04/07/2018

J’AI LE CŒUR SEC

Je regarde cette photo d’un petit enfant noir dont on me dit qu’elle est émouvante et qu’elle est celle d’un passager de l’Aquarius. Rien à faire, les larmes ne viennent pas. D’abord, parce qu’un enfant qui pleure, cela peut être pour plusieurs raisons qui ne sont pas celles qu’on veut nous faire croire. Il a peut-être normalement faim, il fait peut-être ses dents, il a un gros chagrin, on lui a pris sa poupée ou son nounours. Ensuite, il peut s’agir d’une photo d’archives, rien ne me prouve qu’elle été prise sur ce bateau.

Surtout, j’ai l’impression qu’on veut me la faire au chantage émotionnel : Pleurez, je le veux. Un maître chanteur a toujours une idée intéressée derrière la tête sinon il ne ferait pas ce métier à risques. D’abord, il veut du fric, pour la presse, ça signifie augmentation du tirage. ‘Vous avez vu ces photos que publie le Petit Phare de l’ouest, formidable !’ Et c’est dans la poche. Ensuite, il cherche à nous convaincre de la justesse de sa cause qu’il qualifie d’humanitaire : si vous ne sauvez pas ce bébé, vous êtes un sans-cœur. Il s’agit, vous l’aurez compris, de nous faire croire que ce bébé et les plusieurs centaines de passagers de ce navire sont affamés, déshydratés, et surtout pauvres et qu’il faut les accueillir avec enthousiasme. On est loin de connaître la réalité mais ce qu’on croit savoir, c’est que ces passagers étaient au départ des touristes (une croisière surprise !), vu qu’ils avaient payé bonbon pour monter sur ce bateau et qu’ils sont devenus migrants en cours de route par la grâce d’une propagande dont nous avons intérêt à nous méfier.

Tout cela fait que l’attitude de l’Italie qui ferme ses ports, de la Hongrie qui ne veut rien savoir de ces migrants, de tous ces pays qui ferment leur frontière a quelque justification. Tandis qu’en Suisse, nous avons ce qu’un quidam bien inspiré appelle les ‘socialo-romantiques’, avec à leur tête notre nuisible dame Simonette : ‘Venez nombreux, vous serez bien accueillis.’ Et de parader avec des Africains joyeux de cet accueil inespéré.

Mais c’est la France qui tient la corde. Voilà un Malien, réfugié illégal qui joue les acrobates pour sauver un bébé (la séquence est suspecte, il y avait justement une caméra et des journalistes) qui de déserteur de l'armée malienne devient un héros reçu illico par le président Macron qui lui offre fissa la nationalité. Notre homme, qui avait fui son pays y retourne sans gêne et y est reçu chaudement. Il rejoint la cohorte de ceux qui sont persécutés dans leur pays et qui y retournent pour les vacances, avec l‘approbation tacite de Simonette.

On est donc en plein mensonge. Dernier motif d’irritation. Le maître chanteur voudrait encore nous imposer l’anglicisme ‘fake news’. On voudra bien désormais utiliser un mot robuste et bien français : on dira un bobard.

 


Laissez venir à moi les petits migrants mineurs (Jésus, modifié Thomann)

22:59 | Lien permanent | Commentaires (31) | |  Facebook | | | |