19/07/2018

QU’ILS AILLENT SE FAIRE FOOT

Pour ceux qui n’aiment que médiocrement le football ou qui ne l’aiment pas du tout, ces dernières semaines ont été rudes. La déferlante du Mundial arrachait tout sur son passage, les médias, écrits ou oraux, nous saturaient de leur commentaires et pronostics, interviews des joueurs, de leur mère-grand, tout y a passé.

Il y a eu trois phases, la première celle de préparation, pas celle des joueurs, celle du public : mesdames et messieurs, vous allez assister à un événement planétaire, accrochez vos ceintures. Et les médias de se lancer dans cette opération destinée à chambrer le public et de l’amener à ce degré d’excitation dans l’attente qui le fera cracher au bassinet, ce qui est un des buts.

Ensuite, il y a eu la période des matchs même, avec ce que cela comporte de hurlements à chaque but marqué et d’euphorie à chaque victoire ou d’abattement après une défaite. Pour ma part, je me contentait de lire les résultats le lendemain et d’exulter lors de la victoire d’une petite nation et surtout de la défaite des grandes nations du foot, l’Italie d’abord, qui n’avait même pas été admise à participer, de l’Allemagne, du Brésil, de l’Espagne, de l’Angleterre, tous ces cadors. J’ai admiré le petit mais valeureux parcours de l’équipe d’Islande, dont tous les membres avaient un nom terminé en -son, donc tous natifs du coin. Et plus encore la Croatie qui s’est hissée en finale avec des joueurs en -ić que personne au départ ne s’attendait à trouver là.

Enfin, la troisième mi-temps, comme ils disent, celle du bonheur exubérant chez la nation victorieuse. Il se trouve que c’était la France et alors on a eu droit à un torrent de superlatifs dithyrambiques attendus certes, mais pas aussi délirants. Exemples dans la presse : les bleus sur le toit du monde. Ils ont le monde à leur pied, pas juste la France mais le monde. Planétaire comme j’ai dit. Sauf que le milliard de Chinois et les Indiens doivent s’en foutre royalement. Exemples dans la rue : ‘Le plus beau jour de ma vie’. ‘Maintenant, je peux mourir’. ‘Fier d’être français’. Là je corrige, on n’est jamais fier que de ce qu’on a réussi nous-mêmes, les bleus peuvent être fiers, les Français ne peuvent qu’être heureux d’être français, du pays qui gagne (en foot). C’est déjà pas mal.

Faisons le point. La France célèbre cette victoire dans un élan de patriotisme exacerbé, fête ses héros, les panthéonise quasiment, sauf qu’ils ne sont pas encore morts, dommage. Mais sont-ils vraiment des héros français ? Avec Alain Finkielkraut, (je prends des risques en citant ce ‘facho réactionnaire’) je pense que cette équipe ne représente pas vraiment le paysage français. Pire, un entraîneur, du Nigéria, pensait que cette victoire des bleus était le triomphe du football africain, pas moins. Vu comme ça…

En fait, ces sportifs certes talentueux ne représentent qu’eux-mêmes, ce sont des mercenaires qui font contrat avec le plus offrant et on ne saurait les blâmer, hors mundial, ils jouent à Manchester, au Real Madrid, au Bayern ou à la Juventus, des clubs dont ils n’ont pas forcément la nationalité. Donc la liesse patriotique qu’ils suscitent me paraît d’un aloi douteux. Si les Français s’en contentent, tant mieux.

À propos de liesse, celle de la nuit de dimanche à lundi a été ternie dans plusieurs villes de France par des déprédations, incendies de voitures, épicerie pillée aux Champs-Élysées, vitres cassées un peu partout. Vous n’en trouverez pas le détail dans la presse aux ordres mais seulement sur les sites honnêtes, genre fdesouche, riposte laïque ou les observateurs. Si les Français se contentent d’une information tronquée, tant mieux.

 


Allons, enfants, (vous connaissez la suite)

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15/07/2018

UNE ROLLS INCENDIÉE

Non, je plaisante, on n’incendie pas les Rolls, elle sont trop rares, on n'en trouve pas partout. On doit en voir peu à la Seine-Saint-Denis ou dans les banlieues de Nantes. Faute de pêche au gros, les petits cons qui s’en prennent aux voitures pour les brûler jettent leur dévolu sur le fretin des voitures prolétaires qui leur tombent sous la main dans leurs quartiers.

C’est entendu, les jeunes des parties défavorisées de l’Hexagone ont toutes les excuses selon cette gauche qui les a justement mis dans le pétrin, ils n’ont eu qu’un minimum d’éducation, ils sont sans travail, au point que certains en sont réduits à vendre de la drogue pour survivre, là, ils se font un blé pas possible en vendant de l’herbe, difficilement explicable botaniquement parlant. Surtout ils s’ennuient. Profondément. L’ennui est d’ailleurs un vice français. Pour se désennuyer, les Français inventent toutes sortes de trucs, les célébrations d’abord, ils en ont une flopée, la fête nationale, comme tout le monde, mais aussi la fin des guerres mondiales, deux, les débarquements, deux, tout cela permettant des week-ends prolongés qui permettent de se désennuyer à la plage. Ensuite les polémiques, il y en a bien une par semaine, qui enflamme la France entière et vivifie les conversations du Café du commerce.

