21/10/2017

CATA… STROPHE ?     NON ...LOGNE.

Je ne connais la Catalogne qu’en touriste, aussi je ne connais pas le problème de son indépendance. Mais j’ai trouvé cette province sympa, j’y ai apprécié sa cuisine et la sociabilité des indigènes. Ils parlent certes catalan entre eux, mais aident celui qui essaye de se débrouiller en espagnol. Pas chauvins.

Dès lors, on ne peut que s’étonner de cette tendance, généralisée, de se vouloir indépendant d’une entité plus grande. Comme si, par exemple le Liechtenstein voulait se séparer de la Suisse. Qu’est-ce qu’on me murmure à l’oreille, le Liechtenstein est indépendant, il ne fait pas partie de la Suisse. Ah, bon ! On ne me dit rien, on me cache tout.

Alors disons Zürich. Là je suis sûr. Zürich est prospère, comme la Catalogne. Ce canton à la fiscalité qu’on croit savoir juteuse avec son industrie et ses banques, en a assez de raquer via la péréquation pour des cantons moins opulents. Un pour tous, tous pour un, c’est bon pour les ploucs. On peut dès lors imaginer qu’un jour un déjanté Stapi (Stadtpräsident, maire de Zürich) déclare que sa ville et le canton avec, la Suisse, il n’en veut plus. Rien ne peut l’empêcher de le dire, quant à le faire, c’est autre chose.

Je remarque alors une chose. Ce sont les régions financièrement à l’aise qui veulent se séparer de celles qui le sont moins. Les Écossais veulent se séparer des Sassenachs parce que leur économie est en pleine forme et qu’en plus ils ont le pétrole de la Mer du Nord.

En revanche, les Gallois, plus rustiques, s’ils ont bien quelques velléités d’indépendance, n’en font pas une priorité. Ils envoient leurs députés à Westminster sans que ça fasse problème. Ils ne demandent pas la lune.

Ils sont accueillants aux touristes qui y trouvent de superbes paysages. Ils élèvent des moutons dont la viande est succulente. Le soir, au pub, on entend les hommes, chanter des cantiques profanes (non-politiques !) qui vous bouleversent. Et la bière y est bonne. On croit voir alors des gens heureux, spirituellement et matériellement bien que pas riches. L’indépendance leur apporterait un petit prestige éphémère et probablement pas mal de difficultés.

La Grande-Bretagne (donc l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Écosse, le Royaume-Uni comprend encore l’Irlande du Nord) me paraît de bonne taille comme la plupart de nos pays européens (dont l’Espagne), on ne saurait y ajouter ni en retrancher, ils sont maniables pour l’exercice de la démocratie, ce qui n’est pas le cas pour des monstres démographiques comme la Chine et l’Inde.

On a surtout l’impression que cette poussée vers l’indépendance est le fait de petits bolivars désireux de se faire un nom dans l’histoire et une popularité dans le présent, mais cela ne correspond plus à une véritable nécessité. Je n’ai pas entendu dire que la Catalogne était sous la botte de l’occupant. Il y a sans doute des problèmes, mais rien qui ne puisse se régler autour d’une paella (valenciana !) et d’une bouteille ou deux de rioja (région autonome d’Espagne. Re !).

 


En attendant, on ne peut que dire :
Viva España !

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Commentaires

ben Si la catalogne avait les mêmes rapports avec Madrid que Zurich ou Genève, avec la Berne fédérale, je pense que l'on entendrait moi parler d'elle... l'Espagne est un pays à tendance jacobine comme la France

Écrit par : Félix | 21/10/2017

"Dès lors, on ne peut que s’étonner de cette tendance, généralisée, de se vouloir indépendant d’une entité plus grande."
Nous connaissons pourtant bien le problème, chez nous en Suisse. Une grande partie du Jura bernois n'a-t-elle pas voulu se séparer du canton de Berne, plus grand et plus prospère? Et n'a-t-elle pas obtenu démocratiquement d'être reconnue comme un nouveau canton au sein de la Confédération?
Rien n'empêche d'envisager un scénario comparable en Espagne ou en Écosse.

