19/10/2016

BONNES BOMBES, MAUVAISES BOMBES

Un mien blogueur voisin, mais nous n'habitons pas au même étage, s'emporte contre Vladimir Poutine, dont l'aviation bombarde des populations civiles et fait ainsi acte de barbarie. C'est évidemment vrai. Circonstance aggravante, V.P. a le tort de ne pas être musulman, même qu'il fait des mamours à la religion orthodoxe, majoritaire dans son pays et dont il espère le soutien. Ça fait beaucoup de péchés pour un seul homme.

Le paysage changerait d'aspect si les bombes, mauvaises quand lancées par un mécréant, l'étaient par un potentat musulman, elles deviendraient dès lors excellentes. Et c'est justement le cas. Notre blogueur, musulman lui-même, je l'appelle Achère, c'est phonétiquement ses initiales, H.R., n'a pas un mot d'opprobre sur les massacres perpétrés au Yémen par l'Arabie Séoudite. Ce noble pays, parangon (oui, oui) des droits de l'homme (sur la femme), bombarde à qui mieux mieux des populations civiles, faisant des victimes là aussi parmi des femmes et des enfants. On pourrait décréter que ce sont également des actes de barbarie. Mais pas de ça Lisette, ça serait faire un amalgame nauséabond, ce qu'Achère ne saurait accepter. Entre musulmans, on se doit d'être solidaires. Mais si on défend la veuve et l'orphelin, c'est toutes les veuves et tous les orphelins.

Notre blogueur s'était fendu il y a peu d'un texte dans lequel il se plaignait des entraves à sa liberté. Il s'était vu interdit de parole dans des municipalités françaises par des maires qui doutaient de sa loyauté envers les principes républicains. Ce profond démocrate, épris de liberté, protestait au nom de la liberté d'expression. Cette liberté existe en effet dans nos pays occidentaux, mais s'en réclamer en tant que musulman a quelque chose d'incongru. Dans une religion où le croyant est corseté dès son plus jeune âge et pour la vie dans un tissu d'obligations et d'interdictions, on doit avoir la pudeur de ne pas parler de libertés. Le musulman a l'obligation de croire que Mahomet était un brave homme, que le Coran a été dicté par Allah, que les femmes sont majoritaires en enfer (Mahomet, reporter à ses heures, les y a vues !) ; il a l'interdiction de quitter sa religion, la meilleure de toutes, la seule en fait, de serrer la main d'une femme, d'écouter de la musique, impure, de boire du vin (une des raisons pourquoi je ne me convertirai jamais), de faire pipi en direction de la Mecque, et queue de rat et queue de rat. Aussi, quand j'entends Achère parler de liberté, je me marre, ça vaut mieux, sinon je deviendrais vite grossier.

 


Ah mes doux lilas (à prononcer à la musulmane, vous verrez, ça sonne autrement).

12:00 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

12/10/2016

UNE PÉNÉTRATION INQUIÉTANTE

Qu'il y ait des restaurants végétariens ne me gêne en aucune façon, pour les végétaliens, je serais moins catégorique, il y a chez les tenants du végétalisme une dérive idéaliste qui ne tient pas compte des réalités physiques et physiologiques. Nous sommes des omnivores, ce que ne sont pas la girafe et le lion. Tout est cependant dans les proportions, se repaître de viande tous les jours me paraît un manque de mesure. J' habite à quelque deux cents mètres du marché de Plainpalais et deux fois par semaine, je m'enthousiasme de la profusion, de la variété et de la qualité des légumes offerts à ma concupiscence. J'en fais bombance et la viande, dont je ne saurais pas toutefois me passer, passe au second plan pour des raisons de gourmandise.

Ce qui est gênant dans la décision des CFF de faire du buffet de la gare de Lausanne un restaurant végétarien, c'est qu'elle ignore le caractère 'carrefour' qu'une gare représente. À Lausanne, les trains partent vers l'est, l'ouest, le nord (pas le sud à cause du lac), il serait bon qu'une telle diversité apparaisse aussi dans les assiettes. Dans l'éventail des spécialités de nos cantons, le viandeux apparaît souvent. La longeole genevoise, le saucisson de Payerne, le plat bernois, l'émincé zurichois, le schublig, le capuns grison, et j'en oublie. En faire fi au nom d'une doctrine, si honorable qu'elle puisse paraître, me paraît rétrécir le choix auquel les voyageurs ont droit.

On assiste en ce moment à de l'agit-prop de ces mouvements : je ne mange que des légumes et vous avez vu mes muscles ? Cela est bel et bon mais ces messieurs-dames sont dans la contradiction sur deux points. D'abord, si on ne mange plus du tout de viande ni de produits animaux, il faudra transformer nos pâturages en champs de blé, ce qui n'est pas possible partout. Nos paysans de montagne se nourrissent de fromage et de la viande de leurs bêtes. Les céréales pour faire leur pain sont 'importées'. Le sucre pour faire des gâteaux vient des tropiques ou de Betravia, une petite enclave du Plateau suisse. Il n'y aura jamais de terres à végétaux pour tout le monde surtout si l'homme, ce baiseur opiniâtre, continue à faire à tire-larigot des enfants qu'il faudra nourrir.

