POLITIQUE ET MENSONGES

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Si vous permettez, une petite incursion dans la politique de mon pays. Il se trouve que je ne reconnais plus notre bonne vieille démocratie. Faut-il le rappeler, le système démocratique, c’est un ou plusieurs partis au pouvoir et un ou plusieurs partis dans l’opposition, laquelle a le droit d’être respectée.

Or ça n’est plus tout à fait le cas. L’initiative sur la limitation de l’immigration a un seul défaut, elle émane de l’UDC, le parti à abattre. On la combat avec la plus mauvaise foi. On a vu une affiche qui disait ceci : une aide-soignante s’occupe de votre vieille mère. Bientôt elle ne le pourra plus car elle est polonaise. Sous-entendu, elle devra quitter la Suisse. Ce qui est faux, mensonger. La vraie affiche, mais qu’on n’a encore pas vue serait : XXX est dealer à Plainpalais. Bientôt il devra cesser son petit commerce car il est étranger.

L’initiative ne demande pas la fermeture des frontières (autre mensonge propagé) mais leur surveillance pour ne pas accueillir n’importe qui. Ce que vous faites vous-même pour votre logement. Vous ne laissez pas la clé sur la porte avec le slogan ‘Bienvenue à quiconque se donne la peine d’entrer’. Les pays qui font ça, qui laissent la porte ouverte à tout venant sont en train de le payer cher. La France, et ça se voit à l’œil nu, est en plein chaos. Même si ses dirigeants disent que tout va bien ou comme le répétait Pangloss, tout va au mieux.

Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’avec le oui, la Suisse se recroqueville, se calfeutre. Nous sommes un pays d’accueil. Déjà au 16e siècle, Erasme déménageait de Rotterdam à Bâle. Motif : la qualité suisse du papier de son imprimeur Froeben. D’autres bonshommes ont suivi, fuyant des persécutions ou des dictatures : James Joyce, Thomas Mann, Hermann Hesse, parfois de futurs dictateurs eux-mêmes, Lénine, Mussolini. Mon prof d’italien au collège avait fui le fascisme. Dès qu’on sut le sort que les nazis réservaient aux juifs, ils purent se réfugier en Helvétie. Ce n’est donc pas Oscar Freysinger, né de père autrichien, qui va mettre fin à cette louable tradition.

Bon, l’initiative nous imposera des négociations avec Bruxelles. Mais comme l’UE est un bateau qui prend l’eau de toutes parts, la petite Suisse pourra parler d’égal à égal.

Quant à l’argument du non qui prédit une catastrophe économique parce que la Suisse ne pourra plus exporter, je dédie ma coda hurlée dans toutes les villes du monde par des citoyens frustrés en colère descendus par milliers dans les rues :
Swiss chocolate matters.

Lien permanent 8 commentaires

Commentaires

  • Si la confusion naît des politiciens eux-mêmes, supprimons les politiciens. Ou appliquons-leur les mêmes lois qui sanctionnent la publicité mensongère, la tromperie sur la marchandise ou les prestations de service : alors, pourquoi pas le délit d'escroquerie à propos d'un programme politique foireux et l'abus de confiance pour l'obtention d'une voix lors d'une élection ? Puisque le citoyen peut être pénalisé lorsqu'il commet une fraude en signant une initiative ou en manipulant un bulletin de vote, une rigueur équivalente doit s'appliquer aux personnes qui font de la politique leur métier.

  • Il me semble qu'il y aurait encore énormément à dire.
    Car si ces mots semblent si plein de bon sens et résument aussi ma pensée, ils ne semblent pas être partagés par près du deux tiers des Suisses. Du moins si nous faisons confiance aux sondages.
    Or si dans un pays comme le nôtre, qui semble au top dans le domaine de l'éducation, nous ne sommes pas capables de penser par nous même, que penser des affaires du monde qui nous impactent inévitablement.
    L'humain est-il condamné à rester con. Faut-il espérer que la machine nous remplace avantageusement ? Et pas seulement pour assumer les tâches ingrates mais pour penser à notre place ? Un revirement est-il encore possible ? Michel Onfray semble dire que non. Il suggère simplement d'embrasser la chute avec élégance.
    Il y aurait tant à dire que je ne sais pas même par où commencer.
    Peut-être devrais-je apprendre à me taire.

  • Cela dit, ce ne serait qu'un retour à la situation qui prévalait avant 2002, situation qui contentait tout le monde! Sauf quelques grincheux qui râlaient contre les douaniers, mais un grincheux ça râle contre tout et n'importe quoi! Personnellement, je trouve que tout allait bien mieux en Suisse avant les bilatérales! C'est depuis lors que tout va à vau-l'eau! Bien à vous!

  • La Suisse sont deux pays différents et pourtant nous avons les mêmes maux, qu'en penser?

  • Toutes mes excuses, il faut lire la Suisse et la France.

  • "La Suisse et la France sont deux pays différents et pourtant nous avons les mêmes maux, qu'en penser?" D'abord ne pas confondre la Suisse romande - l'Helvétie - avec la Suisse allemande, l'Alémanie. Ce sont deux pays différents et la Suisse romande est -trop - fortement influencée par la France. La plus grande communauté française hors de France se trouve en Suisse et non aux USA ou à Londres. Et cette communauté se trouve principalement en Suisse romande, où elle a de plus en plus de pouvoir. Ne pas oublier non plus que le canton de Vaud, francophone, a été imposé aux Suisses, qui n'en voulaient pas, par Napoléon*. Il est bon parfois de se souvenir d'où l'on vient...
    Source : De l'Helvétie romaine à la Suisse romande, de Jean-Pierre Felber.
    * Les autres cantons francophones sont arrivés dans la Confédération bien après...

  • Yes, mais on pourrait aborder cette question de droit du sol d'un point de vue généalogique plus qu'administratif : depuis quand vos ancêtres sont-ils installés sur le territoire actuel du canton de Vaud (qui n'a pas beaucoup changé depuis 1803, date du rattachement à la Suisse)? Hypothèse : plus on remonte le temps et moins il y a d'occurrences.

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