• LES DEGRÉS DE L’INTELLIGENCE

    Imprimer

    Je ne parle pas de l’intelligence créatrice, celle d’un Pasteur, d’un Salk, d’un Newton mais de l’intelligence réceptive, celle qui reçoit un message et essaye de le comprendre. J’y vois là trois degrés. Le degré zéro, de celui qui le reçoit et le répète sans y connaître grand-chose. Exemple Sainte Greta du Buisson ardent qui ânonne ce qu’on lui a mis dans la tête sans trop savoir de quoi ça parle.

    Ensuite le degré un. Là, le sujet comprend, mais de travers. Il voit les choses directement, sans se poser de questions. Si on lui dit a, il comprend a, ce qui peut être vrai dans nombre de cas. Si on lui dit que π égale 3 virgule quatorze, il aura raison de s’y soumettre.

    Mais vient maintenant le second degré, celui qui se cache et n’est détectable que par les finauds. Un exemple récent. Le juif* Alain Finkielkraut a récemment fait une de ces sorties qui font le régal des amateurs. Que n’a-t-il pas dit : ‘Les hommes, violez les femmes, moi je viole la mienne tous les soirs’. Émettre du second degré, c’est dire exactement le contraire de ce qu’on veut signifier. Il est cousin de l’ironie. On veut croire que la vie conjugale de Finki (petit nom affectueux) se déroule sous un ciel sans nuages et que madame n’est jamais allée au commissariat se plaindre de la violence de son époux. Il a donc bien trempé sa plume dans l’encrier du second degré.

    C'était sans compter avec Caroline de Haas, qui lui a volé dans les plumes de la belle manière : contrairement à ce qu’on prétend généralement, elle dit qu’on ne peut pas rire de tout, surtout pas avec elle. L’astuce de Finki, elle ne l’a pas vue. Cette féministe éprouvée est un peu bécasse. C’est elle qui, pour éviter que des jeunes inactifs ornant les trottoirs de certaines rues de banlieue harassassent, voire molestassent de jeunes passantes, déclarait sans rire qu’il suffirait d’ élargir lesdits trottoirs. On voit le calibre.

    Le second degré est un vieux truc. Voltaire y était passé maître. Quand il décrit le château des Thunder-ten-tronckh qui avait une porte et des fenêtres, il faut penser à un bâtiment délabré et quand il se moque des théories de Leibniz en faisant dire à Pangloss que tout était au mieux alors que les catastrophes s’abattent, tout cela est du meilleur second degré et on se marre, pas comme Caroline.

    Pour ma coda, je vais poser une question.
    Si je dis :

    Il est impératif que les pays occidentaux passent à la charia en remplacement de leurs misérables lois humaines. On aura ainsi une diminution des vols puisqu’on coupera la main des voleurs. Quant aux femmes adultères, ce fléau, elles auront intérêt à changer de conduite, sinon la lapidation les guette. Et si vous avez la bonne religion, pas question de changer, sinon couic. Tout serait ainsi pour le mieux.
    S’agit-il du degré zéro, du premier degré ou encore du second ?



    * On peut se demander pourquoi il y a des Français antisémites alors qu’il y a des académiciens juifs, dont Finki, or on ne peut pas crier mort aux juifs à un immortel, c’est contradictoire ; et qu’il y a surtout des juifs qui les ont fait rire, à commencer par Offenbach et ses opérettes hilarantes, puis Paul Misraki, le parolier de la toujours verte ‘Madame la marquise’, et aussi Pierre Dac (né Isaac) et son joyeux Os à Moelle. Sont des ingrats !

    Lien permanent 17 commentaires
  • FA MAL I PE

    Imprimer

    On se demande quelquefois si les Français ne commencent pas à avoir mal aux pieds à force de défiler sur des sujets les plus inattendus. On descend dans la rue, certes en profitant du grand air, pour demander de pouvoir houspiller l’arbitre ; d’aller en pantoufles chercher ses clopes ou sa baguette ; de réhabiliter Landru ; de pouvoir envoyer ses enfants dans une école rastafarienne, ce ne sont pas les sujets de revendications qui manquent.

    À c’t’heure, on manifeste contre l’islamophobie. Voilà qui arrange tout le monde. Le gouvernement surtout : pendant qu’on s’occupe de l'islam il peut faire passer en douce la loi sur les retraites, sur la situation dans les hôpitaux, sur des tas de sujets qui fâchent et pour lesquels il n’a pas de solutions, composé qu’il est de pétochards incompétents.

    Mais précisons d’abord ceci : l’islamophobie est un mauvais terme inventé par un Iranien déjanté. Une phobie est une crainte irrationnelle passible à la limite de la psychiatrie. Un agoraphobe a peur des grands espaces ouverts, un claustrophobe a peur d’être enfermé au petit coin, un arachnophobe a peur des araignées, toutes des peurs injustifiées. Moi-même, j’ai la peur des hauteurs, le vertige donc, vous ne me verrez pas me pencher du haut du clocher d’une cathédrale, quelle que soit la solidité de la balustrade. D’ailleurs, expérience faite, je ne monte plus sur les clochers.

    Mais l’islamophobie, c’est autre chose, ça n’est pas une crainte irrationnelle, c’est une trouille réelle, alimentée par certains passages du Coran, où il est dit par exemple qu’Allah ne sera content que lorsque la planète entière se sera convertie à l’islam. Et ça, ça fait réellement peur. Parce qu’il y a des fanatiques à l’œuvre pour que cela arrive réellement.

