ZAME LÄBE

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Ou vivre ensemble ou vivere insieme. Soit ce slogan dans nos trois langues suisses. Les Romanches, tous bilingues, voudront bien en choisir une. Mon titre est en dialecte zurichois, ma seconde langue maternelle.

Vivre ensemble, pourquoi pas ? Mais il faut que l’Autre soit d’accord. Lorsque l’imam de la cathédrale (pardon, la mosquée) de Lausanne interdit de souhaiter joyeux Noël à des Vaudois chrétiens, lorsque des musulmans quelquefois devenus suisses ou encore des Suisses convertis refusent de serrer la main des dames, on se dit que c’est eux qui ne veulent pas vivre ensemble avec nous.

Le vivre ensemble ne me pose aucun problème. Je peux très bien m’entendre avec un Glaronais catholique ou un Neuchâtelois protestant (dans la mesure bien sûr ou aucun des deux ne soit devenu entre-temps Adventiste ou Témoin de Jéhovah.) Mais il y a des limites. Je n’aimerais pas par exemple être le voisin de Nicolas Blancho, voir sa barbe hirsute le matin en sortant de chez moi me gâterait ma journée. Sans compter ses idées biscornues : lui non plus ne serre pas la main des dames, non pas parce qu’il a un eczéma à ne pas transmettre mais parce que le Prophète ne le faisait pas non plus. Le Prophète violait les femmes mais ne leur serrait pas la main. D’ici que Blancho fasse de même par imitation…

Et que dire de ce musulman misanthrope qui trouvait répugnant de vivre sur cette même terre que quatre de ses collègues qui en infestaient la surface et qui les égorgea vite fait. Manifestement, vivre ensemble, c’était pas son truc.

Mais il y a mieux. Des apprenties-infirmières musulmanes (ça se passe en France) ont été autorisées à porter le voile pendant leur formation. À la bonne heure ! Mais certaines de ces mijaurées ont posé leurs conditions : elles ne soigneront pas les hommes. Alors il faut expliquer certaines choses à ces chochottes : d’abord, et tous ceux qui ont fait de l’hôpital le confirmeront, dans l’exercice de son travail, une infirmière n’a pas de sexe et soigne nos bistouquettes avec compétence mais dans la plus parfaite indifférence. Ensuite, bien qu’elles n’aient pas prêté serment à Hippocrate comme les médecins, elles n’en sont pas moins tenues à certaines règles, celle par exemple qui dit qu’on ne doit pas s’inquiéter de l’identité d’un patient, fût-il un assassin. En Suisse, elle devra, le cas échéant, soigner un parlementaire UDC sans marquer de répugnance. C’est aussi ça, le vivre ensemble.

J’ai d’ailleurs des doutes sur la sincérité de ce vivre ensemble de certains rigoristes. Si je disais par exemple qu’en aucun cas je n’aimerais être enterré à côté d’un juif ou d’un musulman, on verrait là avec raison un propos antisémite et islamophobe. Mais si un musulman déclarait qu’en aucun cas il n’accepterait d’être inhumé à côté de la répugnante carcasse d’André Thomann (plus tard, plus tard !), il signifierait par là que non seulement le vivre ensemble n’était pas vraiment sa tasse de thé mais que mourir ensemble, il ne saurait non plus en être question. Vite, monsieur le maire, accordez nous un cimetière musulman, que nous puissions être entre nous. Avec des suaires de chez Dior ?


Mahomet lui-même ne voyait pas le vivre ensemble d’un bon œil, d’où ma coda :
Ô les croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens…
(Sourate V, v. 51)

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Commentaires

  • "Zame läbe"! ça fait chaud au coeur ce patois, résurgences de mon enfance baignée dans le schwytzois paternel.

    Zusammenleben. Mais pas à celui de nos édiles un peu trop binationaux
    pour qui l'expression culturelle locale Suisse ne convient pas du tout, mais alors pas du tout, avec leur fond de commerce

    https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/fallait-integrer-villes-geneve-internationale/story/29066036


    Pour sortir des obnubilations d'un soit-disant grand-Genève fabriqué hors sol de nos lois démocratiques suisses, que trop de petits zélus en nos zones trans-frontalières se gonflant plus que la populace genevoise travailleuse ne peut nourrir, s'efforcent d'imposer,

    j'ai vainement tenté de trouver une traduction de "zusammenleben" en arabe.

    Car à la place de notre culture du "vivre ensemble",

    l'arabe propose ça:
    مَكْتوبٌ عَلَيْنا العَيْشَ سَوِيًّا. "Notre sort est de vivre ensemble"
    https://dictionnaire.reverso.net/francais-arabe/vivre+ensemble

    Où quand d'un yota les racines locales d'un peuple changent tout...

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