26/10/2016

CHEZ NOS VOISINS

Avec les Français, nous Romands habitons des appartements voisins. Les murs mitoyens étant minces, nous sommes bien obligés de savoir ce qui se passe chez eux. Alors que nous sommes en général d'un calme qui s'approche de l'ataraxie, nos voisins sont bruyants quelquefois jusqu'à l'insupportable. Maintenant d'autant plus que le temps des élections est proche. Au point que nous nous demandons si on ne devrait pas lors de certains excès appeler la police.

Il s'agit la plupart du temps de querelles de personnes. En Suisse, notre gouvernement n'est pas fait de personnes, ils sont simplement les Sept, chiffre magique, et on les distingue difficilement, tenez, je ne pourrais pas vous dire qui est cette année le président de la Confédération. Et cela n'a aucune importance. Nous avons eu certes quelques pointures, des Tschudi, des Furgler, des Couchepin, des Ruth Dreifuss, des Petitpierre, et quelques autres. Des hommes, et femmes d'État. Mais dans l'ensemble, nous nous contentons de personnes qui gèrent au mieux (et quelquefois au moins bien) les affaires publiques. Il faut dire que nos magistrats fédéraux, raisonnablement payés, ne jouissent pas du prestige satrapique qui est celui des présidents et des ministres français. Ni du luxe séoudite qui va avec. N'ai-je pas attendu un jour le bus à la place du Cirque en même temps que Micheline Calmy-Rey, qui rentrait chez elle en simple citoyenne. Nous avons même papoté en toute décontraction.

L'attrait des ors royaux de la République doit être immense si l'on en juge par le nombre de candidats à la magistrature présidentielle qui s'en estiment tous aptes et dignes. Il doit largement compenser le poids des emmerdes auxquelles ces valeureux guerriers de la res publica vont être soumis.

Petite revue express et non exhaustive de ces ambitieux :

À ma droite, Juppé, le chevalier à la triste figure,
Sarkozy, le criseux,
à ma gauche, Hollande, qui ressemble justement à un gouda mature,
Valls, qui voudrait être calife à la place du calife (ménépabon),
et les deux beaux gosses, Montebourg et Macron, tous deux ayant été ministres avec l'impact mémorable que l'on sait.

Ma nationalité sans gloire me dispense heureusement de ce choix buridanesque, mais si je peux émettre une opinion, plutôt que de choisir entre ces bonshommes, j'opterais pour une bonne femme, et ça serait Nadine Morano, candidate elle aussi. Je reste persuadé qu'il est temps que ce soit une femme qui dirige la France. Morano ne parle pas marquise, elle n'est pas des beaux quartiers, elle a le verbe dru, elle ne s'embarrasse pas de circonlocutions, ce qui change du discours pas vraiment jojo des mâles de l'espèce, handicapés qu'ils sont par le maniement difficile de la langue de bois. Les femmes au pouvoir font des erreurs (les hommes jamais), Thatcher, Merkel, et Ma Clinton en fera aussi. Pas le meilleur choix, Hillary, mais Serena Williams n'était pas intéressée.

Le problème des femmes au pouvoir qui se trompent, c'est qu'on leur tombe dessus comme une tonne de briques. Ainsi N.M. a osé déclarer que la France était de race blanche. Quelle erreur s'exclament en chœur les scientifiques, la race, ça n'existe pas, point final. Sauf que le mot 'race' existe bien dans la langue courante, il nous permet de distinguer un Japonais d'un Thurgovien et un Pygmée, déjà par la taille, d'un Haut-Savoyard. Pour satisfaire ces précieux un peu ridicules, Nadine aurait dû dire politiquement correctement que la France était peuplée en majorité d'habitants dont la peau était de pigmentation claire. C'est la novlangue. Imparable !

Mes conseils en communication sont gratuits.

 


Les temps sont proches, les signes se multiplient dans le ciel. (Apocalypse selon Saint Jean).

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Commentaires

"Sauf que le mot 'race' existe bien dans la langue courante, ..."

