Le blog d'André Thomann - Page 2

  • LES TROIS NAPOLITAINS

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    La police genevoise a arrêté trois malandrins venus du pied du Vésuve et qui se spécialisaient dans le vol de montres de prix. La presse n’a fait ni une ni deux, elle a révélé en caractères gras l’identité nationale de ces individus, des Ritals, tous des voleurs comme chacun sait. Mais je suis prêt à parier ma dernière cigarette que cette même presse n’aurait pas titré Trois Algériens sous les verrous. On sait se tenir dans la presse.

    Je crois me souvenir que dans des temps très anciens, lorsque par exemple un Thurgovien commettait un délit à Genève, sa cantonalité était mentionnée, quitte à exacerber la légendaire hostilité entre Genève et Frauenfeld, quitte à faire des Thurgoviens un peuple discriminé. On pratiquait l’amalgame. Il pouvait même arriver que ce truand TH soit déclaré tricard à Genève et prié après sa peine purgée de regagner son bled des bords du lac de Constance.

    Les temps ont changé (ce qu’ils font sans cesse) et maintenant l’usage et la prudence commandent de cacher la merde au chat. Quand elle ne peut pas faire autrement, la presse, je pense surtout à la française, emploie le conditionnel : des témoins auraient entendu l’homme au coutelas proférer un allah akbar.

    Je ne change pas de sujet. Depuis le début de l’année, plus de cent femmes en France ont été tuées par leur conjoint ou leur compagnon. Une tous les trois jours. C’est un nombre considérable, bien plus élevé que celui qu’on connaissait depuis le début de l’humanité et jusqu’aux années cinquante. Ce réchauffement de la violence choque et intrigue. Il se manifeste en même temps que celui de la planète mais c’est sans doute une coïncidence. Mais il est surtout concomitant avec la recrudescence des mariages mixtes, celui d’une blanche de religion occidentale et d’un musulman de couleur de peau différente, noire ou moins noire.

    C’est là que le silence de la presse, et des autorités d’ailleurs, est coupable. Il s’agit là de meurtres, prémédités ou non et quasiment prévisibles, et dans ce cas, tous les moyens sont bons pour combattre ce fléau.

    Si pour des raisons de cœur ou d’hormones, une demoiselle française envisage le mariage ou le concubinage avec un musulman, il faut lui signaler que l’homme qu’elle convoite est peut-être souillé par le Coran, particulièrement par le verset 34 de la sourate 4 qui dit que le mari peut battre sa femme. Ce verset a encore cours, n’a-t-on pas entendu récemment un Marocain déclarer qu’un homme qui ne tabasse pas sa femme n’est pas un homme, et ça n’était pas une parole de bistrot mais bel et bien une phrase prononcée sur une tv marocaine.

    Tout dépend du sens du mot battre. Les exégètes musulmans, très embêtés par ce verset qui la fout mal auprès des Occidentaux chatouilleux, essayent d’édulcorer, il s’agit plutôt d’une frappe symbolique, d’un avertissement sans frais. Les bons apôtres !

    Il serait bon dès lors que les journalistes et pourquoi pas les autorités révélassent l’ethnie et la religion du prétendant et objurguassent la candidate au conjungo ou à la vie à la colle à la plus grande méfiance avant de faire le pas. Il y va de sa vie. Après, elle fait ce qu’elle veut. Mais foin de ces trouillards qui respectent la loi qui interdit la mention de l’origine de l’homme au couteau. On veut savoir !


    Si tu t’imagines, fillette, fillette, si tu t’imagines, xa va xava ça va durer toujours… la saison des za...saison des zamours.

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  • J’ARRÊTE DE MANGER

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    Advienne que pourra.

    Manger est devenu trop difficile. Soucieux de ma santé, je me renseigne sur les moyens de la respecter. Je consulte les sites qui m’indiquent les meilleures nourritures et là, qu’est ce que je constate, ils se contredisent ou me proposent des ingrédients exotiques que je ne saurais avoir dans mon garde-manger. Quinoa, késaco ? Gomasio, késaco ?

