29/12/2017

IL FAUT SUPPRIMER LE SPORT

Attention, je n’ai pas dit qu’il faille se passer d’exercices physiques destinés à assouplir les jointures et éviter l’obésité. Cela reste la liberté de chacun. Notez que cette course à la bonne forme physique, à maintenir ou à acquérir, est relativement récente, quand vous aviez manié la faux une journée, quand vous aviez manipulé plusieurs fois la manivelle du puits pour en tirer de l’eau, quand vous aviez longtemps marché pour aller au travail (avant le métro et les bus), vous n’aviez pas l’idée d’aller vous exercer au fitness, qui n’existait pas encore. Vous étiez en bon point, c’est-à-dire en bonne santé, sens qu’on donnait alors à ce mot. Embonpoint n’est devenu péjoratif que plus tard.

Non, il s’agit de l’activité de compétition, qui est selon moi contre-nature. À l’école, celui qui veut à tout prix être le premier de classe cherche la gloriole et c’est une bien sordide ambition. Dans le sport, c’est pareil.

Le sport de compétition, pour s’établir et perdurer, a besoin de quatre agents : ceux qui l’organisent et qui s’en mettent plein les fouilles, les sportifs eux-mêmes, athlètes ou joueurs, qui sont vaniteux et obsédés, tricheurs aussi, il y a des petits malins qui munissent leur vélo d’un moteur électrique difficilement détectable, ce qu’on pourrait appeler le Galibier pour les nuls, la presse, qui multiplie les pages et les temps d’antenne, enfin le public, qui est partial et quelquefois violent. On est loin de la beauté du sport.

Le sport est devenu, l’a probablement toujours été, déjà à Olympie, une affaire de fric et de prestige. Prestige au niveau local, Bardonnex pavoise quand il a battu Soral, ce qui n’est pas encore trop grave. Mais quand les Bleus se paient la Mannschaft ou l’inverse (je connais leur vocabulaire) c’est en fait la victoire sur l’ennemi héréditaire.

Quand l’Italie constate qu’elle ne participera pas au championnat du monde, c’est à peine si on ne décrète pas un deuil national de trois jours. Et on se souvient des J.O. de 1936, quand le nègre (vocabulaire de l’époque !) Jessie Owens eut le culot de vaincre ses adversaires blonds aux yeux bleus et qu’Hitler, pourtant pas blond, refusa de lui en serrer cinq.

Tout cela pourrait prêter à rire s’il n’y avait pas le bruit fait autour. Cela ne doit pas être nouveau, on peut imaginer un barde sonore qui se réjouissait qu’Athènes ait mis une piquette à Sparte. Un truc comme ça. De nos jours, ce sont les médias qui exacerbent le sentiment chauvin. La semaine dernière, la France a enregistré deux succès, la victoire des handballeuses, laissant les Norvégiennes à leurs larmes (deuil national décrété par Oslo ?) et la victoire d’un navigateur solitaire pour le tour du monde. Là, je vais mettre un dièse (pas toujours des bémols !) à mon propos, j’admire intensément les navigateurs, solitaires ou non, car il s’agit là d’une victoire sur soi-même, sur les éléments souvent hostiles, et accessoirement une victoire de la technologie. La France exultait et on en a eu pour trois jours de cocoricos.

C’est alors qu’intervient notre quatrième larron, le public. En cas de victoire, cela ne se passe pas trop mal. Encore que, des supporters marocains exilés à Bruxelles, heureux d’accéder aux championnats du monde, ont cassé quelques vitres et attaqué des gendarmes, mais on ne va pas en faire un drame.

Dans l’euphorie optimiste, on peut imaginer que le président de la République, qui n’y est d’ailleurs pour rien, va améliorer sa cote de popularité,

Mais en cas de défaite, alors, là ! Ce que les sportifs ne comprendront jamais, on a beau leur dire, c’est que dans une compétition, il y a un gagnant et un perdant et que perdre, ça n’est pas un drame. Non, pour un sportif, perdre, c’est la faute de l’autre, c’est celle du public adverse, celle de l’arbitre. On ne compte plus de nos jours, le nombre d’arbitres harcelés, attaqués. On ne compte plus non plus les bagarres hors du stade ou les invasions du terrain par des perdants déchaînés. C’est le spectacle que nous offre souvent le sport d’aujourd’hui.

Bon, vous m’avez lu jusqu’au bout ? C’est bien, vous pouvez maintenant aller faire votre jogging.

 

 Vive la Nati !

23:20 | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook | | | |

22/12/2017

IL N’Y A PAS DE VILLE SAINTE

Ou alors elles le sont toutes. Elles sont celles où nous avons nos contacts, nos dieux lares. Je me trouvais un jour à New-York avec une Américaine à Greenwich Village, quartier bohème de New-York. Elle me signalait qu’elle ne saurait habiter ailleurs. C'était son domicile saint. J’avais aussi des amis en Pologne, à Poznan, ville agréable, sociable, un peu boche dans son architecture. Et la dame du couple était une poznanienne intense et elle non plus ne se voyait pas vivre ailleurs.

