APPEL AU MEURTRE

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Attention, on se calme, ça n’est pas moi qui appelle. Si j’utilise ce titre racoleur, c’est pour être sûr d’attirer votre attention sur un sujet qui me préoccupe et vous sans doute aussi : la liberté d’expression fout le camp.

Pour illustrer mon inquiétude, je vais prendre deux exemples et vous verrez que mon titre n’est pas du tout fortuit. Il s’agit d’abord de Joseph Deiss qui fut professeur de math mais surtout conseiller fédéral. Il s’est exprimé récemment en disant que ce qui pouvait arriver de mieux à la Suisse, c’est de devenir membre de l’U.E. Avec le respect que je dois à un ancien C.F., je lui dirais qu’il a tout faux. Il me fait penser à une pub qui irait ainsi : ‘Il reste des cabines libres sur le Titanic. Vous pouvez réserver en appelant...’

Parce que je ne sais pas si Deiss s’en est aperçu, l’Europe en ce moment tangue dangereusement et ce n’est surtout pas le moment de monter à bord. Les articles lucides de Pascal Décaillet, mon voisin de blog, vous confirmeront cette vue pessimiste. Mais cela ne doit pas empêcher Deiss d’émettre cette opinion. Sauf que cela n’est pas de l’avis de tout le monde : un certain nombre d’abrutis (nous en avons aussi en Suisse) lui ont envoyé des menaces de mort.

Une menace de mort est l’arme de la toute petite intelligence, celle qui est incapable de produire un argument contradictoire et qui est bien obligée de recourir à ce moyen sordide. Faut-il souhaiter retrouver les coupables ou les laisser croupir dans un anonymat mérité ? Nous avons en Suisse je crois peu de menaces de mort et encore moins de passages à l’acte. À part le tueur fou de Zoug, je ne vois pas.

La situation fâcheuse de Deiss m’a rappelé un souvenir heureux. Mes collègues de géographie m’avaient invité à me joindre à eux pour une visite du remarquable Institut topographique suisse à Wabern, banlieue de Berne. En en revenant, nous nous sommes encore promenés sous les arcades de la Ville fédérale. Nous y avons croisé un monsieur souriant qui nous salua. Il portait aux deux bras des sacs de provisions qu’il venait d’acheter au supermarché. C’était Jean-Pascal Delamuraz, conseiller fédéral. Il faisait ses courses à pied mais de près ou de loin, on ne voyait nul garde du corps. Je me félicitai alors d’être de ce pays où les hauts magistrats sont en sécurité et ne subissent pas le sort d’un Kennedy, de Sadi Carnot, de Paul Doumer, sans oublier Henri IV. Où ils ne sont pas de surhommes mais simplement primi inter pares. On y vit mieux, avec plus d’oxygène.

Le second exemple à l’appui de ma thèse, c’est Zineb El Rhazoui, une jeune femme franco-marocaine (père marocain, mère française), née et élevée au Maroc, dans une théocratie (ce sont ses mots) mais qui a choisi de vivre en France où elle exerce l’activité d’emmerdeuse. J’emploie ce mot vulgaire mais irremplaçable sans intention péjorative, la démocratie a besoin d’emmerdeurs, a besoin d’un Éric Zemmour, d’un Alain Finkielkraut, d’un Michel Onfray, d’un Franz Weber. Il s’agit de faire pièce à l’innombrable tribu des béni-oui-oui.

Zineb est devenue athée donc apostate aux yeux de l’islam. Elle critique avec virulence la religion qui l’a vue naître. Elle déclare que l’islam doit se soumettre à la critique, à l’humour et aux lois de la République. Rien que ça. Parler d’islamophobie, c’est commettre une imposture intellectuelle. Les burkinis dans une piscine de Grenoble, c’est une infiltration de la société occidentale, bref ses attaques sont nombreuses et s’occupent de tout. Vous pouvez en juger vous-même en cliquant sur Zineb El Rhazoui, et pour vous encourager à le faire, j’ajoute que c’est une très belle personne, au regard gentil, sauf quand elle se met à parler, où il devient vite percutant.

Avec une telle panoplie d’arguments, il était évident qu’elle allait être la cible d’abrutis, français cette fois, et peut-être musulmans, allez savoir, qui ont déversé sur elle des torrents d’insultes grossières et surtout des menaces de mort, si bien qu’elle est depuis quatre ans sous protection policière. La liberté d’expression existe encore, mais il faut faire attention à ce qu’on exprime.




Pour ma coda, deux mots du camarade Voltaire :
Écrasons l’Infâme.
Le tout c’est de s’entendre sur l’identité de l’Infâme.
Lien permanent 5 commentaires

Commentaires

  • Une précision de détail: Joseph Deiss n'a pas été professeur de maths, mais d'économie, notamment à l'Université de Fribourg.
    Bonne journée à vous!

  • Deiss est un opportuniste qui a fait passer ses ambitions personnelles avant la Suisse. Il s'est fait élire président de l’assemblée de l'ONU après y avoir fait adhérer la Suisse qui a ainsi perdu son libre arbitre et doit cotiser à ce machin contrôler par les grandes puissances. Il n'a pas non plus hésiter à promouvoir une usine de fabrication du Gruyère aux USA contre les intérêts des producteurs suisses. En tant de guerre on aurait appelé ça une traîtrise.

  • Deiss a reçu des menace de mort ? C'est possible et ce serait regrettable. Mais je trouve qu'il en parle un peu trop pour que ce ne soit pas suspect. Ces menaces semble presque aussi important que son message, ça ressemble aux grosses ficelles militantes genre "laissez moi parler je ne vous ai pas interrompu"...

  • Eastwood@

    Vous n'avez jamais entendu parler des connivences entre merdias et ces veules hommes politiques qui seraient prêts à faire acte de trahison, notion qui a clairement disparu de la Constitution fédérale de 1999?

  • N'entrez pas dans l'UE ! Gardez votre pays loin de ce concept qui détruit les Etats et les peuples de souche.

    Quant à la Liberté d'expression, elle fond au fure et à mesure de notre islamisation. Les gens ne sont même plus capable de réfléchir par eux-mêmes, c'est tout juste s'il ne faut pas leur donner un coach pour faire la différence entre une miss monde et une enchiffonnée islamique.

    Virez tout ces traîtres en Suisse qui collaborent avec l'islam, concept plutôt islamonazi tel qu'il apparaît de plus en plus.

    La France n'est plus la France, mais une région d'Europe avec Macron comme directeur de filiale, valet des financiers et des mafias.

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