• LES GRANDES QUESTIONS

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    Je tiens de source sûre que le Conseil municipal a consacré récemment 58 minutes montre en main de mon renseigneur à cette question cruciale, essentielle, dravidienne, maousse, importantissime, à savoir s’il ne serait pas impératif de ne plus parler des Promotions mais d’une Fête des écoles.

    L’argument développé est qu’un élève non-promu pourrait se sentir exclu de la fête à cause de son échec. Traumatisé à vie ? Cela part comme tout ce qui sort d’une certaine frange de la politique d’un bon sentiment. Mais il se trouve que j’en ai ras l’orifice des bons sentiments. Ils sont comme on sait, par ouï-dire, le revêtement des chemins qui mènent en enfer. Or, le non-promu doit apprendre que la vie est faite de fiascos et de réussites et que si on le cocole dès le départ, il est mal parti pour la lutte contre le destin. Les cailles socialistes vont lui tomber toutes cuites dans la bouche. Plus besoin de faire d’effort.

    L’idée que si on supprime le mot, on supprime la chose nous vient de France. Comme elle est notre voisine immédiate, Genève est particulièrement atteinte par ce virus. N’a-t-on pas entendu un Président français demander qu’on supprime le mot race de la Constitution, ce qui supprimerait le racisme. Sancta simplicitas ! On peut aussi supprimer le mot grêle du vocabulaire et ainsi au printemps, les vignerons pourront dormir tranquilles.

    Mais nous serons sauvés par l’humour : un municipal, las d’entendre des bêtises, proposait qu’on supprime le mot et la célébration de l’Escalade. Parbleu, la chanson dont le refrain dit Savoyards gare, gare pourrait faire de la peine à un Chamoniard ou un Thononais. On fêterait désormais la Marmite, ça sera plus convenable.

    Le problème de ces férus du changement pour un monde meilleur, c’est qu’ils sont sans passé, c’est le nuisible ‘table rase’. Or, si on ignore le passé, on ne sait comment envisager le présent et encore moins l’avenir. Oublier le passé, c’est perdre les clés de son logement, c’est être dans un état d’Alzheimer permanent.

    Nous avons à Genève, comme partout d’ailleurs, à part la dictature de Calvin, un passé dont nous n’avons pas à rougir, fait de choses savantes et d’autres qui sont simplement charmantes. Parmi ces dernières, il y a une jolie tradition, celle du marronnier de la Treille. N’est-il pas délicieusement désuet, ce moment où un important personnage de l’État (le sautier) quitte un instant son bureau et ses dossiers pour aller s’assurer de visu en observant le premier bourgeon de ce marronnier que le printemps est officiellement là et qu’il peut le proclamer à la population.

    Il y a aussi le Feuillu, bien vivant dans les communes rurales et qui annonce lui aussi le printemps. Sauf qu’il faudra faire attention, il y a un groupe folklorique où des messieurs dansent avec des dames, et cela pourrait faire rugir des musulmans qui passeraient par là.

    Mais il y a donc ces Promos, on abrège, où des mouflets (et des mouflettes), vêtus de leur habit du dimanche, défilent pour aller jouer et se rafraîchir aux Bastions. C’est un joli défilé qu’on peut même proposer à des touristes blasés. J’y allais souvent. Aussi pour les mignonnes institutrices, mon côté voyeur.

    Notre attachement à ce que nous sommes passe aussi par le vocabulaire. On a toujours dit ‘Promos’ et ça n’est pas maintenant qu’on va changer. Il y a un parler genevois dont je vais vous donner un exemple : les municipaux à l’origine de cette proposition saugrenue ne sont que des bidagneuls.

     


    Du temps de l’Escalade, Savoyards, Savoyards
    Du temps de l’Escalade, Savoyards, gare, gare.

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  • OBJECTION, VOTRE HONNEUR

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    Dans un blog, Hani Ramadan, usant de son droit démocratique, s’en prend au projet de loi sur la laïcité. Thème principal, l’État n’a pas à s’occuper de la tenue de ses citoyens. Usant du même droit, je rétorque sans ambages, la religion non plus.

    Si Hani Ramadan est contre cette loi, pour le coup je vais voter oui.

    Et ça sera tout pour aujourd'hui.

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  • ILS ONT ENCORE FRAPPÉ

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    C’est une nouvelle qui n’a pas fait la une des journaux mais qui n’en est pas moins intéressante :

    Oyez : Une mission de véganolâtres est sur le point de partir pour la brousse africaine dans le but de convaincre les lions de passer au tout végétal et de renoncer désormais à tuer des gazelles pour assurer leur nourriture. Le chef de l’expédition ne cache pas les difficultés, de langue particulièrement, les lions ne parlant (rugissant plutôt) qu’un idiome sans grande richesse et un interprète n’a pas pu être trouvé.

    Non, je déconne*. J’ai tout inventé. Mais il n’en reste pas moins que les végétaliens passent à l’offensive chaque fois qu’ils le peuvent. Ainsi cette demande faite dans un collège genevois qu’un des repas de la cantine soit végétalien. Cela soutenu par un groupe de professeurs acquis à la cause.

    Qu’il faille assurer aux animaux une vie décente et une mort sans souffrance, nous sommes tous d’accord. Que soient punis, dans les abattoirs notamment, ceux qui martyrisent les bêtes destinées à notre subsistance, c’est notre instante exigence. Nous demandons par exemple qu’elles ne soient pas vivantes quand le couteau fatal entre en action. Même si ça doit faire hurler les juifs et les musulmans : atteinte à la liberté religieuse ! Un rite sadique n’a pas droit à cette liberté.

    Mais la doctrine végétalienne prend des proportions imbéciles. L’empathie à l’égard des animaux doit avoir ses limites. Certains sont nuisibles et nous devons nous en défendre. Qui voudrait prendre un scorpion comme bête de compagnie. Et ne devons-nous pas nous protéger contre l’anophèle et la mouche tsétsé ? On a vu des humains dévorés par des crocodiles non-végétaliens. Il n’est pas question non plus de laisser proliférer des sangliers destructeurs de récoltes. Il faut se faire à l’idée que la création est l’œuvre d’un bricoleur génial (si on croit à ce truc d’un Créateur) mais qui n’a pas entièrement terminé le travail. Ou si on prend une autre légende, on se dit que Noé aurait bien pu laisser se noyer le couple de rats et celui non moins nuisible de monsieur et madame Morpion.

    Les végans ne veulent pas admettre que cette création est cruelle et qu’il y a les mangeurs et les mangés. De sorte qu’ils ne voient pas que le système global ne fonctionne que si on tient compte de certaines données économiques. Certaines terres ne sont pas arables et ne conviennent qu’à l’élevage, donc à la production de lait, beurre et fromage, produits qu’ils refusent de manger.

    En fait, le fanatisme végan ne tient pas debout, ils vont en outre en douce chez le pharmacien se fournir en gélules qui les prémunissent contre les carences en vitamines. Tout cela me paraît bien hypocrite. Ces messieurs-dames peuvent continuer leur régime nuisible, grande santé leur fasse, mais on leur demandera de ne pas venir faire de l’agit-prop dans le domaine public. La retenue est de mise.

     


    * Ce mot a été employé par le président gaffeur Macron pour insulter les Français. Il devient donc autorisé par tous.

     


    Adieu, veau, vache, cochon, couvée (à ce qu’ils disent).

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