18/05/2018

INSULTES À LA MODE

Certes ‘connard’, ‘enfoiré’, ‘fils de pute’ sont des invectives qui ont encore cours, mais elles ont tendance à perdre leur impact au profit de nouveaux venus qu’on n’attendait pas dans ce rôle.

Ainsi l’insulte intellectuelle : vous voulez rabaisser un adversaire, vous parlez de son ego monstrueux. Faut vraiment avoir au moins des rudiments de psychanalyse pour savoir ce qu’est l’ego. Ou alors avoir fait du latin.

C’est dans le domaine politique que ça dérape complètement. Votre adversaire (ennemi ?), vous dites qu’il est de droite, l’horreur. On ne peut être que de gauche si on a un peu de vergogne. Pire encore, c’est d’être considéré comme d’extrême-droite et si vous voulez le terrasser vraiment, vous le traitez de fasciste, la honte suprême ! Alors qu’il n’y a eu qu’un seul fascisme, c’est celui de l’histrion italien Benito M. (nom connu de la rédaction), qui faisait défiler ses troupes avec le faisceau du licteur repris de la Rome antique. D’où fascisme.

Ces distinctions entre gauche et droite n’ont plus grande signification. On se demande par exemple si Macron fait une politique de gauche (ses partisans) ou de droite (ses adversaires). On veut savoir s’il a le cœur à la bonne place.

De même avec le grand débat sur l’immigration. Si vous avez de la charité, chrétienne socialiste ou écologiste, vous acceptez que viennent en Occident tous ces malheureux que les tribulations chassent de leurs pays musulmans, où ils retournent passer les vacances.

Si au contraire vous pensez qu’il est surprenant que des Afghans lointains ou des Érythréens, venant de pays qui ne sont pas en guerre, viennent peupler nos pays d’ouest et souvent y apporter leur religion orientale totalitaire, vous méritez tous les opprobres. Vous êtes des racistes (autre insulte percutante) qui ne peuvent pas s’amender. Vous êtes de droite.

Mais qu’est-ce que j’apprends ? On me dit que Macron n’est ni de droite ni de gauche. Il n’est donc nulle part, ce que certains Français flairaient. On est soulagé.

 

 

Il est peut-être gauche dans ses bottes ?

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Commentaires

Il y a aussi le "nauséabond" qui est très tendance.

Écrit par : petard | 19/05/2018

@petard
Très bien vu. Cet encouragement à juger des choses en utilisant son nez plutôt que son cerveau a été mis en vogue en même temps que, et contre, les "propos islamophobes", par les adeptes de la tendance Ramadan.

Écrit par : Mère-Grand | 20/05/2018

La mode n'épargne plus aucun domaine, si elle l'a jamais fait. C'est particulièrement le cas des jurons, dont certains s'essoufflent assez rapidement, alors que d'autres ont une durée de vie très longue.
Ce qu'elles ont en commun, c'est que les mots et les images dont elles font usage et qui sont toujours très frappants et même choquants au début finissent toujours par subir un phénomène d'érosion, au bout duquel ils entrent presque dans le vocabulaire quotidien acceptable.
Dans ma prime jeunesse, les mots "merde" et "con" avaient encore quelque chose de vaguement choquant, alors que maintenant on a presque oublié à quoi ils font référence.
Il a avait aussi un certains nombre d'exclamations de meilleur aloi, plutôt littéraires ou utilisées, au théâtre et dans les films, par l'ancienne noblesse française. Les jurons du capitaine Haddock de Tintin étaient à eux-même une catégorie à part.
Le dernier (ou un des derniers) exemples est le mot "putain" que chaque Français utilise au moins une dizaine de fois par jour dans une interjection, comme le font les Américains (où il n'est pas moins fréquent mais un peu plus réservé à certains milieux) avec le mot "fuck".

Écrit par : Mère-Grand | 22/05/2018

C’est surtout le lot d’internautes analphabètes dont il ne manque pas d’exemples dans cette blogosphère!

Bon retour M. Thomann :)

Écrit par : Patoucha | 25/05/2018

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