26/10/2016

CHEZ NOS VOISINS

Avec les Français, nous Romands habitons des appartements voisins. Les murs mitoyens étant minces, nous sommes bien obligés de savoir ce qui se passe chez eux. Alors que nous sommes en général d'un calme qui s'approche de l'ataraxie, nos voisins sont bruyants quelquefois jusqu'à l'insupportable. Maintenant d'autant plus que le temps des élections est proche. Au point que nous nous demandons si on ne devrait pas lors de certains excès appeler la police.

Il s'agit la plupart du temps de querelles de personnes. En Suisse, notre gouvernement n'est pas fait de personnes, ils sont simplement les Sept, chiffre magique, et on les distingue difficilement, tenez, je ne pourrais pas vous dire qui est cette année le président de la Confédération. Et cela n'a aucune importance. Nous avons eu certes quelques pointures, des Tschudi, des Furgler, des Couchepin, des Ruth Dreifuss, des Petitpierre, et quelques autres. Des hommes, et femmes d'État. Mais dans l'ensemble, nous nous contentons de personnes qui gèrent au mieux (et quelquefois au moins bien) les affaires publiques. Il faut dire que nos magistrats fédéraux, raisonnablement payés, ne jouissent pas du prestige satrapique qui est celui des présidents et des ministres français. Ni du luxe séoudite qui va avec. N'ai-je pas attendu un jour le bus à la place du Cirque en même temps que Micheline Calmy-Rey, qui rentrait chez elle en simple citoyenne. Nous avons même papoté en toute décontraction.

L'attrait des ors royaux de la République doit être immense si l'on en juge par le nombre de candidats à la magistrature présidentielle qui s'en estiment tous aptes et dignes. Il doit largement compenser le poids des emmerdes auxquelles ces valeureux guerriers de la res publica vont être soumis.

Petite revue express et non exhaustive de ces ambitieux :

À ma droite, Juppé, le chevalier à la triste figure,
Sarkozy, le criseux,
à ma gauche, Hollande, qui ressemble justement à un gouda mature,
Valls, qui voudrait être calife à la place du calife (ménépabon),
et les deux beaux gosses, Montebourg et Macron, tous deux ayant été ministres avec l'impact mémorable que l'on sait.

Ma nationalité sans gloire me dispense heureusement de ce choix buridanesque, mais si je peux émettre une opinion, plutôt que de choisir entre ces bonshommes, j'opterais pour une bonne femme, et ça serait Nadine Morano, candidate elle aussi. Je reste persuadé qu'il est temps que ce soit une femme qui dirige la France. Morano ne parle pas marquise, elle n'est pas des beaux quartiers, elle a le verbe dru, elle ne s'embarrasse pas de circonlocutions, ce qui change du discours pas vraiment jojo des mâles de l'espèce, handicapés qu'ils sont par le maniement difficile de la langue de bois. Les femmes au pouvoir font des erreurs (les hommes jamais), Thatcher, Merkel, et Ma Clinton en fera aussi. Pas le meilleur choix, Hillary, mais Serena Williams n'était pas intéressée.

Le problème des femmes au pouvoir qui se trompent, c'est qu'on leur tombe dessus comme une tonne de briques. Ainsi N.M. a osé déclarer que la France était de race blanche. Quelle erreur s'exclament en chœur les scientifiques, la race, ça n'existe pas, point final. Sauf que le mot 'race' existe bien dans la langue courante, il nous permet de distinguer un Japonais d'un Thurgovien et un Pygmée, déjà par la taille, d'un Haut-Savoyard. Pour satisfaire ces précieux un peu ridicules, Nadine aurait dû dire politiquement correctement que la France était peuplée en majorité d'habitants dont la peau était de pigmentation claire. C'est la novlangue. Imparable !

Mes conseils en communication sont gratuits.

 


Les temps sont proches, les signes se multiplient dans le ciel. (Apocalypse selon Saint Jean).

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19/10/2016

BONNES BOMBES, MAUVAISES BOMBES

Un mien blogueur voisin, mais nous n'habitons pas au même étage, s'emporte contre Vladimir Poutine, dont l'aviation bombarde des populations civiles et fait ainsi acte de barbarie. C'est évidemment vrai. Circonstance aggravante, V.P. a le tort de ne pas être musulman, même qu'il fait des mamours à la religion orthodoxe, majoritaire dans son pays et dont il espère le soutien. Ça fait beaucoup de péchés pour un seul homme.

Le paysage changerait d'aspect si les bombes, mauvaises quand lancées par un mécréant, l'étaient par un potentat musulman, elles deviendraient dès lors excellentes. Et c'est justement le cas. Notre blogueur, musulman lui-même, je l'appelle Achère, c'est phonétiquement ses initiales, H.R., n'a pas un mot d'opprobre sur les massacres perpétrés au Yémen par l'Arabie Séoudite. Ce noble pays, parangon (oui, oui) des droits de l'homme (sur la femme), bombarde à qui mieux mieux des populations civiles, faisant des victimes là aussi parmi des femmes et des enfants. On pourrait décréter que ce sont également des actes de barbarie. Mais pas de ça Lisette, ça serait faire un amalgame nauséabond, ce qu'Achère ne saurait accepter. Entre musulmans, on se doit d'être solidaires. Mais si on défend la veuve et l'orphelin, c'est toutes les veuves et tous les orphelins.

