Le blog d'André Thomann - Page 5

  • PRO, PRO, PRO, PROMOS…

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    La bien-pensance a encore frappé. Les bien-pensants, c’est plus fort qu’eux, il faut qu’ils s’en prennent au vocabulaire. On avait l’exemple récent d’Émery-Torracinta qui ne voulait plus être à la tête de l’Instruction publique et qui avait inventé un nouveau nom pour son Département. On lui fit valoir qu’elle était véritablement en charge de l’instruction de nos débutants dans la vie et que cette instruction était publique. É.T. pense bien puisqu’elle est socialiste, elle renonça donc à son projet fantaisiste.

    Il s’agit cette fois des Promotions. Les bien-pensants rêvent à un monde idéal où tout le monde serait heureux, où personne ne subirait des coups du sort. Or, qui dit promotions dit qu’il va y avoir des promus et, hélas, des non-promus. Ces derniers vont avoir un choc qui les plongera dans la mélancolie jusqu’à leurs derniers jours. Quant à la famille, elle est dans un état d’hébétude fatal : le père se suicide, la mère devient hystérique et la grande sœur refuse d’aider aux tâches ménagères.

    Vous ne croyez pas à ce scénario dantesque ? Vous avez bien raison.

    Ce qui va se passer, c’est une admonestation du papa, une consolation de la maman ; quand à la grande sœur, elle n’aura jamais cessé de vaquer à ses occupations. L’idée qu’il faille épargner à l’enfant toute peine même légère est d’une bêtise totale. Si à cinq ans vous en faites un roi, vous ne le maîtrisez plus quand il en aura vingt. La vie est faite de chocs petits et grands. Le petit de l’homme doit très tôt apprendre à y faire face. Il y va de son équilibre.

    Si le prurit vocabulairien devait encore les poindre, on conseillerait alors aux b.p. de s’attaquer à un scandale qui dure depuis des siècles, je veux parler des noms des jours sous nos latitudes : lundi, jour de la lune, qu’est ce que la lune vient faire dans nos affaires terrestres ? Mardi, jour du dieu Mars, mercredi, jour du dieu Mercure, jeudi, jour du dieu Jupiter, vendredi, jour de la déesse Venus, mais le pire est à venir : samedi, jour du sabbat, donc jour des juifs (‘ils sont partout’) et dimanche, jour du seigneur, celui des chrétiens bien sûr. Alors la laïcité, elle est où, hein ? Il faut en revenir au bon calendrier républicain, le seul vraiment neutre : primidi, duodi, tridi, etc. Allez, un bon mouvement !




    Pour ma coda, une citation de tovaritch Jean-Jacques :
    L’homme naît bon, la société le corrompt.
    Sauf que Rousseau a tout faux, quand il naît, le petit de l’homme est un criseux braillard qui veut tout tout de suite. La société le civilise au contraire et lui signale que l’heure des repas, c’est midi et dix-neuf heures.
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  • APPEL AU MEURTRE

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    Attention, on se calme, ça n’est pas moi qui appelle. Si j’utilise ce titre racoleur, c’est pour être sûr d’attirer votre attention sur un sujet qui me préoccupe et vous sans doute aussi : la liberté d’expression fout le camp.

    Pour illustrer mon inquiétude, je vais prendre deux exemples et vous verrez que mon titre n’est pas du tout fortuit. Il s’agit d’abord de Joseph Deiss qui fut professeur de math mais surtout conseiller fédéral. Il s’est exprimé récemment en disant que ce qui pouvait arriver de mieux à la Suisse, c’est de devenir membre de l’U.E. Avec le respect que je dois à un ancien C.F., je lui dirais qu’il a tout faux. Il me fait penser à une pub qui irait ainsi : ‘Il reste des cabines libres sur le Titanic. Vous pouvez réserver en appelant...’

    Parce que je ne sais pas si Deiss s’en est aperçu, l’Europe en ce moment tangue dangereusement et ce n’est surtout pas le moment de monter à bord. Les articles lucides de Pascal Décaillet, mon voisin de blog, vous confirmeront cette vue pessimiste. Mais cela ne doit pas empêcher Deiss d’émettre cette opinion. Sauf que cela n’est pas de l’avis de tout le monde : un certain nombre d’abrutis (nous en avons aussi en Suisse) lui ont envoyé des menaces de mort.

    Une menace de mort est l’arme de la toute petite intelligence, celle qui est incapable de produire un argument contradictoire et qui est bien obligée de recourir à ce moyen sordide. Faut-il souhaiter retrouver les coupables ou les laisser croupir dans un anonymat mérité ? Nous avons en Suisse je crois peu de menaces de mort et encore moins de passages à l’acte. À part le tueur fou de Zoug, je ne vois pas.

    La situation fâcheuse de Deiss m’a rappelé un souvenir heureux. Mes collègues de géographie m’avaient invité à me joindre à eux pour une visite du remarquable Institut topographique suisse à Wabern, banlieue de Berne. En en revenant, nous nous sommes encore promenés sous les arcades de la Ville fédérale. Nous y avons croisé un monsieur souriant qui nous salua. Il portait aux deux bras des sacs de provisions qu’il venait d’acheter au supermarché. C’était Jean-Pascal Delamuraz, conseiller fédéral. Il faisait ses courses à pied mais de près ou de loin, on ne voyait nul garde du corps. Je me félicitai alors d’être de ce pays où les hauts magistrats sont en sécurité et ne subissent pas le sort d’un Kennedy, de Sadi Carnot, de Paul Doumer, sans oublier Henri IV. Où ils ne sont pas de surhommes mais simplement primi inter pares. On y vit mieux, avec plus d’oxygène.

