22/04/2017

IL FAUT EN RÉFÉRER AU PEUPLE

C'est très exactement la définition de 'référendum'. C'est ainsi que fonctionne le système suisse qui est une démocratie et c'est étymologiquement inattaquable. En France, on planche en ce moment sur le sujet, sans trop savoir de quoi il s'agit. D'où un certain nombre de bêtises proférées. Pour les uns, qui ont vaguement entendu parler de ce qui se faisait dans un pays voisin, le nôtre donc, le référendum pourrait être un remède aux maux (et aux mots) de la France. Pour d'autres, c'est un ogre qui pourrait bouffer ce qui reste de libertés dans leur pays.

Un des arguments des adversaires, c'est que le peuple peut se tromper. Ce qui est vrai, avec cette objection immédiate qui dit que les gouvernants peuvent aussi être dans l'erreur. Alors, que le meilleur gagne ? Ce qui est vrai, c'est que mener un État est une chose délicate qui se fait à tâtons. On essaye de faire au mieux et, en général, cela ne marche pas trop mal. La perfection serait évidemment la charia, estampillée Allah, qui lui ne se trompe jamais puisqu'il est la perfection. Mais notre vanité d'humains fait que nous préférons encore nous débrouiller tout seuls.

Une autre critique dit que l'appel au peuple, c'est ouvrir la porte au populisme. En mettant tout le péjoratif possible dans ce mot devenu maudit. En Suisse, l'appellation officielle est 'votation populaire'. Mais l'adjectif est remplacé par 'populiste' lorsqu'elle déplaît à la réaction. Cette malheureuse épithète n'a pas toujours été damnée. Elle a servi par exemple à définir 'une école littéraire qui cherche dans les romans à dépeindre la vie des hommes du peuple', c'est la définition du Robert, qui ajoute encore : 'importance donnée aux couches populaires de la société (en art, en politique, etc)' sans ajouter un péj. destructeur.

Un reproche qu'on fait aux Suisses, c'est leur peu d'enthousiasme à faire usage de cet excellent système qu'est le leur. Pensez, il n'y a qu'un Suisse sur deux qui prend la peine d'aller voter dans le meilleur des cas. On est à cinquante pour cent, rarement plus. Moi, je vois le verre à moitié plein. Qu'il y ait un Suisse sur deux qui prend la peine de se pencher sur la documentation qui lui est envoyée avant chaque votation, et cela peut prendre plus d'une heure, qui réfléchit sur la décision qu'il va prendre, qui va mettre cette décision à la Poste (déplacement quelquefois par temps froid), qu'il a ainsi le sentiment d'être modestement aux commandes, je trouve ça formidable. Être dans la bonne moitié, un motif de satisfaction citoyenne.

La France est supérieure en tout, c'est son ADN qui veut ça. Le meilleur système hospitalier, le meilleur système scolaire, le meilleur code du travail – 3'000 pages, qui dit mieux ? –, sans compter qu'elle a la plus belle avenue du monde, ni le Liechtenstein ni Saint-Marin ne lui arrivent à la cheville. Cette situation glorieuse a un inconvénient, elle l'empêche, la cas échéant, de demander conseil à des pays qui ont dans certains domaines une expérience qu'elle n'a pas. C'est dommage. Ainsi, notre modeste, par comparaison, pays se ferait un plaisir de lui montrer, exemples à l'appui, comment ça fonctionne, un référendum. Et malgré notre réputation, ça serait gratuit. Offre non limitée dans le temps.


Wir wollen sein ein einzig Volk von Brüdern,
In keiner Not uns trennen und Gefahr.
(Le Serment du Grütli, dans la version de Friedrich Schiller dans le drame Wilhelm Tell, en quelque sorte l'ancêtre de la votation populaire.)

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16/04/2017

...ET ELLE EN EST FIÈRE, CETTE DONZELLE !

Cela se passait à Lausanne. Il y avait une manifestation pour montrer combien les musulmans étaient gentils, ce qui était d'ailleurs vrai, ils distribuaient des chocolats, et combien il était facile de vivre avec eux. C'était dégoulinant de bons sentiments. Une des jeunes musulmanes, copieusement voilée, ne portant donc pas une tenue vaudoise, affichait cette déclaration : je suis fière d'être musulmane. Bon, elle était musulmane parce que, on le présume, ses parents l'étaient. Mais elle serait née à Göteborg, elle serait luthérienne et fière de l'être (mais on ne sait jamais avec les Suédois), née dans le Kent, fière d'être anglicane, à Compostelle, fière d'être catholique (à moins qu'elle n'ait eu des parents « rouges »), et queue de rat et queue de rat.

