16/05/2017

UNE MOUSSE BIEN FRAÎCHE

Selon le principe qu'il faut connaître l'adversaire pour pouvoir le contrer, je consulte quelquefois le site oumma.com. Il faut d'abord savoir que la oumma, c'est l'ensemble des croyants, de tous les musulmans de la planète sous la houlette d'Allah. Si bien que le journal en ligne oumma.com pourrait être comparé à l'Humanité, qui fut fondé par Jean Jaurès, et dont le slogan pourrait être 'musulmans de tous les pays, unissez-vous'.

On trouve tout, presque tout, sur ce site. Comment de jeunes musulmans aident les vieilles dames à traverser la rue, comment d'autres musulmans sont lâchement attaqués par des mécréants. En revanche les attaques contre les églises coptes ou la traite sexuelle des femmes dans Daech sont passées sous silence. C'est vrai, il n'y a pas tout. Mais il y a de bons moments.

Ainsi, récemment, un savant musulman, un de ceux qui se donnent pour tâche de décortiquer le Coran et d'en tirer la substantifique moelle (ovine), y déclarait que la bière, c'était pas haram et que le croyant pouvait en boire, modérément bien sûr. Chouette, me disais-je, voilà l'islam qui se libère un peu de ses contraintes, bientôt le croyant pourra se taper une mousse bien fraîche au bistrot du coin sans craindre les foudres d'Allah. Et qui sait, il pourra y aller avec sa fathma, désormais admise dans ce lieu de perdition si on suit cette pente. Mais n'allons pas trop vite.

Car que croyez-vous qu'il arriva ? Les commentateurs de cet imam libérateur lui sont tombés dessus comme une tonne de briques. On lui reprochait d'être en porte-à-faux avec le Coran ; de s'engager sur une pente savonnée qui déboucherait sur une permissivité tous azimuts où même l'adultère et la fornication seraient autorisés ; même d'avoir, pour avoir prononcé cette hérésie, touché de l'argent juif. Bref, il était habillé pour l'hiver.

Que conclure ? Que le musulman pur loukoum ne proteste pas contre les nombreuses interdictions que lui impose sa religion contraignante, au contraire il s'y vautre comme le sanglier dans sa souille qui se débarrasse ainsi des parasites, lui, c'est pour éviter les péchés qu'on lui a dit être nombreux. Il a l'œil vrillé sur ce paradis qu'un prophète sans scrupules lui a fait miroiter et où il pourra enfin boire de l'alcool. Le Coran ne parle que de vin mais je suis sûr que le barman céleste saura lui servir aussi de la cervoise. Et peut-être une petite vodka ?

Le problème, c'est que l'islam a une vocation hégémonique et que Allah ne sera pleinement satisfait que lorsque la planète entière (en fait toutes les planètes habitées) sera sous sa coupe. Ce qui signifie que si cette ambition se réalise, nous serons tous des buveurs d'eau. Franchement, si divinité il doit y avoir, je préférerais Bacchus et sa joyeuse bande de lève-le-coude. Aussi ne puis-je que confirmer le slogan : Buveurs (modérés !) de tous les pays, unissez-vous.

 


Une bière, s'il vous plaît. Et pour ceux qui vont voyager : beer, please, ein Bier, bitte, cerveza por favor, prosze, piwo, birra, prego, es Bier, sid so guet.

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08/05/2017

HABENT PRESIDENTEM

Ouf, les Français ont enfin un président et le font savoir à un public estourbi par tout ce fo(u)rbi propagandiste, et au monde, car cette élection est devenue, par le battage qui a en a été fait, un évènement que les médias ont voulu planétaire : le monde avait les yeux tournés vers la France. On a le prestige qu'on peut.

N'étant pas politologue, je ne parlerai pas des candidats, des vainqueurs comme des vaincus, d'autres le feront mieux que moi. Mais j'aimerais revenir sur la mise en scène de la campagne. Ayant été longtemps chroniqueur théâtral, j'avais constaté que bien des pièces moyennes devenaient intéressantes par la grâce d'une mise en scène intelligente, voire grandiose. C'est ce qui est arrivé lors de cette présidentielle.

Il y a d'abord eu cette longue préparation. Depuis des mois, à coups de sondages (si l'élection avait lieu maintenant ?), de pronostics, de réflexions de personnages politiques, candidats ou non, on entretenait une fièvre encore bénigne qui allait alors monter lors des dernières semaines. Alors vite du quinquina contre les effets du quinquennat. Les médias étaient quasiment en érection. Les sondages devenaient quotidiens, on croyait assister à une course hippique : Épinard est en tête dans la dernière ligne droite mais attention, il est talonné par Rutabaga, et voici Salsifis qui remonte, ah quel suspense chers auditeurs... On en était là dans l'excitation.