Notre blogueur s'était fendu il y a peu d'un texte dans lequel il se plaignait des entraves à sa liberté. Il s'était vu interdit de parole dans des municipalités françaises par des maires qui doutaient de sa loyauté envers les principes républicains. Ce profond démocrate, épris de liberté, protestait au nom de la liberté d'expression. Cette liberté existe en effet dans nos pays occidentaux, mais s'en réclamer en tant que musulman a quelque chose d'incongru. Dans une religion où le croyant est corseté dès son plus jeune âge et pour la vie dans un tissu d'obligations et d'interdictions, on doit avoir la pudeur de ne pas parler de libertés. Le musulman a l'obligation de croire que Mahomet était un brave homme, que le Coran a été dicté par Allah, que les femmes sont majoritaires en enfer (Mahomet, reporter à ses heures, les y a vues !) ; il a l'interdiction de quitter sa religion, la meilleure de toutes, la seule en fait, de serrer la main d'une femme, d'écouter de la musique, impure, de boire du vin (une des raisons pourquoi je ne me convertirai jamais), de faire pipi en direction de la Mecque, et queue de rat et queue de rat. Aussi, quand j'entends Achère parler de liberté, je me marre, ça vaut mieux, sinon je deviendrais vite grossier.

 


Ah mes doux lilas (à prononcer à la musulmane, vous verrez, ça sonne autrement).

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12/10/2016

UNE PÉNÉTRATION INQUIÉTANTE

Qu'il y ait des restaurants végétariens ne me gêne en aucune façon, pour les végétaliens, je serais moins catégorique, il y a chez les tenants du végétalisme une dérive idéaliste qui ne tient pas compte des réalités physiques et physiologiques. Nous sommes des omnivores, ce que ne sont pas la girafe et le lion. Tout est cependant dans les proportions, se repaître de viande tous les jours me paraît un manque de mesure. J' habite à quelque deux cents mètres du marché de Plainpalais et deux fois par semaine, je m'enthousiasme de la profusion, de la variété et de la qualité des légumes offerts à ma concupiscence. J'en fais bombance et la viande, dont je ne saurais pas toutefois me passer, passe au second plan pour des raisons de gourmandise.

Ce qui est gênant dans la décision des CFF de faire du buffet de la gare de Lausanne un restaurant végétarien, c'est qu'elle ignore le caractère 'carrefour' qu'une gare représente. À Lausanne, les trains partent vers l'est, l'ouest, le nord (pas le sud à cause du lac), il serait bon qu'une telle diversité apparaisse aussi dans les assiettes. Dans l'éventail des spécialités de nos cantons, le viandeux apparaît souvent. La longeole genevoise, le saucisson de Payerne, le plat bernois, l'émincé zurichois, le schublig, le capuns grison, et j'en oublie. En faire fi au nom d'une doctrine, si honorable qu'elle puisse paraître, me paraît rétrécir le choix auquel les voyageurs ont droit.

On assiste en ce moment à de l'agit-prop de ces mouvements : je ne mange que des légumes et vous avez vu mes muscles ? Cela est bel et bon mais ces messieurs-dames sont dans la contradiction sur deux points. D'abord, si on ne mange plus du tout de viande ni de produits animaux, il faudra transformer nos pâturages en champs de blé, ce qui n'est pas possible partout. Nos paysans de montagne se nourrissent de fromage et de la viande de leurs bêtes. Les céréales pour faire leur pain sont 'importées'. Le sucre pour faire des gâteaux vient des tropiques ou de Betravia, une petite enclave du Plateau suisse. Il n'y aura jamais de terres à végétaux pour tout le monde surtout si l'homme, ce baiseur opiniâtre, continue à faire à tire-larigot des enfants qu'il faudra nourrir.

Ensuite, préserver la vie animale à tout prix me paraît un principe pareil à une belle fleur vénéneuse. Il y a des animaux qu'il faut qu'on tue, le sanglier qui piétine les récoltes, (adieu les bonnes terres à blé !), le chevreuil (Bambi!) qui s'en prend aux arbres, sinon ils vont se multiplier sans limites sans que cela inquiète certains. Ils nous dorent la 'pullule'. Et le ver solitaire, cet animal qui squatte nos intestins, ils doivent le garder ?

Ce choix des CFF a des raisons économiques, l'offre de la firme végétarienne aura été la plus favorable. Cela peut mener loin. Une offre de restaurant halal est dès lors parfaitement envisageable. La Suisse, avec l'Islande, la Norvège et la Suède, des pays fort démocratiques, interdit l'abattage halal et kasher mais, ô hypocrisie ! autorise l'importation des viandes d'animaux ainsi abattus. Ce qui veut dire qu'on accepte la cruauté envers les animaux, pourvu qu'elle ne se pratique pas sous nos yeux. Une initiative demandant l'interdiction de cette importation avait échoué... Je vous souhaite cependant

bon appétit / buen provecho / Mahlzeit / smacznego und so weiter...

 


Un S.O.S : Existe-t-il à Genève un pâtissier, zougois de souche ou non, qui confectionne la célèbre tourte au kirsch de ce canton. Je serais preneur. Merci à un lecteur de me renseigner.

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