11/10/2017

FAUDRA QU’ON M’EXPLIQUE

On est bien d’accord, le monothéisme, c’est la croyance en un seul dieu. Le catholicisme exprime cela très bien, et en latin en plus : Credo in unum deum. Voilà qui est clair. Pour les juifs, en tant que théologien amateur, j’ai déjà de la peine. Il y a donc Yahvé, au départ un dieu régional au seul usage d’Israël. Sous le qualificatif de Sabaoth, il commanditera quelques massacres des populations environnantes, c’était l’usage d’alors. Avec le temps cependant, il prit la grosse tête et devint divinité planétaire, à la bonne heure.

Avec Jésus (Nouveau Testament) il s’est assagi un peu mais il continua à agiter la menace de l’enfer pour les pécheurs que nous sommes tous (péché originel !) avec toutefois possibilité de rédemption et paradis à la clé. Nous sommes déjà à deux dieux, celui des juifs et celui des chrétiens.

Arrive maintenant un troisième larron (ou Daron, dieu en argot parisien). C’est Allah, Dieu en langue arabe, donc le même que les précédents, le même mais paradoxalement différent. Il est le meilleur des trois, le seul qui vaille d’être honoré, d’ailleurs il le dit lui-même, j’ai créé l’homme pour qu’il m’adore. Parce que, comme les deux autres, il parle, ou plus exactement c’est un talentueux ventriloque, Mahomet, qui le fait parler. Dans un numéro très au point, il invente un compère, un faire-valoir, qu’il appelle Gabriel, un nom qu’il a été chercher dans un vieux grimoire. On se dit que c’est Allah qui parle, mais en fait c’est donc Mahomet, l’illusion est parfaite. Et c’est habile, dès qu’une difficulté apparaît, par exemple lorsqu’il voudrait épouser la femme de son fils adoptif, ce que la loi interdit, hop, un petit coup de téléphone rouge et Allah donne l’autorisation.

Il se donne du prophète, de nos jours, ça serait directeur de la communication, et ça marche, il a, efficacité posthume, des milliards de convaincus, lesquels croient qu’il existe un archange Gabriel, qu’il existe des djinns invisibles mais nocifs (une autre de ses inventions) et que le paradis et l’enfer sont des réalités. Certes, les deux autres monothéismes nous font aussi le coup de l’au-delà, mais il ne le décrivent pas avec autant de réalisme, un réalisme sadique pour l’enfer. Lisez le Coran si ça n’est pas déjà fait.

Mahomet indique bien qu’il ne saurait être question d’adorer un autre dieu que le sien, et que les chrétiens et les juifs sont des mécréants puisqu’ils commettent justement cet ignoble péché. Mais comment peut-il s’agir d’un autre dieu puisqu’il n’y en a qu’un ? Il n’y en a qu’un et ils sont trois. Il faudra qu’on m’explique.

 


Mais en attendant, nonobstant :

Gott mit uns (entre autres sur les ceinturons des soldats de la Wehrmacht).

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Commentaires

Il y a un seul Dieu, certes; mais celui-ci offre de multiples visages.
Et non seulement Dieu est polymorphe, il est aussi polyvalent.
C'est tout juste s'il n'est pas polythéiste...

Étant tout-puissant et omniprésent, Dieu a le don d'être partout à la fois sous des formes aussi diverses que variables, tout comme il a le don d'être nulle part. Par exemple, rien ne l'empêche d'être ventripotent puisqu'il est omnipotent. D'ailleurs, le préfixe OMNI ne signifie-t-il pas “Objet Mathématique Non Identifié” ? Aborder le concept de Dieu sous l’angle OMNI s’avérerait sans doute plus fécond qu’éplucher les Écritures.

"J’ai créé l’homme pour qu’il m’adore." Et si ce Dieu - présumé éternel, immuable, omnipotent, omniscient, omniprésent, toute sagesse, toute justice et tout amour - n’était en réalité qu’une grenouille qui veut se faire aussi grosse qu’un boeuf? Ou une vessie qu’on cherche à nous faire prendre pour une lanterne?

Mais soyons sérieux. Voici quelques indications utiles pour ceux qui cherchent Dieu et ne l'ont pas (encore) trouvé.

