Le blog d'André Thomann - Page 4

  • LIBERTER SCHAIRYE

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    Il y en a qui estropient la chose, je me suis dit qu’il serait amusant d’estropier les mots, déjà pour attirer l’attention, et j’ai besoin de la vôtre, benoît lecteur. On n’en apprend jamais assez.

    Il va donc être question de liberté, plus précisément de liberté d’expression. Hani Ramadan, mon voisin de blog, ci-après Achère, en est le chantre. Sauf que la France, dont il est d’ailleurs tricard, lui interdit cette liberté et il va pleurnichant qu’il est victime d’une injustice. Avec ce qu’on sait désormais des tribunaux français aux ordres, on serait tenté de pleurnicher avec lui.

    Mais il y a l’autre volet de la question. La liberté d’expression il ne la veut que pour lui. Si vous lui envoyez un commentaire à un de ces sermons, il ne le publie pas, sauf peut-être s’il est signé d’un nom arabe et qu’il va dans le sens voulu. Avec mon patronyme schnabigetz, je n’ai aucune chance.

    Ce n’a pas été faute d’essayer. Récemment, Achère s’en est pris à deux Juifs (ça l’arrangeait !) le sépharade Éric Zemmour et l’aschkenaze Alain Finkielkraut, coup double ! À qui il reprochait en termes vifs l’incitation à la haine qu’on s’obstine à qualifier de raciste. Je ferai remarquer ici que ce chef d’accusation brandi avec gourmandise par la justice française est discutable pour cette raison que la haine n’est pas mesurable et n’est surtout pas raciale. Ce qu’Achère reprochait à nos deux compères, c’est une critique de sa religion, ce qui n’est pas passible des tribunaux. Pas encore.

    Dans mon commentaire donc non publié, j’entrais dans le jeu de mon champion de la liberté en lui demandant poliment (c’était le plus dur) si la haine n’était pas déjà propagée par le Coran lui-même si j’en juge par ce passage (parmi de nombreux autres) : Je vais jeter l’effroi dans le cœur des incrédules, frappez-les sur leurs cous, frappez-les tous aux jointures. (Sourate VIII, verset 12). C’est Allah le Miséricordieux qui parle. Là il ne s’agit même plus de haine mais carrément du passage à l’acte.

    Les frappes sur le cou, c’est-à-dire l’égorgement, semblent en recrudescence. Il y aurait là un combat à mener. Mais pour cela il faudrait supprimer plusieurs versets du Coran. Achère ne voudra jamais.


    Ma coda de cette semaine sera, toute honte bue, un autre verset du Coran que je dédie à tous les directeurs de cantine, scolaire ou autre :
    Quant à celui qui est contraint d’en manger par nécessité [des nourritures impures] sans être pour cela rebelle ni transgresseur, son seigneur lui pardonnera car il est miséricordieux.

    À afficher partout où on bouffe et où pourraient se trouver des musulmans.

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  • TU ME FAIS LA BISE ?

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    Le combat féminin est respectable. Demander l’égalité de traitement, une meilleure représentation des femmes dans les postes-clés, certes. Se dresser contre le machisme qu’on trouve, sournois, dans les assemblées, on ne peut qu’approuver. Demander d’être jugées, et équitablement, sur ce qu’elles font et non sur ce qu’elle sont, mais oui.

    Elles veilleront cependant à ne pas demander l’irréalisable ou le peu souhaitable. Il est parfaitement indifférent qu’il y ait autant de femmes que d’hommes dans un parlement ou un gouvernement. Il y a en France des femmes ministres à la compétence discutable pour ne pas dire plus. C’est vrai aussi de ministres hommes mais faut pas le dire. L’impossibilité de l’égalité trouve son exemple en Suisse : le Conseil fédéral est composé de sept membres, il comprendra forcément quatre hommes et trois femmes ou, dans le meilleur des cas, quatre femmes et trois hommes.

    Cela dit, il serait souhaitable que les féministes raisonnables ramènent à la raison celles qui par leurs revendications imbéciles jettent le ridicule sur tout le mouvement.

    Voyez plutôt : il est arrivé à des microcéphales, allemandes mais reprises par des françaises, de trouver que le baiser au vainqueur du Tour de France, ou de toute autre compétition, avait quelque chose de sexiste et était par là condamnable. Elles n’ont pas dit sexuel mais ces effarouchées ne devaient pas être loin de le penser. Une pétition circule, déjà signée par vingt mille idiotes. Nous ne voulons pas être des potiches, pas être la récompense qu’on offre au vainqueur, nous ne sommes pas des objets.

    Comment peut-on arriver à une telle épaisseur de bêtise ? Une bise est une bise, rien d’autre. Elle n’est pas un baiser langoureux. En l’occurrence, elle introduit un élément gracieux dans un évènement qui n’en comporte guère. Un mollet de coureur, multiplié par deux cents, ça peut être sportivement beau, mais ça n’est pas gracieux. Longue vie donc à ces demoiselles du Tour, qui ne sont d’ailleurs pas comme l’affirment ces effrénées habillées sexy. Mais on les choisit charmantes, c’est la moindre des choses.

    Tu m’fais la bise, avec ses variantes (On s’fait, il m’a fait…) est une phrase qu’on entend souvent sous nos cieux francophones. C’est celle de la grand-mère à son petit-fils, celle d’un gamin et d’une gamine de l’école primaire, celle d’un client à la patronne du bar, les exemples sont nombreux et on n’y trouve pas l’ombre d’un sexisme, encore moins de sexualité. Ce qui peut se passer ensuite n’entre pas dans cette rubrique.