Nos petits jeunes gens, le patriotisme, ils n’en ont rien à cirer. Ni la politique. Ils se livrent à d’autres jeux, dont celui de l’incendie des voitures. Alors, quelles que soient les raisons qu’il y a de les comprendre, voire de leur pardonner des excès dont la cause est une société qui les délaisse, cette activité-là n'est pas acceptable. Il devrait entrer dans leur petite tête qu’en brûlant une voiture, ils privent un voisin d’un moyen de locomotion indispensable et coûteux pour un petit budget si l’on en juge par les quartiers où ces actions ont lieu. Mais justement, il semble que leur tête est trop petite pour comprendre çà.

Et ceci encore : nos débiles lascars s’en prennent en toute impunité* aux pompiers et aux ambulances, se mettant ainsi hors la loi qui impose certaines limites. Lors d’une guerre, même les plus farouches guerriers s’abstiennent de bombarder un véhicule portant une croix ou un croissant rouge. On voit des pompiers en mission, des ambulanciers se faire caillasser, si bien qu’ils ne vont sauver des vies que sous la protection de la police. Cette dernière a bien du mérite à s’abstenir de tirer dans le tas, tant la tentation doit être grande.

On demandait à Michel Onfray si on allait vers une guerre civile et lui de répondre : elle a déjà commencé. Les faits relatés ici lui donnent raison.

 


*Heureux les simples d’esprit car ils ne verront pas le commissaire. (Jésus, modifié Thomann)

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04/07/2018

J’AI LE CŒUR SEC

Je regarde cette photo d’un petit enfant noir dont on me dit qu’elle est émouvante et qu’elle est celle d’un passager de l’Aquarius. Rien à faire, les larmes ne viennent pas. D’abord, parce qu’un enfant qui pleure, cela peut être pour plusieurs raisons qui ne sont pas celles qu’on veut nous faire croire. Il a peut-être normalement faim, il fait peut-être ses dents, il a un gros chagrin, on lui a pris sa poupée ou son nounours. Ensuite, il peut s’agir d’une photo d’archives, rien ne me prouve qu’elle été prise sur ce bateau.

Surtout, j’ai l’impression qu’on veut me la faire au chantage émotionnel : Pleurez, je le veux. Un maître chanteur a toujours une idée intéressée derrière la tête sinon il ne ferait pas ce métier à risques. D’abord, il veut du fric, pour la presse, ça signifie augmentation du tirage. ‘Vous avez vu ces photos que publie le Petit Phare de l’ouest, formidable !’ Et c’est dans la poche. Ensuite, il cherche à nous convaincre de la justesse de sa cause qu’il qualifie d’humanitaire : si vous ne sauvez pas ce bébé, vous êtes un sans-cœur. Il s’agit, vous l’aurez compris, de nous faire croire que ce bébé et les plusieurs centaines de passagers de ce navire sont affamés, déshydratés, et surtout pauvres et qu’il faut les accueillir avec enthousiasme. On est loin de connaître la réalité mais ce qu’on croit savoir, c’est que ces passagers étaient au départ des touristes (une croisière surprise !), vu qu’ils avaient payé bonbon pour monter sur ce bateau et qu’ils sont devenus migrants en cours de route par la grâce d’une propagande dont nous avons intérêt à nous méfier.

Tout cela fait que l’attitude de l’Italie qui ferme ses ports, de la Hongrie qui ne veut rien savoir de ces migrants, de tous ces pays qui ferment leur frontière a quelque justification. Tandis qu’en Suisse, nous avons ce qu’un quidam bien inspiré appelle les ‘socialo-romantiques’, avec à leur tête notre nuisible dame Simonette : ‘Venez nombreux, vous serez bien accueillis.’ Et de parader avec des Africains joyeux de cet accueil inespéré.

Mais c’est la France qui tient la corde. Voilà un Malien, réfugié illégal qui joue les acrobates pour sauver un bébé (la séquence est suspecte, il y avait justement une caméra et des journalistes) qui de déserteur de l'armée malienne devient un héros reçu illico par le président Macron qui lui offre fissa la nationalité. Notre homme, qui avait fui son pays y retourne sans gêne et y est reçu chaudement. Il rejoint la cohorte de ceux qui sont persécutés dans leur pays et qui y retournent pour les vacances, avec l‘approbation tacite de Simonette.

On est donc en plein mensonge. Dernier motif d’irritation. Le maître chanteur voudrait encore nous imposer l’anglicisme ‘fake news’. On voudra bien désormais utiliser un mot robuste et bien français : on dira un bobard.

 


Laissez venir à moi les petits migrants mineurs (Jésus, modifié Thomann)

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