08/05/2017

HABENT PRESIDENTEM

Ouf, les Français ont enfin un président et le font savoir à un public estourbi par tout ce fo(u)rbi propagandiste, et au monde, car cette élection est devenue, par le battage qui a en a été fait, un évènement que les médias ont voulu planétaire : le monde avait les yeux tournés vers la France. On a le prestige qu'on peut.

N'étant pas politologue, je ne parlerai pas des candidats, des vainqueurs comme des vaincus, d'autres le feront mieux que moi. Mais j'aimerais revenir sur la mise en scène de la campagne. Ayant été longtemps chroniqueur théâtral, j'avais constaté que bien des pièces moyennes devenaient intéressantes par la grâce d'une mise en scène intelligente, voire grandiose. C'est ce qui est arrivé lors de cette présidentielle.

Il y a d'abord eu cette longue préparation. Depuis des mois, à coups de sondages (si l'élection avait lieu maintenant ?), de pronostics, de réflexions de personnages politiques, candidats ou non, on entretenait une fièvre encore bénigne qui allait alors monter lors des dernières semaines. Alors vite du quinquina contre les effets du quinquennat. Les médias étaient quasiment en érection. Les sondages devenaient quotidiens, on croyait assister à une course hippique : Épinard est en tête dans la dernière ligne droite mais attention, il est talonné par Rutabaga, et voici Salsifis qui remonte, ah quel suspense chers auditeurs... On en était là dans l'excitation.

Et puis, il y a eu les meetings, des Goebbels au petit pied réunissaient des milliers de manifestants, je pensais au Sportpalast, à Berlin en février 1943, après Stalingrad, et tout ce que j'entendais c'était 'Wollt Ihr den totalen Präsidenten ?' Tout cela était indigne d'une démocratie.

Enfin, nous avons eu droit, le jour même du vote, à des émissions spéciales, tous médias confondus et complices. Alors là, on a fait mousser le bol à barbe. Dimanche de vingt heures à minuit, le lendemain on remet la compresse, des parlotes bien inutiles, on assiste à un petit jeu de satiété. Les médias sonores suisses n'étaient pas en reste. Il ne restait que France Musique si on voulait échapper à tout cela.

Bon, on va avoir quelques semaines d'une relative tranquillité, mais après, les Français vont devoir s'occuper, il n'est jamais trop tôt, de l'élection de 2022. Cela semble être leur occupation de tous les instants. Alors je vous souhaite un bon lustre et beaucoup d'eau lustrale pour votre purification (si nécessaire). On se retrouvera je pense avant cinq ans.

 


Liberté, Égalité, Complicité.

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06/05/2017

ATTENDEZ, FAUT QUE JE M'INFORME

Une des antiennes récurrentes chez les monothéistes, c'est 'vous nous combattez parce que vous ignorez tout de nous, mécréants que vous êtes'. Mécréants est une insulte qui s'adresse à ceux d'une autre religion et à ceux qui n'en ont pas. Alors, vous me connaissez, ma soif d'apprendre est immense, aussi me suis-je plongé dans les textes qui me tireraient de mon ignorance, les textes sacrés donc, pour commencer.

À tout senior, tout honneur, j'ai commencé par l'Ancien Testament. Là, je suis tombé sur un passage terrifiant. C'est un cinglé qui voulait tuer son propre fils, soi-disant qu'il avait entendu des voix qui lui disaient de le faire. Un cas relevant de la psychiatrie. Alertée par les voisins, la police a pu sauver le gamin de justesse. Malgré son mental dérangé, le personnage est devenu célèbre dans les trois religions. J'ai alors fermé ce livre et j'ai passé au suivant, le Nouveau Testament.

Là, j'ai eu affaire à un personnage curieux, une sorte de vagabond bavard, imbu de sa personne, il se disait fils de Dieu, un criseux qui engueulait tout le monde, mais aussi suicidaire, car il parlait de sa mort comme d'un événement prévisible et souhaitable. On le crédite d'une résurrection et d'une montée au ciel. À ce sujet, ils sont plusieurs personnages à avoir été mis sur orbite. Cela n'est pas proprement nouveau, certains individus de la mythologie grecque ont été les bénéficiaires d'une pareille randonnée. Ce qui signifie par parenthèse que les religions n'ont pas toujours inventé les vessies qu'on est prié de prendre pour des lanternes.