Le roi Salomon, qui entretenait des relations privilégiées avec Dieu, entreprit de le faire enfermer, comme il convient de tout individu représentant un danger pour la collectivité. À cet effet, il fit construire à Jérusalem, de 960 à 953 avant J.-C., une prison de luxe appelée “le Temple” (cf. I Rois 8:13 et II Chroniques 6:2: “J’ai achevé de bâtir une maison qui sera ta résidence, ô Dieu, une demeure où tu habiteras éternellement”). Mais l’édifice fut détruit en 587 avant J.-C. par les armées babyloniennes de Nabuchodonosor et Dieu en profita pour prendre la clé des champs. Un second Temple, érigé au début du sixième siècle avant J.-C., après le retour de la captivité, fut remplacé par un troisième, dont la construction, décidée par Hérode le Grand, roi de Judée, débuta aux alentours de 20 avant J.-C. Hélas, comme chacun sait, le nouveau Temple fut rasé par les Romains en 70 après J.- C., en même temps que le reste de la ville. Depuis lors, privé de sanctuaire (le Temple, en effet, n’a jamais été reconstruit), Dieu mène la vie errante des fugitifs et des latitants, prenant mille et une formes et autant de visages, trouvant abri par-ci, asile par-là* et refuge par ailleurs, dormant un jour dans une synagogue, le lendemain dans une église et le jour suivant dans une mosquée**. Certains, s’appuyant sur I Chroniques 17:3-5 (“La parole de Dieu fut adressée à Nathan en ces mots: «(...) Je n’ai fait d’aucun temple ma demeure, mais j’ai été de tente en tente»”), pensent même que le Seigneur a repris ses anciennes habitudes et qu’il hante les terrains de camping et de caravaning. Bien des gens sont à sa recherche mais personne ne sait à quoi il ressemble, ni qui il est vraiment. La plupart fouillent dans des endroits sombres et lorsqu’on leur demande pourquoi, ils répondent: parce que “l’Éternel a déclaré qu’il habiterait dans l’obscurité” (I Rois 8:12 et II Chroniques 6:1)***. Une chose est sûre: “En vérité, tu es un Dieu qui te caches, Dieu d'Israël” (Ésaïe 45:15). De temps en temps, quelqu’un affirme: «J’ai trouvé Dieu»; mais quand on vérifie, il n’y a que du vent, ou alors une ombre insaisissable. Ce qui a conduit Salomon à s’exclamer: “Mais quoi! Est-il vrai que Dieu habite sur la terre?” (I Rois 8:27). Or, Salomon “était plus sage qu’aucun homme” (I Rois 4:31) – du moins si l’on en croit son biographe, qui fut sans doute grassement rétribué pour écrire cette énormité****. Enhardis par l’interrogation de Salomon, certains sont allés plus loin en se posant sérieusement la question: “Mais quoi! Est-il vrai que Dieu est vivant?”. Pis: d’affreux incrédules, prenant leurs noirs désirs pour des réalités, n’ont pas hésité à proclamer haut et fort: “Dieu est mort!”*****. Or, le nombre élevé de personnes qui persistent à croire en lui montre à l’évidence que Dieu n’est pas mort et que, dans ce domaine, tout reste à faire.


* On imagine ce pauvre Éternel faisant du porte à porte et quémandant: “Pitié, mon bon seigneur! Je suis sans logis! Dieu n’a-t-il pas dit, en Ésaïe 58:7: «Offre l’hospitalité aux malheureux sans asile»?”.

** On relèvera en passant que lorsque “David avait dit: «L’Éternel, le Dieu d’Israël, (...) demeurera à Jérusalem pour toujours»” (I Chroniques 23:25; dans le même sens: Psaumes 132:13-14), ce n’est pas seulement le doigt qu’il s’était fourré dans l’oeil jusqu’à l’omoplate, mais un fétu gros comme une poutre. Comme quoi les hommes seraient bien inspirés de ne jamais dire “pour toujours”, ou “éternellement”, ou “à jamais”.

*** Psaumes 97:2 confirme, en parlant de l’Éternel, que “des nuées sombres et l'obscurité l’environnent”. De son côté, I Timothée 6:16 affirme que Dieu “habite une lumière inaccessible”. Certains en ayant déduit que le Seigneur était lui-même inaccessible, ils ont cessé de le chercher. Ce qui a le don d’exaspérer les obscurantistes et complique la tâche de ceux qui cherchent à y voir clair.
Le clair-obscur, ou l’art de noyer la vérité dans l’imaginaire...