Écrit par : Mario Jelmini | 21/10/2017

Les Catalans ne sont pas des castillans, ils ne parlent pas la même langue et leur zone d'expansion se retrouve sur deux pays, l'Espagne et la France. Comme les Basques et comme plus loin, les Kurdes. Prendre parti pour le plus fort n'honore personne...

Écrit par : Géo | 21/10/2017

Certes, mais le Jura ne s'est pas déclaré indépendant de la Suisse. Il voulait simplement se séparer d'un canton qui ne savait pas célébrer la Saint-Martin et son faste gastronomique porcin. On doit bien manger du porc à Brienz et Burgdorf mais pas avec la même ferveur patriotique.

Écrit par : andré thomann | 21/10/2017

"Certes, mais le Jura ne s'est pas déclaré indépendant de la Suisse", écrivez-vous

La Suisse est un fédération d'États souverains.
L'art. premier, alinéa premier de la Constitution du canton de Berne (autrefois Respublica Bernensis) stipule que "le canton de Berne est un État de droit libéral, démocratique et social."
Le canton du Jura, qui est lui aussi un État indépendant et souverain (l'art. premier, alinéa premier de sa Constitution stipule que "La République jurassienne est un Etat démocratique et social fondé sur la fraternité"), est donc bel et bien un État qui a choisi de se séparer d'un autre État dont il faisait partie précédemment.

Il n'est pas exagéré de dire que le Jura est sorti de Berne comme la Grande-Bretagne est en train de sortir de l'Union européenne.

Bonne chance aux Catalans, si tel est véritablement leur désir.

Pour le reste (la St Martin), je suis parfaitement d'accord avec vous, M.Thomann...

Écrit par : Mario Jelmini, aka Méphistophélès | 21/10/2017

Il est vrai que l'usage répété de l'expression "oppression du peuple catalan" et de la comparaison avec le franquisme fait planer quelque doute sur la maturité politique des dirigeants catalans.

Écrit par : Mère-Grand | 21/10/2017

Mère-Grand@ Certes, mais l'histoire de la volonté d'indépendance des Catalans est vieille de plusieurs centaines d'années. Et la réaction du centre espagnol a été particulièrement stupide. Au lieu d'interdire le référendum, Madrid aurait dû le favoriser et récolter le résultat. Cf l’Écosse...

Écrit par : Géo | 22/10/2017

@Géo
Cela aurait, en effet, été beaucoup plus habile.
D'un point de vue juridique, il est possible, je n'en suis pas certain, qu'une des consultation était prévue par la Constitution du pays et l'autre contraire à elle.

Écrit par : Mère-Grand | 23/10/2017

J'ajoute que les auteurs d'une démarche de cette importance ne devraient pas seulement songer à galvaniser leurs propres troupes mais avent tout à convaincre les autres du bien fondé de leur revendication.
Je me place de ce point de vue dans ma critique et à enregistrer les réactions nationales et internationales, ces extravagances langagières ont plutôt connu un échec.

Écrit par : Mère-Grand | 23/10/2017

Je partage les vues de notre ami Thomann sur cette volonté d'indépendance catalane. Quant aux autres nationalismes de petite taille qui voudraient vivre comme des grands, je ne vois guère que l'Ecosse qui y ait un peu droit, et elle a des réserves de pur malt assez solides pour tenir. Historiquement méprisés et ridiculisés par les Anglais, assommés fiscalement et pillés sous Thatcher, et même si les choses se sont améliorées depuis la création du parlement écossais et le Devolution act, il n'y a que par le football ou le rugby que les Ecossais peuvent se payer de temps en temps la tête des Anglais. Les Républicains irlandais ont résolu ce problème il y a un siècle et tout va bien pour eux.

Écrit par : Christian Macherel | 27/10/2017

"Quant aux autres nationalismes de petite taille qui voudraient vivre comme des grands, je ne vois guère que l'Ecosse qui y ait un peu droit"
Vous êtes bien gentil (enfin, peut-être...), mais comment justifiez-vous votre opinion ? Pourquoi les Ecossais et pas les Basques ? Et pas les Catalans ?

Écrit par : Géo | 27/10/2017

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