• JE FULMINE*

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    Sous la plume d’un journaliste, à propos du Toblerone halal, je lis ‘l’extrême-droite fulmine’.

    Il se trouve qu’un membre de l’UDC a été interviewé sur le sujet et qu’il s’est exprimé calmement sur le sujet. Mais moi, je vais fulminer : Quand donc va-t-on cesser de parler de l’UDC en la qualifiant d’extrême-droite ? L’UDC est un parti d’opposition classé à droite, dans la mesure où cette appellation veut encore dire quelque chose, et qui est représentée au Conseil fédéral. Sait-il seulement ce que veux dire extrême-droite, mon journaliste : c’est des gangs armés dans les rues et qui flinguent les opposants, une police secrète qui vous arrête à l’aube, des camps pour héberger les réfractaires et éventuellement les supprimer. C’est le parti qui n’en tolère pas d’autres. On a vu ça avec le nazisme.

    L’UDC n’est rien de tout cela. Elle est donc simplement l’opposition, une force dont nous avons besoin pour que notre démocratie fonctionne. Et si dans le cas présent elle s’oppose à ce que les doigts grassouillets d’un imam viennent se mêler de la fabrication d’un chocolat suisse qui a fait ses preuves (j’en suis moi-même très friand), on ne saurait le lui reprocher. En plus, pourquoi distinguer un seul intervenant quand il est évident que c’est l’ensemble des consommateurs qui va protester. Car cette intrusion de la religion (de cette seule religion) dans ce qui est notre patrimoine, ça commence à bien faire. Bientôt on nous dira que la fondue ne doit pas se faire au vin blanc ni le bœuf bourguignon au vin rouge.

    Autres objets de ma fulmination : les musulmans stricts nous les hachent menu avec leur obsession de la pureté. Un de ces jobards se demande sérieusement si l’eau de Cologne, qui contient de l’alcool, est halal ou haram. Ou si la teinture d’iode peut être appliquée sur une plaie. Ces liquides ne se boivent pas, hé stupide ! Même, si j’ai bien compris le Coran, c’est l’abus du vin qui est condamnable. Un verset dit qu’il ne faut pas arriver ivre à la prière (après on peut ?). L’imam qui doit vérifier que le produit bernois ne contient pas d’alcool se fait du souci pour rien. On peut très bien prendre le volant après avoir mangé du Toblerone.

    Et puis il y a cette firme américaine, propriétaire du produit (!) qui pour des raisons bassement commerciales s’aplatit devant l’islam, quitte à lui dévoiler ses secrets de fabrication. Un produit concurrent, le Ronetoblé, pourrait voir le jour et lui chiper des parts de marché. Pour la plus grande gloire d’Allah. Entre-temps, l’islam aura fait une nouvelle percée chez les mécréants que nous sommes. Ils nous grignotent, ces barbus.

     


    * Fulminer : s’exprimer de façon véhémente avec menaces et reproches.

     

    Y aura-t-il du Toblerone là-haut ? (Question angoissée mais légitime de Hani Ramadan. En effet, dans le paradis d’Allah, il est offert de l’eau non polluée, du lait bio, du miel pure abeille et du vin qui ne saoule pas, mais il n’est nulle part fait mention du chocolat. Notre prédicateur a de quoi s’inquiéter.)

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  • HONNEUR AUX DAMES

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    En tant qu’homme, je le dis avec regret, je pense que les femmes sont plus intelligentes que nous, elles savent repasser une chemise, préparer un poulet marengo, mais aussi on les voit à la tête d’entreprises, comme Coco Chanel, ou à la tête d’un État, comme Benazir Bhutto, assassinée par un fanatique (si c’est pas une preuve d’intelligence !), et il y a des écrivaines*, Georges Sand, Yourcenar, Colette. Toutes des pointures.

    Aussi faut-il se féliciter d’avoir déjà trois femmes au Conseil fédéral. On peut en attendre beaucoup, bon, Simonetta, mouais… mais celles qui viennent d’arriver, avec une bonne réputation au cantonal. On va voir.

    Mais ces femmes qu’on peut admirer ne sont pas très nombreuses, et pour cause, les religions veillent au grain, des religions qui n’ont aux manettes que du sexe mâle. Dont les fondateurs, Jésus, Mahomet, Claude Vorilhon. Cela a commencé très tôt, avec Ève et la Genèse. Le patron d’alors, qui se faisait appeler Dieu, a fait comprendre à la toute première demoiselle qu’il lui interdisait le fruit de l’arbre de la Connaissance. Elle devait rester sotte. Pas question que les femmes s’instruisissent. Elles pourraient prendre le pouvoir et avoir barre sur les hommes. Tous aux abris !

