14/11/2018

ATTENTION DANGER !

C’est le cri angoissé que poussent tous les adversaires de l’initiative UDC, prédisant que si elle était acceptée, la Suisse s’en mordrait les doigts.

Et si c’était l’inverse ? Parce qu’il y a maintenant l’affaire Elisabeth Sabaditsch-Wolff, une Autrichienne qui avait déclaré dans un colloque que Mahomet était pédophile, ce qui n’est pas un secret, toutes les biographies du bougre, même celles écrites par des musulmans, signalent qu’il s’est marié à 54 ans avec une gamine de 6 et qu’il a accompli son premier devoir conjugal quand elle en avait 9.

C’était donc vrai mais il ne fallait pas le dire. La justice autrichienne est illico intervenue et a accusé ESW d’atteinte à la paix religieuse et l’a condamnée à une amende transformable en jours-prison en cas de non-payement. Le principe de la liberté d’expression passait à l’as. L’idée des juges, c’est que les musulmans ont la tête près du bonnet et risquent de protester violemment. Car c’est bien d’eux qu’il s’agit. Si on dit que Jésus faisait ami-ami avec des prostituées (et plus si entente !) ce qui est plausible si on lit l’évangile entre les lignes, on voit mal des catholiques descendre dans la rue la bave aux lèvres et demander le châtiment des coupables.

Donc les juges autrichiens reconnaissent implicitement que l’islam est une religion violente dont il faut craindre les manifestations éruptives.

ESW n’en est pas restée là. Elle a fait appel et quelle instance pouvait le mieux la tirer de ce mauvais pas ? Mais bien sûr, la Cour européenne des droits de l’homme. Mais là, surprise. La CEDH confirme le jugement des juges viennois. Même raisonnement, il faut préserver la paix religieuse, quitte à décider que la charia est plus importante que la liberté d’expression. Ce qui veut dire qu’on réintroduit le délit de blasphème, notion mortifère qui oublie qu’avant d’être une foi, la religion est d’abord une opinion : vous êtes de l’opinion qu’il existe un archange Gabriel qui aurait fait l’Annonce à Marie puis changeant de commanditaire aurait dicté le Coran à un certain Mahomet. Je suis moi de l’opinion qu’il s’agit d’une invention intéressée de théologiens sans scrupules dont le seul but est de vous soumettre. Mon opinion vaut la vôtre mais on ne va pas se foutre sur la gueule à cause de cette différence.

De même, je peux penser puis le dire que Jésus n’a jamais existé mais qu’il s’agit d’un personnage conceptuel sans qu’une loi m’en empêche. La CEDH, et c’est significatif, ne s’oppose pas à ce genre de divagation. Michel Onfray n’est toujours pas sous les verrous.

Cette décision d’une lâcheté absolue ne concerne pas seulement l’Autriche ni la valeureuse dame ESW, elle est aussi un objet de crainte pour nous Suisses. Les juges de la CEDH sont des juges étrangers dont ne voulons pas. Mais ça tombe bien, nous allons pouvoir en ce 25 novembre confirmer la demande des trois Suisses* mythiques du Grutli et nous opposer aux diktats de Strasbourg. Aux armes, citoyens !

 


* Walter Fürst, Werner Stauffacher et Arnold de Melchtal (Vous aviez oublié leurs noms, hein ?)

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Commentaires

Les gens qui voteront NON à l'initiative le 25 novembre voteront pour des juges qui ne respecteront pas notre constitution.
En matière de suicide national on fait pas mieux.

Écrit par : norbert maendly | 15/11/2018

Une interrogation:

La Convention européenne des droits de l’Homme définit en termes très généraux des droits et des libertés, fondamentaux. Elle n’est pas accompagnée d’un corpus de lois comme l’est une Constitution. N’en découle-t-il pas que la Cour européenne des droits de l’Homme, faute de lois d’application, appuie ses jugements non pas sur des raisonnements, mais sur son appréciation ? Une appréciation qui fonderait sa jurisprudence ? jurisprudence qui ferait loi ? jurisprudence qui évoluerait sans que la lettre des droits et libertés fondamentaux ne change ?



N’en résulterait-il pas que le système

a. violerait le principe de la séparation des pouvoirs ? la Cour déciderait la loi, exerçant le pouvoir législatif, et en contrôlerait l’application, exerçant le pouvoir judiciaire ? et

b. violerait le principe même de la démocratie, qui attribue à l’ensemble des citoyens ou à un parlement le pouvoir d’édicter les lois ?



Le système mis en place autour de la Convention, instituant la Cour, serait-il incompatible avec la démocratie ?

Écrit par : weibel | 15/11/2018

C'est exactement ça! La jurisprudence de la CEDH deviennent force de loi sans que quiconque ait voté ces lois.

Avec la CEDH, nous entrons dans la République des juges.

Je conseille à quiconque n'a pas encore voté de consulter le site Horizons et Débats, les articles montrent ce que seraient les conséquences d'un non à l'initiative "Pour l'autodétermination"

https://www.zeit-fragen.ch/fr.html


Il faut comprendre que les arguments des opposants à l'initiative sont bidon, que ce soit au sujet de la convention européenne des droits de l'homme dont le corpus est dans notre Constitution et il serait quasi impossible de les modifier et de réintroduire la peine de mort et la torture et de faire disparaître les droits des minorités. Même chose en ce qui concerne les accords et traités que nous aurions passé avec des pays étrangers.

Le malheur de cette initiative est qu'elle a été lancée par l'UDC, et apparemment tout ce qui vient de ce parti est maudit et doit être combattu becs et ongles au risque de faire des mésalliances dangereuses pour la Suisse et ses habitants.

On peut aussi signaler la position de Me Charles Poncet (PLR) qui s'est exprimé dans le tout ménage "Tout l'immobilier":

https://www.toutimmo.ch/2018/11/initiative-sur-lautodetermination-2/


Notre démocratie est mise en danger par les Verts, le PS, le PDC, le PLR,...


Les bonimenteurs adeptes du non affirment que s'il y avait un changement dans les traités internationaux, le peuple serait amené à voter.
Un exemple tout simple, nous a-t-on dit que nous voterions sur l'accord-cadre que le CF veut signer avec l'UE? Je n'en ai pas souvenir. Nous a-t-on dit que nous voterions pour avaliser, ou rejeter le diktat de l'UE sur la possession des armes par les citoyens suisses? Pas plus!

Il faut donc comprendre que refuser cette initiative sera donner à l'UE la possibilité de nous imposer ses lois, ses règles, en clair SES DIKTATS. I n'y a que des salopards pour accepter de se soumettre à l'UE.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 15/11/2018

On ne parle pas des juges extérieurs qui seraient ceux des Etats-Unis aux pouvoirs encore élargis dans nos pays, en l'occurrence dans notre pays, en cas de refus de l'initiative UDC

Il faut accepter l'initiative UDC et cesser de voter sottement sans prendre le temps de la réflexion sous prétexte qu'il s'agit de l'UDC et qu'en ce cas quoi que ce soit on refuse!

On a célébré notre patrie terre haute et féconde que "nul ne peut séduire par l'épée ou par l'or"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15/11/2018

Vous avez tellement raison, M. Thomann. Lisez donc ceci sur cette justice à deux vitesses qui condamne les-uns (toujours les-mêmes bien entendu), mais pas les-autres:

http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2018/10/26/31004-20181026ARTFIG00232-delit-de-blaspheme-la-cedh-n-est-pas-charlie.php

Écrit par : Marianne | 15/11/2018

La cour européenne des droits de l'homme prend ses ordres chez Erdogan et Ben Salman.
Elle a d’ailleurs décerné un prix au second pour son action en la matière.
De qui se moque t on ?
Ceux qui donneront plus de pouvoir à des juges étrangers seront les premiers à venir se plaindre quand leur tour arrivera.
Pour l’Angleterre c'est pareil, tous les pays européens sont d'accord pur la mettre à genoux mais quand leur tour arrivera ils n'auront que les yeux pour pleure, sauf l'Allemagne et la France qui mènent le bal. Barnier l’exécuteur ma fait penser aux collabos de 39 45 prêts à livrer l'Angleterre à l’hégémonie teutonne.
Quand Bruxelles aura terminer sa sale besogne avec les Britishs c'est sur la Suisse qu'elle va s’abattre.

Écrit par : norbert maendly | 15/11/2018

"on voit mal des catholiques descendre dans la rue la bave aux lèvres et demander le châtiment des coupables."
Par contre incendier un cinéma, ils en ont été capables:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_cin%C3%A9ma_Saint-Michel

La cedh n'a aucune légitimité, aucun juge n'ayant été élu. Aujourd'hui elle condamne la Russie pour les arrestation de navalny. Mais il ferait beau voir la france condamnée quand les procureurs se font les porte-flingues du pouvoir monarchique.

