10/08/2017

À L’HEURE DE L’APÉRO

L’idée de ce blog m’est venue en prenant mon apéritif quotidien dans le calme de ma cuisine, avant le repas, c’est un moment paisible et de plaisir. Je buvais un verre d’aligoté de première créé à moins de dix kilomètres de chez moi. Oui, Genève est un beau canton viticole qui produit tout ce dont notre soif et notre désir ont besoin. Ou presque. Car l’amateur veut connaître tous les cépages, il veut ressentir le frisson du grenache, du tempranillo, du nebbiolo. Ce qu’un seul canton ne saurait lui fournir.

J’ai bien dit ‘créé’. Un vigneron est un artiste créateur. Un peintre a devant lui la toile blanche et tout à coup il y a La Ronde de Nuit, Guernica ou Vénus sortant de l’onde. Le compositeur a sa portée nue d’où vont éclore la Cinquième, la Petite musique de nuit ou le Tombeau de Couperin. Pour le vigneron, la page blanche, c’est le raisin. D’où il va créer, avec la même imagination et le même souci du détail.

J’ai la chance (provoquée) de connaître quelques vignerons. Je les écoute. Ils parlent (modestement, un vigneron n’est pas vantard) de ce qu’ils produisent, ils mentionnent les plants, le sol, le climat, ils sont passionnants. Mais l’accueil du vin dans nos gosiers demande une certaine culture, on ne boit pas du vin ‘comme ça’, c’est bon pour les milliardaires. On éduque d’abord ses papilles, on essaye de distinguer un merlot d’un pinot, un riesling d’un cabernet. Ce qui n’est pas simple, l’homme, par sa station debout, a laissé s’atrophier son sens de l’odorat, il est trop loin du sol. Un chien serait un bien meilleur dégustateur. Mais on peut s’entraîner.

Ensuite un peu de culture géographique : savoir placer la Moselle, le Douro, le Minervois sur une carte. Connaître les paysages qui ont enfanté le vin (la Moselle est une des plus belles vallées que je connaisse). Savoir quels sont leurs plants de prédilection. Tout cela fera que vous ne serez plus un buveur indifférent mais un buveur heureux. Enfin, la culture pratique : choisir le bon verre, décider de la température du vin, savoir quand il faut décanter, comment tenir la bouteille quand on verse, tout cela s’apprend mais ça n’est pas sorcier.

Il y a des personnes qui ne boivent pas de vin (ou d’alcool en général). On connaît pour ça deux raisons, l’une justifiée, l’autre délirante. Il y a d’abord celui qui veut se défaire d’une maladie, l’alcoolisme par exemple, et pour qui l’alcool serait désormais nocif. Là, pas d’objection, ça ne se discute pas.

Mais il y ceux qui, pour des raisons dites religieuses, s’abstiennent de tout produit excitant, les Mormons, par exemple, pas d’alcool, de tabac, ni même de thé ou de café. Se priver de plaisirs terrestres et d’un aspect de notre culture, pour un hypothétique paradis, me paraît folie pure. C’est eux qui voient.

Curieusement, l’islam n’interdit pas le vin. Tout dépend d’où on le boit. Ici-bas, c’est évidemment tintin, mais là-haut, on y aura droit, même qu’il ne saoulera plus malgré les copieuses rasades autorisées. Ce qui me fait soupçonner qu’il ne s’agira en fait que de jus de raisin, le musulman ignorant de ces choses ne verra pas la différence. Car si on admet la résurrection des corps (bistouquette comprise, vous savez pourquoi), l’alcool doit créer dans le cerveau ce léger délire (oh, très mince) qui permettra de supporter l’ennui d’une éternité qui ne veut pas finir.

Bon paradis à tous !

 


Vinum bonum laetificat cor hominis (Ecclésiaste, XL 20, les Mormons, bibliolâtres, sautent ce passage.)

 

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01/08/2017

MON DISCOURS DU PREMIER AOÛT

C’est chouette d’être suisse.

 

Sur nos monts quand le soleil
Annonce un brillant réveil
(Tous ensemble et avec entrain, nom de Lui, Il nous regarde et nous écoute et Son siège est à la verticale du Gothard.)

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14/07/2017

UNE DÉCISION QUI FERA DATE

Le Matin du dimanche 9 juillet en a même fait sa une (avec photo), c’est dire. Pendant que les gouvernements de la planète s’essayent tant bien que mal à conjurer l’immigration, le chômage, la perte du pouvoir d’achat, les attentats, le Vatican, lui, s’attaque aux vrais problèmes. Il vient de décider qu’il y avait interdiction de fabriquer des hosties sans gluten, ça serait péché grave. C’est vrai, ça, il y a eu récemment des irréfléchis qui prétendaient préparer des hosties avec des céréales non-canoniques, des sans-Dieu carrément. Cela, ni Arius, ni les Cathares, ni Luther n’auraient osé. Ces hérétiques l’ont fait.

Le Vatican leur a fait comprendre qu’on ne plaisantait pas avec ces choses-là. Et comme toutes les multinationales, il défend son pré carré. C’est normal. Le catholicisme a pour un de ses piliers le dogme de la présence réelle du Christ dans l’hostie. C’est évidemment absurde et un Martien fraîchement débarqué se mettrait à rire en entendant cette billevesée. On parle de la présence réelle d’un personnage dont l’existence réelle est loin d’être avérée. La foi devrait avoir des limites. Or, ça marche auprès d’ouailles pas très regardantes sur la réalité des légendes qu’on leur fait ingurgiter.

Je vais me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je pense que le catholicisme, avec il est vrai un passé sombre, est devenu une religion acceptable si l’on s’en tient à une dimension morale et qu’on ne verse pas dans les excès. Aimer son prochain si le prochain tient un coutelas menaçant, c’est un excès. Honorer son père et sa mère (on trouve ça aussi dans les autres versions du christianisme), ça n’est possible que si les géniteurs sont dignes d’être honorés, un père qui bat ses enfants sera justement maudit par eux.

Surtout, il faudrait que les religions, toutes, se débarrassent de ces oripeaux théologiques, de ces buissons ardents ; de ces chevauchées de prophètes vers le ciel ; de ce Dieu qui vous parle (souvent pour vous engueuler) ; de ces palabres avec un Satan ou Sheitan cornu et au pied fourchu quand il n’est pas déguisé, ce faux derche, en serpent ; de ces résurrections auxquelles plus personne ne peut croire ; de ces apparitions de la Vierge (vous avez remarqué que ce sont toujours des enfants malléables qui la ‘visionnent’ ?).

Se dire qu’il y a un grand Horloger qui fait bouger les aiguilles, pourquoi pas, mais sans ce bric-à-brac qui insulte la raison.


Ainsi soit-il.

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