    Mais venons-en à la manif : son déclencheur évident a été cet acte à Bayonne d’un octogénaire, pyromane amateur, qui tenta de mettre le feu à la porte de la mosquée locale. C’était si mal perpétré qu’on se met à avoir des doutes. L’impression que le pépé aurait été manipulé, soit par des activistes musulmans friands de causer un évènement qui les victimiserait, soit par des services secrets désireux de créer une diversion utile.

    Parce qu’il est difficile de croire à la persécution des musulmans en France. On les encourage à construire des mosquées, qui prolifèrent comme des champignons après la pluie ; on leur permet de créer leurs associations ; on ferme l’œil ou plutôt l’oreille quand un imam prononce des paroles que la République devrait condamner.

    Il est vrai que le grand public commence, selon les statistiques, à en avoir marre de l’islam invasif. Lorsque dans une localité de mille habitants on voit débouler cent cinquante migrants musulmans, dont des mineurs de plus de vingt ans, les mille se mettent à regimber ; lorsqu’un patron désireux d’embaucher voit arriver un musulman qui lui demandera des pauses pour prier et une salle spéciale pour ce faire, il aura tendance à refuser cette candidature. Et alors les musulmans de hurler à la discrimination à l’embauche.

    La tactique de la victimisation joue alors à fond. À quoi s’ajoute les nanas qui portent le voile ‘de leur plein gré’ et qu’on empêche de pratiquer leur religion. À moins que ce soit le choix du papa ou du grand frère : tu diras que c’est ton choix, si tu dis autre chose, tu verras la rouste en rentrant. Sauf que le voile est un uniforme, une façon de se comporter en pays déjà conquis. Religion mon œil ! Il y a quelque cinquante ans, les musulmanes en France n’en portaient pas et leur chance du paradis d’Allah n’en était pas affectée.

    Cette manifestation est scandaleuse, on y a entendu des Allahu akbar pas loin du Bataclan où les petits soldats d’Allah justement ont fait plus de cent morts, des mécréants certes, mais tout de même…

    Et puis ceci encore : la manifestation s’est déroulée dans le calme, mis à part les vociférations des participants, pas de policiers interpellants, pas de black blocs non plus, on dirait que les ‘casseurs’ sont une troupe d’appui, une sorte de garde prétorienne qu’on fait intervenir selon les besoins. Et dans ce cas, le besoin ne s’est pas fait sentir, contrairement aux manifs des gilets jaunes, la semaine suivante, où la police a pu taper dans le tas avec la permission des autorités et les casseurs s’adonner à leur activité favorite sans être molestés.


    Donc :
    Ceux qui ont dit que tout était bien ont dit une sottise, il fallait dire que tout allait au mieux. (Voltaire, dans Candide).

    Lien permanent 0 commentaire
  • L’HITLÉRO-VOYOUCRATIE

    Imprimer

    Hitler, ce nom doit vous dire quelque chose. C’est cet Autrichien végétarien, abstinent et non-fumeur (pas de wiernerschnitzel, pas de riesling, pas de Roth-Händle*) devenu maître de l’Allemagne, le pays voisin, et dont une des premières activités fut d’inciter les étudiants à fracasser des vitrines de libraires et à brûler des livres en joyeux autodafés. Et si vous étiez du mauvais côté de la barrière, il vous interdisait de parler.

    Eh bien, figurez-vous, cet homme a fait des petits, et cela dans un pays qu’on veut encore croire démocratique, la France. Je veux parler des trublions de l’université de Bordeaux. Un scandale en trois épisodes.

    Sylviane Agacinski, écrivaine et philosophe, était invitée à une conférence-débat. Cette personne estimée a ses opinons sur un certain nombre de sujets, comme tout citoyen d’ailleurs. Elle était appelée par l’université de Bordeaux à venir les exprimer lors d’une conférence-débat. C’était sans compter avec une bande organisée d’étudiants (qu’ils disent) déclarant que si S.A. était autorisée à parler et à émettre des thèses qui ne leur plaisaient pas, ils viendraient ‘foutre le bordel’ à la conférence. Première phase du scandale.

    Ensuite l’université de Bordeaux, morte de trouille, décida que cette conférence n’aurait pas lieu. Phase numéro deux.

    Enfin, le gouvernement. Là, c’est l’inertie. Enfin pas tout à fait. Le ministre de l’Éducation nationale s’est fendu d’une déclaration ‘c’est inadmissible, c’est du maccarthisme’ un vieux mot qu’il a tiré d’un tiroir poussiéreux. Puis il s’est rassis. Phase trois du scandale.

    Car on pourrait penser que si c’était inadmissible, il ne l’admettrait pas, qu’il enverrait la troupe, des blindés postés aux abords de l’université, des militaires en armes dans la salle de conférence, je ne sais pas moi, une action concrète, quelque chose qui montre que le gouvernement ne se laisse pas faire. Des actes, pas seulement des mots. On en est loin.

    Bon, faut dire qu’Agacinski n’y met pas du sien. Cette descendante d’immigrés polonais a sur certains sujets des opinions qui ne plaisent pas au président de la République et voudrait les faire connaître, le culot.

    Et puis ce nom qui fleure bon la steppe. Pouvait pas prendre un nom français, comme disons Bouteldjia ou Benalla. Avec de tels noms on n’est jamais poursuivi, quelles que soient les horreurs qu’on puisse émettre ou commettre. S.A. risque bien de devoir retourner dans la yourte de ses ancêtres.


    Et pour ma coda, deux définitions attristantes :
    La dictature, c’est boucle-la.
    La démocratie, c’est cause toujours.



    * Cigarette allemande semblable à la Gauloise

    Lien permanent 0 commentaire