26/07/2018

UNE RENCONTRE

J’ai fait récemment la connaissance d’un musulman algérien qui vit et travaille à Genève depuis bien vingt ans. Résultat : sympathie réciproque et immédiate. Je m’étonnais bien de mon attitude positive, étant donné ce que je sais de l’islam et sur l’attitude de certains Algériens devenus Français mais qui n’en continuent pas moins à agiter le drapeau de leur pays d’origine. J’avais des raisons d’être perplexe. Mais premièrement, ce monsieur ne mentionnait pas sa religion, son prénom certes m’indiquait qu’il n’était ni calviniste ni luthérien. Mais rien de plus. C’est au cours d’une conversation que j’en ai su un peu plus. À ma question voulue anodine de savoir s’il buvait, il me répondit par l’affirmative, un verre de vin aux repas. Ce qui signifiait que le Coran, il en prenait et il en laissait. À la bonne heure ! Il m’expliquait qu’il trouvait le vin agréable à boire et qu’il ne voyait pas pourquoi il s’en priverait, islam ou pas. Un musulman hédoniste.

Il y a d’autres exemples. En Allemagne du sud, dans un restaurant coté que j’ai du plaisir à fréquenter, le sommelier s’occupe avec pertinence de notre bien boire, sait décrire le vin, nous conseille un choix, et il est turc, donc a priori musulman. Il fait ce que le Coran interdit, non seulement ne pas boire mais encore ne rien à avoir affaire avec toute boisson alcoolique, sa vente, son transport. De ces préceptes rigoureux, à cirer il n’en a rien. Pas plus que mon tabac du coin tenu par un Turc également chez qui je peux me fournir en vodka et en whisky (bus modérément, vous pensez).

Cela signifie que ces personnes ont choisi le vrai vivre ensemble, ont choisi de s’assimiler (le mot indique le devenir semblable), sans d’ailleurs renier le pays d’origine. Ils sont généralement bilingues, ce qui est une richesse. Ils ont donc deux cultures mais ils font leur celle de leur pays d’accueil. Je pense aussi à ce Subsaharien, donc de peau foncée, devenu je crois municipal à Bienne et que j’ai entendu employer comme la grammaire le demande l’indicatif après ‘après que’, ‘après qu’il sera’ et non ‘après qu’il soit’, une faute que font beaucoup de francophones. J’imagine que ce monsieur parle le français comme une langue apprise, mais avec brio. Venu d’une culture différente, il respecte la nôtre.

Il s’ensuit que cette assimilation, la religion ni la couleur de peau ne peut y faire obstacle. Et que ceux qui en font l’effort (si c’en est un) sont les bienvenus. On pourrait même imaginer une dernière épreuve à l’obtention du passeport suisse, dont on nous dit que c’est une course d’obstacles.

Vous êtes candidat à notre nationalité dont je n’ai pas à vous rappeler combien elle est désirable. Vous avez répondu juste à toutes nos questions, vous êtes d’accord que Guillaume Tell est un vrai personnage, vous savez que la spécialité de Bâle est le leckerli, bon, vous n’avez pas su l’orthographier, c’est pas grave, que celle de Genève est la longeole, que les combats de vaches n’entraînent pas la mort de l’animal, et vous connaissiez même le nom de l’actuel président de la Confédération. Il nous reste un dernier petit test.

Vous prendrez bien trois décis avec nous. Je regrette mais ma religion l’interdit.
Passeport refusé.

Ou bien : Je veux bien, et si vous aviez du valaisan…
Passeport accordé, il vous sera envoyé par la poste.

 


Viva Bacchus, Bacchus lebe ! (Mozart, dans le jubilatoire Enlèvement au sérail)

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Commentaires

J'ajoute à mon blog cet épisode dont je n'ai eu connaissance qu'après sa publication.
A Lausanne, un couple passe devant la commission de naturalisation. Tant l'homme que la femme ne serrent pas la main des commissaires de sexe opposé, montrant ainsi leur identité religieuse. Les commissaires sont certes surpris mais laissent béton. A leur place, bien qu'étant de disposition placide, je crois que j'aurais piqué une belle colère, vulgarité comprise:
Vous postulez pour ce grigri qu'est notre passeport qui vous permettra d'accéder
à la magie de la vie suisse, mais en même temps vous montrez que le vivre ensemble, le vivre à la suisse en rejetant un usage suisse (et de l'Occident), vous n'en avez rien à foutre. Vous êtes des faux-culs dont notre pays peut se passer. Alors tintin pour le passeport.
Mais il y a une suite. En effet le Canton a trouvé que ce non-geste n'était pas rédhibitoire (sic) à l'obtention du passeport. Ben voyons!

Écrit par : andré thomann | 26/07/2018

Une petite histoire ou la prudence s'impose.

Un homme d'environ 50 ans passe devant chez moi avec un très gros et grand chien. Celui-ci pisse sur la porte d'entrée, son maître n'ayant aucune réaction. Je lui demande s'il peut faire pisser son chien ailleurs, il me répond que c'est naturel. L'homme est typé sans que je puisse définir sa "provenance", mais son accent arabe me donne une indication.

Je lui précise que la prochaine fois, il devra faire pisser son chien ailleurs sinon, ça chauffera pour lui.

De là il m'insulte en arabe, insultes que je connais par coeur. Je m'approche de lui en lui indiquant que la culture de l'insulte appartient aux faibles. Il me répond en criant "raciste" je vais porter plainte etc...

je suis allé à la gendarmerie déclarer le fait afin d'anticiper d'autres événements.

J'ai appris qu'il était marié à une européenne depuis 20a ans et avait deux enfants. Effectivement je l'ai revu 1 an après avec celle-ci elle était en mini...

Moralité, il faut se méfier des musulmans sympathiques qui peuvent devenir d'un coup de véritables islamistes. Désormais, je tiens les distance avec tous ces gens. Ne jamais leur tourner le dos.....

Écrit par : NOËL Pierre | 27/07/2018

Comme Pierre NOËL, vous mettez en évidence que les identités culturelles peuvent être très fortes, surtout lorsqu'elles sont liées à des croyances religieuses.
C'est le problème essentiel posé par l'immigration, n'en déplaise aux naïfs. Et cela ne concerne pas que les musulmans, comme le montre l'exemple des familles (femmes comprises) qui font exciser leurs filles alors qu'elles ont immigré "chez nous".

Écrit par : Mère-Grand | 29/07/2018

J'ai un ami musulman (et pas qu'un), mais regardez, cet ami vit normalement, seulement voilà, il avait jugé peut être normal de mettre son fils dans les activités de la mosquée kosovar de Genève, comme lui l'avait fait enfant. Il n'a pas laissé son fils plus qu'un quart d'heure lorsqu'il vu le décor des activités, les images et slogans placardant les murs des salles dédiées aux enfants, toutes les femmes étaient entièrement voilées et l'imam l'a directement presque insulté parce que sa femme n'était pas voilée !

Il avait en son temps également participé en tant qu'enfant aux activités de la mosquée il y a 25-30 ans, rien à voir !

De ça aussi, il faut parler !

Écrit par : Valium | 01/08/2018

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