Exactement et depuis très longtemps. L'excellent François Rabelais n'a-t-il point usé de ce terme dans "Pantagruel", là où il décrit "Comment Panurge feut amoureux d'une haulte dame de Paris." ?
Et si on en croit Rabelais, dans sa déclaration d'amour, Panurge n'y allait pas de main morte :

" Ma dame, ce seroit bien fort utile à toute la republicque, delectable à vous, honneste à vostre lignée et à moy necessaire, que feussiez couverte de ma race ; et le croyez, car l'experience vous le demonstrera. "

Donc pour conclure, nos voisins sont non seulement atteints des défauts que vous décrivez, mais se comportent de surcroît en parfaits hypocrites puisqu'ils renient à la fois leur patrimoine littéraire et leur penchant connu pour l'usage de leur "race" ...

Et puis ne dit-on pas en italien en évoquant la proximité italo-hellénique : "Una faccia, una razza" ?...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 26/10/2016

Le terme de "race" est en fait assez rarement utilisé à propos. En anglais on l'utilise toujours dans l'expression "human race", ce qui n'est pas anodin, étant donné le nombre de fois que textes et commentaires sont traduits de cette langue, notamment dans les documentaires animaliers et autres.
En français on parle presque toujours du "genre humain", ce qui n'est pas plus correct du point de vue scientifique, mais imposé par l'usage. Une des utilisations les plus fréquentes du mot "race" s'est imposée pour la désignation des différentes variétés morphologiques de chiens, où il correspond très bien à cet usage populaire du terme.
Tout discussion dans lequel ce mot est impliqué se trouve donc compliqué par les références intellectuelles de ceux qui l'emploient, et plus encore par leurs convictions idéologiques et politiques.
On a vu, sur un un blog récent, que les Européens ne se sont pas entendus sur un vocabulaire qui permet, notamment en cas de nécessité (comme dans une recherche de personnes) de faire état de la couleur de peau. Les Américains, dans leur simplicité intellectuelle (cela doit être le point de vue européen) ont opté pour la vieille dénomination "caucasian" pour "blanc" (et ses nuances) et "afro-american" pour le "noir" et ses nuances, le terme de "asian" étant, j'imagine (mais n'ai pas vérifié) réservé à l'apparence de ceux que nous appelions autrefois, à l'époque du Lotus Bleu de Tintin, les "jaunes".
Je ne sais pas si aux Etats-Unis ces dénominations font problèmes, mais j'imagine qu'elles sont utiles dans un premier temps, pour la recherche de personnes, en cas de disparitions et d'enlèvements. Dès qu'il y a désignation de quelqu'un suspecté de comportement criminel, il est bien possible que les problèmes que nous avons avec les descriptions de personnes en Europe, se retrouvent en partie, mais je n'en suis pas certain, les besoins pratiques l'emportant souvent dans les pays anglo-saxons marqués de l'empirisme soir les positions idéologiques.

Écrit par : Mère-Grand | 27/10/2016

Cela va au-delà de vos définitions, Mère-Grand. Il s'agit pour les néo-idéologues de combattre toute idée de différence entre les humains. Ils nient toute différence génétique entre un pygmée et un géant viking. Si un papa papou et une maman papou mettent au monde un bébé papou, il s'agit d'un pur hasard qu'ils n'expliquent pas et ne veulent pas expliquer. Les races n'existent pas pour eux...Ils expliquent que les limites génétiques sont trop floues pour déterminer des ensembles distincts. Ce qu'il y a de tout de même très curieux, c'est que si vous voyagez par exemple en Afrique, vous reconnaissez très vite qui est d'origine bantoue et qui est d'origine nilotique.
Allez savoir comment un simple observateur a de meilleurs résultats que des savants à microscope...

Depuis, les mêmes se sont attaqué aux sexes et ils en sont à dire qu'on ne naît pas femme ou homme, mais qu'on choisit son identité sexuelle. Il n'y a pas d'hommes ou de femmes, puisque là aussi on ne peut déterminer de limite définie.

