29/04/2016

Y A D'LA JOIE ?

Comme tout le monde sur cette planète, j'ai écouté, voire fredonné des chansons. Les unes universelles, elles ont franchi les frontières : Kalinka, Lily Marleen, Bella Ciao. Quelquefois elles étaient américaines, j'ai siffloté quand Frank Sinatra (the Voice) chantait Something Stupid ou My Way.

Mais c'est dans l'opulent vivier de la chanson française évidemment que j'ai pêché mon plus grand plaisir. Au début, c'était les 'grands' des années trente-quarante, Maurice Chevalier : Dans la vie faut pas s'en faire, Prosper Yop la boum ; Charles Trenet : Y d'la joie, Un jardin extraordinaire (celle-là, elle est parmi mes dix toutes meilleures) ; Joséphine Baquère : J'ai deux amours ; Rina Ketty, J'attendrai ; Tino Rossi (mais oui) : Marinella.

Puis sont venues de nouvelles générations. Brassens, Les bancs publics, L'Auvergnat ; Léo Ferré : Jolie môme, Merde à Vauban ; Aznavour : Je m'voyais déjà, For me... formidable ; Gilbert Bécaud : Les marchés de Provence, Natalie* ; Yves Montand : Les feuilles mortes, À bicyclette. Serge Reggiani : Les loups sont entrés dans Paris...

Et puis les dames. Gréco : Si tu t'imagines, Déshabillez-moi ; Piaf : La vie en rose, Non, je ne regrette rien ; Barbara : Dis, quand reviendras-tu ?, et surtout Göttingen, qui me tire des larmes à chaque fois.

Il y avait là, et je n'ai pas cité tout le monde ni toutes les chansons, un foisonnement de textes, selon le cas drôles, tendres ou percutants, de mélodies heureuses qui vous trottaient longuement dans la tête. Il y avait surtout des voix qu'on reconnaissait vite et qui étaient au service d'une diction qui permettait de comprendre chaque mot, ce qui était le but premier de l'exercice. Un chanteur qui aurait murmuré dans sa barbe, on l'aurait prié de dégager. Or, il semble que ce bonheur n'existe plus. Barbe ou pas barbe, les, comment dire ? chanteurs actuels ne font plus que murmurer.

J'ai pris un exemple, pas tout à fait au hasard. Benjamin Biolay s'est fendu d'un hommage à Trenet, en choisissant des chansons moins connues que les grands tubes. Bien, mais il aurait fallu que les exemples qu'il nous donne soient chantés avec une articulation exemplaire. On est loin du compte. Biolay émet des sortes de grognements qui rendent les paroles incompréhensibles. Je ne suis d'ailleurs pas seul à le penser. Dans une interview, un critique musical (du Figaro Magazine, s'il vous plaît !) parle de Biolay, en référence au surnom qu'avait Trenet, comme du 'mou chantant'. J'aurais pas osé mais je souscris à cette appellation.

Bon, si dans la nouvelle génération un talent indiscutable était apparu, je serais heureux qu'on me le signale. En attendant, je reste sur ma faim.

 


P.S. : C'est entendu, Prince aura été le plus grand musicien de tous les temps. Mais je trouve qu'à sa mort, on en a fait un peu beaucoup.

 


* Natalie doit s'écrire sans 'h'. L'étymologie est 'natalis', qui a trait à la naissance (du Christ), comme Noël. Il ne viendrait à personne l'idée d'écrire Nhoël.

 


Y a d'la joie, bonjour, bonjour les demoiselles...

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22/04/2016

PAS LA HAINE, LA CRAINTE

L'islam demande à ses adeptes de nombreux mouvements contorsionnistes, lors des ablutions, de la prière, du coït. Mais il y en a un qu'ils ne maîtrisent pas, c'est le haussement d'épaules. Pour les caricatures, ils auraient pu y aller d'un simple 'laisse béton', nous sommes un milliard et demi sur cette planète, ce n'est pas un dérisoire graphiste du Jutland (d'abord, c'est où, le Jutland ?) qui va croire qu'il peut nous vexer. Et de passer outre.

Bien au contraire, ils ont poussé en chœur des cris d'animal blessé, relayés en solistes par les imams, dont les locaux, nommément ces bons messieurs Ramadan et Houardiri.

'En face', il y a cette incapacité de taper du poing sur la table. C'est le geste impossible, dû à la trouille, à des intérêts électoraux ? Les deux, mon capitaine.

Ainsi le président de nos voisins français. Lorsque dans un sursaut d'énergie il s'emporte et prend une décision péremptoire, c'est sur des sujets de troisième ordre : désormais, 'sur' s'écrira sans circonflexe dans tous les cas, rugit-il, en soutenant sa ministre de l'Éducation. On voit l'impact que cet ukase va avoir sur les populations. On frise la manif !

En revanche, si la chose est d'importance, monsieur ne bouge pas, il y va même d'un gros mensonge. Dans le cas de l'imam de Brest qui prône le caractère impur de la musique (voir mon blog Swiss bashing et sa vidéo) et déclare que ceux qui s'y adonnent seront transformés en singes et en cochons, monsieur le président déclare que la mosquée est fermée et que l'imam a l'interdiction de parler. Mais cela est faux. Le Télégramme de Brest a enquêté : la mosquée est toujours ouverte et le verbe y est libre. Quant à l'imam, il n'a pas été conduit à l'asile psychiatrique le plus proche où sa démence même pas sénile aurait dû être la destination. Mais pour prendre ces mesures urgentes et de bon sens, le président aurait risqué de déplaire à la frange musulmane de son électorat.

Il ne s'agit pas évidemment de haïr l'imam de Brest mais de craindre cette doctrine qu'il propage (il y a d'autres exemples de son fanatisme dément) et qui, si elle devait s'imposer, nous mettrait dans une situation de soumission dont il serait impossible de sortir.

Et en même temps de fustiger la pusillanimité de ceux de nos dirigeants qui ne font rien pour lutter contre le fléau et haussent, eux, coupablement les épaules.

 

On ne le répétera jamais assez :
Il y a pire que le bruit des bottes, c'est le silence des pantoufles. (Max Frisch)

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13/04/2016

TOUJOURS VÉRIFIER SES SOURCES

Dans une école de Bâle-CAMPAGNE (c'est pas à Bâle-VILLE qu'on vivrait de telles horreurs) une enseignante a refusé de serrer les mains de deux élèves au prétexte qu'ils étaient musulmans. Les musulmans du diocèse de Bâle, les deux demi-cantons réunis, sont furieux de ce comportement « raciste ».

Pardon ? Oui, j'écoute... On me signale dans l'oreillette que les choses se sont passées différemment. Ce sont les deux garçonnets qui ont refusé. À la bonne heure ! L'enseignante est exonérée, elle n'est pas raciste (mais pour combien de temps encore ?). Les musulmans sont restés calmes, même qu'ils jubilent.

Et moi, je me suis encore planté. Les lecteurs voudront bien m'excuser.

 


Heureux ceux qui ont faim et soif de justice car ils s'en mettront plein la panse.
(Une des béatitudes, nouvelle traduction).


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