28/06/2018

SANTO SUBITO

Lorsqu’on me dit qu’il faut respecter les religions, je réponds oui, mais à condition qu’elles soient respectables. Or, sous certains aspects, elles sont loin de l’être. L’islam et ses descriptions terrifiantes de l’enfer avec lesquelles on jugule le croyant en lui faisant croire qu’il peut y être condamné pour un oui ou un non. Le judaïsme et ses prescriptions alimentaires contraignantes et ridicules.

Et que dire du catholicisme tel qu’il est pratiqué par certains. Quand j’entends une pécore dire qu’elle a pleuré en apprenant qu’elle ne pourrait pas voir le pape, je me dis là qu’on est plus proche du showbizz que de la piété. Une messe (payante !) devant 40.000 fidèles, c’est Elvis, c’est Johnny. C’est en plus un culte de la personnalité (Heil, mein Papst) pour un personnage qui ne le mérite aucunement. L’autre non plus d’ailleurs.

Cet engouement suspect fait penser à cette scène de naguère où sur la place Saint-Pierre une foule hystérique criait ‘santo subito’ à la mort de Jean-Paul deux. Faut-il rappeler que ce saint père s’était illustré entre autres en accordant sa bénédiction papale à ce bon catholique Augusto Pinochet. Entre dictateurs, il faut s’entr’admirer. Jean Polski avait du charisme, ce qui l’absolvait de tout. C’est fou ce que le charisme peut nuire à un jugement raisonnable. Un ami me demandait un jour que je reconnaisse qu’il était un grand pape. J’aurais été d’accord s’il reconnaissait qu’Hitler avait été un grand dictateur. La conversation s’arrêta là.

La religion ne doit être que deux choses : croire en un dieu et le prier, chez soi ou dans un édifice approprié, au besoin, lui demander un miracle en infraction aux lois de la nature. Tout le reste, ablutions, interdits sexuels, alimentaires, dévotion à un clergé, culte de la madone, tenues provocatrices, adhérer à des superstitions malsaines, tout ça n’est que fatras inutile. Le rabbin Jésus, sur qui il y aurait beaucoup à dire d’autre part en admettant qu’un tel personnage ait existé, ne disait pas autre chose : en matière de piété, il prônait la discrétion. En matière de discrétion, François a encore du chemin à faire. Et ses ouailles aussi.

 


Une blague :
Depuis plus de quarante ans, un vieux juif priait avec ferveur devant le Mur des Lamentations. On lui demanda quel était l’objet de sa dévotion.
— Je prie pour la réconciliation entre les peuples et surtout celle entre Israël et les Arabes.
— Et ça marche ?
— J’ai l’impression de parler à un mur.

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22/06/2018

UNE CRÉTINERIE

Je fulmine. Je viens d’écrire un blog où j’expliquais les méfaits de l’antisémitisme et l’apport des Juifs dans la culture occidentale dont ils font d’ailleurs partie. Et voilà qu’un jeune Juif commet une crétinerie que je me dois de relater. Je mentionne son appartenance à son ethnie parce qu’il le fait lui-même.

Voici les faits. L’entreprise Migros, dans ses nombreuses activités, a aussi celle de la boulangerie. Elle laisse semble-t-il une certaine latitude de créativité à ses acteurs locaux. C’est ainsi qu’un de ses boulangers saint-gallois a sorti de ses fours un pain dont la forme pouvait être celle d’un moulin à vent. En cherchant bien.

Or, un petit jeune homme y a vu autre chose : une croix gammée. Et de pousser des hauts cris : on insultait le peuple juif, on faisait preuve d’antisémitisme !

On peut voir une photo de ce pain. La ressemblance avec une swastika paraît bien lointaine, avec un moulin à vent également. Et cela m’étonnerait qu’un boulanger néo-nazi ait voulu utiliser cette forme de propagande pour diffuser ses idées surannées.

La Migros a eu la réaction qu’on attendait : elle était désolée d’avoir peiné un client. Mais ce qu’elle aurait dû faire, c’est d’envoyer ce petit con dans les cordes. Lui dire qu’il était la honte de cette ethnie qu’il croyait représenter, que s’il voyait des croix gammées là où il n’y en avait pas, il était victime d’une parano qu’un bon psychiatre pouvait soigner. Que s’il cherchait un moyen de sortir de l’anonymat, il y avait des actes moins débiles. En se montrant ainsi musclée, la Migros serait applaudie des autres clients.

