11/02/2017

LE THÉORÈME DE LA ROMANÉE-CONTI

Les économistes sont unanimes : le monde sera sauvé par la croissance (illimitée !). Pour le prouver, on nous assomme d'arguments dont aucun n'est crédible sur le long terme. Les théologiens procèdent de la même façon pour nous prouver l'existence de Dieu. Dans les deux cas, on est dans le domaine de la foi qui déplace les montagnes ou diminue le chômage.

Les médias nous servent la croissance dès le petit-déjeuner, elle est devenue le plat national de tout les pays occidentaux. Dans le Tiers-Monde, c'est différent. On serait content simplement de la croissance de la tuyauterie qui améliorerait l'adduction d'eau et favoriserait les récoltes. Mués en astrologues, les experts 'prévoient' la croissance avec des chiffres précis qui sont donnés avec l'assurance et l'arrogance de ceux qui savent. Les temps étant durs, ils envisagent quelquefois une baisse de la croissance mais jamais sa disparition, ça serait insulter le dogme.

Mais il est quand même curieux que les économistes, nourris au suc des meilleures facultés, des écoles spécialisées les plus prestigieuses n'ont jamais été confrontés au théorème de la Romanée-Conti*.

C'est quoi, ça ? Il s'agit d'un vignoble prestigieux, qui produit, avec Yquem*, le vin le plus cher de France et que peu d'entre nous (mais on se fait une raison) seront amenés à boire en raison de son prix et de sa rareté. Or, si le propriétaire de ce précieux terroir venait à avoir des rêves de croissance pour imiter ceux des économistes, il en serait empêché par une loi contraignante, celle des appellations. Ne peut s'appeler Romanée-Conti et ne peut se vendre sous ce nom que le vin qui y est produit. Passé une certaine borne, on fait encore d'excellents vins de bourgogne mais pas celui-là. La production est en outre limitée, on ne peut pas, dans ces hauts parages, « faire pisser la vigne ». Monsieur Romanée, qui avait en son temps épousé la charmante demoiselle Conti (j'invente, c'est pour faire romantique) n'aura d'autre ressource que d'augmenter ses prix, mais il y a là aussi, même si elle se situe très haut, une limite.

Or, notre planète est, en plus grand, une sorte de Romanée-Conti. Elle est aussi finie que les 1.8 hectares. Le nombre de bouteilles, de boisseaux, de barils, de téléphones portables qu'elle peut produire ou manufacturer n'est pas infini. Il y aura épuisement, dans tous les sens du terme. On n'apprend pas ça à Saint-Gall, à HEC à Paris, à la London School of Economics, à Harward ?

Ce qu'il faudrait de toute urgence, c'est une réflexion sérieuse menée par des philosophes, des vrais, pas des petits sauteurs qui peuplent les plateaux de télévision, sur l'avenir de notre planète finie et qui doit gérer au mieux son patrimoine limité. Ils nous expliqueraient que nous ne pouvons pas, nous non plus, « faire pisser la planète ».

 


* Le correcteur de mon PC ignore superbement Romanée-Conti et Yquem. J'ai des doutes sérieux sur sa culture générale.

 


P.-S. Ce théorème, je l'ai mis au point personnellement. Ce qui me met au niveau de grands bonshommes comme Pythagore, Fermat, Einstein. Ça me fait tout drôle.

 


Buvons un coup, buvons en deux
À la santé des amoureux
À la santé du roi de France
Et merde pour le reine d'Angleterre
Qui nous a déclaré la guerre.

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03/02/2017

OUI, MAIS FAUT PAS LE DIRE

Un curieux chef d'accusation est apparu il y a quelque temps dans les tribunaux français (en Suisse, je ne sais pas). On peut désormais accuser quelqu'un d'incitation à la haine raciale. Autant dire que c'est n'importe quoi, pour cette simple raison que ça n'est pas mesurable. On peut fixer le montant d'une escroquerie, on peut chiffrer la quantité d'un butin, on peut décrire précisément les blessures d'une victime qui ont, ou pas, entraîné la mort. Mais évaluer ce qu'est une incitation ? Et dire qu'un verdict de culpabilité se fonde sur une augmentation de cette haine ? On est forcément dans le non-mesurable.

Cette lubie juridique a pour origine des organismes, grassement subventionnés par un gouvernement soucieux de se donner bonne conscience, qui se donnent pour but de combattre le racisme, ce qui pourrait être louable en soi s'il était possible selon une loi bien définie qui dise ce qu'est le racisme et d'appliquer cette loi partout. Or, il se trouve qu'un racisme bien réel, c'est celui dont sont victimes les blancs, pardon, je veux dire les Français à pigmentation pâle, et qu'on traite dans certaines banlieues de 'face de craie'. On voit par là que le racisme, loin d'être unidirectionnel (lisez : contre les 'nègres' et les 'bicots') part au contraire dans tous les sens. C'est si vrai que dans les pays arabes du Maghreb, les Africains subsahariens, à la pigmentation foncée, sont aussi victimes de racisme. Mieux encore, si l'on peut dire, les Tutsis ont été les victimes d'un racisme génocidaire des Hutus.