Et puis, il y a eu les meetings, des Goebbels au petit pied réunissaient des milliers de manifestants, je pensais au Sportpalast, à Berlin en février 1943, après Stalingrad, et tout ce que j'entendais c'était 'Wollt Ihr den totalen Präsidenten ?' Tout cela était indigne d'une démocratie.

Enfin, nous avons eu droit, le jour même du vote, à des émissions spéciales, tous médias confondus et complices. Alors là, on a fait mousser le bol à barbe. Dimanche de vingt heures à minuit, le lendemain on remet la compresse, des parlotes bien inutiles, on assiste à un petit jeu de satiété. Les médias sonores suisses n'étaient pas en reste. Il ne restait que France Musique si on voulait échapper à tout cela.

Bon, on va avoir quelques semaines d'une relative tranquillité, mais après, les Français vont devoir s'occuper, il n'est jamais trop tôt, de l'élection de 2022. Cela semble être leur occupation de tous les instants. Alors je vous souhaite un bon lustre et beaucoup d'eau lustrale pour votre purification (si nécessaire). On se retrouvera je pense avant cinq ans.

 


Liberté, Égalité, Complicité.

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06/05/2017

ATTENDEZ, FAUT QUE JE M'INFORME

Une des antiennes récurrentes chez les monothéistes, c'est 'vous nous combattez parce que vous ignorez tout de nous, mécréants que vous êtes'. Mécréants est une insulte qui s'adresse à ceux d'une autre religion et à ceux qui n'en ont pas. Alors, vous me connaissez, ma soif d'apprendre est immense, aussi me suis-je plongé dans les textes qui me tireraient de mon ignorance, les textes sacrés donc, pour commencer.

À tout senior, tout honneur, j'ai commencé par l'Ancien Testament. Là, je suis tombé sur un passage terrifiant. C'est un cinglé qui voulait tuer son propre fils, soi-disant qu'il avait entendu des voix qui lui disaient de le faire. Un cas relevant de la psychiatrie. Alertée par les voisins, la police a pu sauver le gamin de justesse. Malgré son mental dérangé, le personnage est devenu célèbre dans les trois religions. J'ai alors fermé ce livre et j'ai passé au suivant, le Nouveau Testament.

Là, j'ai eu affaire à un personnage curieux, une sorte de vagabond bavard, imbu de sa personne, il se disait fils de Dieu, un criseux qui engueulait tout le monde, mais aussi suicidaire, car il parlait de sa mort comme d'un événement prévisible et souhaitable. On le crédite d'une résurrection et d'une montée au ciel. À ce sujet, ils sont plusieurs personnages à avoir été mis sur orbite. Cela n'est pas proprement nouveau, certains individus de la mythologie grecque ont été les bénéficiaires d'une pareille randonnée. Ce qui signifie par parenthèse que les religions n'ont pas toujours inventé les vessies qu'on est prié de prendre pour des lanternes.

J'ai refermé ce deuxième livre peu éclairant pour consulter le Coran. Je connais déjà un peu, comme vous, j'imagine. Aussi ai-je sauté les passages portant sur la misogynie, la violence faite aux mécréants, la description de l'enfer et du paradis. Un passage m'a intrigué, c'est le verset 1 de la sourate XVII, le Voyage nocturne. Il s'agit là aussi d'un déplacement intersidéral. 'Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur...' Il s'agit donc d'Allah, pour qui rien n'est impossible et de Mahomet, heureux de faire un périple hors du commun (pour l'époque). Il fallait couvrir plusieurs milliers de kilomètres en douze heures, de la Mecque à Jérusalem. Et ça c'était pour le seul voyage horizontal, parce qu'après, il y avait le voyage vertical, Mahomet invité à visiter le ciel et à converser avec d'anciens collègues en prophéties, Adam d'abord, au premier ciel, puis successivement Aaron, Moïse et tout une quantité, et enfin Allah avec qui il eut un aimable entretien. J'ai voulu en savoir plus et j'ai été écouter des savants musulmans qui pourraient me donner des détails. Ainsi sur le site Oumma.com, ('un regard musulman sur l'actualité'), je trouve un monsieur d'aspect tout à fait normal qui me raconte l'épisode de ce voyage et qui me signale qu'il est tout à fait vrai. Il ne me dit même pas qu'il faut y croire tellement cela semble pour lui aller de soi.

Je pense que les religions seraient plus acceptables si elle se débarrassaient de ces 'anecdotes' offensantes pour la raison : la chevauchée de Mahomet donc, mais aussi ces murailles qui tombent au son de la trompette, ce soleil qui s'arrête pour arranger un chef de guerre, et ce retour à la vie d'un cadavre en état de décomposition avancée (Évangile de Jean, 11, 39*). Croyez en Dieu si c'est votre idée, mais débarrassez votre foi de ce fatras inutile. Vous n'en prierez que mieux.

 


*Herr, er stinkt schon. (Le vocabulaire vigoureux de Martin Luther, king des traducteurs)

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