24/09/2015

LES FINES BOUCHES

On en apprend des pommées sur certains migrants. Déjà en Italie, certains se sont plaints de la nourriture. En Italie ! Peut-être que la pizza n'était pas garnie de caviar et de saumon d'Écosse ; que les pâtes n'étaient pas al dente, on peut toujours critiquer. Sauf que...

Maintenant en Grande-Bretagne, des migrants se sont plaints de la cuisine anglaise. Je sais, vous allez rigoler. Les clichés ont la vie dure : les Frouzes (je sais, c'est politiquement incorrect mais je m'en fous, d'ailleurs il va y en avoir d'autres) pensent que les Rosbifs ne savent pas manger de façon civilisée. Ça va dans les deux sens, les Anglais clichéopathes appellent les Français les Frogs, les mangeurs de grenouilles, et les Allemands les Krauts, les mangeurs de choucroute. À ce sujet, une anecdote : je mangeais dans un famille anglaise et la conversation en était venue aux attitudes des peuples dans le domaine de la nourriture. Mon hôtesse, qui nous avait préparé un repas remarquable, critiquait notre manie continentale de dénaturer les mets. Et de citer cet exemple :

« Vous avez un ananas bien mûr, bien parfumé, mais c'est plus fort que vous, il faut que vous y ajoutiez du kirsch ». Je concédai l'argument en m'exclamant avec un mot français mais prononcé à l'anglaise « Touché(i) ». Le repas se terminait par un melon (récolté dans le jardin). On me le servit en ajoutant « Voudrais-tu un peu de poudre de gingembre avec ce melon ? » Alors j'ai explosé : « C'est bien les Anglais, voilà un melon bien mûr, bien parfumé, mais c'est plus fort que vous, il faut que vous y ajoutiez du gingembre ».

Rires autour de la table car on appréciait ce genre d'humour. Mais j'ajoutai : « Cela dit, je prendrais volontiers du gingembre avec ce melon ». Car il faut savoir que le gingembre est au melon ce que le kirsch est à l'ananas. On est dans le raffinement, qui est propre à toutes les cuisines de bonne culture.

Cela dit, j'ai fait dans les Îles Britanniques (j'inclus l'Irlande), à part quelques expériences calamiteuses, des repas de premier ordre, tant dans les familles que dans les restaurants. Alors, c'est d'eux que je voulais en premier lieu parler, lorsque des réfugiés (on ne sait plus comment les appeler !) se mettent à critiquer la nourriture qu'on leur offre, et je crois comprendre que les Anglais se donnent de la peine pour satisfaire leur appétit, on peut parler de culot monstre. Au cri de « Moi y en a vouloir manger couscous ! », (pas correct non plus) on refuserait les fish-and-chips (qui sont au Royaume-Uni ce que les moules-frites sont au Royaume de Belgique, c'est savoureux et jouissif), les shepherd's pie, les œufs au bacon, alors qu'ils leur sont offerts par le contribuable anglais ? Celui-ci pourra à juste titre rétorquer dans sa langue : « Beggars can't be choosers ». Vous savez tous l'anglais, sinon, il y a les dictionnaires, mais je vous mets sur la piste, l'expression française équivalente commence par « À cheval donné... ».

Good night all.

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