27/05/2016

UNE DAME PRESQUE RAISONNABLE

Madame Saïda Keller-Messahli est d'origine tunisienne, musulmane, elle vit depuis de nombreuses années en Suisse où elle a épousé un citoyen de notre pays. Pour commencer, SKM est une stupéfiante polyglotte : langue maternelle arabe, français au riche vocabulaire et prononcé sans accent, dialecte alémanique si authentiquement juste qu'on le croirait prononcé par un Zurichois 'de souche', plus, si besoin est, le hochdeutsch également maîtrisé de façon exemplaire. Et cela non pas pour tenir un discours blablateur mais pour exprimer des opinions sensées et quelquefois (le plus souvent) dérangeantes.

Je l'écoutais récemment sur les ondes de Sottens* dans l'émission-interview de sept heures trente. Le sujet était d'abord la création d'un musée musulman à La Chaux-de-Fonds. Teneur de sa position : il faut peut-être se renseigner sur le financement de ce musée, les fonds venant de l'étranger et pouvant servir aussi à une pénétration d'un islam critiquable. Dans l'ensemble de ses interventions, radio et télévision, le discours est toujours le même et n'évite pas les sujets qui fâchent.

Florilège : le port du voile est le signe de l'obsession des musulmans du corps de la femme jugé impur ; le contrôle aux frontières est nécessaire, on doit vérifier que ceux qui veulent entrer chez nous n'ont pas des motifs négatifs ; en Allemagne, les mosquées doivent être surveillées, il s'y passe des choses inquiétantes (on croirait entendre l'ami Freysinger !) ; la situation des femmes en Tunisie (d'où elle revient) a empiré avec les extrémistes qui les briment, sous le régime policier de Ben Ali, au moins les femmes se sentaient en sécurité, ce qui ne justifie évidemment pas son régime.

Voilà donc un discours musulman qui tranche avec celui, rétrograde, d'un Blancho, avec celui tonitruant d'un Ouardiri et avec les prêches intégristes mais soporifiques de Hani Ramadan. SKM ne porte pas le voile, elle va cheveux au vent et rien ne la distingue d'une Suissesse lambda. Contrairement à la jusqu'au-boutiste Nadia Karmous dont la tenue la protège du froid même pendant la canicule.

Mais il faut que j'explique le 'presque' de mon titre. SKM est présidente d'un Forum pour un islam de progrès. L'intention est bonne mais est-elle réaliste ? Si on considère que le Coran est immuable et ses préceptes valables jusqu'à la fin des temps (date non encore fixée), l'islam ne peut dès lors pas progresser et doit rester ce qu'il est. On se heurte donc à cette impossibilité : supprimer du Coran tous les passages qui enjoignent au musulman pur et dur de tuer les mécréants où qu'il se trouvent et aussi les descriptions sadiques de l'enfer. SKM doit les connaître, ces versets monstrueux. Comment peut-elle s'en accommoder ? Je suis toujours surpris de constater que ceux qui croient en Dieu se sentent obligés d'adhérer à une religion qui leur demande des choses pas possibles. Serait tellement plus simple et moins contraignant de prier tout seul, et sincèrement si ça se trouve. Et plus besoin alors de rémunérer les prêtres, de quelque dénomination que ce soit, et les privant ma foi ainsi d'un gagne-pain facile mais abusif.

 


*C'est ainsi qu'on disait dans mon jeune âge, et aussi Beromünster et Monte Ceneri. Ce n'est pas maintenant que je vais changer de vocabulaire.

 


Oh ho, fit-il en lui-même et en portugais, car il parlait indistinctement les deux langues.

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20/05/2016

MAIRES D'AUJOURD'HUI, MAIRES D'ALORS

Les maires ne sont plus ce qu'ils étaient. Voyez ce maire musulman de Londres. Son élection a fait couler beaucoup d'encre et je vais y ajouter celle de ma propre imprimante.

Un maire musulman et pratiquant est une contradiction, parce qu'avec lui, on élit quelqu'un dont le système mental est opposé à celui de la démocratie, même si nos politiciens, naïfs jusqu'à l'os, prétendent le contraire. C'est pourtant bien simple. L'islam ne conçoit pas le débat, la loi a pour source la divinité, appelée donc Allah. Elle ne saurait donc être que parfaite, alors qu'y a-t-il à discuter ?

En face, la démocratie fait piètre figure, avec ses palabres, ses atermoiements, ses errements. Une loi faite par les hommes, vous voyez le déficit. Pourtant...