J'ai refermé ce deuxième livre peu éclairant pour consulter le Coran. Je connais déjà un peu, comme vous, j'imagine. Aussi ai-je sauté les passages portant sur la misogynie, la violence faite aux mécréants, la description de l'enfer et du paradis. Un passage m'a intrigué, c'est le verset 1 de la sourate XVII, le Voyage nocturne. Il s'agit là aussi d'un déplacement intersidéral. 'Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur...' Il s'agit donc d'Allah, pour qui rien n'est impossible et de Mahomet, heureux de faire un périple hors du commun (pour l'époque). Il fallait couvrir plusieurs milliers de kilomètres en douze heures, de la Mecque à Jérusalem. Et ça c'était pour le seul voyage horizontal, parce qu'après, il y avait le voyage vertical, Mahomet invité à visiter le ciel et à converser avec d'anciens collègues en prophéties, Adam d'abord, au premier ciel, puis successivement Aaron, Moïse et tout une quantité, et enfin Allah avec qui il eut un aimable entretien. J'ai voulu en savoir plus et j'ai été écouter des savants musulmans qui pourraient me donner des détails. Ainsi sur le site Oumma.com, ('un regard musulman sur l'actualité'), je trouve un monsieur d'aspect tout à fait normal qui me raconte l'épisode de ce voyage et qui me signale qu'il est tout à fait vrai. Il ne me dit même pas qu'il faut y croire tellement cela semble pour lui aller de soi.

Je pense que les religions seraient plus acceptables si elle se débarrassaient de ces 'anecdotes' offensantes pour la raison : la chevauchée de Mahomet donc, mais aussi ces murailles qui tombent au son de la trompette, ce soleil qui s'arrête pour arranger un chef de guerre, et ce retour à la vie d'un cadavre en état de décomposition avancée (Évangile de Jean, 11, 39*). Croyez en Dieu si c'est votre idée, mais débarrassez votre foi de ce fatras inutile. Vous n'en prierez que mieux.

 


*Herr, er stinkt schon. (Le vocabulaire vigoureux de Martin Luther, king des traducteurs)

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29/04/2017

FAUT PAS NOUS INSULTER

Avant tout, il me faut citer cette phrase de Dostoïevski, c'est dans les Frères Karamazov, qui dit : Alors, si Dieu n'existe pas, tout est permis. Achère, notre théologien cantonal, version islam, embouche la même trompette. Celui qui ne croit pas en Allah, au paradis d'Allah et à la rétribution qu'Allah décidera et qui donnera accès ou non à ce paradis (sinon vous connaissez l'alternative !) cet homme (et la femme donc) se vautre dans cette vie-ci, qui ne vaut pas grand chose comparée à l'éternelle, dans le stupre et dans les excès. Il ne connaît que le vice, la gloriole, la soif des richesses, la vie confortable, le bonheur trompeur.

Je trouve ce propos insultant. L'idée que l'homme ne fait le bien (et pas le mal) que parce qu'il craint une punition dans l'au-delà donne de cette créature certes imparfaite une dimension honteuse et réductrice. L'homme, surtout celui qui ne craint pas un aléatoire Jugement Dernier, a dans un recoin de son cerveau ce qui s'appelle une conscience. Ce que les musulmans ne semblent pas avoir. Eux sont motivés par la peur. Le Coran le leur serine à chaque page : 'craignez Allah le Terrible'. Alors forcément...

Que diraient les musulmans si on leur appliquait le même opprobre en ajoutant qu'ils sont violents, qu'ils ne rêvent que plaies et bosses, qu'ils ont le culte de la mort puisqu'une vie meilleure leur est promise. Ils piqueraient la mouche, ils monteraient sur leurs grands chameaux, ils nous menaceraient.

À propos de vie meilleure, parlons un peu de ce paradis qui leur est promis. Les imams leur font miroiter des demeures dont les murs sont en or et en argent, le ciment est une substance odorante, c'est d'un kitsch ! Quant aux six douzaines de vierges, des filles totalement inexpérimentées donc, à qui il faudra tout apprendre, merci bien !

L'enfer, maintenant. Il est évident que sa description procède d'un esprit dérangé. Celui de Mahomet ? On n'ose le croire. Il a pourtant affirmé ceci : 'Nous jetterons bientôt dans le feu ceux qui ne croient pas à nos Signes. Chaque fois que leur peau sera consumée, nous leur en donnerons une autre afin qu'ils goûtent le châtiment.' (Coran IV, 56). Un verset donc sadique, et il y en a beaucoup d'autres. On n'aurait jamais dû laisser Mahomet sortir de l'asile.

Non, l'invention par les religions d'un paradis et surtout d'un enfer est une ignominie dont on se passerait. Elle remplit d'un espoir vain d'une part et d'un effroi sans limites d'autre part des humains à qui on a fait croire ces criminelles sornettes*. Dans des sites comme Islam et enfer, on contraint le musulman à y croire dur comme fer, la réalité de l'enfer ne fait aucun doute. Et sa description est précise, c'est comme si vous y étiez déjà. Ajustez dès lors votre comportement, il y va de votre éternité.

Encore ceci, pour la gourmandise, un échange entre un évêque anglican et un athée :

L'évêque :
— Si vous ne croyez pas en Dieu, je m'étonne que vous ne viviez pas dans la débauche.

L'athée :
— Parce que c'est ainsi que vous vivriez, si vous n'aviez pas la foi ?

 


*Chez les juifs, seuls les sadducéens ont résisté à cette néfaste propagande.

 

 


Salami et kumquat ! (Ma salutation athée, mais le mot paix s'y trouve.)

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