23/11/2018

LES EMMERDEURS

Vous voudrez bien excuser mon titre vulgaire mais je n’en vois pas d’autre. Pour ne pas le répéter, il sera représenté par la suite respectivement par il/ils et lui/eux. Nous avons besoin d’eux comme nous avons besoin de la flore intestinale. Sans eux la digestion démocratique ne se fait pas. On pourrait simplement parler d’opposition, mais eux sont plus virulents et quelquefois plus efficaces.

La France, honneur à elle, nous en offre une belle brochette. Tenez, Zola. Le capitaine Dreyfus venait d’être condamné, il cassait désormais des cailloux au bagne de Cayenne, la France pouvait dormir sur ses deux oreilles antisémites.

Mais c’était compter sans Zola, écrivain célèbre aux énormes tirages et qui aurait pu ne se mêler de rien, à l’abri de son confort pécuniaire. Mais il flaire qu’il y a eu magouille et que le capitaine était victime d’une erreur judiciaire. En prenant des risques, il écrit ce « J’accuse » où il s’en prend carrément au ministre de la Guerre et au haut commandement de l’armée française avec pour résultat qu’il va obtenir la révision du procès et diviser la France en deux, ceux qui pensent que la raison d’État prime sur le droit et ceux qui pensent que la justice doit s’exercer en toute indépendance. C’est le cas ou jamais de dire que le verbe est plus fort que le sabre. Je n’ai cité qu’un exemple français mais de poids. Le lecteur pourra faire son choix personnel, il n’aura aucune peine.

Mais qu’en est-il en Suisse ? N’ayant pas le courage de Zola, je ne saurais citer de noms mais j’ai ma petite liste. Tel qui lançait un pavé dans une vitre du Palais fédéral, tel autre qui voulait empêcher le bétonnage à outrance du Valais, et puis, et là je vais quand même citer un nom, le légendaire Guillaume Tell, versus Gessler. C’est vrai ça, les Uranais vivaient tranquilles, on saluait le chapeau sans trop y penser et on vaquait à ses occupations de la journée. Et puis voilà notre Wilhelm qui nous explique que ça n’est pas bien. Et en romançant un peu l’histoire, les Uranais, sans lui, restaient autrichiens et plus tard après l’Anschluss étaient bons pour combattre en fin de parcours sur le front de l’Est.

En y réfléchissant (ma spécialité), ils ne seraient pas au fond le peuple suisse lui-même, enfin une partie, qui, mu par des signatures, dirait NON au Conseil fédéral et à la Suisse fricousarde, et inversement, quand on lui donne l’occasion d’ouvrir sa gueule raisonnable.

Certes, le peuple peut se tromper, mais pas plus que le C.F. et c’est dans l’ordre des choses. Le voteur lambda en prend son parti. Il ne s’est pas trompé cependant lorsqu’il a poussé un coup de gueule contre les minarets. L’islam, qui n’est pas du tout brimé en Suisse, a dû faire son poing dans sa poche. Dans un cas voisin et si on admet que les décisions de Bruxelles ou de Strasbourg ont un petit relent de charia, le vote sur les juges étrangers sera un test. Attendons dimanche.

 

Le peuple a voté contre le gouvernement. Il faut changer le peuple. (Bertolt Brecht)

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Commentaires

Au célèbre passage du roman 1984 de G. Orwell:

"La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force."

on peut désormais ajouter ce nouveau mantra de propagande mensongère si cher aux opposants à l'initiative pour l'autodétermination:

"L'autodétermination c'est la fin de la démocratie et des droits de l'homme"

Ce n'est que quand on la compare au passage d'Orwell que cette phrase de propagande de l'oligarchie mondialiste prend tout son sens!

Tout est dit! Votons OUI!

Écrit par : Arthur V. | 23/11/2018

Et Orwell n'avait pas prévu l'iphone comme nouveau "cordon ombilicale virtuel" pour un retour à l'enfance et à l'abrutissement complet!!!

Écrit par : Dominique Degoumois | 23/11/2018

A LIRE AVANT DE VOTER

Dans son dernier billet S. Montabert nous présente clairement la propagande mensongère et ignoble des partisans du non qui ont recours a l’inversion accusatoire, c’est à dire le fait d’accuser les autres de ce qu’il veulent faire eux. Dans le passage suivant, S. Montabert nous explique également avec raison qu’il s’agit du dernier vote:

LE DERNIER VOTE

La votation du 25 novembre sur l'autodétermination est l'objet le plus important porté au vote depuis la naissance de la Démocratie directe en 1848, puisque son rejet en marquera la fin.