***** Il vaut la peine de reproduire ici le passage dans son entier, pour montrer à quel point un biographe peut être amené à caresser son commanditaire dans le sens du poil:
“Dieu donna à Salomon la sagesse, une très grande intelligence et une étendue d’esprit aussi vaste que les plages de sable qui sont sur le bord de la mer. La sagesse de Salomon surpassait la sagesse de tous les Orientaux et toute la sagesse des Égyptiens. Il était plus sage qu’aucun homme, plus sage que (...)” (I Rois 4:29-31). En résumé, “la sagesse de Dieu était en lui pour le diriger” (I Rois 3:28). Mais Salomon, malgré toutes ses belles qualités, n’était pas immortel. Son biographe non plus. Aussi n’y a-t-il pas lieu de s’étonner si I Rois 12:1-4 et II Chroniques 10:1-4 rapportent qu’aussitôt Salomon passé de vie à trépas, le peuple se rassembla pour se plaindre de ce que le défunt les avait “chargés d’un joug pesant” et maintenus dans une “rude servitude” [toute analogie avec des poids lourds de l’histoire moderne ne ferait que confirmer le vieil adage: “il n’y a rien de nouveau sous le soleil” (Ecclésiaste, chapitre 1, verset 9)].

***** • “L'insensé dit en son coeur: «Il n'y a point de Dieu!»” (Psaumes 14:1 et 53:1 ou 53:2, selon la numérotation adoptée); • “Il n’y a pas de Dieu!... Voilà toute sa pensée” (Psaumes 10:4).

Écrit par : Mario Jelmini | 12/10/2017

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Bof, on a l'impression que vous vous forcez pour écrire quelque chose sur ce coup-là.

Écrit par : bof | 12/10/2017

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L'AMOUR TOUJOURS (enfer et paradis)

Je croyais chercher Dieu, j'ai découvert l'amour
C'est peut-être même mieux, un chemin sans détour

Un accès direct, je touche à la magie
D'un monde si intense, un réveil à la vie

Moments fragiles et rares où les choix disparaissent
Avec le bonhomme et sa conscicence dans l'absence

Pourtant, étonnamment, enfer et paradis
Vivent simultanément, maintenant et ici

Lucifer devient même un allié, mon ami
Justifiant la passion, sans jugement, sans mépris

Apportant la substance, profondeur de la vie
Touchant à l'essence, au delà des envies

La morale me bouscule, elle cherche un coupable
Pour justifier le bien, le mal détestable

Les pôles disparaissent, la médaille a deux faces
Réalité fusionnée qui dévoile la farce

De la dualité, projection étriquée
D'un esprit en prison des conventions ancrées

L'amour a fait place nette, réticences balayées
Un bonheur sans fin, une douleur justifiée

L'un sans l'autre n'est rien, condition de l'humain
En quête de protection, qui veut fuir ce destin

Par la maîtrise il tente d'éviter la souffrance
En payant le prix fort de l'indifférence

Et la vie passe bien vite, un grand vide s'installe
Que reste-t'il enfin après une vie si stable ?

L'amour m'a bousculé, chaque fois bouleversé
Une sorte de tsunami, qui a tout chamboulé

Permettre une nouvelle vie, empreinte d'intensité
De profondeur et sens, surtout d'immensité

Emotions qu'aucun mot ne pourra traduire
L'outil qu'est la tête, n'a plus rien à dire

P. Jenni 2010

Écrit par : Pierre Jenni | 12/10/2017

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Alors, bof, toujours anonyme? Peur qu'on mette un nom sur votre nullité?

Écrit par : andre thomann | 12/10/2017

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Eh bien, sur ce coup-ci, vous qui aimez les textes concis, des paragraphes aérés, point trop de développements, z’êtes servi Monsieur Thomann avec vos commentateurs…

Le coup de l’au-delà ? On préfère le vin d’ici pour paraphraser Pierre Dac.

Deux Pensées d’Icelui, à connotation théologique si j’ose :

« Il existe encore des gens qui prennent le Messie pour une lanterne. »

« La bonne moyenne de la croyance s'établit par le total de ceux qui croyaient et qui ne croient plus et de ceux qui ne croyaient pas et qui croient. »

Pierre Dac ; Les pensées (1972)

Et réciproquement comme il avait l’habitude de le dire :))

Bonne soirée

Écrit par : Gislebert | 13/10/2017

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Mouais, d'une façon générale le monothéisme est a géométrie variable. A commencer par le catholicisme avec sa sainte trinité (alors ils sont trois ou un ? ) et l'idolatrerie que beaucoup voue a un saint x ou y qui semble le plus adapté a leurs problèmes du moment.

Mais in fine ce n'est pas ça la question, déjà sur la base de quoi peut on prétendre que le monothéisme est meilleurs que le multitheisme, et le plus important est de continuer a évoluer vers plus de rationnel et moins de d'obscurantisme.