Un proverbe m'a toujours hérissé le poil, c'est 'la parole est d'argent, le silence est d'or'. C'est le proverbe aimé des dictateurs. Donc des monothéismes. Dieu a créé le monde en six jours et celui qui dira autre chose, on lui coupera le sifflet dare-dare, oui, ne soyez pas ce mécréant. Le Coran dit, entre autres incongruités, que le Soleil tourne autour de la Terre, et le musulman est prié de le croire. En fait, le musulman est un être muet, il n'a le droit de parler que dans la prière, qui est un geste vertical. Tandis que le démocrate auquel il s'oppose est dans l'horizontalité du discours avec ses semblables, dans le débat justement, avec ce que cela comporte, il est vrai, de défauts.

Reste à savoir comment ce maire va se comporter. À l'évidence, il a été élu avec beaucoup des voix de ceux des musulmans qui sont de nationalité britannique. Il va donc ne faire à ces messieurs-dames nulle peine, même légère. Il ne va pas décréter qu'une seule prière, si elle est sincère, est suffisante et n'a pas besoin d'être suivie de quatre autres ; et que dès lors une salle de prière dans les usines ou les bureaux n'est pas indispensable ; que le jeûne hypocrite (on mange simplement à d'autres heures) du ramadan est un désastre diététique et social ; que les quartiers de non-droit, à Londres et d'autres grandes villes, où des commandos anti-bière sévissent, il va y mettre bon ordre. Vraiment, je ne le vois pas faire ça. Le Royaume-Uni a fini par se débarrasser du dimanche anglican (j'ai connu ces journées maussades et ennemies d'une bonne pinte) et voilà qu'il sombrerait dans un nouveau et strict puritanisme. Cela pend au nez des Londoniens comme un sifflet à deux ronds.

J'ai là une vue pessimiste. Puissé-je avoir tort.

 


P.-S. : J'ai crypté le nom de l'auteur de l'Origine des Espèces, juste pour rire.

 


God save néanmoins the Queen.

 

 

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13/05/2016

C'EST VRAI, CETTE HISTOIRE ?

Il y a des faits qui sont tellement ahurissants qu'on peut se demander si ce n'est pas premier avril tous les jours de l'année. En voici un que je tire de Riposte catholique auquel je m'abreuve quelquefois, faut tout connaître ! Or, il doit être vrai, un catholique ne ment jamais, à ce qu'on m'a dit.

Mais d'abord un petit rappel de culture musicale. Mozart a écrit, entre autres opéras, Don Giovanni, et dans cet opéra il y a une scène réjouissante (musique et texte) dans laquelle Leporello, le valet de D.G., explique le topo à une femme qui se plaint d'avoir été séduite puis abandonnée par le tombeur. Teneur du propos : « Consolez-vous, ma petite dame, vous n'êtes pas la seule. » Et de lui montrer la liste de ses exploits, par pays. Il y en a dans toute l'Europe, en Italie, en France, en Allemagne, en Turquie...

Et c'est là que ça coince. Les services secrets du président turc, après enquête à Berlin, ont signalé au président que la Turquie donc, faisait partie des pays victimes du séducteur. Son sang n'a fait qu'un tour, il a pris son air dogue en poussant des cris affreux. L'Allemagne va me le payer ! Il somma d'abord Mozart et son librettiste da Ponte de supprimer la mention de la Turquie. Les femmes turques ne se font pas violer. Qu'on se le dise. Le président se trompe d'ailleurs, D.G. ne violait pas ses conquêtes, il les avait au baratin.

Mozart et da Ponte, étant incapables d'obéir à cet ordre pour cause de décès, c'est le théâtre de Berlin qui devait produire l'opéra qui s'en chargea 'carpettissimo'. N'est-il pas séant de s'aplatir devant la puissance ottomane ?

Ce qu'il aurait fallu au contraire, c'est un Allemand au derrière velu (l'expression authentique serait trop vulgaire pour que je l'écrivisse ici) qui signalât poliment à notre énergumène qu'il peut aller se faire foutre. Il n'y a plus d'Allemand ni d'Européen d'ailleurs de ce calibre. Si Bruxelles acceptait la Turquie dans l'Europe, ça serait, entre autres, la seconde mort de Mozart et celle de quelques génies équivalents. On est mal barrés.

 

P.-S. : Par répugnance, je n'ai pas nommé le président turc en toutes lettres. Mais il apparaît crypté dans mon texte. À vous de le trouver, egregio lettore.

 


Ma in Hispania son gia mille e tre, mille e tre... (dans cet air de Leporello).

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