DES ASSASSINS PARMI NOUS

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La presse française en a très peu ou pas parlé, empêtrée qu’elle était dans l’affaire foireuse de ce Dupont de Ligonesse, de celle du meurtre musulman de quatre policiers, de celle de la musulmane voilée priée de déguerpir d’une assemblée officielle et qui se retrouve traumatisée à vie, alors la presse française ne peut pas encore s’occuper de bricoles comme l’assassinat monstrueux d’une activiste kurde qui s’occupait, circonstance aggravante aux yeux des tueurs, de l’égalité hommes-femmes, de la paix entre musulmans kurdes et turcs.

Havrin Khalaf a été assassinée dans des conditions atroces, viol (la virilité musulmane n’allait pas faire fi de cette belle occase de se soulager le service-trois-pièces), lapidation puis finition à la kalach, la totale quoi.

On peut se demander qui est le commanditaire de cette horreur. Ça ne peut pas être Erdogan car il est un homme honorable (cf. l’admirable discours d’Antoine dans Julius Caesar de Shakespeare, for Brutus is an honorable man...), même qu’il est soutenu par Hani Ramadan, autre honorable man. Dans un discours, Erdogan fustige avec raison la guerre que l’Arabie mène au Yemen, les divers crimes dont le gouvernement actuel s’est rendu coupable, tout en oubliant il est vrai la guerre que les vaillants soldats turcs mènent contre la racaille kurde.

La Turquie revient de loin. Le premier président de cette nouvelle république était Mustapha Kemal Ataturk qui avait fait de la Turquie un état laïque, avec interdiction pour les femmes de porter le voile et pour les hommes le fez. Tous habillés à l’occidentale. Ensuite égalité hommes-femmes, droit de vote des femmes (bien avant Appenzell !). Adoption de l’alphabet latin. Enfin un code civil inspiré du code civil suisse, donc un autre clin d’oeil vers l’Occident. Pour compléter le tableau, il faut savoir que sur la fin Ataturk avait la dalle en pente et avait remplacé la soumission à Allah par celle de la dive bouteille. Personne n’est parfait.

Erdogan a mis fin à ce gâchis. Il a rendu la Turquie à sa pureté islamique. S’il a mis au trou des milliers de professeurs et de journalistes, c’est qu’ils étaient des ennemis du peuple turc dont il est le protecteur. Surtout il est devenu chef de guerre contre les Kurdes, à la façon d’Hitler (chacun ses juifs !) et on le verra bientôt sur son destrier entrer triomphalement à Damas enfin libéré.

Alors on ne va pas embêter notre héros avec ce petit assassinat de rien du tout dont la victime aggravait son cas en étant une femme. La presse a bien fait de n’en pas parler. Ou bien ?

Pour ma coda, une suggestion pour ceux de mes lecteurs avec une bonne connaissance de l’anglais : vous cliquez sur « Julius Caesar Antony’s speech » et vous aurez une convaincante démonstration de la versatilité des masses, ça peut toujours servir. Choisissez la version de Charlton Heston qui a pour elle d’être sous-titrée avec le texte même du discours que vous entendez : I have come to bury Caesar, not to praise him… Avec en prime cette admirable langue de Shakespeare si ciselée, si sonore, prononcée par un tout grand acteur. Un régal. Bonne écoute !


Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • Et quelle magnifique jeune femme!

    Des brutes et des sauvages! Et le titre est bien à sa place!
    Les Verts et la Gauche sont-ils au courant des crimes qui défilent sous nos yeux!?

  • Et d'autres sauvages soutenus par des personnes parmi-nous.....

    https://lphinfo.com/un-arabe-palestinien-torture-pour-conversion-au-judaisme/

  • Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre (Winston Churchill).

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