28/09/2015

UN CITOYEN EM...EUR

Et musicien de surcroît. Il a un passé sulfureux, ce Daniel Barenboim. Déjà qu'il avait créé cet orchestre où des Palestiniens et des Israéliens jouent ensemble sous sa direction et ne s'entre-tuent pas, la musique ayant adouci leurs mœurs. Déjà qu'il a accepté la nationalité d'honneur palestinienne, ce qui était une façon extrême de manifester son humour juif. Déjà qu'il avait imposé à un public israélien une œuvre de Richard Wagner, antisémite notoire, certes, mais compositeur considérable, ce qui provoqua grand tumulte et protestations.

Voilà maintenant que notre champion de l'agit-prop remet ça. Il a annoncé ce printemps qu'il entendait jouer à Téhéran avec la Staatskapelle de Berlin. Double tollé. À Téhéran d'abord : un orchestre allemand d'accord, mais pas dirigé par un youpin (leur vocabulaire, j'imagine) et citoyen israélien en plus. Et à Yerushalaïm, où la ministre de la culture va envoyer une lettre à Angela Merkel pour qu'elle empêche cette abomination : on ne va pas jouer chez l'ennemi. La chancelière va évidemment mettre tous ses autres problèmes sous le coude (elle en a quelques-uns en ce moment) pour s'occuper de cette affaire de la plus haute importance.

Cette double position d'intolérance me met hors de moi. C'est entendu, l'Iran n'a qu'une idée, c'est de détruire Israël, on ne sait pas trop pourquoi d'ailleurs. Mais de son côté, je ne sache pas qu'Israël fasse quoi que ce soit pour se rendre acceptable aux pays arabes qui l'entourent pas plus qu'à l'Iran non arabe. Ici, c'aurait été l'occasion : vous voulez nous envoyer des bombes et nous vous envoyons de la musique, n'y aurait-il pas moyen finalement de s'entendre ? Soyez donc chiites types !

On ne peut s'empêcher de penser qu'au-delà des oppositions politiques et stratégiques, il y a un fond d'animosité religieuse criminelle entre les deux camps. Le Coran, lu tant par les chiites que les sunnites, est foncièrement anti-juif (on ne dira pas ici antisémite puisque les Arabes musulmans sont aussi racialement, si j'ose employer ce mot, des sémites).

Et s'il ne se mêlait pas là un peu de jalousie ? Le Coran, cette compresse illisible mais j'ai tout de même essayé, parle du sabre, jamais de la charrue. Dans l'A.T., dès le début, la Genèse, en revanche, il est question (Abel et Caïn) d'agriculture et d'élevage. Les 'Palestiniens' d'alors, pas encore devenus musulmans mais n'étaient pas juifs non plus, élevaient des cochons, la preuve, un terroriste* (nom connu de la rédaction) en fit se noyer dans un lac proche. Il y avait là une agriculture et une viticulture prospères, avec de gros propriétaires terriens que le terroriste vitupérait.

Rien de tout ça dans le système musulman, si, encore une fois, on en croit le Coran. Les seuls pays qui s'en tirent, de nos jours, sont ceux du Maghreb, malencontreusement colonisés par la France. La Tunisie nous envoie d'excellentes dattes, le Maroc des tomates et des haricots. On fera exception pour l'Algérie, pays en pleine déliquescence par la faute d'un régime de militaires qui s'en mettent plein les poches.

Mais pour en revenir à Barenboim, il doit y avoir en Iran des amateurs de musique qui seraient heureux d'entendre ses sons symphoniques venus de Berlin, et en Israël des citoyens qui se fichent totalement de cette polémique. On tient compte de ces dévoyés ?

Hosanna du plus haut des cieux.



* Est terroriste celui qui dit « je ne suis pas venu pour apporter la paix mais le glaive ».

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24/09/2015

LES FINES BOUCHES

On en apprend des pommées sur certains migrants. Déjà en Italie, certains se sont plaints de la nourriture. En Italie ! Peut-être que la pizza n'était pas garnie de caviar et de saumon d'Écosse ; que les pâtes n'étaient pas al dente, on peut toujours critiquer. Sauf que...

Maintenant en Grande-Bretagne, des migrants se sont plaints de la cuisine anglaise. Je sais, vous allez rigoler. Les clichés ont la vie dure : les Frouzes (je sais, c'est politiquement incorrect mais je m'en fous, d'ailleurs il va y en avoir d'autres) pensent que les Rosbifs ne savent pas manger de façon civilisée. Ça va dans les deux sens, les Anglais clichéopathes appellent les Français les Frogs, les mangeurs de grenouilles, et les Allemands les Krauts, les mangeurs de choucroute. À ce sujet, une anecdote : je mangeais dans un famille anglaise et la conversation en était venue aux attitudes des peuples dans le domaine de la nourriture. Mon hôtesse, qui nous avait préparé un repas remarquable, critiquait notre manie continentale de dénaturer les mets. Et de citer cet exemple :

« Vous avez un ananas bien mûr, bien parfumé, mais c'est plus fort que vous, il faut que vous y ajoutiez du kirsch ». Je concédai l'argument en m'exclamant avec un mot français mais prononcé à l'anglaise « Touché(i) ». Le repas se terminait par un melon (récolté dans le jardin). On me le servit en ajoutant « Voudrais-tu un peu de poudre de gingembre avec ce melon ? » Alors j'ai explosé : « C'est bien les Anglais, voilà un melon bien mûr, bien parfumé, mais c'est plus fort que vous, il faut que vous y ajoutiez du gingembre ».