Si les Suisses rejettent l'initiative pour l'autodétermination, ils renonceront collectivement à leur souveraineté. Il ne sera plus possible de mettre en œuvre la moindre initiative dont les autorités auront décidé qu'elle contrevient au "droit international" - selon leur interprétation souple de ces critères, cela va sans dire.

Rappelons-nous que rien que les deux initiatives agricoles proposées en septembre, "Pour des aliments équitables" et "Pour la souveraineté alimentaire", étaient déjà présentées comme violant le droit international. Ainsi, le 26 novembre au matin, les Suisses pourraient ne même plus avoir le droit de voter sur de tels textes. Et on attend avec impatience la fin du scrutin, que le Parlement puisse accepter le Pacte de l'ONU sur les migrations.

Voici son article:

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2018/11/11/contre-la-democratie-directe-l-hysterie.html#comments

et ne manquez pas ça non plus. C’est édifiant:

https://www.polemia.com/linversion-accusatoire-un-artifice-de-propagande-aux-mains-de-loligarchie-quil-faut-denoncer/

Écrit par : Arthur V. | 23/11/2018

Les emmerdeurs emmerdés.

Écrit par : Mario Jelmini | 25/11/2018

J'ai mon petit système à moi pour voir où en est le pouvoir d'achat des suisses et des genevois!!!!! C'est "Le système C&A" Il y a 25 ans on trouvait dans cette enseigne des manteaux en cuit et fourrure pour dame à plus de 1500.- des moutons retournés à plus de 1000.- pour homme et femme, je vous passe toute la liste, en bref allez faire un tour dans ce magasin aujourd'hui!!! On se croirait en Russie en 1965!!!! Que du similicuir et de l'acrylique! En revanche chez Hermès il y a des chemises en croco pour homme à 80'000.- et des blousons en vison à 30'000.- chez Fendi! Des riches "super riches" grâce à nos gouvernements et des pauvres "super pauvres" toujours grâce à nos gouvernements! Et comme disait ma grand mère -l'argent coute pas cher aux mafias!

Écrit par : Dominique Degoumois | 26/11/2018

Le système est aujourd'hui à ce point crypto-totalitaire, que les emmerdeurs sont

devenus une force de progrès, au plan systémique et moral. Leur incohérence et

leur détermination met en défaut les plus brillants théoriciens et échappe à

toutes les démagogies récupératrices. Finalement, le "vous me faites tous chier et

je vous emmerde" reste d'une modernité stupéfiante, surtout si on le compare à

tous les slogans éculés. Quant à la vulgarité... je trouve que "financier" ou

"gestionnaire", c'est pas mal non plus !

Écrit par : Graubeauf | 25/11/2018

Extrait de la «Convention de Vienne sur le droit des traités», du 23.05.1969 (RS 0.111):

Art. 26 Pacta sunt servanda
Tout traité en vigueur lie les parties et doit être exécuté par elles de bonne foi.
Art. 27 Droit interne et respect des traités
Une partie ne peut invoquer les dispositions de son droit interne comme justifiant la
non-exécution d’un traité. (...)

Conséquence: à mon avis, si le peuple décide demain que les dispositions de la Constitution fédérale doivent l'emporter sur celles de la CEDH, la Suisse
1) violera la Convention de Vienne et
2) devra quitter le Conseil de l'Europe (puisque l'application de la CEDH, qui implique le respect des décisions de la Cour européenne, est une condition pour être membre).

Si la Suisse quitte le Conseil de l'Europe (que ce soit de son plein gré ou qu'elle en soit exclue), on peut imaginer que les négociations pour conclure des accords bilatéraux avec l'Union européenne deviendront encore plus "hard" (elles le sont déjà!).

Mais pourquoi pas? Certes la Suisse survivra, mais ce sera dans des conditions d'isolement qui la précariseront. Si la communauté internationale peut aisément se passer de la Suisse, la Suisse par contre a besoin de l'étranger (notamment pour pouvoir importer et surtout exporter, la plus grande partie de sa production étant destinée à l'exportation). La Suisse aura adopté une position à contre-courant de la mondialisation, qui est un phénomène inéluctable.

Écrit par : Mario Jelmini | 26/11/2018

heuuu. l'an pire qui n'était à cette époque qu'austro, si je ne me trompe pas, n'était-il pas doté d'une tête pas encore Suisse, mais argovienne tout de même

Écrit par : Félix | 27/11/2018

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