Écrit par : Daniel | 15/11/2018

Vraiment un excellent billet, M.Thomann. Je n’ai rien à rajouter, si ce n’est que j’espère que cette initiative de la dernière chance passe...

Écrit par : Géo | 15/11/2018

Aperçu de votre commentaire

A ECOUTER IMPERATIVEMENT AVANT DE VOTER:

https://www.youtube.com/watch?v=XRP89wdhmIo

Ce que dit Manon Schick est confirmé également par les propos de Couchepin dans le dernier MARTIN DIMANCHE:

"Le peuple n’est pas le seul pouvoir, il y en a d’autres qui sont là pour limiter ses compétences, comme le Parlement ou les tribunaux. Je ne veux pas d’une dictature de la majorité qui décide de faire ce qu’elle veut"

http://www.nostro-diritto.ch/2018/11/11/pascal-couchepin-je-ne-veux-pas-dune-dictature-de-la-majorite-en-suisse/

Écrit par : Marie B. | 15/11/2018

"j’espère que cette initiative de la dernière chance passe..."
Toujours difficile avec la nécessité d'une double majorité. Il faudra compter avec nos compatriotes d'outre-Sarine. Rappelons-nous de l'initiative sur les minarets.

Il y aura de toute façon d'autres chances, que ce soit par initiative ou référendum.

PS: quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi laisser les cornes aux vaches coûte de l'argent?

Écrit par : Daniel | 15/11/2018

Parce que pour détenir le même nombres de vaches avec des cornes que sans il faut plus d'espace, les cornes pouvant blesser lors de mouvements d humeurs.
La somme allouée aux détenteurs de vaches à cornes (190 frs par bête) étant prise sur le pot commun dévolu à l'agriculture les éleveurs de (sans cornes) seront d'autant moins arrosés par Berne.

Écrit par : norbert maendly | 15/11/2018

J'ai par le passé eu quelques ennuis dans un cours que je donnais au collège à des élèves de 18-19 ans, donc majeurs et vaccinés: nous parlions des 3 monothéismes et un élève a intelligemment posé la question qui fait mal: Monsieur, mais alors quelle est la différence entre Mahomet et Jésus?

Avant de donner ma réponse, j'ai organisé un tour de parole, les élèves ayant une réponse à apporter étant invités à le faire. A ma grande surprise, plusieurs ont donné des éléments pertinents, au scandale de deux jeunes filles musulmanes voilées.

J'ai complété en expliquant qu'en effet, selon les sources islamiques elles-mêmes, Mahomet était un chef de guerre maniant allègrement le sabre et organisant des expéditions que de nos jours on nomme terroristes, doublé d'un pédophile invétéré, au sens où ces mots signifient quelque chose aujourd'hui. Tout le contraire de notre Jésus, si l'on se fie aux textes.

Du coup la fameuse religion d'amour et de paix en a pris un coup. J'ai dû lors du cours suivant montrer mes sources biographiques à mes deux voilées qui ont opposé un déni total: "Monsieur vous n'avez pas le droit de dire ça!" Pas le droit car je ne les "respectais" pas. Le mot est lâché: le respect.

Et voilà où on en est aujourd'hui: il y a des faits qu'on n'aurait pas le droit de nommer, en l'occurrence devant des élèves majeurs d'une école laïque, à qui les professeurs sont de par la loi tenus d'enseigner les valeurs universelles autant que les faits historiques.

Écrit par : Macherel | 16/11/2018

Les droit de l'hommistes et les islamistes sont les alliers objectif de l'islamisation forcée du monde.
Les premiers donnent aux seconds sous prétexte de respecter leur différence le droit de l’imposer aux autres.
Si tu n'acceptes que je t'impose mon mode vestimentaire contraire à ta loi, si tu n'acceptes que je t'impose mon mode alimentaire qui t'empêche de manger ce que tu veux, si tu m'empêche de discriminer les femmes ou les non-croyant contrairement à la loi de ton pays, si tu te moque de ma religion comme tu te moque de la tienne alors que c'est autorisé en vertu du droit à la liberté d'expression etc c'est etc. Bref si tu continue de vivre tout simplement de la façon dont tu le fait depuis des siècles tu me manque de respect. Le piège dans lequel les droits de l'hommistes pervertis et les islamistes nous ont tendus un piège qui se referme doucement sur nous et va faire de nous des musulmans de gré ou de force cette dernière étant prônée par cette religion en cas de refus de s'y soumettre.