Écrit par : C.Martel | 13/10/2017

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Prenons un passage du Coran, au hasard:
“Chaque fois que Zacharie allait la voir dans le Sanctuaire, il trouvait auprès d’elle de la nourriture, et il lui demandait: «Ô Marie! D’où cela te vient-il ?». Et elle lui répondait: «Cela me vient de Dieu; Dieu donne la nourriture à qui il veut sans compter»” (Le Coran III:37).

Les informations contenues dans ce passage sont difficilement contestables puisqu’on les doit à Mahomet, qui les tenait de l’ange Gabriel, lequel avait été chargé par Dieu en personne de transmettre la Parole au Prophète en vue de l’édification des peuples. Tant qu’il n’aura pas été démontré que la trinité Allah - Gabriel - Mahomet abritait un imposteur en son sein, ou que l’un des partenaires de ce triolisme était incapable de discernement au moment des extases du dernier nommé, gardons-nous de mettre en doute la parole divine telle qu’elle est rapportée dans le Coran.

Bien sûr, les non musulmans pourront toujours soutenir que l’ange Gabriel n’a jamais rien dit de semblable à Mahomet, que Mahomet a été victime d’hallucinations ou qu’il a simplement tout inventé. De même, les non chrétiens peuvent argumenter que l’apôtre Paul a été victime d’hallucinations ou a tout inventé lorsqu’il affirme: “Je vous le déclare, frères, l’Évangile qui vous a été annoncé par moi ne vient pas de l’homme car moi–même je ne l’ai ni reçu ni appris d’aucun homme, mais de Jésus–Christ lui-même qui me l’a révélé” (Galates 1:11-12).

Si les sceptiques ont raison, alors on peut considérer comme autant d’impostures aussi bien les épîtres de Paul que les révélations du Coran.

Écrit par : Mario Jelmini | 14/10/2017

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Pour Fabrice Bonvin, licencié en psychologie comme pour tant d'autres maîtres spirituels Dieu est principe ordonnateur ainsi qu'intelligence créatrice et, dans la Bible, GE, il ne crée pas toujours mais "place"!
Ainsi vécu ce principe a le pouvoir d'opérer en nous comme autour de nous des "rétablissements" assurément réponses à la demande du Notre Père de nous "délivrer du mal"!

Mon précédent commentaire indiquait la voie, ou une voie de recherche par laquelle nous sommes invités à passer si l'on souhaite recevoir tôt ou tard ce don appelé foi

sans arrogance ni superbe lesquels "Superbes", prévient la Bible, seront "renvoyés chez eux les mains vides".

Écrit par : Myriam Belakovsky | 16/10/2017

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Dieu est Un dans la Bible mais en Egypte, du vivant de Moïse, à la mort d'Aménophis IV, Akhenaton, le Dieu Un Aton redevient Amon dieu pluriel.
Refusant ce "retour" selon eux inapproprié des prêtres égyptiens sont par Pharaon envoyés exilés en une province ("terre promise" biblique) gérée par l'Egypte.
Se joignent à eux les Hébreux ainsi que "toute une tourbe" sous la houlette du prince égyptien Moïse. Pour l'Egypte, Le roseau (roseaux dans lesquels Moïse fut trouvé bébé) est le symbole de la royauté.
Erudit, ayant appris la guerre, connaissant sans aucun doute le terrain... Moïse n'était pas sans avoir une idée s'agissant de la date à laquelle éclosent les baies de tamaris (manne).
Puis, malheureux pour elles, le passage des cailles.
D'où la presse, préparé à la hâte pour le départ, le pain sans levain.
Ce qui est la signification précise de la Pâque juive.
Avec, sur la table du repas de fête, petits plats dans les grands, une coupe remplie de vin à laquelle personne ne touche à l'intention du prophète Elie s'il devait venir.
Avant le messie.

Bonsoir, Monsieur Thomann.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/10/2017

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P.S. Enfin permettez-moi de vous dire que l'état de la planète devrait sensibiliser à l'écologie de manière active avec refus de voir plus longtemps empoisonner la terre, l'eau et l'air... nos aliments, notre santé.

Ce qui n'est pas étranger à l'idée biblique de cet Eden, ce jardin, en fait ce monde, cette planète à nous confiés dont nous avons, avions à prendre soin.

Dans les évangiles Jésus ne fait qu'une fois allusion à la faute d'Adam (non d'Eve).
Est-ce à propos de quel usage de la sexualité ou plutôt parce qu'Adam, par peur, se désolidarise d'Eve?

(Par le "serpent", dénoncé par Eve, on peut entendre nos pulsions sexuelles).

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/10/2017

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Monsieur Thomann,
Vous vouliez qu'on vous explique, je crois que l'on peut dire que maintenant c'est fait...

Écrit par : Mario Jelmini | 17/10/2017

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