01/12/2016

OH, BUTAING !

Dans un blog voisin et dans des interviews, Hani Ramadan se plaint des tribulations auxquelles sont soumis ses coreligionnaires musulmans partout dans le monde. C'est curieux, j'avais plutôt l'impression que c'étaient plutôt les musulmans qui tribulaient les autres. Disons qu'il y a plus de musulmans qui égorgent des chrétiens que de chrétiens qui égorgent des musulmans. Qu'il y a en Égypte plus de maisons coptes incendiées et de Coptes harassés que de maisons musulmanes détruites. Il est vrai que dans le Coran, il est dit qu'un musulman qui tue un musulman commet un grave péché, ce qui veut dire que pour les mécréanticides et les athéicides la chasse est ouverte.

Achère (H.R.) se plaint aussi que les Frères Musulmans soient stigmatisés. Les F.M. sont une organisation (terroriste selon l'Égypte, l'Arabie Séoudite et quelques autres pays) mais dont le fondateur Hassan el-Banna est le pépé d'Achère, ce qui explique la position de ce dernier. Mais il y a une raison à l'hostilité que rencontrent les F.M. et qui les rend suspects. Ce mouvement qui se veut le défenseur et le propagateur de la vraie (?) religion arbore sur son drapeau un Coran certes, mais aussi deux sabres entrecroisés qui ne devraient pas être des armes de pure défensive, si on en croit la vie du Prophète telle qu'elle est racontée par certains 'savants' musulmans eux-mêmes. Cela a au moins le mérite d'annoncer la couleur, l'Islam est un combat avant tout, le mot (verbe ou substantif) apparaît de nombreuses fois dans le Coran. Dans une traduction allemande, cela doit faire tout drôle.

Il y a autre chose qui choque dans le Coran. Achère nous recommande de le lire pour tout comprendre et pour que cesse cette nauséabonde islamophobie. Mais justement, le Coran contient une sourate intitulée Le Butin, dans laquelle Mahomet, n'écoutant qu'his master's voice, indique la part qu'il se réserve. Pas bête ! Sauf que le mot fait un peu tache dans un livre censé vous élever l'âme. Le butin, c'est ce que des malfrats vont se partager après un coup réussi, ou des militaires après la conquête d'une ville. Faut-il en déduire... ?

 


Wenn die Soldaten durch die Stadt marschieren... (Chanson populaire allemande)

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25/11/2016

HOMO AKBAR

Selon certains, tout ce qui existe serait l'œuvre parfaite d'un Créateur, auquel il faudrait rendre hommage et lui adresser des prières de reconnaissance. Je vois les choses autrement. Il s'agirait plutôt, si on suit cette doctrine, pour moi d'un bricoleur impénitent qui multiplie les bourdes. Il nous a conçu une Terre où ça bouge tout le temps, une Terre qui crache le feu, qui provoque des vagues énormes qui engloutissent les populations riveraines. On remarquera ici que ceux qui prônent de façon péremptoire ce culte à la divinité, ce sont les musulmans dont la religion a été fondée dans une région qui ne connaît ni les séismes, ni les volcans, ni les tsunamis.

En face du Grand Bricoleur, il y a l'Homme, ci-après sans majuscule, ce citoyen travailleur, inventif, perfectionniste. J'illustre par un seul exemple qui a mon admiration particulière : le viticulteur et/ou vigneron. Certes, le raisin aurait été, selon certaines affirmations, un élément de la Création. Et on veut bien admettre que c'est une réussite, c'est joli, puis goûteux, une grappe de raisin. Sauf que le Créateur en est resté là. Il a fallu que l'homme, avec les qualités que je viens de citer, fasse de cette ébauche la réussite que nous connaissons, le vin. Il a pressé la grappe, il en fait fermenter le jus ainsi obtenu, qu'il rend transparent et délicieusement buvable. C'est son œuvre, et il y a une mention sur certaines étiquettes qui m'émeut toujours, c'est viticulteur-éleveur. Cet homme élève son vin comme il élèverait son enfant. Et en plus, il a eu cette inspiration astucieuse de le mettre dans des bouteilles de litre zéro septante-cinq, ce qui est la quantité parfaite pour être bue avec un ami de la fratrie œnophile. S'ensuivent alors des conversations d'une belle venue que deux cerveaux ainsi stimulés font naître sans effort.