Écrit par : maendly | 17/11/2018

Plus on donne de droits aux islamistes dont la pratique religieuse à pour effet de nous priver des nôtres plus on encourage les citoyens libres et égaux en droits à les combattre.
Les droits de l'hommistes sont responsables des réactions de plus en plus violentes de ceux qui ne veulent pas être soumis sous prétexte de respect des différances à une islamisation forcée.

Écrit par : maendly | 17/11/2018

Dans tous les pays musulmans des petites filles de 9 ans sont mariées de force avec des hommes âgés, la cour européenne des droits de l'homme pense quoi des droit humains des petites filles de 9 ans??? Ces rapports sexuelles sont désastreux pour ces petites filles, qui vont toutes leurs vies souffrir de ces violes, que peut on nous dire d'intelligent sur ce sujet à Strasbourg????

Écrit par : Dominique Degoumois | 17/11/2018

"Dans tous les pays musulmans des petites filles de 9 ans sont mariées "

Sacré DD, toujours fâché avec les chiffres.

En Algérie l'âge légal du mariage pour hommes ET femmes et de 19 ans. Et l'âge moyen du mariage pour les femmes est de 30 ans.

https://journals.openedition.org/anneemaghreb/93#tocto3n1

http://www.algerie-dz.com/forums/archive/index.php/t-308058.html

https://telquel.ma/2015/05/20/comment-eradiquer-mariage-mineurs_1447642

Écrit par : Daniel | 17/11/2018

Les verts et les socialistes nous disent qu'il faut voter non a l'initiative sur les juges étrangers de manière à ce que la justice européenne prime sur le droit suisse et puisse ainsi mettre les salaires des travailleuses et travailleurs suisses en danger:

https://www.lematin.ch/suisse/justice-europeenne-nuit-protection-salaires/story/23054843

Honte à la gauche qui devrait être du côté des travailleurs et les encourager à voter OUI à cette initiative!

Écrit par : Samanta | 18/11/2018

Qu'il faut "voter non à l'initiative sur les juges étrangers de manière à ce que la justice européenne prime sur le droit suisse" (on croit rêver!) va dans le sens des dires officiels entendus à la télévision il y a environ trois ou quatre ans - nom et prénom à disposition de la rédaction du blog - d'une ex conseillère fédérale selon laquelle "comme le peuple suisse appelé à voter à propos de son entrée dans l'UE refuserait nous l'"y ferons entrer en biaisant"!

C'est-à-dire en trompant les moins avertis du peuple.
Belle mentalité, en vérité.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18/11/2018

"Honte à la gauche qui devrait être du côté des travailleurs et les encourager à voter OUI à cette initiative!"
Il y a longtemps que la "gauche" n'a de "gauche" que le nom. Une étiquette sur un bocal vide, désespérement vide. Ce sont des opportunistes seulement intéressés par le pouvoir pour le pouvoir et servir le capital, sans le renverser.

Écrit par : Daniel | 18/11/2018

Vous tous, lisez cet article du Figgaro ainsi que les commentaires des lecteurs français qui soutiennent l'autodétermibation de la Suisse et vous comprendrez encore mieux comment l'oligarchie de gauche et de droite nous ment.

VOTONS OUI à l'AUTODETERMINTION:

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/11/22/31002-20181122ARTFIG00126-initiative-pour-l-autodetermination-les-suisses-refusent-de-laisser-le-dernier-mot-aux-juges-etrangers.php

Écrit par : Marie B. | 22/11/2018

A LIRE AVANT DE VOTER

Dans son dernier billet S. Montabert nous présente clairement la propagande mensongère et ignoble des partisans du non qui ont recours a l’inversion accusatoire, c’est à dire le fait d’accuser les autres de ce qu’il veulent faire eux. Dans le passage suivant, S. Montabert nous explique également avec raison qu’il s’agit du dernier vote:

LE DERNIER VOTE

La votation du 25 novembre sur l'autodétermination est l'objet le plus important porté au vote depuis la naissance de la Démocratie directe en 1848, puisque son rejet en marquera la fin.

