28/12/2015

A MODEST PROPOSAL

C'est ce sympathique forban de la satire irlandaise, Jonathan Swift, qui proposait modestement que les Irlandais, en permanence victimes de famines, fricassassent leurs nouveaux-nés et s'en fissent un repas, histoire d'obtenir un apport appréciable de protéines animales. À prendre, qui en douterait, au second degré.

J'ai moi-même une modeste suggestion à faire, également au second degré, mais ça sera au lecteur de juger. Il s'agit de savoir quoi faire des vandales qui ont écumé nos rues certain soir et qui ont commis de coûteuses déprédations : arcades privées plus monuments publics. Il faudrait naturellement qu'on les attrape, ce qui n'est pas encore fait, on a même l'impression qu'on ne se hâte pas vraiment en haut lieu.

Il faut dire que lors du cortège des collégiens à l'Escalade, les policiers étaient en nombre alors que pour cette manifestation annoncée également mais interdite et dont on savait qu'elle ne se passerait pas bien, on s'est contenté d'un effectif restreint. Il y a des chiffres inquiétants. Aucun doute, les bonnes décisions n'ont pas été prises : haro sur le Maudet !

En admettant qu'on puisse mettre la main au collet de ces trublions, opération glandilleuse, on nous dit que certains étaient venus d'ailleurs, d'outre-röstis même, et sont repartis de Piogre mission accomplie et bien le bonjour !, on peut se demander ce qu'on va en faire.

Pour la prison, on va devoir choisir entre plusieurs chefs d'accusation, trouble à l'ordre public, dégâts matériels (on a évité, était-ce voulu ? les violences physiques), manifestation non autorisée, on peut leur accrocher des tas de trucs dont aucun ne mérite vraiment une incarcération.

Les faire payer ? Faudrait qu'ils soient solvables, qu'on puisse puiser dans leur compte en banque, mais ce sont justement des personnes à ne pas en avoir.

Or, punition il doit y avoir.

J'aurais ma modeste petite idée. Il faut leur faire honte, pas une petite honte entre amis, une honte tenace, publique, qui les empêchera de recommencer. On remet en vogue un instrument médiéval, le pilori. Vous savez, deux planches à la verticale avec trois trous, un pour la tête et deux pour les bras. Facile, un charpentier vous fait ça en trois coups de scie. On met l'appareil au Molard, lieu passant où chacun se fait sa petite réflexion. Le coupable y est enfermé pendant quelques heures avec une inscription :

Je suis un con, je ne sais que taguer et casser. J'ai parlé de culture, mais je ne sais pas vraiment ce que c'est. L'opéra, c'est de la culture ? Je rigole et je tague. Beethoven, jamais entendu parler. Merde à qui me lira !

Les Droits de l'Homme vont hurler : Procédé dégradant ! Mais vu ce qui s'est passé au Grand Théâtre, c'est dégradant, dégradant et demi. L'intéressé s'en remettra, ce qui n'est pas le cas pour la peine de mort, beaucoup trop définitive. Et je reste convaincu que notre homme ne va pas récidiver de sitôt et qu'il ira plutôt se cacher. Sur la lancée, on pourra appliquer le système aux « sportifs » qui caillassent le bus de l'équipe adverse victorieuse. Toujours dans l'hypothèse qu'on les attrape. La méthode a de l'avenir.

 

Pour ma coda, une (double) contrepèterie :

La philanthropie de l'ouvrier charpentier.

14:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je serais plutôt pour une cabine vitrée dans laquelle ces "bobets" seraient enfermés sans pouvoir se soustraire aux regards des passants; passants qui auraient l'autorisation de salir frapper et dégrader à leur guise la cabine en question jusqu'à ce que ces "bobets" soient tellement reconnaissant d'être protégés par les vitres de la cabine qu'ils n'auront plus jamais envie de faire du mal à une vitrine.

Écrit par : norbert maendly | 28/12/2015

Les commentaires sont fermés.