique violent fondé sur des concepts comme la race, la religion, la suprématie de telle ou telle appartenance, le déni des droits humains, la terreur voire la mort comme valeur ultime, la barbarie. Le NSDAP et les bolcheviques par exemple.

L’extrémisme donc, les démocraties doivent s’en méfier et le combattre. On est là toujours d’accord avec notre théoricien de la démocratie, en même temps promoteur de la lapidation des femmes et de la charia, et à ce titre exclu de l’enseignement public genevois, ne l’oublions pas.

Sauf que dans ce cas, il faut aussi ranger parmi les extrémismes l’islam, qui n’est pas une « religion d’amour et de paix », appellation contrôlée chère aux islamo-gauchistes, mais en son essence un projet politique de conquête globale.

À titre d’exemple et afin de montrer la faiblesse des démocraties occidentales, Hani Ramadan fait référence dans son blog, et à juste titre, aux années 1930 et à Hitler : que ne l’a-t-on arrêté plus tôt, on a fermé les yeux et laissé faire, Munich, l’Anschluss, les Sudètes, vous connaissez la suite de l’enchaînement et le résultat final de la barbarie nazie. Nous n’avons rien appris de l’Histoire, nous explique le « Docteur ».

Eh bien justement, l’Histoire nous apprend quelque chose d’intéressant.

Grand mufti de Jérusalem dès 1921, et dès lors autorité islamique suprême, Amin al-Husseini (1897-1974) fut l’un des plus solides alliés d’Hitler et un ami personnel d’Adolf, puis de Himmler, qu’il admirait.

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Il est en relation constante avec Hitler dès 1933. Il s’installe à Berlin début 41 et la première rencontre avec le Führer à la chancellerie date du 28 novembre 41. Il fonde l’Institut central islamique de Berlin dont le but est de promouvoir le nazisme auprès des pays arabes, ses services sont financés par le ministère de Ribbentrop et la SS, il anime des émissions de propagande nazie sur Radio-Berlin en arabe. À Berlin c’est une star qui conseille plusieurs dirigeants nazis sur les possibles modalités de l’extermination des Juifs. Il déclare : « Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, dans l’affirmation de la valeur du combat, de la fraternité des armes, dans la prééminence du chef, dans l’idéal de l’ordre absolu. » Al-Husseini participe à la création de la division SS Handschar en Bosnie, formée de combattants musulmans. Il est chargé de la formation idéologique des soldats d’Hitler et de Dieu : pour lui, le Führer et Allah, c’est la même chose. Début 42 il est fou de joie quand il apprend par Eichmann le principe général de la solution finale. Début 46, il fuit l’Allemagne et gagne la Suisse à bord d’un avion allemand, qui le livre à la France en vue de son procès, prévu à Nuremberg. Comme Eichmann, il s’échappe sous une fausse identité et rejoint Le Caire en mai 46. Plus tard, il deviendra le héros et le mentor d’Arafat. Brillant parcours.

Tout comme son frère Tariq, Hani Ramadan peut se réclamer du grand mufti par l’intermédiaire de son grand-père, Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans : dès 1927 al–Husseini collabore de près avec al-Banna, et, en 1947, grâce à son passé de dirigeant arabe nazi, al-Husseini est nommé adjoint d’al-Banna et chef des Frères musulmans en Palestine.

L’Histoire les rattrape et les réunit tous. On ne répétera jamais assez l’importance de ces liens. Car dès qu’on les connaît, on décode facilement le discours masqué des Ramadan Brothers.

De nombreux historiens ont étudié cette page peu connue de l’islam dans ce qu’il a de plus fondamental : son antisémitisme viscéral, sa valorisation absolue de la mort, sa volonté de totalité. Lisez par exemple l’excellent Matthias Küntzel (« Jihad et haine des Juifs : le lien entre islamisme et nazisme », un livre primé et préfacé par l’écrivain algérien laïc Boualem Sansal) ou encore Antoine Vitkine (« Mein Kampf, histoire d’un livre »). Vitkine nous montre que dans les pays arabo-musulmans, « Mein Kampf » reste un bestseller : et pour cause, le texte hitlérien présente des thèses qui se trouvent aussi dans le Coran. La boucle est bouclée.

 

Heil Allah, Hitleru akbar

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