    On commence par le petit-déjeuner-santé. Et là, ça commence très mal pour moi. On me demande au saut du lit de boire un grand verre d’eau tiède. Pour me débarrasser des fameuses toxines produites pendant la nuit. Ha, les toxines, on ne dira jamais assez ce que ces petites bêtes peuvent avoir de nuisible. Notez qu’avant l’apparition du mot et de la chose qui nous viennent des USA (toujours à la pointe du progrès-santé, on ne rit pas), j’étais sans le savoir la victime des toxines, pauvre de moi.

    En route donc pour le petit-dèj ! Et pour les contradictions. Premier expert-santé : du lait pour commencer plus peut-être un yoghourt, ensuite des céréales, on ne dit plus pain, mot vulgaire, et aussi du beurre, faut du gras le matin pour bien commencer la journée. Deuxième expert : Du lait ? Vous n’y pensez pas. Poison ! Le yoghourt ? Indigeste et sans apports nutritifs. Du fromage, oui, et justement le matin, le fromage le soir, faut oublier. Inutile voire pernicieux. Un troisième nutriologue prône le bircher, cette recette suisse qui a conquis le monde (peut-être pas au Mali ou chez les Inuits) dont on connaît tous la recette de flocons d’avoine trempés la veille et qui donnent le lendemain un bourbier disgracieux. Tous les produits cités seront naturellement bio, le mot et la notion magique. Le XXIe sera bio ou ne sera pas ! Dire que j’aurai passé toute cette existence déjà longue sans avoir jamais mangé bio, sauf à mon insu, je tremble. J’ajoute qu’aucun des trois salauds cités ne mentionne les confitures, mon bonheur du matin. Je dis d’ailleurs que si je dois mourir un jour, je souhaite que ce soit après huit heures pour que je puisse m’empiffrer une dernière fois de confitures de cerises ou de fraises, de gelée de framboises, de coings, ce jour-là, ça sera la totale.

    On peut se demander si ces spécialistes-prêcheurs n’ont pas tout faux. L’humanité est arrivée sans trop d’encombres là où elle est maintenant en buvant du lait à gogo, des centenaires bulgares se sont gorgés toute leur vie de yoghourts, dès qu’on a pu, on a fait des recettes avec du sucre, de ce sucre qu’ils honnissent, et tout ceux qui mangent du fromage le soir.

    Surtout, ils semblent passer à côté de certains plaisirs de l’existence qui la font se prolonger. Ainsi, le vin n’est jamais mentionné. Pourtant, le vin, c’est 10 % d’alcool et 90 % de gourmandise. Le vin fait appel à trois de nos sens : il se regarde, il se hume et met ensuite les papilles au garde-à-vous. De tout grands instants.

    Et que dire des fumets dans une cuisine bien conduite. Dans une anglaise, celui du bacon and eggs du breakfast. La joie ! Il existe une secte particulièrement puritaine qui se dit crudivore et qui, à part le céleri râpé et le fenouil à la rigueur, n’a rien qui lui entre dans les naseaux. Pour moi, je crois que je vais renoncer à la funeste décision de mon titre. La personne qui s’occupe de mon bien-être alimentaire est en train de me préparer un truc où il entre beaucoup d’ail. Je craque déjà.


    Pour ma coda, un phrase philosophique définitive du poète Saint-John Perse :
    Nous qui mourrons peut-être un jour déclarons l’homme immortel au foyer de l’instant*.

    *Pour moi celui des confitures.

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  • MANIPULATIONS

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    J’ai chez moi un immigré de Roumanie avec sa mère. Il a dix-sept ans, il y a deux ans, il ne parlait pas un mot de français et il va dans deux ans passer sa matu avec déjà des bonnes notes partout. J’ai avec lui des conversations d’adultes.

    Pour lui faire connaître encore mieux la culture française, je lui propose une nouvelle incursion dans la chanson française, la bonne et la moins bonne. J’ai une autre raison. Premier exemple, je lui passe Gréco, ‘si tu t’imagines, fillette,fillette...’ avec en prime une photo de la belle Juliette. Très belle chanson, s’exclame-t-il. Par contraste, je lui passe du Benjamin Borborygme Biolay. J’ai dit chanson moins bonne, j’aurais pu dire chanson nulle. Ce qui m’est confirmé par mon jeune ami : je ne comprends pas un mot. (Et moi qui croyais que j’étais dur de la feuille !).

