• DANS MA RUE (bis)

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    Dans ma rue, quelques immeubles plus loin, habite une jeune musulmane. On la reconnaît au voile qu’elle porte. Je la crois un peu sotte. Imaginez-vous qu’en pleine canicule, elle se promène comme une Laponne frileuse. Outre le voile, elle arbore une tenue qui lui descend jusqu’aux chevilles, qu’on ne doit pas voir. Un musulman qui voit des chevilles et c’est l’érection assurée.

    Il faudrait expliquer à cette dame que dans notre pays judéo-athéo-nonpraticono-chrétien, sa chasteté n’est pas en péril, si c’est ça qu’elle craint. Les agressions ayant le viol pour but y sont rarissimes, mais s'il y en a, elles pourraient aussi concerner une femelle habillée de pied en cap, les violeurs ne sont pas très regardants.

    Si cependant ses motivations étaient de type religieux, elle commettrait d’abord le péché d’orgueil : Voyez comme je suis importante, Allah s’occupe personnellement de moi, il a l’œil sur ma petite personne, je dois être soumise à ce qu’il m’ordonne. Or, si on en croit le Coran qu’elle n’a certainement pas lu, Allah n’y demande pas une tenue spécifique, une musulmane doit simplement s’habiller de façon à ne pas éveiller les appétits sexuels des mâles qu’elle viendrait à croiser, mais de toutes façons elle sera protégée par le papa, le mari ou le grand frère. Mais j’y pense, je l’ai vue se promener seule, sans la tutelle d’un membre de sa famille qui la protégerait de la lubricité ambiante. Les ‘savants’ musulmans sont unanimes sur ce point, une musulmane ne doit pas sortir seule. Punkt schluss !

    D’autre part, si ses motifs sont donc religieux elle enfreint la loi genevoise qui proscrit les signes religieux en public. Dans nos rues, on ne voit ni curé en soutane, ni sœur en cornette et c’est très bien ainsi, tout exhibitionnisme est à proscrire, qu’il soit politique (croix gammée en brassard) sexuel (tantousisme) ou religieux. On tolère cependant les amoureux sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics, parce qu’ils ont des petites gueules bien sympathiques.

    On sait trop bien la réponse de ces marie-pissent-trois-gouttes si on commente leur tenue : ‘C’est mon choix et je m’habille selon ma liberté’. Sauf que ça n’est pas tout à fait vrai. Il y a d’abord l’imam de la mosquée qui lui enjoint de s’habiller correctement et pas comme une pute. Il est tout heureux de voir se multiplier les tenues musulmanes qui montrent l’occupation du territoire par le totalitarisme de l’islam.

    Ensuite il y a le grand frère qui lui donne des ordres : ‘Tu vas mettre le voile et on ne discute pas. Si on te demande, tu dois dire que c’est ta décision, que personne ne t’y oblige. Si j’apprends que tu as dit autre chose, tu verras la raclée quand tu rentreras.’ Sont comme ça, les grands frères, on ne plaisante pas avec la religion, elle est supérieure à la loi française et aux usages français. Ceux qui comme Charlie Hebdo ont voulu se moquer du Prophète ont reçu leur juste punition.

    Mais enfin Thomann, en quoi le voile musulman vous gêne-t-il ?

    Eh bien parce qu’il me gâte mon paysage urbain, comme me l’aurait fait la pléthore de minarets. Il y a en France des quartiers des grandes villes où on ne voit que des filles voilées et des Français de souche qui disent ne plus savoir s’ils sont à Paris ou à Marrakech.


    Ce qui m’amène à ma coda, avec un adage qui est encore d’actualité :
    À Rome, tu fais comme les Romains.

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  • POLITIQUE ET MENSONGES

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    Si vous permettez, une petite incursion dans la politique de mon pays. Il se trouve que je ne reconnais plus notre bonne vieille démocratie. Faut-il le rappeler, le système démocratique, c’est un ou plusieurs partis au pouvoir et un ou plusieurs partis dans l’opposition, laquelle a le droit d’être respectée.

    Or ça n’est plus tout à fait le cas. L’initiative sur la limitation de l’immigration a un seul défaut, elle émane de l’UDC, le parti à abattre. On la combat avec la plus mauvaise foi. On a vu une affiche qui disait ceci : une aide-soignante s’occupe de votre vieille mère. Bientôt elle ne le pourra plus car elle est polonaise. Sous-entendu, elle devra quitter la Suisse. Ce qui est faux, mensonger. La vraie affiche, mais qu’on n’a encore pas vue serait : XXX est dealer à Plainpalais. Bientôt il devra cesser son petit commerce car il est étranger.

