TU VEUX UNE BAFFE ?

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C’est la polémique française de la semaine.

Les faits : un chauffeur de bus parisien est insulté en termes grossiers par un jeune homme de dix-sept ans. Il sort de sa cabine et va coller une mandale à ce petit con.

La polémique : le père du petit jeune homme qui lui a raconté l’épisode décide qu’il ne peut pas en rester là et demande des excuses à la Régie Autonome des Transports Parisiens, la RATP.

A-t-il tort, a-t-il raison ? Au Café du Commerce, les discussions vont bon train.

Mon grain de sel : il faut d’abord poser qu’une gifle, à moins d’être assénée avec une violence telle que les dents de la victime se détachent, n’est pas un châtiment corporel, il est seulement la manifestation d’une irritation ou justement la réponse à une insulte. C’est la version soft du duel, désormais peu pratiqué.

L’attitude du mouflet : au lieu d’en rester à sa courte honte et de fuir le public présent et qu’on veut croire goguenard, il ne trouve rien de mieux que de se plaindre à un père complice qui n’a pas su éduquer son fils.

Celle du père, typique de la nouvelle génération des pères. Je ne crois pas me tromper en pensant que des pères de générations précédentes, en plus de la gifle du conducteur, auraient flanqué une rouste à leurs gamins pour leur apprendre à respecter les grandes personnes.

Quant à la réaction de la RATP, elle était attendue certes, mais elle illustre la pusillanimité désormais des gens en place, soit au gouvernement, soit dans les grands emplois, officiels ou non. Soumis avec les forts, énergiques avec les faibles. Ici, le faible, c’est le chauffeur du bus à qui on va montrer de quel bois la Régie se chauffe. On hésite entre le suspendre quelques jours ou carrément le virer pour de bon. Alors qu’on aurait pu le féliciter pour sa réaction énergique, en disant qu’il y en avait marre des conducteurs caillassés, des bus aux vitres fracassées et qu’il était le bienvenu d’en faire autant si une prochaine occasion se présentait. La RATP qui est incapable de dire leur fait à des musulmans qui refusent de conduire un bus dont le siège a été occupé précédemment par une femme (je sais cela paraît extravagant mais c’est un fait avéré) fait les gros yeux, et plus, à un homme qui simplement ne s’est pas laissé faire. Vous allez voir que tout ça va finir au tribunal.

Nous vivons une époque de grandes contradictions difficiles à concilier.

Nous prônons la croissance à tout prix qui résoudra le problème du chômage. Mais la croissance se fait au détriment de notre planète précaire.

Nous prônons l’égalité, la fin de la pauvreté mais les barons des multinationales et les gouvernements à leur solde nous empêchent d’y parvenir.

Nous prônons le vivre ensemble (jolie formule) mais un simple conducteur de bus et un gamin mal élevé sont déjà en peine d’y parvenir.

Nous prônons la liberté d’expression mais à la moindre vétille, nous courons à la justice (voir ma coda). L’insulte a pris la place du dialogue. L’insulte ou plus si tempérament adapté. Cela peut aller jusqu’à l’interdiction de parole, Éric Zemmour, brillant polémiste, émule de ses grands modèles du XIXe en sait quelque chose. Et même de menaces de mort. Un écrivain français ayant écrit des paroles peu gentilles sur l’islam en a été la victime et vit sous protection policière. D’ici que certains de mes textes tombent sous les yeux d’un musulman ayant la tête près du turban…





1939
— Maman, il a dit un gros mot.
— Tais-toi et mange ton gâteau.

2019
— Monsieur le juge, il a dit un gros mot.
— Accusé, reconnaissez-vous les faits ?
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Commentaires

  • Le vivre ensemble est aussi idiot que "faites l'amour pas la guerre" en particulier avec l'islam, le communisme, le socialisme ou autre despotisme. Le respect, la discipline mènent au savoir faire et au savoir être. Avec l'islam c'est une autre histoire qui se terminera très mal.

    La politesse est un des piliers de notre civilisation, c'est également une culture. Le remplacement de nos valeurs par des concepts haineux, obscurantistes donneront le même résultat que par le passé, dommage pour les gamins.

  • Ou en latin:

    Visne alapam?

  • Si je vous comprends bien, la gifle remonte à la plus haute antiquité.

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