    Le second exemple à l’appui de ma thèse, c’est Zineb El Rhazoui, une jeune femme franco-marocaine (père marocain, mère française), née et élevée au Maroc, dans une théocratie (ce sont ses mots) mais qui a choisi de vivre en France où elle exerce l’activité d’emmerdeuse. J’emploie ce mot vulgaire mais irremplaçable sans intention péjorative, la démocratie a besoin d’emmerdeurs, a besoin d’un Éric Zemmour, d’un Alain Finkielkraut, d’un Michel Onfray, d’un Franz Weber. Il s’agit de faire pièce à l’innombrable tribu des béni-oui-oui.

    Zineb est devenue athée donc apostate aux yeux de l’islam. Elle critique avec virulence la religion qui l’a vue naître. Elle déclare que l’islam doit se soumettre à la critique, à l’humour et aux lois de la République. Rien que ça. Parler d’islamophobie, c’est commettre une imposture intellectuelle. Les burkinis dans une piscine de Grenoble, c’est une infiltration de la société occidentale, bref ses attaques sont nombreuses et s’occupent de tout. Vous pouvez en juger vous-même en cliquant sur Zineb El Rhazoui, et pour vous encourager à le faire, j’ajoute que c’est une très belle personne, au regard gentil, sauf quand elle se met à parler, où il devient vite percutant.

    Avec une telle panoplie d’arguments, il était évident qu’elle allait être la cible d’abrutis, français cette fois, et peut-être musulmans, allez savoir, qui ont déversé sur elle des torrents d’insultes grossières et surtout des menaces de mort, si bien qu’elle est depuis quatre ans sous protection policière. La liberté d’expression existe encore, mais il faut faire attention à ce qu’on exprime.




    Pour ma coda, deux mots du camarade Voltaire :
    Écrasons l’Infâme.
    Le tout c’est de s’entendre sur l’identité de l’Infâme.
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  • EXPRIMONS-NOUS GAÎMENT

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    Je regardais récemment sur internet un débat sur la liberté de critiquer l’islam. Il y avait Philippe Val, ex-Charlie Hebdo, Dounia Bouzar, anthropologue, Bayrou, maire de Pau, un théologien musulman et un théologien chrétien. Et un imam. Que des pointures. Avec un tel panel, il est évident que le débat allait rouler sur les Caricatures. On ne sera pas surpris de savoir que tout le monde était pour cette liberté, y compris l’imam, qui mit cependant un bémol à son approbation. Si cette liberté devait avoir pour conséquence une insulte faite à deux milliards de musulmans, elle devrait être interdite.

    À quoi un des participants lui vola dans les plumes et en réponse à son bémol lui décocha quelques dièses bien sentis. Il lui fut reproché justement de faire un amalgame et de considérer les musulmans de la planète comme une unité compacte qui aurait sur tout les mêmes sentiments et les mêmes indignations. Or, les imams et beaucoup de musulmans ont horreur des amalgames et lorsqu’on mentionne par exemple les djihadistes, ils vont sous le slogan ‘l’islam, c’est pas ça’.

    Il n’est pas exclu en effet que sur les deux milliards, il y en ait eu une dizaine et peut-être même plus qui aient accueilli la caricature du Prophète d’un simple haussement d’épaules. Qu’un seul dessin ne valait pas qu’on descende dans la rue et qu’on brûle le drapeau danois. Il faudrait d’ailleurs se demander si les musulmans n’en font pas un peu trop avec leur dévotion au Prophète. J’ai entendu un musulman dire qu’il vénérait Mahomet plus que son propre père. (Oui, j’ai entendu ça). Plus fanatique, tu meurs.

    Surtout si l’on considère que l’existence de ce personnage est loin d’être avérée. Certains pensent avec des arguments plausibles qu’il s’agit d’une fiction inventée postérieurement. On nous avait déjà fait le coup avec Guillaume Tell et avec Jésus. Avec Tell, on avait même inventé cette jolie histoire de la pomme sur la tête du fils de cet arbalétrier. Avec Jésus, on n’a pas lésiné pour rendre crédible son existence : on exposait dans plusieurs édifices religieux de l’Occident la relique du Saint Prépuce (ce bébé exceptionnel en avait donc plusieurs).

    Notez que je ne force personne, si des nonnes veulent prier le Sacré Cœur de Jésus, c’est leur décision. Si vous pensez que la couronne d’épines qui a ceint la tête de Jésus avant son exécution est une authentique relique qui se trouve dans Notre-Dame de Paris, je ne saurais vous détromper.

    De même, si un musulman, ayant lu le Coran, déclare que la Terre est plate et que le Soleil lui tourne autour, on le laissera goger dans son erreur, mais on se permettra de critiquer l'islam pour sa conception erronée de l’astronomie.

    On peut donc critiquer toutes les religions mais aussi se moquer de leurs adeptes qui croient aux billevesées que ces religions leur enfoncent dans le crâne. Ça n’est pas de la haine raciale, comme définie par des juristes inattentifs, mais un rire libérateur.

    Justement, on ne manquera pas de s’exprimer gaîment aussi sur le monothéisme juif et ses interdictions risibles.




    Hosannamazeltovakbar
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