    L’initiative ne demande pas la fermeture des frontières (autre mensonge propagé) mais leur surveillance pour ne pas accueillir n’importe qui. Ce que vous faites vous-même pour votre logement. Vous ne laissez pas la clé sur la porte avec le slogan ‘Bienvenue à quiconque se donne la peine d’entrer’. Les pays qui font ça, qui laissent la porte ouverte à tout venant sont en train de le payer cher. La France, et ça se voit à l’œil nu, est en plein chaos. Même si ses dirigeants disent que tout va bien ou comme le répétait Pangloss, tout va au mieux.

    Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’avec le oui, la Suisse se recroqueville, se calfeutre. Nous sommes un pays d’accueil. Déjà au 16e siècle, Erasme déménageait de Rotterdam à Bâle. Motif : la qualité suisse du papier de son imprimeur Froeben. D’autres bonshommes ont suivi, fuyant des persécutions ou des dictatures : James Joyce, Thomas Mann, Hermann Hesse, parfois de futurs dictateurs eux-mêmes, Lénine, Mussolini. Mon prof d’italien au collège avait fui le fascisme. Dès qu’on sut le sort que les nazis réservaient aux juifs, ils purent se réfugier en Helvétie. Ce n’est donc pas Oscar Freysinger, né de père autrichien, qui va mettre fin à cette louable tradition.

    Bon, l’initiative nous imposera des négociations avec Bruxelles. Mais comme l’UE est un bateau qui prend l’eau de toutes parts, la petite Suisse pourra parler d’égal à égal.

    Quant à l’argument du non qui prédit une catastrophe économique parce que la Suisse ne pourra plus exporter, je dédie ma coda hurlée dans toutes les villes du monde par des citoyens frustrés en colère descendus par milliers dans les rues :
    Swiss chocolate matters.

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  • DANS MA RUE

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    En fait, c'est un boulevard, en kilométrage l'artère la plus longue de ma ville. À l'une des extrémités, il y a un temple protestant, à l'autre une banque, Dieu et Mammon en quelque sorte. Entre deux, toute la variété d'une société plurielle : des boutiques portugaises ou japonaises, des restaurants italiens espagnols ou et indigènes, ce mot étant pris, on le comprend bien, dans son sens non-péjoratif : on mange dans mon quartier des sushis, de la paella, de la minestrone et de la saucisse aux choux.

    Mais ma rue a la particularité d'héberger deux commerces tenus par des Kurdes, les deux parlant un excellent français et les deux étant extrêmement sympathiques. L'un est mon barbier-coiffeur (je porte la barbe, pour des raisons non-religieuses), l'autre tient un petit bistro où je vais prendre un café après l'élagage opéré chez le premier. C'est là que cela devient intéressant. Mon figaro est musulman, de la tendance non-fanatique. Pour des raisons pratiques, il ne fait pas ses cinq prières quotidiennes car cela l'obligerait, l'heure étant l'heure en islam, à interrompre une coupe ou un rasage en laissant le client en plan. Mais il prie, à des heures non-liturgiques. De même, il ne pratique pas le ramadan, même raison, il ne voudrait pas tomber en accès de faiblesse le rasoir à la main au risque de blesser la pratique. Cependant, il est persuadé de la vérité de l'islam, de la 'sainteté' du prophète. Ce qu'on peut raconter de déplaisant sur sa vie ne sont que des mensonges. Et l'islam, c'est bien, il ne sort pas de là. C'est lui qui m'a expliqué, ce que je l'avais sommé de faire, que la main des voleurs qu'on coupe, c'est celle des riches qui volent pour s'enrichir encore plus mais pas celle des pauvres qui, comme Jean Valjean volent parce qu'ils ont faim, on ne doit pas voler un bœuf, mais on peut un œuf, à condition de le manger tout de suite. Sauf que je n'ai pas trouvé cette distinction dans le Coran. Lui n'en démord pas. Cela part d'un bon sentiment. Mais justement, les bons sentiments n'ont rien à voir avec le bréviaire que lit chaque monothéiste, ils existent dans la personne. Il y a des catalogués chrétiens qui sont foncièrement méchants, malgré les paroles d'ailleurs ambiguës de Jésus. Notre jeune homme (il n'a pas trente ans et je suis sûr que les dames le considéreraient comme un beau gosse) est gentil non pas parce que le Coran lui dit de l'être mais parce qu'il a ça en lui. Je me demande d'ailleurs ce qu'il lit dans le Coran dont il m'a dit qu'il en faisait lecture. En tout cas pas les passages gore, car lorsqu'il approche sa main de mon visage le rasoir brandi, le mécréant que je suis aurait du souci à se faire. (Le Coran IX, 29, par exemple, vous pouvez vérifier dans votre exemplaire). Mais je sais que je ne risque rien.