C'est une fierté qui est due au hasard. Moi même, je ne suis pas fier d'être suisse, ça serait de l'arrogance, mais je suis heureux de l'être. Le destin en a décidé ainsi et c'est une chance. Je pourrais être né au Yémen, en ce moment sous les bombes musulmanes, au Venezuela, sous une inflation galopante, en Afrique, soumis à la famine et aux massacres entre tribus. Non, je suis suisse et j'apprécie. Si je suis fier, c'est à cause de quelques trucs que j'ai réussis dans ma vie, (c'est pas tout négatif), c'est aussi parce que j'ai fait avec constance mon devoir de citoyen qui mettait un bulletin dans l'urne pour que cette nom de dieu de démocratie directe fonctionne.

Pour en revenir à notre donzelle. Je me tue (à moins que ça soit déjà prévu par un jihadiste égorgeur) à renseigner les musulmans fiers-de-l'être que leur religion ne vaut pas un pet, qu'elle est l'ennemie de la liberté, de la culture telle que nous la concevons, que ses textes, mais les a-t-elle seulement lus, sont des incitations à la violence, à la conquête. Je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi ceux qui prient une divinité se croient obligés de passer par une religion qui les brime et les rend stupides. Une simple prière à la maison le matin de bonne heure pour bien commencer la journée ou seulement le dimanche, mais là, attention, selon certains, c'est son jour de repos et il n'aime pas être dérangé. Selon d'autres, c'est son jour de réception. Allez vous y retrouver. Tout cela sans passer par un édifice sacré, cela devrait être suffisant pour satisfaire le Bonhomme. Ce que j'en dis...

 


Heureux ceux qui mangeront des œufs au bacon, car ils auront déjeuné. (Une Béatitude à moi, la neuvième donc.)

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10/04/2017

WELCOME HOME

Pour une fois, je vais défendre Hani Ramadan. Cette reconduite aux frontières est une piteuse gesticulation d'un gouvernement aux abois et qui essaye de faire dans les dernières semaines de son existence ce qu'il n'a pas fait pendant les cinq années de son pouvoir. Chasser notre homme du territoire français, quelle erreur ! On ne lui a pas mis les menottes j'espère, pensez, un docteur ès lettres.

Il ne faut surtout pas empêcher H.R., Achère donc, de s'exprimer et ainsi en faire une victime, un rôle qu'il connaît par cœur. Il faut au contraire écouter son discours et alors lui rentrer dans le cadre, lui voler dans les plumes, le vouer aux jeunes momies, en un mot, le contrer, le mettre en face de ses contradictions et de ses mensonges, car il ment, par omission ou commission, comme il respire. Sa tactique est simple et efficace devant des journalistes qui n'ont jamais mis le nez dans le Coran. Il cite les passages qui lui plaisent et omet ceux qui pourraient fâcher. Et quand on le confronte avec des mots malencontreux qu'il a proférés, il déclare simplement qu'il ne les a jamais dits.

Soit cet exemple précis : parmi les attendus du ministre français de l'Intérieur qui a décidé de l'expulsion il y a cette phrase :

« Une vraie musulmane doit porter le voile intégral en tout lieu et en toute circonstance ; seul le mari doit pouvoir la voir sans voile. »

À quoi Achère répond qu'il n'a jamais tenu de tels propos.

Sauf que si, il les a tenus, c'était lors du fameux débat entre lui et Pierre Cassen. Il a dit exactement ceci :

« Ma femme porte le voile, mes filles portent le voile. Je ne vois pas pourquoi ma femme irait exposer ses charmes à quelqu'un d'autre que moi. »

Donc, pas d'exhibitionnisme malsain de la part de madame Ramadan. C'est elle qui voit. En revanche, un mensonge de toute beauté de la part de son mari. À verser aux archives.

Et puis ceci encore, je vais quand même critiquer notre homme. Dans son communiqué de presse donné à la suite de la décision ministérielle, je note cette phrase : « Dans une république, on dialogue pour se connaître […]. »

Moi, je voudrais bien dialoguer, mais il se trouve que lorsque j'envoie un commentaire à son blog, il ne le publie pas, faut dire que je n'ai pas un nom à consonance arabe et que je ne suis généralement pas d'accord avec lui. Ça fait beaucoup. Notez que ça peut se comprendre. Dans son système, toute décision vient d'Allah, il n'y a donc rien à discuter. Mais alors, il ne faut pas venir parler de dialogue.

 


... menacé par les pieds de la dame au clebs. (Une de ces trouvailles du regretté Jack Rollan. Ce que ça vient faire ici ? Rien, c'est pour le plaisir, et pour rappeler le souvenir d'un homme d'esprit.)

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