Un tel épisode d'une bouteille à deux s'est passé pas plus tard qu'il y a peu. Les langues étaient déliées et les neurones actifs forcément, et nous en sommes venus carrément à parler de philosophie, comme des grands. Nous en étions venus à vouloir distinguer l'immanence de la transcendance. Immanence : qui est contenu dans un être, qui résulte de la nature même de cet être et non pas d'une action externe. Et c'est exactement ce que nous avions dans nos verres. Quant à la transcendance (légère !), elle venait justement de ce que nous buvions, l'influence invisible. Une transcendance n'a pas toujours à s'appeler Dieu. Spinoza ne dit pas autre chose : Deus sive natura. Il est à regretter que les monothéismes aient sur le sujet une vue aussi étriquée de ce qui est divin. Comme si la Neuvième ne méritait pas aussi d'être 'adorée'. In vino felicitas.

 


Vivat Bacchus, Bacchus lebe, Bacchus war ein braver Mann...
... Es leben die Mädchen, die Blonden, die Braunen…
(Mozart, souvent joyeux, dans l'Enlèvement au Sérail)

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18/11/2016

CET HELVÈTE ENNUYEUX

On entend cela quelquefois : les Suisses sont un peuple ennuyeux. Venant souvent de nos estimés voisins occidentaux. Quand ce n'est pas raciste. (Les deux, mon capitaine !). C'est le fait d'ethnologues amateurs qui passent deux semaines dans notre pays, dans un bon hôtel, on veut le croire, et qui émettent ce jugement péremptoire où la légèreté le dispute à l'impolitesse. Il me font penser à cette sortie de l'irrésistible Groucho Marx (l'impertinence considérée comme un des beaux-arts) : Chère madame, je prends congé, j'ai passé une excellente soirée, mais ça n'était pas celle-ci.

Ce dont notre impertinent ne peut pas se rendre compte, c'est que c'est çui qui dit qui est. Il s'est ennuyé en Suisse ? Mais c'est sa faute, pas la nôtre. On oppose souvent notre calme et notre prétendue lenteur et dont le seul génie est d'avoir inventé le coucou de pendule (autre affirmation insultante) à la pétulance rigolarde des Français.

Mais ne serait-ce pas le contraire ? Alors que nous avons des fêtes, de chant, de gymnastique, de lutte au caleçon (sans violence), de tir (sans cible humaine), de combats de vaches (sans mise à mort), les Français ont des commémorations, si possible devant des monuments aux morts, on marque la date d'un ou de plusieurs armistices, la mort de Jeanne d'Arc, ou encore récemment les victimes du Bataclan, d'un ou de plusieurs Débarquements, le 14 Juillet au moyen d'un défilé militaire. Par parenthèse, la France doit être le dernier pays démocratique qui célèbre sa fête nationale, prussiènement, par un défilé de son armée. Comme la Corée du Nord, mais qui n'est pas franchement démocratique.

On a donc cette impression paradoxale que ce sont les Français qui s'ennuient et qu'il leur faut à tout prix créer des évènements qui animent leur vie monotone et qui leur permettent des week-ends prolongés qui les font aller en province s'ils sont parisiens et à Paris s'ils sont provinciaux. Des petits profits appréciables.

Si à l'ennui, on ajoute l'angoisse, les Français étant champions du monde de la consommation d'anxiolytiques, on a un portrait complet de nos voisins. Nous sommes peut-être ennuyeux (aux yeux des autres) mais nous sommes en bonne santé. C'est déjà ça.

 


Laissez les morts enterrer les morts. (Luc 9, 60)

 

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