10/05/2018

DIX PETITS NÈGRES

Blaise Cendrars est un écrivain considérable, français mais d’origine suisse, né à la Chaux-de-Fonds, de son vrai nom Sauser, patronyme bernois. Nous lui devons La main coupée, Bourlinguer, Moravagine, mais aussi Petits contes nègres pour les enfants des Blancs que Gallimard republie.

Seulement voilà, dans ce titre, il y a le mot ‘nègre’, ce qui a provoqué la rage d’une Ligue de défense noire africaine (?). Ces purs parmi les purs sont allés voir Gallimard pour demander la non-réédition de cet opus. Gallimard, sainement, ne les a pas reçus, jugeant sans doute la demande intempestive.

On a de plus en plus l’impression que ce qui passe pour lutte contre le racisme devient pour des déjantés une façon de se faire un nom, de paraître sur la scène médiatique, voire de nuire à un adversaire qu’on n'atteindrait pas avec des arguments sérieux. ‘On a cru voir dans les propos d’Untel des relents racistes’. Et le tour est joué. La publication en ligne Riposte Laïque en sait quelque chose.

Or, qu’en est-il du mot incriminé ? Cendrars écrivait ce livre dans les années vingt, alors que le mot n’était pas péjoratif. Il y avait à l’époque une Revue Nègre dont la vedette était l’étourdissante Joséphine Baker. Personne n’y voyait malice. On parlait aussi d’Art nègre. Un pseudo-écrivain employait un nègre sans qu’on pensât à l’Afrique.

Et puis il y avait les Dix Petits Nègres d’Agatha Christie, qui reprend pour son roman une comptine mot-à-mot, ce qui aggrave son cas, car la comptine emploie le mot nigger, ten little niggers, péjoratif inadmissible et passible de prison. Les Africains droits dans leurs bottes ont encore du boulot.

 


Ten little niggers standing on a line
One toddled home and then there were nine. (La suite sur le site Ten little niggers)

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Commentaires

Le terme "blancs" est devenu péjoratif, il désigne des gens sans honneur apeurés et confus. Mais que fait la ligue de défense blanche européenne?

Écrit par : norbert maendly | 11/05/2018

Je me pose la même question mais faut croire que cela n’est pas vendeur.....

Les frustrés s’en sont même pris à la « tête de nègre » une boule de chocolat noir..... ce nom ne nous a jamais posé de problème ni même effleuré l’esprit qu’il pouvait être assimilé à une insulte! Pourtant à l’époque on lisait qu’en Afrique on lisait sur des pancartes épinglées aux portes de cafés: « Interdit aux blancs et aux chiens » et, qu’en Argentine, il n’etait plus question de « blancs » mais de Juifs!

Écrit par : Patoucha | 17/05/2018

Talleyrand étant un blanc, ils n'ont pas retenu son "Tout ce qui est excessif est insignifiant". Il est pourtant fort à propos, même quelques siècles plus tard.

Écrit par : Mère-Grand | 12/05/2018

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