Rires autour de la table car on appréciait ce genre d'humour. Mais j'ajoutai : « Cela dit, je prendrais volontiers du gingembre avec ce melon ». Car il faut savoir que le gingembre est au melon ce que le kirsch est à l'ananas. On est dans le raffinement, qui est propre à toutes les cuisines de bonne culture.

Cela dit, j'ai fait dans les Îles Britanniques (j'inclus l'Irlande), à part quelques expériences calamiteuses, des repas de premier ordre, tant dans les familles que dans les restaurants. Alors, c'est d'eux que je voulais en premier lieu parler, lorsque des réfugiés (on ne sait plus comment les appeler !) se mettent à critiquer la nourriture qu'on leur offre, et je crois comprendre que les Anglais se donnent de la peine pour satisfaire leur appétit, on peut parler de culot monstre. Au cri de « Moi y en a vouloir manger couscous ! », (pas correct non plus) on refuserait les fish-and-chips (qui sont au Royaume-Uni ce que les moules-frites sont au Royaume de Belgique, c'est savoureux et jouissif), les shepherd's pie, les œufs au bacon, alors qu'ils leur sont offerts par le contribuable anglais ? Celui-ci pourra à juste titre rétorquer dans sa langue : « Beggars can't be choosers ». Vous savez tous l'anglais, sinon, il y a les dictionnaires, mais je vous mets sur la piste, l'expression française équivalente commence par « À cheval donné... ».

Good night all.

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14/09/2015

MALHEUR AUX BARBUS

RaduLupu.jpg

 

Mais pas à tous, disons. Il y a une vingtaine d'années, j'en avais entendu un qui m'avait subjugué.

Cela ne se passait pas dans une mosquée, où je crois que je n'aurais pas le droit de pénétrer même en me déchaussant, mais dans une salle laïque qui peut, en de certaines occasions, offrir une transcendance palpable à ceux qui s'y trouvent réunis, c'est le Victoria Hall à Genève. Ce soir-là, on vit arriver un barbu, donc, le cheveu plutôt hirsute, une démarche un peu d'homme des bois, mais cet aspect quelque peu défavorable disparut vite quand il mit les mains sur les touches du piano. Il commença son récital (ah, je me rends compte que je n'ai pas encore dit son nom : Radu Lupu, un tout grand pianiste roumain) avec la Fantaisie en ré mineur de Mozart, une œuvre facile, sans grande virtuosité, sans gestes grandioses, et par là même difficile car tout est dans l'intériorité. Le public ne s'y trompa pas, nous avions affaire à un grand bonhomme qui plaçait la délicatesse avant les effets de manches.

Je pensais à cet admirable barbu l'autre jour et il m'est revenu l'image de son contraire, l'imam de Brest, barbu également, soigné de sa personne, vêtu avec recherche, souvent en « lin » blanc, mais sans « probité candide », comme l'aurait souhaité Victor Hugo. Et pour la gestuelle, alors là, il met le paquet, les mains n'arrêtent pas de bouger, souvent l'index est tendu vers le ciel pour indiquer qu'Allah est là et nous regarde. La voix est forte fff, le débit rapide prestissimo con fuoco, un virtuose, quoi !

Mais c'est ce que dit notre savonarole qui nous intéresse. Alors que Radu Lupu nous fait comprendre que la musique, qu'on la joue ou qu'on l'écoute, nous plonge dans une heureuse ferveur, notre imam est d'avis contraire : la musique, c'est haram, impur, elle empêche de se concentrer sur la seule activité licite pour un musulman, l'adoration d'Allah. Il se fonde sur les hadiths du Prophète qui sont péremptoires : n'a-t-il pas dit que celui qui écoute une chanteuse aura du plomb versé dans les oreilles ? J'ai lu ça quelque part. On a même vu notre homme s'adresser à des gamins et gamines de peut-être dix ans, mais les petiotes déjà voilées, et leur expliquer que s'ils continuent à écouter de la musique, ils iront en enfer. Cela sans que la police intervienne pour faire cesser cette violence faite à des enfants.

Le problème avec ces tonitruants prédicateurs, ça n'est pas tant qu'ils croient en Allah, ça, c'est pas grave, après tout Claude Vorilhon (encore un barbu, on n'en sort pas) croit aux extraterrestres sans que cela surprenne personne, mais qu'ils en font une sorte de Gestapo céleste (schnell, schnell, Achtung, aufhören) qui envoie se faire exterminer les moindres contrevenants. L'enfer musulman est une sorte de camp d'extermination, on n'en sort pas vivant. Alors, à ce barbu énergumène je préfère mon barbu gentleman du début. Mon choix est fait.

Le monde est tout petit pour ceux qui aiment Allah d'un aussi grand amour. (Presque le Prévert des Enfants du Paradis).

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