Ensuite, préserver la vie animale à tout prix me paraît un principe pareil à une belle fleur vénéneuse. Il y a des animaux qu'il faut qu'on tue, le sanglier qui piétine les récoltes, (adieu les bonnes terres à blé !), le chevreuil (Bambi!) qui s'en prend aux arbres, sinon ils vont se multiplier sans limites sans que cela inquiète certains. Ils nous dorent la 'pullule'. Et le ver solitaire, cet animal qui squatte nos intestins, ils doivent le garder ?

Ce choix des CFF a des raisons économiques, l'offre de la firme végétarienne aura été la plus favorable. Cela peut mener loin. Une offre de restaurant halal est dès lors parfaitement envisageable. La Suisse, avec l'Islande, la Norvège et la Suède, des pays fort démocratiques, interdit l'abattage halal et kasher mais, ô hypocrisie ! autorise l'importation des viandes d'animaux ainsi abattus. Ce qui veut dire qu'on accepte la cruauté envers les animaux, pourvu qu'elle ne se pratique pas sous nos yeux. Une initiative demandant l'interdiction de cette importation avait échoué... Je vous souhaite cependant

bon appétit / buen provecho / Mahlzeit / smacznego und so weiter...

 


Un S.O.S : Existe-t-il à Genève un pâtissier, zougois de souche ou non, qui confectionne la célèbre tourte au kirsch de ce canton. Je serais preneur. Merci à un lecteur de me renseigner.

15:33 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

05/10/2016

AUX PETITS SOINS

Bien sûr que la ponction, pas lombaire, sur nos bourses, pas anatomiques, des cotisations de l'assurance-maladie va faire mal. Nous allons devoir payer un max pour nos soins médicaux et beaucoup de nos concitoyens vont la trouver abusive, voire saumâtre, et difficile à maîtriser.

Mais il y a un autre aspect que j'aimerais décrire. À la suite d'une petite alerte à ma santé, j'ai eu recours à des soins médicaux poussés. Je vous fais le film des événements. Constatant un symptôme un peu inquiétant, j'ai commencé par faire appel à SOS-médecins. Bien qu'ayant signalé qu'il ne agissait pas d'un cas urgent, je vis arriver un sauveur dans l'heure qui suivait mon appel. Après un premier examen, il décida qu'il ne pouvait rien faire d'immédiat et qu'il fallait que je sois reçu aux urgences, et qu'il s'occupait de mon transport, lequel eu lieu dans les minutes qui suivirent. Je n'en menais pas large.

Aux urgences, je fus reçu tout de suite avec amabilité et compétence, si bien que je n'ai pas eu à recourir à la violence, fréquente à ce qu'il paraît. Dès lors, un processus s'enclencha sur lequel je n'eus plus barre : prise de sang, radios, tout le toutim et résultat des courses : on vous garde (moi qui voulait le soir boire un verre avec des copains !). Et le lendemain, même garde à vue renforcée et la conclusion que j'étais bon pour des examens plus poussés mais qui auraient lieu dans un autre lieu, soit l'établissement des Trois-Chêne, qui est celui, mais le mot n'a jamais été prononcé, de la gériatrie. Eh oui, du haut (vertige !) de mes 87 ans dans quelques jours, je suis désormais passible de la gériatrie. Et là, j'ai vu des choses stupéfiantes.

D'abord une prise en charge minutieuse, efficace et qui me fit bien augurer de la suite. On s'occupait de moi, médicalement et avec une hospitalité trois-étoiles. Ayant l'œil ouvert, j'ai pu voir comment le personnel, médecins, infirmiers-ières, aide-soignantes, aides au ménage, faisaient leur boulot avec patience, bonne humeur et avec un sourire qui n'était pas de commande. Il y avait des patients qu'il fallait aider à prendre leur douche, à faire leur grosse commission, à nourrir à la main aidante, à ré-apprendre à marcher tant bien que mal, tout cela se faisait dans un élan d'humanité qui était à l'honneur de ceux qui le pratiquaient. On était dans ce qu'on appelle en anglais beyond the call of duty, soit plus que le strict devoir demandait. À preuve, je passais mes journées à lire (et à fumer sur le balcon*), profitant de l'été indien (je ne suis pas raciste, j'aime l'été indien). À l'heure des repas, quelqu'un me disait « Restez où vous êtes, je vous l'apporte ». J'étais choyé sans que je le demandasse. Si bien que lorsque je pus regagner mes aîtres, je regrettais presque ce séjour bienfaisant. Je précise, même si ça n'intéresse que moi et quelques proches qui me veulent encore du bien, que je suis sorti de là avec un bulletin de santé positif et que mes neurones répondent encore au doigt et à l'œil.

Ergo : nous sommes dans un système cher qui devrait mieux tenir compte de ceux qui peinent à y faire face, peut-être en s'inspirant de l'AVS, qui fait participer tout le monde et qui se soucie peu de faire le beurre des assureurs-maladie. On entend désormais des voix qui le demandent. J'y souscris. Car ce système, qui ne demande qu'à continuer à être viable, est un bon système. Il permet ce prolongement de la vie dans de bonnes conditions. Nous sommes nombreux à avoir cette scandaleuse volonté à ne pas vouloir mourir trop tôt. Surtout ceux qui pensent que l'enfer et le paradis sont des notions fumeuses. Comme dit le philosophe Comte-Sponville, l'éternité, c'est maintenant.

 

*À la pause, des infirmières peu soucieuses de leur propre santé, rauchen is tödlich, il fumo uccide !, venaient me rejoindre pour tirer sur leur clope et faire un brin de causette.

 


Et surtout la santé...

19:38 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |