05/12/2018

NOT IN MY NAME

Je suis bien aise d’habiter une ville où la laïcité fait loi. On n’y voit pas de sœurs en cornettes ni d’abbés en ‘uniforme’, non pas que j’y sois allergique (un peu tout de même) mais je pense que les religions ne doivent pas s’afficher, aucune. Pas plus que les orientations sexuelles ou politiques. Un gaillard avec une croix gammée à l’avant-bras serait vite embarqué, je suppose.

Cela dit, il ne faudrait pas que la laïcité soit défendue par des nigauds fanatiques. Ainsi cet homme, quelque part en Bretagne qui proteste parce que le portail du cimetière où est enterré son père s’orne d’une croix qui l’empêche dans sa vigilance laïque de dormir. Il voudrait la faire supprimer. On se pince.

Ensuite, il y a les crèches, un problème qui devient une impasse juridique. Peuvent-elles ou non être exposées dans le hall d’une mairie française ? Eh bien, tout dépend de la lettre ‘r’. Pour les laïques pur sucre, il s’agit d’une manifestation cultuelle, un rappel qu’un certain Jésus serait né dans une étable, dans, mais cela n’est pas dit dans les Évangiles, des conditions d’hygiène déplorables, et la présence de cet objet religieux dans un bâtiment officiel de la République est incompatible avec la cause qu’ils défendent.

Chez les plus ou moins tolérants, on ajoute ce ‘r’ et cela devient culturel, une production de l’art naïf provençal et cela ne devrait pas faire problème. Dès lors, il ne serait pas question de les interdire en tant qu’œuvres d’art dans les mairies ou tout autre bâtiment officiel. Si, ce faisant, la laïcité est en danger, alors pauvre laïcité.

Dans un troisième exemple, on peut se demander s’il s’agit ou bien d’un fanatisme laïcard ou d’une trouille inadmissible des édiles. Il est ici question de la suppression du mot Noël dans certains évènements bien enracinés dans notre culture occidentale. Plus de marché de Noël, plus de sapin, plus de Noël dans les classes, ce à quoi on échappait d’ailleurs à Genève, canton laïque. Tout ça pour ne pas irriter des musulmans chatouilleux qui pourraient voir dans la célébration de la naissance de Jésus un motif de protestation. Jésus apparaît dans le Coran mais comme un prophète parmi d’autres, ni plus ni moins.

Fixer au 25 décembre le jour de cette naissance est une décision bidon de ne ne sais quel concile. Avec ses frimas et ses nuits qui n’en finissent plus, décembre est un mois où on s’ennuie. Les Romains l’avaient bien compris qui avaient mitonné une fête vers la fin, celle du solstice, du sol invictus. Réjouissances ! L’Église a voulu profiter de l’aubaine, d’où ce 25/12. Futé.

À notre époque de mécréance généralisée, Noël a bien perdu de son aura religieuse. Mes parents, un couple mixte comme on disait comiquement, une catholique qui avait épousé un protestant, mais les deux rigoureusement non-croyants et mon père d’une grande ignorance en matière de religion, il ne savait même pas que Marie attendait un bébé, mes parents donc, sacrifiaient à l’usage et il y avait un sapin avec boules, guirlandes et bougies en imitation de la lumière du soleil qui se faisait attendre. Mais le nom de Jésus n’était jamais prononcé.

Le fanatisme est une maladie mentale. Il frappe où il veut. Il peut même changer de cap. L’exemple le plus fameux est celui de Paul : d’abord fanatique anti-Jésus (pourquoi me persécutes-tu ?), il devient avec la même énergie fanatique pro-Jésus. Rien n’empêche de penser que les laïques dont je viens de citer les débordements pourraient devenir des catholiques virulents, il suffirait d’une étincelle.

J’aimerais préciser ceci. Je suis donc laïque convaincu, je prétends que c’est la seule façon pour les religions de se supporter sans en venir aux coups. Et qu’on ne vienne pas me dire que la laïcité est une nouvelle religion, si j’entends ça, je sors mon bâton. La laïcité, c’est la tolérance même. Et nous somme quelques-uns à la pratiquer, alors pas d’amalgame. Nous acceptons que la Constitution suisse soit placée sous la bienveillance de Dieu et nous n’entrons pas en transes. Je peux moi chanter le Cé qu’è lainô et accepter que celui qui est là-haut soit le patron des Genevouais sans que cela me fasse frémir aucunement. Je peux passer devant un crucifix sans être pris de spasmes, simplement je pense qu’on ne devrait pas montrer ça aux enfants. Bref, je suis, nous sommes, du bois dont on fait les flûtes et je suis tenté en considérant les fièvres de certains, d’arborer sur mon bréchet un slogan qui a déjà servi : Not in my name.