    Tout de même, le catéchisme de ce bon jeune homme me paraît un peu pesant. Il ne veut non plus rien savoir de l'antisémitisme de l'islam : si des Juifs ont été tués, c'est qu'ils avaient attaqué en premier. Sa vie de Mahomet, c'est un peu la vie de Jésus chez les chrétiens, de Kim Jong Il chez les Coréens du nord. Il n'y a rien qui dépasse ! Un aspect rédempteur cependant chez ce bon Kurde, on peut lui raconter des blagues sur les Arabes, il est preneur.

    Il en va tout autrement chez le voisin, l'autre Kurde. Si le premier est kurde syrien, le second est kurde turc. Et non-musulman, qui plus est. Très exactement, il se dit agnostique tendance athée. Il est aussi bi-national, turc et suisse, mais il me dit que sa patrie c'est la Suisse et plus précisément Plainpalais où il a ses pénates et où il entretient des relations de bon voisinage avec ses voisins et clients. C'est un homme affable, le tenancier idéal d'un bistro de quartier. Les gens se moquent bien de savoir qu'il est turc au départ. Ce qui importe, c'est son entregent, sa bonhomie, sa sociabilité. Aussi, ce qu'il a à dire n'est pas sans intérêt pour le chroniqueur que je suis. Il me signale, mais j'avais déjà récemment entendu cela d'une jeune femme turque, que les Turcs raisonnables regrettent tous Mustafa Kemal Atatürk, celui qui fit de la Turquie auparavant ottomane et arriérée un état moderne, avec une constitution démocratique dont je crois me souvenir qu'elle avait pris pour modèle la constitution helvétique (moins la démocratie directe), avec élections au suffrage universel, droit de vote des femmes et parlement avec pouvoir législatif.

    Qui dit droits des femmes dit par conséquent mise en veilleuse de l'islam. Atatürk, tout en maintenant dans la constitution l'islam comme religion de la Turquie tient essentiellement à faire de son pays un État laïque, c'est-à-dire que la religion ne doit pas empiéter sur la politique. Mon interlocuteur kurde me dit qu'avec Erdogan, on en est de nouveau loin. Il fait revenir un islam rigoriste, pas d'alcool*, les femmes voilées (dont madame Erdogan), la charia n'est pas loin. L'islam turc sait être aussi totalitaire que l'arabe. Curieusement, ils ne se mêlent pas ; dans notre Occident tolérant, il y a des mosquées turques, en Allemagne surtout, et des mosquées arabes principalement en France. Question de langue. Je crois savoir qu'en Alsace, il y a les deux. Bravo pour l'universalité de cette religion. S'il parlaient tous latin, ces clashes ne se produiraient pas.

    Il y a un problème turc en Occident. De bonnes âmes déclarent que la Turquie devrait faire partie de l'Europe, tout ce qui entre fait ventre. C'est oublier qu'on fait alors entrer un pays entièrement musulman et qui entend s'isoler religieusement. Les Allemands sont inquiets. Ils ont une forte proportion de musulmans turcs, ils prétendent qu'ils sont un pays de culture, ce qui n'est pas tout à fait faux et qu'ils pourraient demander que ces immigrés de longue durée se missent tous à l'apprentissage de la langue de leurs hôtes, ce qu'Erdogan considère comme de l'arrogance. Il y a d'autre part le problème des crimes d'honneur. Il n'est pas rare hélas qu'une petite demoiselle turque cherche à s'émanciper et à vivre à l'occidentale, en se maquillant, en portant cotillon court et voire à flirter avec un garçon qui n'a ni la bonne nationalité ni la bonne religion. Et que cette demoiselle reçoive deux balles dans la tête ou un coup de couteau égorgeur. De la part d'un frère qui ne badine pas avec l'honneur de la famille. On nous dit alors que cela n'a rien à voir avec la religion et qu'il s'agit d'une coutume, regrettable certes, qui a cours dans des régions reculées de l'Anatolie. Sauf qu'on n'a pas connaissance du discours d'un imam (que ces pieuses familles écoutent certainement) qui affirmerait que de tels actes sont condamnables et qu'un musulman ne doit pas tuer un musulman, même s'il s'agit d'une musulmane. Il ne devrait pas tuer tout court, mais c'est là un autre sujet. On comprend les réticences de l'Allemagne.

    Voilà les quelques réflexions qu'une promenade dans mon quartier et la conversation avec un homme de bien m'ont amené à faire. Le monde est tout petit. Ou immense.



    *Atatürk est mort d'une cirrhose, ce qui veut dire qu'il ne buvait pas que l'eau de la source zem-zem.

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