Moi, ma ville sainte, c’est celle où j’habite, une ville où il a un boulevard des Philosophes, ça doit être unique au monde. S’il y a une autre ville avec une artère ainsi nommée, qu’elle se manifeste, on pourra mêler nos jus. Notre ville sainte est celle où nous avons nos amis, celle où nous avons nos commerçants qui deviennent quelquefois des amis, où nous avons notre bistro, lieu social, lieu sacré ?

Faut pas croire, il y a du sacré en chacun de nous. Chez moi, il est dans ma maison même, c’est ma bibliothèque et ma cave. Je n’y prie pas mais je rends grâce aux écrivains et aux vignerons qui m’ont, les uns fait accéder aux activités de l’intellect, les seconds au plaisir de l’olfaction. Le spirituel et le matériel, si l’on veut.

Alors leur histoire de Jérusalem ville sainte où trois religions (pas moins) se disputent la prééminence, cela fait doucement rigoler (rigoler empêche de gerber, c’est déjà ça), c’est la ville où est mort Jésus, c’est la troisième ville sainte de l’islam, c’est la ville juive par excellence, donc un pedigree chargé. Avec des fidèles dont les contorsions font douter de leur santé mentale. Le moins qu’on pourrait demander, c’est que ces trois religions de paix rivalisassent pour la maintenir au moins là, à défaut du Yemen où des bombes musulmanes (fournies par la France et les USA) font des victimes également musulmanes.

Non, vraiment, l’indignation des musulmans à l’annonce de la décision du président Trump me paraît bien dérisoire, elle se trompe de cible. Tant il est vrai qu’ils ne font jamais que ce qu’on leur dit de faire.

 


Oui je viens dans ce temple adorer l’Éternel (Racine, dans Athalie)

Pour temple, vous avez trois options, pour Éternel aussi.

19:15 | Lien permanent | Commentaires (25) | |  Facebook | | | |

15/12/2017

IMBÉCILITÉ (bis)

Je ne pensais pas vous soumettre une deuxième mouture de mon blog récent mais je suis tombé sur une énormité dont je me dois de vous faire part. Vous allez en apprécier tout le suc.

Voici : une parlementaire anglaise a demandé que soit supprimée la lecture pour les mouflets du primaire du conte à la fois de Perrault et des frères Grimm (avec des variantes) de la Belle au bois dormant. Motif : le prince qui devait réveiller la princesse d’un sommeil de cent ans allait le faire au moyen d’un baiser. Or, la princesse étant endormie, ne pouvait pas dire si elle était consentante, il s’agissait donc (non, restez assis) d’un harcèlement, on était à la limite du viol, les auteurs cependant restant muets sur ce point, ne décrivant même pas le baiser, s’agissait-il d’une simple bise sur la joue ou s’il y était allé d’une vigoureuse pelle à réveiller un mort, une morte en l’occurrence, ce qui aurait été une nécessaire efficacité après cent ans.

Si on suit le raisonnement de cette lady, on peut se demander si elle va assez loin. Il y a foison de contes à supprimer chez ces inconscients qu’étaient Perrault et les Grimm’s brothers.

Un choix : Hänsel und Gretel, (Grimm) ces petits frère et sœur, honteusement abandonnés dans la forêt par leurs parents indignes. Occasion d’opposer les enfants aux parents, ce qui arrive déjà assez souvent. Le Petit Poucet, scénario semblable, de Perrault, encore des parents indignes. Et puis Barbe bleue, un serial killer, peu indiqué pour les petits. Trop gore ! Et encore ce Chat botté, l’histoire d’un escroc qui arrive à ses fins par le mensonge et la tricherie. Ça doit rappeler des épisodes de la réalité.

Pour les adultes aussi : comment accepter que Madame Bovary soit en vente libre ? Cette femme adultère qui aurait cent fois mérité la lapidation, si on en croit Hani Ramadan. Et que dire de Phèdre, une cougar qui voudrait se taper un petit jeune. Ah, elle est belle la morale des grands écrivains ! Allez, qu’on me brûle tout ça.

Oops, qu’est-ce que j’ai dit ? Brûler des livres, c’est le fait des dictateurs, moustachus (on en connaît au moins deux) ou barbus. Un de ces derniers, un calife, je crois, déclarait que si un livre contredisait le Coran, il était nuisible, s’il l’approuvait, il était inutile. Lisez Mein Kampf pour Coran et tout devient clair. Alors, ne brûlons ni Perrault, ni les frères Grimm, ni Flaubert, ni Racine, relisons-les plutôt. Et vouons cette stupide lady aux jeunes momies.


Ma coda de ce jour, une petit blague que j’ai entendue une première fois en anglais, je vous la livre en version originale :
If a diplomat says yes, he means maybe, if he says maybe, he means no, if he says no, he is not a diplomat.
If a lady says no, she means maybe, if she says maybe, she means yes, if she says yes, she is not a lady.

01:15 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |