04/09/2015

LA MICTION DU MÉRINOS

Une expression populaire un peu vulgaire dit qu'il faut laisser ce noble animal faire ses besoins.

Et aussi en prendre soin. C'est un fait divers qui nous vient de Camberra, capitale de l'Australie, qui nous le rappelle. Un champion de la tonte a été appelé d'urgence après la découverte d'une bête abandonnée à la laine si épaisse que sa vie était menacée. Si les moutons ne sont pas tondus, ils risquent de gros problèmes de santé, voire la mort par hyperthermie et difficultés à se déplacer.

J'ai voulu en savoir plus et j'ai appris que les ovins doivent être tondus comme nous devons aller chez le coiffeur. Faute de quoi, dans la laine qui leur couvre le dos se mettent à pulluler des parasites divers. Faute de quoi également, les ovins que la laine protège en hiver souffrent de la chaleur en été. Un peu comme nous si nous portions un gros pardessus au mois d'août.

Mais il existe un mouvement de mal-inspirés qui s'opposent à cette tonte, ce sont les végétaliens qui ne portent ni ne consomment rien qui provient du règne animal. Si j'en parle un peu, c'est que ces messieurs-dames font du forcing en ce moment. On nous montre par exemple une tonte faite dans des conditions de brutalité inacceptable avec du sang partout, (une scène qui fait penser à l'abattage hallal) en prétendant que c'est ce qui se passe toujours. On pourrait de même montrer un bistouri oublié dans les entrailles d'un patient par un toubib alcoolique et/ou distrait pour interdire désormais toute chirurgie. J'aime à croire que l'opération de la tonte se fait en règle générale sans souffrance de l'animal et, encore une fois, qu'elle lui est nécessaire en raison de ce qui est énoncé plus haut. Dès lors, s'y opposer, c'est s'exposer (non, restez assis !) à l'accusation de cruauté envers les animaux. Qu'ils y réfléchissent bien.

Et pendant que j'ai dans le collimateur ces champions de l'absolu végétal, j'aurais une question. Ils ne mangent pas d'œufs. Fort bien, mais alors il va se produire deux scénarios. Soit les poules, déprimées, vont cesser de se casser le derche pour produire des œufs dont personne ne veut, et alors cela signifie qu'il n'y aura plus de poussins (certains œufs sont fécondés) et alors l'accusation est celle de pousser à l'extinction d'une espèce. J'assume.

Ou alors ces demoiselles (elles ne sont pas mariées au coq, ça se saurait) vont continuer à pondre et comme elles seront, si j'ai bien compris le système (mais il y a un risque) libérées de ce honteux esclavage de la basse-cour, on va les trouver partout, Et pas seulement des poules mais aussi des canards, des oies, des pintades, on va assister à de stupéfiants concubinages, dans les villes et dans les champs, et les œufs ainsi produits vont, faute d'être mangés, pourrir sur place et produire du sulfure d'hydrogène, gaz inflammable et nauséabond. Alors, troisième accusation : pollution de l'atmosphère. Ils auront besoin d'un bon avocat.

Deus sive natura (Spinoza).

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