24/05/2018

LE CAS CAMEMBERT

Les nazis avaient trouvé ce slogan ‘Blut und Boden’ qui glorifiait le beau sang allemand sans toxicité sémite et le sol allemand travaillé par des agriculteurs hors pair, sol qui ne demandait qu’à s’étendre vers l’est.

On pourrait transposer ce slogan arrogant en Normandie et cela donnerait alors un slogan fier ‘Milch und Boden’.

Ce lait est le produit de prairies grasses par des vaches du cru qui va donner le beurre d’Isigny et surtout le camembert. Donc pas n’importe quel beurre et pas n’importe quel fromage. L’un et l'autre sur la plus haute marche du podium.

Le camembert de Normandie est au bénéfice d’une AOC. Il doit être produit exclusivement avec le lait de ces vaches nourries par ces prairies normandes. Et le lait doit être cru, c’est la condition majeure.

Or Bruxelles, ce monstre froid, ne veut rien savoir du lait cru et demande que tout fromage doit être produit à partir de lait pasteurisé.

Levée justifiée de boucliers de la part des producteurs de camembert : en pasteurisant le lait, vous tuez le camembert. Et c’est vrai. Quand on a goûté le vrai camembert à la saveur unique et son doppelgänger pasteurisé, la différence saute aux papilles, le second n’est qu’une pâle imitation sans intérêt gustatif.

Je trouve qu’on en a un peu ras l’orifice de ces institutions, sectes, même individus, qui se soucient de notre santé pour des motifs discutables, hors sujet, intéressés, même quelquefois motivés par le fric ou le fanatisme religieux ou sectaire. Certes, le camembert peut quelquefois tuer, s’il contient la variante nocive de l’Escherichia coli, une bactérie sous sa forme bénigne qui est présente à 80 pour cent dans notre estomac et sans laquelle notre digestion ne se ferait pas. Mais Bruxelles n’entre pas dans ces détails, il fonce, flamberge au vent, pour pasteuriser tout ce qui bouge. C’est une tendance qui nous vient d’Amérique, où tout les fromages, dûment testés quant à leur nocivité, ne se vendent que sous cellophane. Les Américains meurent d’autre chose.

Une de ces sectes, les végans, viennent de s’illustrer par deux fois en montrant leur vrai visage. Ils viennent de caillasser plusieurs boucheries à Genève. Mêmes attaques dans le nord de la France. On croyait ces excentriques inoffensifs, simplement un peu irritants dans leur absolutisme. On ne voyait pas pourquoi ils s’abstiennent de miel, (les abeilles sont spoliées de leur production !) de laine (on ne tond pas les moutons, ça leur fait mal !), de lait (on prive les veaux de leur nourriture !), et autres balivernes. On voulait bien croire que leurs exigences restaient à usage interne.

Mais voilà que comme les autres ‘religions’ (suivez mon regard), ils veulent nous imposer leur croyance totalitaire, au moyen de la violence. Nous voilà donc avec un nouvel ennemi. Leur ancienne propagande ne leur suffisait plus. Souvenez-vous : ‘je suis végan, en toute bonne santé et je vais courir le marathon’. C’était exaspérant mais sans plus. Mais la donne a changé, notre liberté de manger sainement en nous offrant un boutefas ou une fondue est en péril. Le combat ne fait que commencer.

 


Adieu, veau, vache, cochon, couvée. (La Fontaine)

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18/05/2018

INSULTES À LA MODE

Certes ‘connard’, ‘enfoiré’, ‘fils de pute’ sont des invectives qui ont encore cours, mais elles ont tendance à perdre leur impact au profit de nouveaux venus qu’on n’attendait pas dans ce rôle.

Ainsi l’insulte intellectuelle : vous voulez rabaisser un adversaire, vous parlez de son ego monstrueux. Faut vraiment avoir au moins des rudiments de psychanalyse pour savoir ce qu’est l’ego. Ou alors avoir fait du latin.

C’est dans le domaine politique que ça dérape complètement. Votre adversaire (ennemi ?), vous dites qu’il est de droite, l’horreur. On ne peut être que de gauche si on a un peu de vergogne. Pire encore, c’est d’être considéré comme d’extrême-droite et si vous voulez le terrasser vraiment, vous le traitez de fasciste, la honte suprême ! Alors qu’il n’y a eu qu’un seul fascisme, c’est celui de l’histrion italien Benito M. (nom connu de la rédaction), qui faisait défiler ses troupes avec le faisceau du licteur repris de la Rome antique. D’où fascisme.

Ces distinctions entre gauche et droite n’ont plus grande signification. On se demande par exemple si Macron fait une politique de gauche (ses partisans) ou de droite (ses adversaires). On veut savoir s’il a le cœur à la bonne place.

De même avec le grand débat sur l’immigration. Si vous avez de la charité, chrétienne socialiste ou écologiste, vous acceptez que viennent en Occident tous ces malheureux que les tribulations chassent de leurs pays musulmans, où ils retournent passer les vacances.

Si au contraire vous pensez qu’il est surprenant que des Afghans lointains ou des Érythréens, venant de pays qui ne sont pas en guerre, viennent peupler nos pays d’ouest et souvent y apporter leur religion orientale totalitaire, vous méritez tous les opprobres. Vous êtes des racistes (autre insulte percutante) qui ne peuvent pas s’amender. Vous êtes de droite.

Mais qu’est-ce que j’apprends ? On me dit que Macron n’est ni de droite ni de gauche. Il n’est donc nulle part, ce que certains Français flairaient. On est soulagé.

 

 

Il est peut-être gauche dans ses bottes ?

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10/05/2018

DIX PETITS NÈGRES

Blaise Cendrars est un écrivain considérable, français mais d’origine suisse, né à la Chaux-de-Fonds, de son vrai nom Sauser, patronyme bernois. Nous lui devons La main coupée, Bourlinguer, Moravagine, mais aussi Petits contes nègres pour les enfants des Blancs que Gallimard republie.

Seulement voilà, dans ce titre, il y a le mot ‘nègre’, ce qui a provoqué la rage d’une Ligue de défense noire africaine (?). Ces purs parmi les purs sont allés voir Gallimard pour demander la non-réédition de cet opus. Gallimard, sainement, ne les a pas reçus, jugeant sans doute la demande intempestive.

On a de plus en plus l’impression que ce qui passe pour lutte contre le racisme devient pour des déjantés une façon de se faire un nom, de paraître sur la scène médiatique, voire de nuire à un adversaire qu’on n'atteindrait pas avec des arguments sérieux. ‘On a cru voir dans les propos d’Untel des relents racistes’. Et le tour est joué. La publication en ligne Riposte Laïque en sait quelque chose.

Or, qu’en est-il du mot incriminé ? Cendrars écrivait ce livre dans les années vingt, alors que le mot n’était pas péjoratif. Il y avait à l’époque une Revue Nègre dont la vedette était l’étourdissante Joséphine Baker. Personne n’y voyait malice. On parlait aussi d’Art nègre. Un pseudo-écrivain employait un nègre sans qu’on pensât à l’Afrique.

Et puis il y avait les Dix Petits Nègres d’Agatha Christie, qui reprend pour son roman une comptine mot-à-mot, ce qui aggrave son cas, car la comptine emploie le mot nigger, ten little niggers, péjoratif inadmissible et passible de prison. Les Africains droits dans leurs bottes ont encore du boulot.

 


Ten little niggers standing on a line
One toddled home and then there were nine. (La suite sur le site Ten little niggers)

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