 


Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y. (Jacques Prévert, un mécréant.)

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28/11/2018

IL FAUT RESPECTER LES RELIGIONS

On peut être d’accord sur ce point. Mais j’ajoute tout de suite, oui, mais à condition qu’elle soient respectables. Ce qui est rarement le cas. Alors disons qu’il faut respecter le croyant, qu’il soit victime de superstitions, qu’il croie à des trucs qui le rendent ridicule, c’est son affaire. Si c’est dans son idée qu’un personnage que les évangiles appellent Jésus dont par exemple le saint prépuce devait être vénéré (jusqu’en 1970 quand même), si un autre pense qu’il faut un sacrifice humain pour être sûr que le soleil ne lui fera pas faux bond demain (religion des Incas), si un troisième pense qu’il faut jeter les homosexuels du haut d’une tour, c’est le problème à chacun de ces messieurs-dames. Et pour ne pas commettre de même un sacrifice humain, on les laissera tranquilles.

Mais on ne se privera pas d’attaquer leur religion, ridicule dans le plus bénin des cas, criminelle dans le pire. Les religions ont cette tendance à jouer des coudes : c’est la mienne la meilleure, laissez-moi passer. Ce fut longtemps sous nos climats le cas de la religion catholique. En France la loi de 1905 sur la laïcité mit fin à cette arrogance.

C’est désormais l’islam qui tient le haut du pavé. Il ne cache pas d’ailleurs ses ambitions.Le Coran dit expressément qu’Allah sera satisfait le jour où la planète entière sera sous sa coupe. Ce à quoi les autres monothéismes ne peuvent que souscrire puisqu’il n’y a qu’un dieu, simplement il s’appelle Allah en arabe. Mais ne nous y trompons pas. Ce que l’islam veut et fait croire qu’il veut, ça n’est pas une soumission à Allah, c’est une soumission à l’islam, un système dictatorial fait de rituels contraignants et quelquefois bébêtes. Si le croyant s’y conforme, c’est le paradis assuré, sinon l’enfer ! La carotte et le bâton.

Illustration : un mien ami, doyen dans un de nos collèges, voit arriver dans son bureau deux donzelles voilées qui lui demandent tout de go des dispenses de cours si celui-ci coïncide avec l’heure d’une de leurs quintuples prières quotidiennes. Entre les lignes, on suspecte que leur vie éternelle est en jeu. Le jour du Jugement dernier, elles devront s’expliquer.

Refus motivé mais poli du doyen, avec peut-être une démangeaison dans la pointe du pied mais en Occident, on ne botte pas les dames, en islam peut-être mais leurs coutumes ne sont pas les nôtres.

Les cinq prières quotidiennes de l’islam sont justement un exemple de soumission à ce totalitarisme car on peut supposer qu’Allah s’en fout mais que les imams veillent au bon accomplissement des rites. Les prières en islam ne se font pas quand une envie irrésistible vous prend ou qu’un prêtre vous invite à la faire. Elles se font à heure fixe pour toute la planète. Toutes les villes on leur horaire propre et c’est là qu’on se permet de rigoler un bon coup (je peux ?), que même le Vatican a son horaire de prières et même Salt Lake City, la capitale des Mormons où l’on n'imagine pas un musulman en ‘uniforme’ se promener à l’air libre sur les trottoirs de la ville. Mais bon, il faut être complet...

Les attentats au couteau ou à la ceinture d’explosifs ne sont pas le fait d’individus mentalement dérangés comme essaye de nous le faire croire la police française. Ils sont simplement en déficit d’intelligence. C’est aussi le cas, avec certes moins de dégâts, de nos deux pécores. Elles vont à l’école où on leur apprend à raisonner, elles sont, on veut le croire, saines d’esprit, mais il semble que leur intelligence est chétive. Elles ne se sont pas posé la question : cinq prières pas jour, je ne vois pas l’intérêt, ma première du matin, faite avec sincérité, devrait suffire pour la journée et basta.