Écrit par : Géo | 27/10/2016

@ Mère- Grand,

Intriguée par tous ces questionnements au sujet du mot "race" et des "couleurs", je suis retournée sur internet, pour essayer de comprendre, comment ces concepts étaient traités à un niveau officiel et politiquement correct.
C'est un peu contradictoire et le vocabulaire semble encore évoluer.
"Caucasien" semble être un peu en perte de vitesse et se cantonner au langage des sciences médico-légales. ( Ce qui correspond effectivement à la situation de la recherche d'une personne disparue.) L'article de Wikipedia est assez décoiffant.

https://en.wikipedia.org/wiki/Caucasian_race

Un document officiel du gouvernement utilise "white":

www.census.gov/topics/population/race/about.html


"The racial categories included in the census questionnaire generally reflect a social definition of race recognized in this country and not an attempt to define race biologically, anthropologically, or genetically. In addition, it is recognized that the categories of the race item include racial and national origin or sociocultural groups. People may choose to report more than one race to indicate their racial mixture, such as “American Indian” and “White.” People who identify their origin as Hispanic, Latino, or Spanish may be of any race."

On comprend qu'il y a "race", "origine" et " groupe socioculturel" et que les gens choisissent, lors d'un recensement, de cocher tout ce qui semble correspondre à leur profil. Le gouvernement fait donc des statistiques sur les "races" et ethnies des habitants du pays.

En fait, c'est loin d'être simple, mais on en parle ouvertement, ce n'est pas tabou.

Ceci me semble encore plus intéressant et culturellement très éloigné de notre difficulté à en parler :

www.pewresearch.org/.../census-considers-new-approach-to-asking-abou.

"The problem with using the word “race” is that many Americans say they don’t know what it means, and how it is different from “origin.” The agency’s focus group research found that some people think the words mean the same thing, while others see race as meaning skin color, ancestry or culture, while origin is the nation or place where they or their parents were born."

Les "Hispaniques" présentent un problème de définition particulier et on aboutit à " ethnicité":

"Census forms now have two questions about race and Hispanic origin. The first asks people whether they are of Hispanic, Latino or Spanish origin, and states that “Hispanic origins are not races.” A second question asks, “What is this person’s race?” and includes a list of options with checkboxes and write-in spaces. The U.S. government defines Hispanic as an ethnicity, not a race.

Avec tout ça, on se rend effectivement compte, qu'il n'est pas possible de traduire le "race" de l'anglo-américain vers le français avec le simple mot "race".
C'est ce qu'on appelait un "faux ami", à l'époque de mes études de Lettres. Il fallait se méfier des traductions apparemment faciles, qui cachaient des pièges redoutables.

Écrit par : Calendula | 27/10/2016

Mon intention n'était pas d'ouvrir à nouveau un débat sur la notion de "race" en elle-même, débat qui nous a mobilisés de nombreuses fois déjà dans ces blogs, nourris notamment par la riche expérience de terrain de Géo.
Je cherchais à trouver, au-delà des strictes définitions scientifiques et des innombrables influences idéologiques, s'il était possible de trouver, éventuellement dans les conventions déjà existantes, un consensus permettant de faire face à des nécessités pratiques.
Le sujet a été relancé par Gorgui Ndoye dans son récent commentaire sur l'expression "race noire" utilisée dans un communiqué de la police française. Ceux qui ont lu les échanges qui ont suivi auront pu constater qu'aucune des personnes choquées par cette appellation n'a pu en proposer une autre qui soit en même temps acceptable et efficace.

