19/01/2018

L’ARC-EN-CIEL

Les couleurs de l’arc-en-ciel sont au nombre de sept comme vous avez pu le voir : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Or, celles du spectre politique, le français en tout cas, qui est comme on sait tout en nuances, comporte également sept chromatophores qui donnent l’identité politique d’un élu ou d’un candidat.

Ce sont, dans l’ordre, l’extrême gauche, la gauche, le centre gauche, le centre, le centre droit, la droite et l’extrême droite. Les experts (?) pèsent ces nuances sur des balances très précises. Il ne s’agit pas de se tromper. Ainsi, le député Félix Pioche est classé centre gauche ainsi que son camarade Sébastien Pelle, ils sont très liés, venant de circonscriptions voisines, on les dits cul-et-chemise selon l’expression triviale mais imagée. Sauf qu’un journaliste spécialisé dans ce jeu de l’aquarelle politique a cru voir une dérive de Sébastien vers le centre, si ce n’est pas carrément vers le centre droit.

Alors évidemment rien ne vas plus entre les deux compères et des mots cinglants ne vont pas tarder à pleuvoir. En politique, il s’agit d’avoir la bonne étiquette sinon... En gros, il est honni d’être classé à droite, même un tout petit peu. À la moindre imprudence on est taxé de fasciste.

C’est ce qui est arrivé à ces mécréants d’Autrichiens qui ont voté hérétiquement pour la droite, provoquant l’ire de personnalités françaises de premier plan (Kouchner, les Klarsfeld) qui demandent carrément la mise à ban des ministres autrichiens fraîchement nommés dans un processus démocratique. Il s’agirait d’anciens nazis ou de nostalgiques du nazisme. Il faut donc noyer ce chien. Si j’ai bien compris (mais il y a un risque) ceux qui arborent fièrement un insigne socialiste sur leur revers, car c’est bien d’eux qu’il s’agit, la démocratie n’existe que si on vote pour eux, faisant leur la phrase d’un humoriste, à moins qu’elle n’émane de Brecht, ‘le peuple vote mal, il faut changer le peuple’. Il y a en Suisse des politiciens qui raisonnent de même.

On assiste dès lors à un matraquage malsain, à coups d’invectives, dans le cas de l’Autriche avant même que le nouveau gouvernement n’ait pris encore aucune décision. Ces discussions sur la nuance des couleurs politiques que j’ai mentionnées plus haut n’ont aucun intérêt. En ce moment, les Français se tourneboulent les neurones pour savoir s’ils ont un président de droite ou de gauche. Les paris sont ouverts. Mais on s’en fout, ces débats sont d’un autre temps. Il n’y a que deux sortes de bonnes décisions que peut promulguer un gouvernement, celles qui assurent la liberté d’expression (y compris celle de Hani Ramadan à condition qu’on puisse lui river son clou) et celles qui visent à assurer le bien-être social de toutes les classes et s’efforcent de faire échec à la pauvreté. Le reste, c’est du bla-bla politicard.


Le jour de gloire est arrivé.

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Commentaires

Moi je dis qu'il y a de quoi se poser des questions quand même. Il y va de la démocratie et de ses couleurs, car il existe bel et bien des critères de distinction, n'en déplaise: un Le Pen père n'est pas un de Gaulle qui n'est pas un Sarko, et pourtant ils sont tous "à droite". A moins de n'avoir rien retenu de l'histoire du XXè siècle, un siècle épatant en matière de "droites" et de "gauches"!

Un exemple actuel, tiens, l'Autriche, au hasard.

Le ministre autrichien Hofer, l'un des 6 du parti d'extrême droite de la coalition Kurz, est un type assez rigolo, bon chic bon genre, certainement même gendre idéal, il sourit partout et vous avez juste envie de boire une bonne bière avec lui. Sauf que, parait-il, il est très franc, style Trump si vous voyez un peu, et ne cache pas ses idées, la politesse en plus.

Donc vous apprendrez qu'il se balade souvent avec un Glock chargé dans sa poche (il a le port d'arme), qu'il est archi pro-Poutine (ce sont les hommes forts et providentiels qui sauvent les peuples), qu'il est très croyant, il finit ses discours "avec l'aide de Dieu" (je traduis), qu'il en appelle à une "communauté du peuple de culture allemande" (je traduis), que les femmes c'est pour KKK, qu'il est bien sûr anti-EU, qu'il pense que les élites autrichiennes sont toutes bolchévisées. C'est tout juste s'il n'a pas encore dit qu'il sortirait son Glock quand il entendra parler de culture.

Tout ça ne vous rappelle rien?? Et c'est juste un des six.

Du coup je dis: oui aux Klarsfeld et aux nombreux signataires de l'appel. On sait bien que ça n'aura aucun effet, mais au moins ça aura été dit et publié. Au cas où ça tournerait mal plus tard.

Écrit par : Christian Macherel | 19/01/2018

Un jour de gloire viendra peut-être lorsque les outils numériques permettront enfin de faire l'impasse sur le système partisan dont les couleurs s'interpénètrent comme dans un arc-en-ciel à tel point qu'il devient difficile d'en définir le ton, ainsi que les parlements qui suggèrent que le peuple est trop con pour décider tout seul et qu'il faille déléguer leur pouvoir à des représentants qui, soit dit en passant et en dépit de notre système de milice, sont tout aussi cons que les autres, voire plus puisqu'ils se prennent au sérieux.
Ce jour de gloire je le vois avec l'émergence de la démocratie liquide qui fera enfin l'impasse sur l'intermédiaire parlementaire en donnant la parole à chacun, ou en lui donnant la possibilité de la déléguer à quiconque lui semble compétent pour la porter.

Écrit par : Pierre Jenni | 20/01/2018

Priver le peuple de tout pouvoir afin de le soumettre est plus que jamais dans l'air du temps.

Mais, après tout, si le peuple s'en fiche...ne réagit même plus... ?

Pourquoi voudriez-vous que "Ducroc" se décarcasse!?

Écrit par : Myriam Belakowski | 21/01/2018

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