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On se demande quelquefois si les Français ne commencent pas à avoir mal aux pieds à force de défiler sur des sujets les plus inattendus. On descend dans la rue, certes en profitant du grand air, pour demander de pouvoir houspiller l’arbitre ; d’aller en pantoufles chercher ses clopes ou sa baguette ; de réhabiliter Landru ; de pouvoir envoyer ses enfants dans une école rastafarienne, ce ne sont pas les sujets de revendications qui manquent.

À c’t’heure, on manifeste contre l’islamophobie. Voilà qui arrange tout le monde. Le gouvernement surtout : pendant qu’on s’occupe de l'islam il peut faire passer en douce la loi sur les retraites, sur la situation dans les hôpitaux, sur des tas de sujets qui fâchent et pour lesquels il n’a pas de solutions, composé qu’il est de pétochards incompétents.

Mais précisons d’abord ceci : l’islamophobie est un mauvais terme inventé par un Iranien déjanté. Une phobie est une crainte irrationnelle passible à la limite de la psychiatrie. Un agoraphobe a peur des grands espaces ouverts, un claustrophobe a peur d’être enfermé au petit coin, un arachnophobe a peur des araignées, toutes des peurs injustifiées. Moi-même, j’ai la peur des hauteurs, le vertige donc, vous ne me verrez pas me pencher du haut du clocher d’une cathédrale, quelle que soit la solidité de la balustrade. D’ailleurs, expérience faite, je ne monte plus sur les clochers.

Mais l’islamophobie, c’est autre chose, ça n’est pas une crainte irrationnelle, c’est une trouille réelle, alimentée par certains passages du Coran, où il est dit par exemple qu’Allah ne sera content que lorsque la planète entière se sera convertie à l’islam. Et ça, ça fait réellement peur. Parce qu’il y a des fanatiques à l’œuvre pour que cela arrive réellement.

Mais venons-en à la manif : son déclencheur évident a été cet acte à Bayonne d’un octogénaire, pyromane amateur, qui tenta de mettre le feu à la porte de la mosquée locale. C’était si mal perpétré qu’on se met à avoir des doutes. L’impression que le pépé aurait été manipulé, soit par des activistes musulmans friands de causer un évènement qui les victimiserait, soit par des services secrets désireux de créer une diversion utile.

Parce qu’il est difficile de croire à la persécution des musulmans en France. On les encourage à construire des mosquées, qui prolifèrent comme des champignons après la pluie ; on leur permet de créer leurs associations ; on ferme l’œil ou plutôt l’oreille quand un imam prononce des paroles que la République devrait condamner.

Il est vrai que le grand public commence, selon les statistiques, à en avoir marre de l’islam invasif. Lorsque dans une localité de mille habitants on voit débouler cent cinquante migrants musulmans, dont des mineurs de plus de vingt ans, les mille se mettent à regimber ; lorsqu’un patron désireux d’embaucher voit arriver un musulman qui lui demandera des pauses pour prier et une salle spéciale pour ce faire, il aura tendance à refuser cette candidature. Et alors les musulmans de hurler à la discrimination à l’embauche.

La tactique de la victimisation joue alors à fond. À quoi s’ajoute les nanas qui portent le voile ‘de leur plein gré’ et qu’on empêche de pratiquer leur religion. À moins que ce soit le choix du papa ou du grand frère : tu diras que c’est ton choix, si tu dis autre chose, tu verras la rouste en rentrant. Sauf que le voile est un uniforme, une façon de se comporter en pays déjà conquis. Religion mon œil ! Il y a quelque cinquante ans, les musulmanes en France n’en portaient pas et leur chance du paradis d’Allah n’en était pas affectée.

Cette manifestation est scandaleuse, on y a entendu des Allahu akbar pas loin du Bataclan où les petits soldats d’Allah justement ont fait plus de cent morts, des mécréants certes, mais tout de même…

Et puis ceci encore : la manifestation s’est déroulée dans le calme, mis à part les vociférations des participants, pas de policiers interpellants, pas de black blocs non plus, on dirait que les ‘casseurs’ sont une troupe d’appui, une sorte de garde prétorienne qu’on fait intervenir selon les besoins. Et dans ce cas, le besoin ne s’est pas fait sentir, contrairement aux manifs des gilets jaunes, la semaine suivante, où la police a pu taper dans le tas avec la permission des autorités et les casseurs s’adonner à leur activité favorite sans être molestés.


Donc :
Ceux qui ont dit que tout était bien ont dit une sottise, il fallait dire que tout allait au mieux. (Voltaire, dans Candide).

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