Écrit par : Mère-Grand | 28/10/2016

Le bon sens est réactionnaire, selon l'idéologie au pouvoir. Je comprends très bien que le mot "race" est fortement connoté négativement depuis les désastreuses expériences du 20ème siècle. Mais on ne combat rien du tout en se fermant les yeux. On ne combat pas le racisme en décrétant que le mot "nègre" est tabou, et qu'il faut dire "noir" à la place (et on voit les mêmes cinglés prétendre que "noir", cela ne va plus : il faut dire "black", ça y en a moins pire, missié), bien au contraire. Il faut refuser d'entrer dans ce jeu et se réapproprier ce terrain face aux racistes. Par conséquent, s'il faut rechercher qqn, parlons de noir, de blanc, pourvu qu'on attrape la souris...
Il y a des races différentes dans l'espèce humaine et bien malin celui qui prétendra à la supériorité de l'une ou l'autre. Les "Blancs" sont plus inventifs mais leur propension à tout bouleverser mène l'humanité à sa perte, inéluctablement. Les humains les plus en harmonie avec leur environnement n'ont pas résisté à leur impérialisme et seront condamnés avec tout le monde...
Mais on m'a certifié qu'il y a quelque part des Inuits qui se sont retiré de tout et qui tuent sans pitié tout Blanc (ou tout étranger, quelle que soit sa couleur de peau, bien entendu) qui s'aventurerait sur leur terre, sans autre forme de procès. Cela ne m'étonnerait pas...

Écrit par : Géo | 28/10/2016

Or donc la France est de race blanche. C'est Alexandre Dumas et Toussaint Louverture qui seront contents de l'apprendre. Qu'on leur enlève leur passeport illico! Si Zola vivait encore, il y aurait des "J'accuse", et il y aurait des patriotes pour l'assassiner encore une fois.

Nadine Morano, qui comme on sait a particulièrement brillé par son intelligence et sa finesse sous Sarkozy, en remet une couche, j'oserais même dire une couche de blanc... Au train où va notre pays voisin, il n'y a rien d'étonnant. Sur l'autre bord, à gauche, on sort aussi conneries sur conneries, mais dans l'autre sens: c'est carrément l'hyper politiquement correct qui domine. En période d'élection présidentielle, on oublie si facilement les "éléments de langage" et tout est bon à prendre...Faut rapporter des votes et ratisser large, non mais!

Cela dit, à droite on est quand même plus performant dans les formules violentes, et plus c'est faux, plus c'est applaudi. Un temps, c'était Le Pen père, d'autres l'ont relayé.

On rappellera juste au passage que les nazis avaient élaboré le portrait-type de l'Aryen pure souche, le vrai Allemand quoi, le costaud blanc/blond au regard clair: le gag, c'est que ni le parkinsonien Hitler, ni le rat hypocondriaque Himmler , ni le gros Goering morphinomane, ni le bovin Bormann, ni le beau noiraud ténébreux Speer, ni surtout le nabot difforme et boiteux Goebbels ne correspondaient à ce modèle parfait. Peut-être Heydrich, mais le pauvre avait un peu de sang juif. Les Allemands avaient tout gobé quand même, à se demander s'ils avaient regardé une seule fois les photos des cinglés qui leur promettaient la Lune, je veux dire le Lebensraum à l'est et la domination planétaire grâce au concept de race.

Bon, soyons un peu sérieux.

Le concept de "race" n'a aucun fondement biologique en ce qui concerne l'espèce humaine. On le sait de manière définitive depuis 2004 et le premier séquençage du génome humain. Tous les généticiens sans exception le disent, Jacquard, Langaney et les autres, et Levi-Strauss aussi, qui s'y connaissait un peu: ce concept n'a rien de scientifique. Penser le contraire, c'est comme croire encore que la glande pinéale de notre ami Descartes est bien l'organe où l'âme s'accroche au corps. Ou penser que l'atome n'existe pas parce qu'on ne peut pas le voir. Mais bon, on rencontre encore beaucoup de gens qui vous disent, au café du Commerce, que la science se trompe et nous trompe. Notez qu'au premier cancer venu, les mêmes courent au scanner et à la chimio.

Le mot "race", quant à lui, a bien un fondement, mais il est sémantique et idéologique. C'est un outil, et comme tout instrument qui se respecte, il a une finalité. Pourquoi pensez-vous que Morano nous sorte une phrase pareille? Pour enfoncer quel clou?

