UNE SAINE RÉACTION (13/10/2021)

Les faits : lors d’un match Servette-Lausanne-Sport, un gamin de onze ans se précipite sur le terrain et court vers un joueur pour être pris en photo avec lui, ce qui lui sera accordé, les gens éduqués parlent d’un selfie.

Cette escapade fut mal vue d’un Securitas qui ramena cet envahisseur hors du terrain en lui flanquant deux baffes et en le traitant de petit con. Là-dessus, indignation des parents qui portent plainte et engagent un avocat pour punir cette attitude abominable.

Sauf que cet avocat, s’il connaît son droit, doit savoir que la loi suisse ne punit pas la simple gifle et ne la classe pas parmi les violences. Sur le coup de pied au cul, le code reste muet. Reste à savoir si traiter un gamin de petit con est passible des tribunaux.

Il va sans dire que j’approuve totalement le comportement du Securitas qui n’a fait que ce pourquoi on l’avait engagé. On rapporte que les gifles ont été violentes. Mais la qualification ne peut être que subjective. Enfin le garçonnet n’a tout de même pas été assommé et on peut penser que le prétendu brutal individu aura eu le geste mesuré. S’il avait vraiment voulu brutaliser le gamin, il aurait utilisé les pieds ou peut-être son opinel.

Quant aux parents, on ne peut que déplorer cet appel aux tribunaux pour des simples broutilles. On en a vu qui prétendaient vouloir porter plainte pour un carnet de mauvaises notes. Il faut demander aux juges de classer sans suite. S’ils veulent commander plus tard, les enfants doivent obéir maintenant. Sinon on en fera des adultes insupportables.

D’une façon générale, on accorde trop de licence à une jeunesse qui n’est encore qu’apprenante et dont on voudrait qu’elle sache déjà tout. Par exemple cette décision aberrante de certains directeurs d’école en Suisse allemande, d’accorder une voix aux élèves lors du choix des professeurs, une décision qui fleurait bon l’élévation à l’adolescent-roi. Un professeur doit être choisi par un directeur en possession de critères qu’un jeune de seize ans ne saurait avoir. Cela pourrait déboucher sur des injustices si un candidat présente une gueule qui ne conviendrait pas à nos éphèbes.

En puisant dans mes propres souvenirs scolaires, je ne pense pas avoir eu à critiquer aucun des profs qu’on m’avait imposés. Même qu’un certain prof d’anglais, au demeurant peu sympathique, enseignait sa branche de façon si enthousiaste et si efficace que je suis moi-même devenu prof de cette même branche. Mais collégien, j’obéissais à ses injonctions sans qu’il en résultât un quelconque traumatisme.

Pour ma coda, une citation du lexicographe Samuel Johnson :
Much may be made of a Scotchman, if he be caught young.
Faire les changements nécessaires.

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