    Les femmes ne nous sont pas supérieures (oh si, quelquefois !) ni inférieures (ça c’est l’islam), elles nous sont complémentaires, donc nos égales. Et puis il faut arrêter de considérer la cuisine comme une activité mineure quand ça n’est pas celle des grands chefs. Ma mère, je me souviens, y passait de longs moments (alors qu’elle aurait pu être dactylo !) sans déprimer aucunement. Elle y faisait une bonne centaine de tartes aux fruits par année (pâte naturellement faite maison, elle avait sa fierté) et autant de verres de confiture. Sans compter la becquée quotidienne pour une famille de trois, chaque fois une réussite.

    En plus de la Küche, elle s’occupait du Kind que j’étais. Il n’y avait qu’un seul K qu’elle ne pratiquait pas, elle n’allait pas à la Kirche. Élevée (façon de parler) par les Sœurs en Alsace au début du siècle désormais précédent, elle pensait avoir suffisamment donné à la cause féminine.




    Les connes, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît. (Audiard, modifié Thomann).
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  • L’AMPÉLOGRAPHIE VAINCRA

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    Il n’y a pas de grands vins. Il n’y a que de très bons vins et ensuite d’autres qui le sont un tout petit peu moins. On boit de moins en moins de mauvais vins. Dire qu’un vin est grand est une astuce publicitaire qui permet de le vendre plus cher. C’est une pratique ancienne.

    Je vais émettre une énormité mais j’assume : Il y a peu de Français qui connaissent vraiment le vin. Ils vont sous une bannière où est écrit : credo in unum bordeaux-um. En effet, le bordeaux est devenu le vin officiel, catholique, le vin des ministres et des hautes sphères. Le ministre de Rugy s’est fait prendre parce qu’il buvait du Château Yquem et du Cheval blanc. Un journaliste faisait remarquer qu’il aurait dû se contenter de corbières, c’est moins spectaculaire. Tout cela au grand scandale de ces hérétiques de Bourguignons qui vont protestant que la Romanée Conti et le Corton Charlemagne (aussi deux ‘grands’ vins aux prix stratosphériques) ne sont pas mal non plus.

    Je n’ai pas dit que le bordeaux était mauvais, au contraire, j’en bois volontiers et mes papilles gardent un souvenir frémissant d’un Château-Pape-Clément puis plus tard d’un Château-Schmitt-Haut-Lafitte (du graves pour les braves) bus à une époque où ces vins étaient encore d’un prix abordable. Non j’en ai à cette façon de faire du Bordeaux un roi entouré de vassaux soumis, le duc de Bourgogne, le prince d’Anjou, le margrave d’Alsace...

    Même des étrangers s’y sont laissés prendre. Hemingway a prénommé une de ses filles Margaux avec cette orthographe à cause d’un vin qui porte ce nom. Sauf que l’ami Ernest était devenu un peu pochtron et buvait sans doute le vin plus pour l’alcool qu’il contient que pour les goûts qu’il offre.

    Quant au journaliste qui tourne en dérision le corbières, il ignore sans doute que cette région vinicole jadis il est vrai un peu méprisée, fait désormais des vins remarquables grâce à des vignerons talentueux et loyaux. J’en bois avec l'attention qu’ils méritent.

    Mais un régime exclusivement bordelais, à la Heminway, ne saurait me satisfaire. Je suis éclectique et j’apprécie les arômes grandioses du chenin dans un Quart de Chaume ou ceux d’un riesling de la vallée de la Moselle. Sans parler des valaisans rares, les johannisberg, les arvines. Tel que je le pratique, le vin est d’abord une gourmandise, comme le seraient les bonbons au chocolat ou les fraises à la crème. L’alcool vient bien après. Ceux qui voudraient se payer une muflée choisiront un whisky ou un cognac, mais bon marché, sinon la gourmandise pourrait remettre le nez à la fenêtre.

    Il se trouve aussi que je suis aussi amateur de pinot noir, tout vin issu de ce plant réjouit mes papilles. On n’en trouve pas partout, il est absent du bordelais justement, l’Italie n’en produit pas mais a d’autres titres de gloire vinicole. On le trouve en Bourgogne, mais là il est roi, pas de rouge qui n’en soit issu ; en Alsace et chez son voisin du pays de Bade. En Suisse, les Grisons font un pinot de légende, le Valais n’est pas en reste. À Neuchâtel la loi, et l’usage, sont stricts : le gourmand œil-de-perdrix doit nécessairement être un produit du pinot.

    Après cette exploration géographique, voilà que je trouve du pinot tout près de chez moi. C’est un vigneron d’Anières qui l’enfante, à dix kilomètres du centre-ville. Allez, je lui file un coup de pub, dont il n’a guère besoin. C’est Laurent Villard, un virtuose dans son activité, car il ne fait pas un mais deux pinots : un premier dont il fait ressortir les arômes fruités, la mélodie du vin, le second sa profondeur, les accords plaqués, en musique. Si l’on veut, ces deux pinots, c’est Schubert et Beethoven. Le soir, on écoutera tantôt l’un, tantôt l’autre, avec bien sûr un verre à portée de main. Ottima sera !

    Ma coda d’aujourd’hui sera une mise en garde. J’écoutais récemment un diététicien dire les dangers de l’alcool sur notre organisme et particulièrement sur le foie. Mais il concluait sur cette note optimiste :
    Bon, si vous buvez deux verres de vin par mois (c’est moi qui souligne) vous ne risquez rien.
    Vous avez bien lu, donc à partir de trois verres par mois, on court à la catastrophe : c’est l’hosto, c’est le foie en bandoulière, plus la rate qui s’dilate, le pylore qui s’colore, le ventre qui se rentre, les genoux bien trop mous, le coccyx qui s’dévisse… si vous voulez la liste complète des maux qui peuvent vous assaillir, vous cliquez sur Ouvrard et vous aurez cette chanson désopilante. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas averti. C’est vous qui voyez.

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