Au niveau idéologique, l'usage du mot "race" est délirant, surtout au 19è siècle, voyez Gobineau. Il sert uniquement à produire une taxinomie hiérarchique dont l'avatar suprême est le nazisme. C'est une production essentiellement occidentale, issue de 1492 et de la découverte des autres peuples de la planète par les Européens. Des philosophes (Kant, mais oui, déjà un Boche, et des Lumières en plus, lisez ses textes sur les "nègres" dans la Métaphysique des Moeurs) s'y sont laissé prendre, et l'Histoire s'est répétée en 33-45: des sommités des universités allemandes, y compris des Nobel de chimie et le philosophe Martin Heidegger, se sont alignés à 100% sur Alfred Rosenberg et Carl Schmitt. On sait maintenant que ces théories raciales sont à la science ce que l'astrologie est à l'astronomie. Comme disait Assimov: "the equivalent of the excrement of the male bovine": bullshit.

Au niveau sémantique, faut pas se laisser avoir non plus. Rappelons un truisme: le sens des mots est pluriel, il change et vit avec le temps, le lieu, le contexte. Voyez la "LTI" de Victor Klemperer pour comprendre comment les nazis ont dévoyé une foule de mots allemands tout simples et quotidiens, pour les transformer en langage de haine. Ce n'est pas parce qu'un mot figure dans le Robert, que Rabelais ou Montaigne l'utilisent, ou que de Gaulle l'a employé en 45 qu'il est fixé pour toujours. "Esclave" est bien dans mon Robert, mais je serais franchement idiot de le comprendre comme Aristote ou Cicéron l'entendaient. "Licorne" aussi est dans mon Robert mais personnellement je n'en ai jamais rencontrées au coin du bois. Depuis quand le mot crée-t-il la chose?

Donc, non, l'usage de "race" n'est pas neutre, pour ce qui concerne l'humanité tout au moins. Pas plus que celui de "nègre". Toute l'Histoire le démontre. Faut juste faire un effort de mémoire.







Cela dit, en politique, on ne sort pas des phrases comme ça sans finalité.

Écrit par : Christian Macherel | 01/11/2016

Christian Macherel@ Vous donnez l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire, tomber dans le panneau. Racistes et anti-racistes font partie de la même unité dialectique, de la même logique. Vous associez immédiatement "race" au nazisme...
Or ce n'est pas par des incantations et des formules magiques consistant à nier le concept de races (il n'y a qu'une race humaine, tu parles, Charles...) qu'on peut dépasser cette logique. Vous parliez de nègre : j'ai voulu plus jeune faire mon petit malin politiquement correct en Angola (ou était-ce au Mozambique ?) et j'ai utilisé "noir" au lieu de "nègre" en portugais. le type auquel je m'adressais m'a répondu l'air furieux que c'était le charbon qui était noir et que lui était nègre. Vérité en deçà, mensonge au delà...

Il n'y a par ailleurs pas de race aryenne et surtout, pas de race juive, le judaïsme étant une religion.

Quoi qu'il en soit, tenons-nous en au sage conseil de l'épistémologue André Pichot : la notion de race est à laisser entre les mains des taxonomistes, exclusivement...

PS. "la France est de race blanche" est de Charles de Gaulle, pas de Morano. Et le fait d'énoncer une règle ne signifie pas qu'elle n'a pas d'exceptions : cf. le quart de sang de Dumas. Mais Toussaint Louverture, considéré comme Français...Vous cherchez à insulter sa mémoire ?

Écrit par : Géo | 01/11/2016

"Tous les généticiens sans exception le disent, Jacquard, Langaney et les autres, et Levi-Strauss aussi"

De Albert Jacquard, on se souviendra qu'il voulait que la capitale de l'Europe soit Alger (déclarations à la tv), et cela quelques jours après que 13 marins italiens y aient été égorgés de façon abominable. Avec un couteau désaffûté et rouillé parce que les cris des victimes plaisent à Allah...(c'est ce qu'a déclaré un des meurtriers).