Pour information, les heures de prière à Genève le jour où j’écris ces lignes sont :

6:23    7:52    12:23    14:34    16:56    18:28

Alors forcément il y en a une qui va tomber sur une heure de cours. On imagine aussi les repas. Mangez les filles, ça va être froid. Mais maman, c’est l’heure de la prière (12:23 !). On voit par cette contrainte, et aussi par la possibilité d’être frappées et par les mariages forcés, que la vie des musulmanes n’est pas simple. Priez pour elles, à l’heure qui vous arrange.

 


Sous un soleil de plomb la route était encore longue. Le bédouin Achmed consulta sa Rolex* et vit que c’était l’heure de la prière. Il mit pied à terre.

* Depuis maintenant dix siècles, tous les bédouins du désert ont une Rolex au poignet sinon la prière aux heures prescrites serait impossible.

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23/11/2018

LES EMMERDEURS

Vous voudrez bien excuser mon titre vulgaire mais je n’en vois pas d’autre. Pour ne pas le répéter, il sera représenté par la suite respectivement par il/ils et lui/eux. Nous avons besoin d’eux comme nous avons besoin de la flore intestinale. Sans eux la digestion démocratique ne se fait pas. On pourrait simplement parler d’opposition, mais eux sont plus virulents et quelquefois plus efficaces.

La France, honneur à elle, nous en offre une belle brochette. Tenez, Zola. Le capitaine Dreyfus venait d’être condamné, il cassait désormais des cailloux au bagne de Cayenne, la France pouvait dormir sur ses deux oreilles antisémites.

Mais c’était compter sans Zola, écrivain célèbre aux énormes tirages et qui aurait pu ne se mêler de rien, à l’abri de son confort pécuniaire. Mais il flaire qu’il y a eu magouille et que le capitaine était victime d’une erreur judiciaire. En prenant des risques, il écrit ce « J’accuse » où il s’en prend carrément au ministre de la Guerre et au haut commandement de l’armée française avec pour résultat qu’il va obtenir la révision du procès et diviser la France en deux, ceux qui pensent que la raison d’État prime sur le droit et ceux qui pensent que la justice doit s’exercer en toute indépendance. C’est le cas ou jamais de dire que le verbe est plus fort que le sabre. Je n’ai cité qu’un exemple français mais de poids. Le lecteur pourra faire son choix personnel, il n’aura aucune peine.

Mais qu’en est-il en Suisse ? N’ayant pas le courage de Zola, je ne saurais citer de noms mais j’ai ma petite liste. Tel qui lançait un pavé dans une vitre du Palais fédéral, tel autre qui voulait empêcher le bétonnage à outrance du Valais, et puis, et là je vais quand même citer un nom, le légendaire Guillaume Tell, versus Gessler. C’est vrai ça, les Uranais vivaient tranquilles, on saluait le chapeau sans trop y penser et on vaquait à ses occupations de la journée. Et puis voilà notre Wilhelm qui nous explique que ça n’est pas bien. Et en romançant un peu l’histoire, les Uranais, sans lui, restaient autrichiens et plus tard après l’Anschluss étaient bons pour combattre en fin de parcours sur le front de l’Est.

En y réfléchissant (ma spécialité), ils ne seraient pas au fond le peuple suisse lui-même, enfin une partie, qui, mu par des signatures, dirait NON au Conseil fédéral et à la Suisse fricousarde, et inversement, quand on lui donne l’occasion d’ouvrir sa gueule raisonnable.

Certes, le peuple peut se tromper, mais pas plus que le C.F. et c’est dans l’ordre des choses. Le voteur lambda en prend son parti. Il ne s’est pas trompé cependant lorsqu’il a poussé un coup de gueule contre les minarets. L’islam, qui n’est pas du tout brimé en Suisse, a dû faire son poing dans sa poche. Dans un cas voisin et si on admet que les décisions de Bruxelles ou de Strasbourg ont un petit relent de charia, le vote sur les juges étrangers sera un test. Attendons dimanche.

 

Le peuple a voté contre le gouvernement. Il faut changer le peuple. (Bertolt Brecht)

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