On est beaucoup trop tolérant à l’égard de ceux qui s’en prennent à notre culture. Savoir faire du pain, c’est aussi de la culture. Certes, nous chérissons notre liberté de penser, notre héros du jour a le droit de penser que ce pain ressemble à une croix gammée, même d’émettre cette pensée à haute voix, mais il n’a pas le droit de faire un esclandre. J’ai moi le droit de penser que la ‘plus belle avenue du monde’ se termine par un monument qui fait penser à un couvercle de W.C. mis debout. En cherchant bien. Mais je n’ameute pas les populations. Je pense simplement qu’en matière d’art, mais aussi de religion, de politiques, toutes les opinions sont permises et sujettes à débat mais pas à rixe.

 


Mieux vaut ne rien dire et passer pour un con que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet. (Desproges ?)

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14/06/2018

SUR UN IMPROMPTU

J’écoutais récemment sur internet le troisième impromptu de Schubert. Joué par Vladimir Horowitz, ce pianiste parmi les tout grands, au service d’un de ces joyaux de la littérature pianistique. Horowitz est juif, comme son nom semble l’indiquer. Oui, et alors ?

Alors, rien. Rien sinon pour dire que la mention est stupide et aussi pour vous faire sursauter. Parce qu’il n’y a pas de pianistes, de violonistes, de yukulélistes juifs, mais des musiciens tout court. Je veux dire par là qu’il est aussi incongru de mentionner la religion juive d’un artiste que de mentionner par exemple qu’Hélène Grimaud est une pianiste catholique. Parce que juif est une religion, pas une race (sinon on donne raison à Hitler et sa bande de malfrats). On peut donc se ‘déjuiver’. Ainsi l’écrivain Stefan Zweig, ‘né de mère juive’, déclarait : je suis citoyen autrichien, point à la ligne.

Finalement n’est juif que celui qui se déclare comme tel.

L’antisémitisme est à la fois une stupidité, une erreur et peut devenir un crime. Erreur d’abord, puisqu’elle ne concerne que les juifs et pas les autres peuples parlant une langue sémitique. On devrait dire antijuivité si on voulait finasser (Dites donc, Thomann, il ferait beau voir que vous finassassiez*). Une stupidité aussi parce qu’elle tend vers le boycott (slogan nazi : Kauft nicht bei Juden !). Dans les années trente, sur ma demande, mes parents m’avaient acheté un Volksbrockhaus, le Larousse allemand, et je me souviens que le nom de Mendelssohn n’y figurait pas. Les nazis se privaient donc de l’apport de créateurs juifs, ils firent fuir vers Hollywood des cinéastes notables, des Lubitsch, des Fritz Lang, qui y firent des carrières prestigieuses.

Quant au crime, on sait ce qu’il en fut et en est. On parlait du peuple déicide et on s’autorisait à frapper. On parlait de complot juif mondial et on exterminait. Youpin est insultant, ce que ne sont pas frouze, boche, russkov, rital, espingo, rosbif, polak, amerlok, des mots à éviter, certes, mais qui n’ont pas ce caractère de mépris, selon le ton, ils peuvent même être amicaux.

Et si l’antisémitisme, l’antijuivité donc, avait pour cause la jalousie ? C’est vrai, ça, les juifs semblent réussir dans des domaines divers, la confection, les tissus, mais aussi la musique, la physique, la médecine, la banque (pour des raisons religieuses, la banque ne peut être que juive ou protestante). Pendant que le jeune musulman perd son temps à psalmodier le Coran appris par cœur, le jeune juif, encouragé par ses parents, fréquente les conservatoires, les universités, les laboratoires, lit des traités scientifiques. Il y a de quoi faire bisquer les imams.

 


* J’offre ce rare subjonctif imparfait à mon voisin de blog DAZ qui les collectionne.

 


Pour ma coda, une anecdote vécue, illustrant l’humour juif.
Il y avait avant la guerre le magasin de prêt-à-porter Muhlstein Frères. Ma mère m’y emmena un jour, (sie kaufte bei Juden !), il s’agissait d’acheter un manteau pour le petit, j’avais peut-être dix ans. On lui en présenta un, qui valait septante francs, une somme pour l’époque. Ma mère se récria, marchanda à n’en plus finir. Lassé, mais goguenard, monsieur Muhlstein finit pas lui dire, ‘Écoutez, madame Thomann, qui c’est qui est juif ici, c’est vous ou c’est moi ?’

20:26 | Lien permanent | Commentaires (48) | |  Facebook | | | |