18/08/2016

DES SPORTIFS RÉPUGNANTS

On nous a toujours seriné que le sport, c'était la loyauté, le fair-play, le respect de l'adversaire, l'acceptation de la défaite. Et allez donc, des slogans en acier chromé, inusables. Coubertin tin tin !

Or, j'ai dans l'idée que ça n'est plus ça. De récents épisodes le prouvent. Une équipe française d'escrime s'exprime en ces termes : « on va leur foutre une branlée, à ces Italiens ». Puis plus tard, après leur victoire, « la rouste qu'on leur a foutue ! » Nul doute que les Italiens, s'ils avaient battu « questi maladetti Francesi » auraient usé du même vocabulaire brutal. Il ne s'agit plus de battre l'adversaire, l'ennemi donc, mais de l'abattre. Ce petit « a » change tout.

Irrespect de l'adversaire, suite. Il s'agissait de transporter des sportifs d'un lieu à un autre au moyen d'un bus. Pas de problème. Sauf qu'il y avait des sportifs arabes et des sportifs israéliens. Pas question qu'ils montassent ensemble. On a donc frété deux bus, un pour les sémites arabes, un pour les sémites d'Israël. Il a dû se greffer là-dessus un motif religieux, allez savoir ! Une bagarre d'évitée !

Irrespect, ter. Un judoka égyptien, un gros patapouf, catégorie 100 kilos, a refusé, à l'issue d'un match qu'il a perdu, de serrer la main de son adversaire, faut dire que celui-ci était juif. Il refusa également la révérence de fin de match, laquelle est traditionnelle dans les arts martiaux japonais et fut rappelé pour cela par l'arbitre de la rencontre. Vraiment un homme d'une exquise politesse.

Pour le fair-play, faudra également repasser. Dans les épreuves cyclistes, des petits marioles munissent leur vélo d'un petit moteur électrique difficilement détectable qui les aide dans les montées et leur assure un supériorité sur ceux qui se contentent des muscles du mollet. C'est le progrès, ma brav' dame.

Quant à accepter loyalement la défaite, pas question. Notre énergumène égyptien a dû subir les imprécations de sa presse : pour avoir perdu contre un Juif, il était traître à la Nation, un deuil de trois jours était presque à l'ordre du jour. Ce que les sportifs, tous, n'ont pas compris c'est cette chose pourtant évidente : dans une compétition, s'il y en a un qui gagne, il y en a aussi un qui perd. C'est la logique même. Avec l'appui d'une presse sans retenue, cette logique n'a pas cours : on doit gagner, c'est écrit dans le ciel. Et si on perd malgré tous les pronostics, on incrimine l'arbitre, le dopage éhonté du concurrent, l'hostilité du public, jamais la supériorité de l'adversaire. Il était pourtant juste un petit peu meilleur !

Visuellement, il y a de bonnes choses dans ces Jeux. Soit cette photo, il faut regarder uniquement la partie droite, pas la mémé de gauche en tenue de Laponne frileuse :

 BeachVolleyRio.jpg

Bon, question sport, nous somme désormais tranquilles jusqu'à l'an prochain. Sauf en octobre encore : Sport-Handicap organise les championnats de pétanque pour gauchers. Mais je crois que c'est tout. Bonne année si on ne se revoit pas.

 


Fair-play peut aussi s'écrire, on vient de le voir, fer plaie.

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Commentaires

"Il ne s'agit plus de battre l'adversaire, l'ennemi donc, mais de l'abattre. Ce petit « a » change tout."
Les journalistes nourrissent depuis longtemps cette attitude. Comptez le nombre de fois où des mots comme "humilié" et "giflé" sont utilisés pour rendre compte du résultat d'un match.

Écrit par : Mère-Grand | 18/08/2016

Et vous avez "oublié" de mentionner l'attitude du public brésilien : odieuse. Mais chut, ce sont des sous-développés, les chouchous des bobos...

Écrit par : Géo | 18/08/2016

Mais qu'importe ces stupidités sportives ? Aujourd'hui, on nous rabâche des méfaits des Syriens contre d'autres Syriens, grâce à AMNESTY INTERNATIONAL. De quoi s'agit-il ? Toutes ces tortures et ces horreurs, répercutées avec complaisance par les idiots utiles d'AI n'ont qu'un seul objectif : faire rentrer un maximum d'arabo-musulmans en Europe pour éliminer l'ennemi chrétien. Combien de temps les Européens mettront-ils à le comprendre ? Constantinople est devenu Istanboul par le même genre de ruse, mais les Européens sont des idiots inguérissables...

Écrit par : Géo | 18/08/2016

Par hasard - je sais, j'ai honte - je suis tombé sur la compétition de vitesse en cyclisme sur piste. J'ai eu la faiblesse de ne pas changer de chaîne immédiatement. Dernier quart de finale: un Français opposé à un Russe. L'année dernière le Français avait éliminé le Russe en "2 manches sèches". Il n'allait faire qu'une bouchée du Russe sur son chemin vers l'or olympique qui manque à son palmarès, nous assurait-on. Et c'est parti... dans le dernier virage, le Français est derrière, mais le commentateur nous informe que ça y est il va passer devant - aucun problème, c'est attendu - et patatras le Russe reste devant et passe la ligne d'arrivée, devant un commentateur devenu muet. Presqu'aussitôt la chaîne bascule sur un autre sport et fini le cyclisme, on ne va pas montrer un Français qui perd ni des commentateurs qui se ridiculisent. Le Français se fera éliminer en "2 manches sèches". Médailles, médailles, MÉDAILLES, les Français ne sont intéressés que par les médailles, le reste - le sport - ils s'en contrefoutent. Ouf, lundi le cirque sera fini.

Écrit par : Charles | 18/08/2016

Géo,
Vous êtes hors du sujet que je traite, le sport honteux. Mais à part ça, je suis entièrement d'accord avec votre commentaire. C'est un clou sur lequel il faut taper sans répit.
P.S. Pouvez-vous vous identifier sur mon adresse e-mail, étant entendu que ça restera entre nous et n'apparaîtra pas sur le blog? Merci d'avance.

Écrit par : andré thomann | 20/08/2016

Un petit bémol. J'ai vu aussi de nombreuses attitudes très sportives lors de ces JO, certainement bien plus que de scènes abjectes comme celle de ce judoka égyptien. De tels comportements restent extrêmement minoritaires, mais les media et les réseaux s'en gargarisent car ça fait le buzz. Sur les chaînes TV et dans la presse écrite, et c'est particulièrement vrai chez nos insupportables coqs français, ce sont les journalistes qui manient le vocabulaire de la guerre et de l'honneur national, pas les sportifs, à de rares exceptions près. 10.500 athlètes ont participé à ces JO: la quasi totalité d'entre eux ont respecté l'éthique sportive, une philosophie de la vie qu'on peut accepter ou non, mais qui de toute façon vaut mille fois plus que certaines idéologies contemporaines dans lesquelles de nombreux jeunes s'embarquent.

Écrit par : Christian | 24/08/2016

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