    BBB est annoncé comme le surdoué de la chanson. Alors là, je rêve, je transbabule. Une chanson, c’est une voix, une mélodie et des paroles. Chez Biolay, on est là aux abonnés absents. La voix semble une émanation de l’estomac, d’où le surnom que je lui donne, on pense à un ventriloque débutant. D’où l’impossibilité de repérer une mélodie et d’apprécier des paroles. Il a pour lui d’être bel homme (et il le sait !). Genre beau ténébreux. Quand il apparaît sur scène, ses groupies applaudissent à tout rompre et mouillent leur petite culotte. Mais cela ne fait pas un chanteur.

    Des chansons, des centaines, nous en avons tous dans la tête. Des françaises dans le riche vivier de la française, avec ce qu’elle a souvent de délicieuse coquinerie, Souchon, Sous les jupes des filles, Ferré, T’es toute nue sous ton poull, Brassens, Quand Margot entrouvrait son corsage, Gréco, Déshabillez-moi. Quelquefois dramatique, Les Loups sont entrés dans Paris, chanté par un Serge Reggiani proprement halluciné, Mouloudji, Le Déserteur (texte Boris Vian on ne perd pas une syllabe) ! Et encore Barbara, Göttingen, la chanson de la réconciliation franco-allemande (chantée par une juive !) et qui m’émeut chaque fois que je l’écoute. Et quand on les voit sur scène, c’est robe noire (Barbara) ou pantalon noir, chemise blanche, (Brel), ils sont vêtus de leur seul talent. Et pas d’orchestre tonitruant (Biolay se paie jusqu’à douze instruments à cordes qui couvrent la voix qu’il n’a pas).

    Il y a aussi les internationales, certaines increvables, en russe Kalinka maya, en allemand Lily Marleen, en italien Bella ciao, en espagnol Besame mucho, en suédois (version anglaise) Money, money, must be funny, et ce petit chef d’oeuvre d’humour par Sinatra, Something stupid, (cliquez sur ces deux mots) on en a plein la tête et cela agrémente nos journées.

    Si je vous parle de Biolay, c’est anecdotique, il se trouvait là. Ce à quoi je veux en venir, c’est à la manipulation auquel le public est soumis. Par une propagande habilement menée, on fait d’une nullité une idole. On l’interviewe, on le voit sur les plateaux TV, on l’adule dans la presse, bref, c’est la totale. C’est qu’il y a de l’argent à gagner, cet imposteur remplit les salles en croyant il est vrai à son talent. Mais après tout si des jeunes suiveurs acceptent de se faire ratatiner leur peu de neurones (c’est pas l’Éducation nationale actuelle qui va leur en donner plus, les fameux hussards de la République ayant été mis hors d’état de nuire), et suivre le troupeau, on ne va tout de même pas pleurer.

    Mais où cela devient plus grave, c’est quand cette manipulation se fait dans le domaine politique. Il est évident que l’actuel président de la République Française ne fait pas le poids. Il est gaffeur, sans grande culture quand elle n’est pas financière. Celui qui déclare qu’il n’y a pas de culture française ne doit pas en avoir beaucoup. Il a été élu à la fin d’une campagne occulte habilement menée qui consistait à éliminer tous les autres candidats possibles, avec l’aide encore une fois du fric et avec la connivence intéressée de la presse aux ordres. On n'aura jamais vu une mainmise aussi patente sur la démocratie. Malgré cela d’ailleurs une majorité juste juste.

    S’il m’arrive de parler de la France et de la critiquer, me mêlant ainsi de ce qui ne me regarde pas, c’est qu'elle est notre voisine et quelquefois amie, les Savoyards et les Aindinois nous sont proches. En Suisse francophone, nous partageons certaines de leurs qualités, quelques défauts aussi.

    On est dès lors inquiets de voir ce pays entrer en décadence, on craint de devoir parler comme Éric Zemmour de Suicide français (le titre d’un de ses livres).



    Alors,
    Allons enfants de nos patries...
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