Sur Langaney, il suffit de lire ses billets d'ultra-gauchiste délirant sur cette même plate-forme. Dédé-la-science a une crédibilité assez faible sur les débats sociétaux et la science a sa (grosse) part d'interprétations subjectives...

Quant à Levi-Strauss, vous seriez bien aimable de bien vouloir nous donner les références des passages de son oeuvre allant dans le sens de vos propos...

Écrit par : Géo | 01/11/2016

Tout juste ou presque, M. Macherel. Sauf que Toussaint Louverture, par définition n'était pas Français. Tandis que Couve de Murvile, Félix Eboué, le Chevalier de Saint-Georges, Dumas et son général de père et tant d'autres l'étaient. Comme Aimé Césaire, Taubira, Blanco, Noah, Henry Salavador et quelques dizaines de milliers de soldats indigènes morts pour la France.
De même que je n'aurais pas mis que l'Europe découvre les humains de couleur en 1492... Depuis l'Empire romain, et durant tout le moyen âge, on a vu des noirs et des arabes en Europe et des Européens en Afrique.
Pour ce qui est du fond de la discussion, les différences de couleur ou de morphologie sont une évidence, mais ce que dit la science et le géologue Géo, comme l'ethnologue Mère-Grand devraient le savoir, c'est qu'il y a souvent plus de gênes différents entre un Bantou et un nilotique par exemple, ou entre un mélanésien, un dravidien et un bantou (tous noirs) qu'entre un nilotique peuhl sénégalais et un suédois.
Parce que la couleur de la peau ou des yeux, la taille ou la forme du nez ne sont que des caractéristiques secondaires, qui peuvent bouger très vite avec le temps, tous les membres de l'espèce humaine étant par ailleurs interfécondables entre eux.
Que par ailleurs, contrairement à ce que dit Géo, la créativité ou l'inventivité n'ont strictement aucune corrélation avec la couleur de la peau. L'existence, le milieu parental, l'environnement et l'éducation en revanche...

Écrit par : Laiglisaumilieuduvilaj | 01/11/2016

En réponse à Géo qui s'excite un peu beaucoup et surtout à tort et à travers:

1. Lévi-Strauss: "Le péché originel de l'anthropologie consiste dans la confusion entre la notion purement biologique de race, à supposer d'ailleurs que, même sur ce terrain limité, cette notion puisse prétendre à l'objectivité, ce que la génétique moderne conteste, et les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines."

Plus clair que ça, tu meurs. Extrait d'un célèbre texte écrit par CLS en 1952 (c'est dire si le gars avait un peu d'avance) intitulé "Race et Histoire", édition Denoël, page 10 en bas. Mais déjà à l'époque, la droite française pur jus l'avait salement attaqué pour avoir osé critiqué Gobineau et ses adeptes, et évidemment, comme vous le faites à propos de Langaney, on avait traité CLS de communiste. CLS n'a même pas répondu, tant c'était stupide. Si vous souhaitez d'autres textes de CLS allant dans ce sens, je peux fournir, j'ai du biscuit. Mais vous pouvez aussi lire par vous-même.

2. Louverture: notre Spartacus est haïtien d'origine, on est d'accord, mais devient français de facto par sa nomination au grade de Général de Brigade en 1795, promu par Bonaparte en 1801 qui le nomme alors Gouverneur-Général à vie de St-Domingue possession française, puis déchu, ramené en France et assassiné par le même Bonaparte qui ne supportait plus sa féroce détermination à vouloir abolir l'esclavage... que Bonaparte avait réintroduit en 1800. Trop progressiste pour la France d'alors, notre brave Toussaint!!

3. Les généticiens Langaney et Jacquard: Géo, ne vous abaissez pas au niveau des brèves de comptoir. Je suis sûr que vous valez mieux que ça. On peut rajouter Axel Kahn si vous voulez du lourd. Vous me semblez nourrir une rage obscurantiste à l'encontre des scientifiques et de la science, comme c'est bizarre... Qu'auriez-vous dit d'Einstein, qui faisait le pitre comme un gamin à l'EPFZ et idem plus tard à Princeton...