Revenons à 'nos' tribunaux français. Cette 'incitation' me paraît être un instrument de destruction d'une personne ou d'un groupe qui pourrait 'nuire'. Il y a par exemple la persécution répétée de Riposte Laïque, qu'on veut faire taire à tout prix, c'est le mot, puisqu'on essaye par ce moyen juridique de le priver de moyens d'existence en l'assommant d'amendes exorbitantes.

Un autre cas illustratif, c'est celui de Robert Ménard, maire de Béziers, un gêneur. Il a été pris en flagrant délit de IHR, il a en effet déclaré ceci : il y a des classes d'école à Béziers avec jusqu'à 90 % d'élèves musulmans. Il énonce donc un fait. Il ajoute que c'est trop. Il donne alors son opinion. Il dit qu'il y a un problème. C'est tout. Il n'a pas dit par exemple qu'il fallait tuer neuf élèves sur dix. Il a simplement dit quelque chose qu'il ne faut plus dire. Et pour cela, il est traîné devant les tribunaux. Dire qu'il y a un problème concernant les musulmans est désormais tabou et punissable. Sauf que pour les élèves minorisés, ceux qui sont d'une petite religion de rien du tout, surtout du petit garçon ou de la petite fille juive qui sont l'objet d'opprobre dans le livre sacré des musulmans*, il y a peut-être tout de même un problème. Et je ne parle même pas de l'enseignant(e), qui aura sans doute de la peine à leur mettre, par exemple, (Charles) martel en tête. Bref, si on ne peut pas parler d'un problème, c'est le nier et donc empêcher d'y remédier. Avec ce dispositif, on ne va pas loin.

 

* Le Coran, lui, pratique l'IMR, l'incitation au massacre raciste. Ouvrez votre exemplaire, vous trouverez tout ça. Par exemple sourate XLVII, verset 4.

 

 

Laissez venir à moi les petits musulmans, car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. (Jésus, dans Mathieu, XIX, 14, modifié Thomann).

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26/01/2017

UNE POLÉMIQUE, UNE !

Chez nos voisins français, la polémique fait partie du paysage, même qu'elle déborde quelquefois chez nous. La polémique a remplacé le débat, pour lequel ils ne sont pas doués. Lors d'un débat, au bout de trois minutes, ils parlent tous en même temps, sous la houlette impuissante du maître de jeu. Il me semble que nous sommes ici un peu plus raisonnables, ainsi, à Infrarouge, si on excepte les insupportables interruptions de Memerbachi, chacun a droit à la parole sans être immédiatement attaqué par un opposant.

Le débat, c'est l'échange civilisé, la polémique, c'est tout de suite la bagarre. L'étymologie de polémique, c'est 'polemos', la guerre en grec. On y va donc, au mieux, de son invective, au pire, de la castagne. Une des fréquentes victimes de polémique, c'est Éric Zemmour, dont on ne contre pas les arguments mais on les déclare sulfureux. Même qu'on voudrait carrément l'interdire de parole, ainsi la socialiste (quoi d'autre ?) Marie-Noëlle Lienemann qui déclare tout de go que Zemmour est une honte pour la France. C'est vrai, ma foi. Zemmour a tous les culots, il s'en prend à l'autorité, qu'elle soit de gauche ou de droite, il s'en prend à un imam qui se dit modéré et lui met le nez dans son caca, il dit le danger que représente l'islam mais le problème, c'est que ce qu'il dit est juste et qu'il s'appuie sur des faits et ça, c'est pas bien. Sous son tapis à lui, il n'y a pas de poussière. On comprend l'indignation de Lienemann et de tant d'autres.

Un des sujets de polémique m'a particulièrement intéressé, c'est celui où Zemmour demandait que les parents étrangers (il pensait évidemment aux musulmans arabes) baptisassent (bon, c'est peut-être pas le bon mot, il faudrait circonconcisassent) leur enfant avec un prénom de consonance française. Il se félicitait que ses propres parents ne lui eussent pas donné un prénom qui corresponde à sa religion (Zemmour est juif) tel que Aaron ou Ézéchiel. Son argument, c'est que si vous donnez un prénom français à votre enfant, vous entrez de plain-pied dans la culture de ce pays qui vous accueille et où vous avez l'intention de vous établir, et vous en adoptez les usages familiers.

Cela me paraît juste et me rappelle des souvenirs de mon enfance à Carouge. L'immigration d'alors n'était pas arabo-musulmane mais surtout italienne. L'épicier s'appelait Luccharini et le quincaillier Tagini. Pour les prénoms : mon camarade Camporini, c'était Jean-Pierre, Fasola, c'était Charles. La maman de Marti ne maîtrisait pas vraiment le français, on l'avait entendue dire 'je poudrais pas vous dire'. Mais elle n'avait pas pour autant appelé son fils Ruggiero, mon copain Marti, c'était Roger, bien sûr. Quant à mes propres parents, germanophones au départ, il ne leur serait pas venu à l'idée de me prénommer Hans ou Helmut. Nous étions tous, mes camarades et moi, 'carougeo-compatibles', rien ne nous distinguait de Gilbert Monnier, d'Albert Bocquet ou de Jacques Faroux. Nous vivions sans heurts. Y avait pas polémique.

 


Garçon, donnez-moi une carougeoise. (À l'époque, si je ne me trompe, trois décis de bière.)

 

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