ILS ONT ENCORE FRAPPÉ (15/07/2020)

Il y avait déjà cet hurluberlu qui voulait supprimer le nom de René-Louis Piachaud donné à une de nos rues. Il ne précisait pas si le nom devait être remplacé par celui, c’est très mode, d’une héroïne féminine, disons rue Sylvie Vartan ou rue Marlène Dietrich. On reste dans l’expectative.

Il y a cet autre qui veut débaptiser la rue Jean-Violette, un écrivain genevois d’origine zuricoise. Peut-être pas un génie de première grandeur, mais enfin on a jugé bon de lui attribuer une rue et on devrait en rester là. Vous aurez remarqué que les débaptiseurs s’en prennent toujours aux noms propres. Pas aux noms communs. Pourtant ce n’est pas ça qui manque. Tenez par exemple les Cropettes. J’ai essayé de savoir ce qu’étaient des cropettes mais j’ai fait chou blanc, pardon chou noir dans la novlangue. Je me permets dès lors quelques hypothèses. Cropette, une fleur : dimanche avec les enfants nous irons du côté de Russin cueillir des cropettes. Un mets : pour midi, je vais faire des cropettes, mon mari les adore. Un traitement médical : pour le sauver, il a fallu lui faire une cropette. Une insulte : Machin ? Mais c’est une cropette finie.

Il n’en reste pas moins qu’il y a à Genève un parc des Cropettes qui ne nous dit pas grand-chose. Notre moine débroussailleur propose donc de flinguer Jean Violette et de le remplacer par Grisélidis Réal. Une femme donc, notre homme est dans le vent de l’histoire. Cela dit, je suis entièrement d’accord pour qu’on attribue un nom de lieu à cette femme remarquable, écrivaine également, et peintre et prostituée et qui tenait à ce que cette dernière activité figurât sur son curriculum. Une grande bonne femme qui méritait déjà largement d’être inhumée au Cimetière des Rois, la Patrie lui étant reconnaissante.

Alors oui, j’approuverais que le parc des Cropettes devînt Parc Grisélidis Réal et ça aurait de la gueule. Genève qui se veut à l’avant-garde selon les discours des politiciens ne devrait pas rater ça.


Ma coda est tirée du Nouveau Testament, donc irréprochable :
Que celui qui n’est jamais allé aux putes lui jette la première pierre.
(Jésus modifié Thomann)

Note : le français étant une langue peu précise, on ne sait pas si ‘lui’ est un m’sieu ou une dame. Dans le contexte, sans doute un m’sieu. Quoique...

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