17/02/2017

Y A PAS DE MIRACLES

Le législateur, dans sa sagesse (faut toujours mentionner sa sagesse) a décrété que l'âge d'obtention du permis de conduire serait dix-huit ans. Vous savez ce que c'est, avant cet âge, on a un peu la tête en l'air et on n'est pas à l'abri d'un dérapage incontrôlé. De même, l'âge auquel on peut voir un film X est le même, histoire d'éviter d'autres dérapages. Cette dernière disposition fait évidemment rigoler à l'âge d'internet accessible à tous.

Il n'empêche qu'à dix-sept ans bien sonnés, je piaffais d'impatience, mais était-ce si dramatique, l'impatience vaincue n'est-elle pas un élément du bonheur à venir ? On sait que Chalande descend dans la cheminée le vingt-quatre décembre au soir et pas le dix, on se fait une raison et on jubile d'autant mieux au terme de son attente.

Cette règle des dix-huit ans, j'aimerais la voir appliquée aussi dans un autre domaine, celui de la religion. Interdiction serait faite à tout prêcheur de s'exprimer devant un auditoire non-adulte, vérification des identités pourrait être faite à l'entrée. J'ai mes raisons : avant d'arriver à une certaine maturité, qui peut naturellement paraître à moins de dix-huit ans, de même qu'on peut confondre la pédale de l'accélérateur et celle du frein, de même on peut ne pas distinguer le vrai du faux, de ce faux que propagent les prédicateurs.

Vous me direz qu'à l'âge qu'ont les enfants de l'école primaire, on leur donne déjà quelques notions d'ordre sexuel, anatomie, physiologie, comportement éthique. Ma fille de huit ans a été soumise en son temps à ces horreurs. Il se greffe là un épisode que je vous narre. Avant que cette leçon hors norme eût lieu, les parents avaient été invités à une séance où ils devaient être assurés que rien de scabreux ne serait dit à ces têtes majoritairement blondes. Et les responsables de cette réunion leur demandèrent en fin de parcours de signer pour indiquer qu'ils étaient d'accord que leurs rejetons assistassent aux réjouissances prévues. Il s'agissait d'empêcher que les petits Malek ou Federico, les petites Conchita ou Bernadette ne fussent traumatisés à vie par les révélations qui les attendaient.

Sous l'œil goguenard de ma femme, je déclarais que je ne signais rien du tout, ma fille assisterait à ce cours comme à tous les autres et je ne voyais pas pourquoi je devais exceptionnellement donner là mon aval.

Les organisateurs de la réunion, penauds d'abord car ils obéissaient à une directive venue d'en-haut, me comprirent tout de suite et nous nous mîmes tous à rire (le propre de l'homme) de mon pied de nez à l'autorité.

Mais alors, n'y a-t-il pas contradiction, Thomann ? Pour la connaissance du sexe, c'est tout de suite, pour celle de le religion il faudrait attendre. Je réponds. Pour le sexe, il s'agit de faits, la rencontre du spermatozoïde et de l'ovule est un fait, l'explication du cycle menstruel se fonde sur une réalité physiologique. La géographie des organes masculins et féminins est visible (même en braille par des petits mioches avancés pour leur âge et qui pratiquent, à l'insu des parents, le touche-pipi ; on dit aussi jouer au docteur).

Tandis que les légendes religieuses (de toutes les religions) ne sont, pardon pour le truisme, que des légendes. Je passais naguère devant le temple protestant proche de mon domicile et j'y ai vu cette affichette : Légendes bibliques proposées aux enfants, à partir de deux ans. C'est là un abus de pouvoir de la part d'adultes malintentionnés, une sorte de pédophilie mentale. Raconter la mise sur orbite de personnages du Livre, Jésus en particulier et aussi sa maman, en la faisant tenir pour vraie, c'est vouloir impressionner dans la cire molle de cerveaux encore prêts à recevoir n'importe quoi des mensonges inacceptables mais qui vont survivre à l'âge adulte. Les mêmes gamins et gamines vont croire ensuite que des murailles sont tombées au son de la trompette, que le soleil s'est arrêté pour aider les troupes d'Israël, qui ne s'appelaient pas encore Tsahal ; mieux, ou pire, ils vont accepter la fable de la résurrection de Lazare, mort pourtant depuis quatre jours et dont le cadavre empestait déjà. Il faut bien faire comprendre à ces mioches qu'il n'y a pas de résurrection qui tienne, qu'il n'y a, plus largement, pas de miracles, ils dérangeraient le déroulement immuable des processus de la nature.

Maintenant, qu'un adulte décide de croire à l'incroyable, grand mal lui fasse, mais ça doit être en toute liberté, sans pression qui lui viendrait de son enfance, donc j'insiste, pas de prêche religieux avant dix-huit ans. Et surtout pas cette torture d'apprendre des sourates par cœur à la place de la lecture, de l'écriture et du calcul bénin. Il faut protéger les enfants, et pas seulement contre les atteintes physiques.

 


Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là (Jean, XI, 39)


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11/02/2017

LE THÉORÈME DE LA ROMANÉE-CONTI

Les économistes sont unanimes : le monde sera sauvé par la croissance (illimitée !). Pour le prouver, on nous assomme d'arguments dont aucun n'est crédible sur le long terme. Les théologiens procèdent de la même façon pour nous prouver l'existence de Dieu. Dans les deux cas, on est dans le domaine de la foi qui déplace les montagnes ou diminue le chômage.

Les médias nous servent la croissance dès le petit-déjeuner, elle est devenue le plat national de tout les pays occidentaux. Dans le Tiers-Monde, c'est différent. On serait content simplement de la croissance de la tuyauterie qui améliorerait l'adduction d'eau et favoriserait les récoltes. Mués en astrologues, les experts 'prévoient' la croissance avec des chiffres précis qui sont donnés avec l'assurance et l'arrogance de ceux qui savent. Les temps étant durs, ils envisagent quelquefois une baisse de la croissance mais jamais sa disparition, ça serait insulter le dogme.

Mais il est quand même curieux que les économistes, nourris au suc des meilleures facultés, des écoles spécialisées les plus prestigieuses n'ont jamais été confrontés au théorème de la Romanée-Conti*.

C'est quoi, ça ? Il s'agit d'un vignoble prestigieux, qui produit, avec Yquem*, le vin le plus cher de France et que peu d'entre nous (mais on se fait une raison) seront amenés à boire en raison de son prix et de sa rareté. Or, si le propriétaire de ce précieux terroir venait à avoir des rêves de croissance pour imiter ceux des économistes, il en serait empêché par une loi contraignante, celle des appellations. Ne peut s'appeler Romanée-Conti et ne peut se vendre sous ce nom que le vin qui y est produit. Passé une certaine borne, on fait encore d'excellents vins de bourgogne mais pas celui-là. La production est en outre limitée, on ne peut pas, dans ces hauts parages, « faire pisser la vigne ». Monsieur Romanée, qui avait en son temps épousé la charmante demoiselle Conti (j'invente, c'est pour faire romantique) n'aura d'autre ressource que d'augmenter ses prix, mais il y a là aussi, même si elle se situe très haut, une limite.

Or, notre planète est, en plus grand, une sorte de Romanée-Conti. Elle est aussi finie que les 1.8 hectares. Le nombre de bouteilles, de boisseaux, de barils, de téléphones portables qu'elle peut produire ou manufacturer n'est pas infini. Il y aura épuisement, dans tous les sens du terme. On n'apprend pas ça à Saint-Gall, à HEC à Paris, à la London School of Economics, à Harward ?

Ce qu'il faudrait de toute urgence, c'est une réflexion sérieuse menée par des philosophes, des vrais, pas des petits sauteurs qui peuplent les plateaux de télévision, sur l'avenir de notre planète finie et qui doit gérer au mieux son patrimoine limité. Ils nous expliqueraient que nous ne pouvons pas, nous non plus, « faire pisser la planète ».

 


* Le correcteur de mon PC ignore superbement Romanée-Conti et Yquem. J'ai des doutes sérieux sur sa culture générale.

 


P.-S. Ce théorème, je l'ai mis au point personnellement. Ce qui me met au niveau de grands bonshommes comme Pythagore, Fermat, Einstein. Ça me fait tout drôle.

 


Buvons un coup, buvons en deux
À la santé des amoureux
À la santé du roi de France
Et merde pour le reine d'Angleterre
Qui nous a déclaré la guerre.

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03/02/2017

OUI, MAIS FAUT PAS LE DIRE

Un curieux chef d'accusation est apparu il y a quelque temps dans les tribunaux français (en Suisse, je ne sais pas). On peut désormais accuser quelqu'un d'incitation à la haine raciale. Autant dire que c'est n'importe quoi, pour cette simple raison que ça n'est pas mesurable. On peut fixer le montant d'une escroquerie, on peut chiffrer la quantité d'un butin, on peut décrire précisément les blessures d'une victime qui ont, ou pas, entraîné la mort. Mais évaluer ce qu'est une incitation ? Et dire qu'un verdict de culpabilité se fonde sur une augmentation de cette haine ? On est forcément dans le non-mesurable.

Cette lubie juridique a pour origine des organismes, grassement subventionnés par un gouvernement soucieux de se donner bonne conscience, qui se donnent pour but de combattre le racisme, ce qui pourrait être louable en soi s'il était possible selon une loi bien définie qui dise ce qu'est le racisme et d'appliquer cette loi partout. Or, il se trouve qu'un racisme bien réel, c'est celui dont sont victimes les blancs, pardon, je veux dire les Français à pigmentation pâle, et qu'on traite dans certaines banlieues de 'face de craie'. On voit par là que le racisme, loin d'être unidirectionnel (lisez : contre les 'nègres' et les 'bicots') part au contraire dans tous les sens. C'est si vrai que dans les pays arabes du Maghreb, les Africains subsahariens, à la pigmentation foncée, sont aussi victimes de racisme. Mieux encore, si l'on peut dire, les Tutsis ont été les victimes d'un racisme génocidaire des Hutus.

Revenons à 'nos' tribunaux français. Cette 'incitation' me paraît être un instrument de destruction d'une personne ou d'un groupe qui pourrait 'nuire'. Il y a par exemple la persécution répétée de Riposte Laïque, qu'on veut faire taire à tout prix, c'est le mot, puisqu'on essaye par ce moyen juridique de le priver de moyens d'existence en l'assommant d'amendes exorbitantes.

Un autre cas illustratif, c'est celui de Robert Ménard, maire de Béziers, un gêneur. Il a été pris en flagrant délit de IHR, il a en effet déclaré ceci : il y a des classes d'école à Béziers avec jusqu'à 90 % d'élèves musulmans. Il énonce donc un fait. Il ajoute que c'est trop. Il donne alors son opinion. Il dit qu'il y a un problème. C'est tout. Il n'a pas dit par exemple qu'il fallait tuer neuf élèves sur dix. Il a simplement dit quelque chose qu'il ne faut plus dire. Et pour cela, il est traîné devant les tribunaux. Dire qu'il y a un problème concernant les musulmans est désormais tabou et punissable. Sauf que pour les élèves minorisés, ceux qui sont d'une petite religion de rien du tout, surtout du petit garçon ou de la petite fille juive qui sont l'objet d'opprobre dans le livre sacré des musulmans*, il y a peut-être tout de même un problème. Et je ne parle même pas de l'enseignant(e), qui aura sans doute de la peine à leur mettre, par exemple, (Charles) martel en tête. Bref, si on ne peut pas parler d'un problème, c'est le nier et donc empêcher d'y remédier. Avec ce dispositif, on ne va pas loin.

 

* Le Coran, lui, pratique l'IMR, l'incitation au massacre raciste. Ouvrez votre exemplaire, vous trouverez tout ça. Par exemple sourate XLVII, verset 4.

 

 

Laissez venir à moi les petits musulmans, car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. (Jésus, dans Mathieu, XIX, 14, modifié Thomann).

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