    Tout s’opposait à ce que les femmes s’affirmassent. En France, leur accès à l’université date de la seconde moitié du XIXe. C’est en 1868 qu’elles sont autorisées à étudier la médecine. Avant cette date, pas d’Ambroisine Paré. Sous Louis XIV, Molière se moquait ouvertement d’elles (pour le coup, j’ai relu Les Femmes Savantes et j’en ai une nouvelle fois admiré les alexandrins fluides, le scénario ingénieux et les personnages vrais) mais méritaient-elles pareil traitement ? Elles avaient cette lunette ‘qui fait peur aux gens’, elles s’occupaient donc d’astronomie, est-ce si condamnable, si ridicule ? Le discours de Chrysale qui les condamnait aux trois K prussiens paraît de nos jours bien réactionnaire. Avec, on l’imagine des ‘ça, c’est parlé’ dans le public d’alors.

    Il faudra attendre les années quatre-vingt du XIXe pour la percée décisive (pour la France) de Jules Ferry, qui décrète que l’instruction sera obligatoire, gratuite et laïque et concernera les filles et les garçons. Les autres pays ont suivi Ferry ou l’ont même devancé. J’aime à préciser ici que j’ai eu à Carouge des instits exceptionnels avec qui l’école, gratuite et obligatoire, était un plaisir, voire une addiction. Je leur en garde un souvenir reconnaissant. Les filles doivent penser de même. L’idée qu’elles auraient pu être exclues de l’instruction ne les effleurait même pas. Alors qu’au Pakistan, de farouches talibans, sans doute peu instruits eux-mêmes, détruisent les écoles de filles qui n’ont, si on y réfléchit, aucune utilité. Pas besoin de savoir lire pour préparer les tagines et torcher les niards. On a déjà les deux ‘k’, on remplace Kirche par mosquée et le tour est joué. Sauf que les femmes en islam sont priées de passer par une porte différente pour entrer dans la mosquée et doivent devenir invisibles on sait bien pourquoi. Les femmes d’ici savent-elles la chance qu’elles ont ?

    * On doit dire écrivaines comme on doit dire musicienne. Yourcenar était écrivaine et Clara Schumann était musicienne.

     


    La donna e mobile (Verdi) Elle vient d’obtenir son permis de conduire.

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  • DES BONS P’TITS GARS

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    Il vient de se passer une chose horrible, inhumaine, dravidienne, colossale, calamiteuse, ex(h)orbitante en France, à Mantes-la-Jolie. J’ai de la peine à vous la narrer mais je fais un effort. Voici :

    Des lycéens vaquaient à des activités ludiques de leur âge, incendies de poubelles et de voitures, bris de glaces, saccages de leur établissement (là je dois imaginer un peu car les journaux informatifs sont discrets sur cette phase de l’évènement) et voilà que les forces de l’ordre s’en mêlent et vous ne devinerez jamais ce qu’ils ont imaginé dans leur sadisme. Ils ont forcé ces poulbots à se mettre à genoux, les mains derrière la tête dans une position contraire à la loi sur les enfants.

    Alors ça n’a pas manqué, des protestations horrifiées sont apparues de partout, des parents d’abord qui n’ont pas manqué de protester contre ce procédé humiliant, des professeurs, d’une avocate même, éprise de vraie justice, et enfin de la presse qui n’avait pas de mots assez durs pour fustiger la police et ses mesures abjectes qui vouaient ces jeunes à un traumatisme pour la vie.

    Et si on voyait la chose différemment ? La police française est en sous-effectifs et en sous-équipement. Elle est aussi en sur-activité. Elle a fort à faire à maîtriser les casseurs et pilleurs des villes, elle y parvient d’ailleurs à peine, alors elle peut être excédée par l’activité de ces bambins de dix-sept ans qui devraient être en classe et apprendre l’orthographe et le calcul mental, branches actuellement négligées et non à jouer aux révoltés en peau de lapin. La police, quand elle reçoit un pavé sur la joue gauche n’a pas vocation à tendre la joue droite comme le demandait un rabbin connu au raisonnement un peu faiblard. Il faut lui savoir gré justement de s’être retenue, dans l’épisode que je relate, aucun coup n’a été donné, tout s’est passé sans brutalité et les petits jeunes gens se remettront de leur courte honte.

    Parlons un peu des réactions. Les parents d’abord, qui ont élevé un enfant-roi qui est devenu un adolescent-roi à qui tout est permis, y compris de lancer des pavés brutaux. L’avocate ensuite, flairant l’occasion de faire une plaidoirie enflammée. Enfin la presse lèche-escarpins (de vair) des pygmées politiques en place. Outre la sonorité malsaine de ces réactions, cela sent abominablement le fric. Les parents entendent bien obtenir une compensation financière pour l’outrage à leur rejetons, l’avocate sera payée pour ses prouesses oratoires et la presse largement stipendiée n’entend pas tuer la poule aux œufs d’or. C’est ce qu’on appelle vivre ensemble, entre larrons.

     


    Brigadier, répondit Pandore, brigadier, vous avez raison. (Chanson inepte du siècle dernier)

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