Si les Suisses rejettent l'initiative pour l'autodétermination, ils renonceront collectivement à leur souveraineté. Il ne sera plus possible de mettre en œuvre la moindre initiative dont les autorités auront décidé qu'elle contrevient au "droit international" - selon leur interprétation souple de ces critères, cela va sans dire.

Rappelons-nous que rien que les deux initiatives agricoles proposées en septembre, "Pour des aliments équitables" et "Pour la souveraineté alimentaire", étaient déjà présentées comme violant le droit international. Ainsi, le 26 novembre au matin, les Suisses pourraient ne même plus avoir le droit de voter sur de tels textes. Et on attend avec impatience la fin du scrutin, que le Parlement puisse accepter le Pacte de l'ONU sur les migrations.

Voici son article:

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2018/11/11/contre-la-democratie-directe-l-hysterie.html#comments

et ne manquez pas ça non plus. C’est édifiant:

https://www.polemia.com/linversion-accusatoire-un-artifice-de-propagande-aux-mains-de-loligarchie-quil-faut-denoncer/

Écrit par : Arthur V. | 22/11/2018

@ Marie B.

Il ne faut pas tout confondre!

Le Conseil de l'Europe (dont la Suisse fait partie) a son siège à Strasbourg. La Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), entrée en vigueur pour la Suisse en 1974, a été rédigée en 1950 par le Conseil de l'Europe. La Commission européenne des droits de l'homme (organe d'instruction) et la Cour européenne des droits de l'homme (organe de jugement), qui comptent chacune un juge suisse en leur sein et sont chargées d'appliquer les articles de la CEDH lorsqu'une cause est portée devant elles, ont leur siège à Strasbourg.

Ce qui est visé par l'initiative de l'UDC, c'est le CONSEIL DE L'EUROPE, la CEDH et la Cour européenne des droits de l'homme. Or, si les Français se rebellent, ce n'est absolument pas contre Strasbourg et ses institutions: c'est contre Bruxelles et ses institutions, c'est-à-dire contre la mainmise de l'UNION EUROPÉENNE sur leurs affaires.

Ce point est fondamental: le Conseil de l'Europe (Strasbourg) n'est PAS une institution de l'Union européenne (Bruxelles)! D'ailleurs, à ce jour, même si tous les tous les États membres de l'Union européenne (au nombre de 28) ont ratifié la CEDH, l'Union européenne en tant que telle ne l'a pas ratifiée alors qu'elle en aurait la possibilité.

Il ne faut pas confondre le Conseil de l'Europe (47 États membres) avec :
- le Conseil de l'Union européenne (aussi appelé Conseil des ministres, car il réunit les ministres des 28 États membres de l'Union européenne);
- le Conseil européen (qui réunit les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne).
L'initiative de l'UDC joue sur la méconnaissance qu'ont les Suisses des institutions européennes et, comme on le constate dans nombre de commentaires ci-dessus et sur d'autres blogs, l'UDC a parfaitement réussi à embrouiller son monde pour faire naître des craintes inexistantes.

Au risque de me répéter: il ne faut pas confondre l'Union européenne (de laquelle la Suisse ne fait pas partie) avec le Conseil de l'Europe (duquel la Suisse fait partie). La Convention européenne des droits de l'homme, que la Suisse a ratifiée, lie les États membres du Conseil de l'Europe et non pas ceux de l'Union européenne. La possibilité de recourir à Strasbourg en cas de violation de la Convention européenne des droits de l'homme par le Tribunal fédéral est une excellente chose pour les justiciables de notre pays.

S'il devait y avoir aujourd'hui une votation fédérale sur l'adoption par la Suisse du droit de l'Union européenne (ou, plus directement, une votation sur l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne), en ce qui me concerne je voterais résolument non. Mais ceci une autre histoire et nous n'en sommes absolument pas là, malgré les efforts des initiants pour faire l'amalgame et créer la confusion dans les esprits.

Votre conviction qu'il faut voter "oui" à l'initiative, chère Marie B. (Myriam Belakovsky, car tout le monde vous a reconnue), est fondée sur une appréciation erronée des faits et de la situation. Je trouve que c'est bien dommage car en votant "oui", vous irez à l'encontre des valeurs que vous voulez défendre.

Écrit par : Mario Jelmini | 23/11/2018

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