4. Racistes et anti-racistes même logique? Elle est bien bonne. Dites ça aux débiles du KKK du Sud de la Bible Belt, ils vous expliqueront vite la différence.

5. Racisme et nazisme associés immédiatement: ben oui, je ne vois pas en quoi ce serait faux...c'est même le principe premier de l'idéologie nazie depuis les lois de Nuremberg de 1935 (calquées sur les thèses de Mein Kampf), dont découle tout le reste: darwinisme social, eugénisme, euthanasie, Shoah, Einstazgruppen. Cela dit, on peut rajouter x autres exemples d'associations racisme/politique, l'ex-Afrique du Sud, les USA d'aujourd'hui et de hier, entre autres.

6. Votre "nègre" en Angola: ben oui, c'est une anecdote banale, tous les voyageurs et les touristes connaissent ça. Preuve que les langues n'ont rien de fixe, ni dans le temps, ni dans l'espace. La relation signifiant/signifié bouge, faut suivre et s'informer si on veut voyager.

Écrit par : Christian Macherel | 02/11/2016

@Laiglisaumilieuduvilaj
"comme l'ethnologue Mère-Grand devraient le savoir"
Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que je ne le sais pas, Monsieur (ou Madame) X ?

Écrit par : Mère-Grand | 02/11/2016

"Racistes et anti-racistes même logique? Elle est bien bonne. Dites ça aux débiles du KKK" Il n'est pire sourd qui ne veut entendre. Le point de vue de Pichot, c'est qu'il y a d'autres critères que génétiques. Et actuellement, les scientifiques, les vrais, admettent qu'il existe comme on l'a toujours su cinq groupes ethniques qui constituent l'humanité. "Groupe ethnique" étant l'appellation actuelle de "race", comme "technicien de surface" l'est pour "concierge".
Pourquoi ai-je écrit "les vrais" ? Parce qu'à l'époque où les idéologues pseudo-scientifiques ont déclaré "tous parents, tous différents", le génome humain n'avait été identifié qu'à 1%, les 99% étant déclarés "poubelle". Un peu léger, pour déclarer que les humains sont tous pareils et que le fait qu'un papa pygmée et une maman pygmée mettent au monde un petit pygmée et non un géant viking soit le fait du pur hasard et n'a rien de génétique...
https://www.youtube.com/watch?v=UnZoIE5jsKA

Écrit par : Géo | 02/11/2016

Pour Géo: vos commentaires sont de plus en plus nauséabonds et tendent vers les chemises brunes dont vous semblez avoir la nostalgie.

Les concierges, me semble-t-il, n'ont jamais été exterminés parce qu'ils étaient concierges. Les Juifs, les tziganes, oui.

Or il se trouve que l'Histoire nous montre que la notion de race n'a servi qu'à des classifications hiérarchiques dont la finalité barbare est bien connue, les Blancs étant bien sûr toujours les number one.

Même si les Juifs ne sont en effet pas une "race", pas plus que les tziganes d'ailleurs, et même si les nazis les avaient dénommés pudiquement "groupe ethnique juif", ils auraient quand même été exterminés. Votre démonstration se tire donc une balle dans le pied.

Bien sûr qu'il y a des groupes ethniques, qui d'ailleurs souvent se tapent dessus,comme des gamins dans la cour de récréation, mais ce sont pas des "races" au sens génétique et biologique.

Vous prenez l'exemple de la reproduction chez les pygmées, soit. Mais vous devriez regarder aussi la reproduction entre par exemple une Japonaise et un Suisse, ou entre un Bantou et une Américaine. Cela nous donne de jolis bébés normaux, des êtres humains normaux qui peuvent un jour devenir prix Nobel, qui sait.

Prenez une minuscule chihuahua et couplez la (en insémination artificielle) avec le sperme d'un mastif de 80 kilos. Deux races différentes. Et observez le résultat...

Écrit par : Christian | 03/11/2016

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