O TEMPORA, O MORES (Cicéron)

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C’est du latin. Je vais traduire :
O tempora : on vit une drôle d’époque.
O mores : la morale n’est plus ce qu’elle était.

Des agités pseudo universitaires américains (qui d’autre ?) sans doute munis d’opulents curriculum, mais des pauperes spiritu ont décidé motu proprio de supprimer le grec et le latin des programmes d’études. Et avec ces deux langues les littératures dont elles sont porteuses. On ne lira plus Horace, Virgile, ni Platon ou Homère (c’est qui ces mecs ?).

On ne peut qu’opposer un veto unguibus et rostro à cet ukase imbécile dont la motivation est claire, ils l’avouent d’ailleurs eux-mêmes : il s’agit de faciliter l’accès aux études aux classes défavorisées, lisez les Noirs américains, dont on pense que des langues mortes ils n’en ont rien à foutre. Les maintenir serait margaritas ante porcos. On ne saurait être plus méprisant.

Ces ignoramus suppriment donc des pans entiers de notre culture, de ce passé dont la connaissance nous permet de comprendre le présent et a fortiori envisager l’avenir. Cela fait partie de la grande offensive de destruction du système éducatif traditionnel visant à éliminer l’ignorance et rendre les étudiants intelligents dès le début, ab ovo donc. Ils ont compris que l’intelligence rend critique et ceux qui la pratiquent vont se mettre à penser ‘démocratie’ et se mettre à critiquer le système, ce qu’il faut éviter à tout prix. Floreat stultitia !

Vous aviez peut-être cher lecteur (dois-je ajouter lectrice ?) des a priori concernant l’étude du latin. J’espère vous avoir convaincu de son utilité.

Vale.


Addendum ou coda: après cet effort, je vais m’en jeter un, car nunc est bibendum.

Lien permanent 10 commentaires

Commentaires

  • C’est une tendance qui n’est pas propre aux USA. Sarkozy a voulu supprimer les langues classiques au lycée, au profit de l’enseignement du management, il n’a pas réussi.

    Le problème est ailleurs. Il se trouve que de moins en moins d’étudiants choisissent d’étudier le grec et le latin, chez nous aussi. Malheureusement.

    Au collège à Genève c’est en diminution constante, il ne reste que deux établissements qui offrent la filière dite classique. Avec des effectifs réduits extrêmement agréables pour les profs et leurs élèves. Qui forment alors aux yeux des autres une élite intello quasiment stigmatisée.

    C’est donc un problème culturel de civilisation: on pense pouvoir faire tabula rasa du passé, erreur grave.

    Il n’en reste pas moins que l’ immense héritage gréco-latin sera préservé, comme dans « Fahrenheit 451 », par une petite minorité, qui se destine à la transmission de cet héritage: en archéologie, en histoire, en littérature, en épigraphie etc.

    Quant aux Américains, il y a longtemps que les Noirs ne sont plus la plus grande minorité dans les écoles et les universités. Ce n’est donc pas une mesure de discrimination positive en faveur des Noirs. D’autres peuples -et c’est ce qui a construit les USA- les ont supplantés: les hispanos, les asiatiques, beaucoup d’émigrés de l’Est de l’Europe depuis 1990. Par ailleurs, aux USA, le grec et le latin n’ont jamais eu l’aura culturelle qui prévaut en Europe, dont les fondements linguistiques et culturels sont basés sur Athènes et Rome. C’est ce qui fascine tant les touristes américains qui s’aventurent en Europe pour découvrir les ruines du forum de Rome et le Parthenon: mais comment faites-vous en Europe pour parler autant de langues, romanes et germaniques, sans compter les langues non indo-européennes comme le finnois, le hongrois et le basque....

  • "C’est une tendance qui n’est pas propre aux USA. Sarkozy a voulu supprimer les langues classiques au lycée, au profit de l’enseignement du management"

    Effectivement, c’est une tendance qui n’est pas propre aux USA. MAIS c'est une tendance qui est propre aux mondialistes qui veulent détruire les racines et les traditions occidentales. Le point commun dans ce cas c'est que Sarkozy comme Biden sont des mondialistes et servent les mêmes maîtres.

  • Lu ce jour dans 20Minutes : "Non vaccinée, elle se fait éjecter par sa médecin". Cette distorsion grammaticale en dit long sur l'abolition de la grammaire sexiste...

  • Je ne vois pas le rapport avec le billet de l’ami Thomann.

  • Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une tendance à visée mondialiste. Quand je demandais à des élèves qui venaient s’inscrire au collège, pourquoi ils n’étudieraient pas le latin ou le grec, la réponse était toujours la même : parce que ça ne sert à rien, dans le sens le plus basique du terme « utilité », autrement dit parce que pour avoir un job plus tard, mieux vaut choisir les sciences, les maths, ou les langues modernes.

    En France, il y a maintenant plus de lycéens qui prennent chinois ou russe que latin ou grec. Preuve que ce n’est pas une question de difficulté d’apprentissage, mais de pragmatisme. Après tout, quels pays dans le monde, à part ceux de l’Europe gréco-romaine, se soucie du grec ancien et du latin de Cicéron? Sûrement pas la Chine, l’Inde ou l’Australie.

    Je me souviens aussi que quand j’étais collégien à Fribourg dans les années 70, ceux de la section classique étaient une toute petite minorité. Le temps de Bossuet et même de Rimbaud était déjà bien révolu. Pour mémoire: entre 13 et 17 ans. Rimbaud a raflé dans son lycée tous les premiers prix de grec et de latin, thème, version et composition, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir la vie de fou qu’on connaît. Mais qui lui a fourni le moteur et le carburant pour écrire son œuvre de génie, en trois ans seulement!

  • Quousque tandem abutemini consules patientia nostra?

  • C'est vrai mais ce commentaire fait écho à une de mes préoccupations constantes, je voue à ma vindicte les massacreurs de langue. Mon commentateur s'est seulement trompé de billet. Et puis sa médecin est une horreur qu'il ne fallait pas laisser passer. Bientôt on aura un cinglé qui écrira Elisabeth II, roi d'Angleterre.
    Bonne journée.

  • "qui écrira Elisabeth II, roi d'Angleterre."

    Vous vous trompez lourdement, il écrira "Charles, reine d'Angleterre".

    "à une de mes préoccupations constantes, je voue à ma vindicte les massacreurs de langue."

    Puissiez-vous également vouer à votre vindicte les langues vivantes qui sont massacrées quand leurs locuteurs le sont aussi ou quand elles disparaisse du fait de la globalisation.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_en_voie_de_disparition

  • Déplorer, geindre et ratiociner sont des pratiques futiles.

    Quand sonne le tocsin et rugit l'ennemi, il n'est point temps de gémir. Il est temps d'agir.

    Ainsi comment imaginez-vous des actions qui induiraient un changement de vision quant à l'apprentissage du latin et du grec anciens chez de fringantes générations arrivant aujourd'hui dans ce monde en capilotade ?

  • J'ai appris le latin à la messe et au presbytère. Je chantais en latin comme beaucoup de gens sans en comprendre quoi que ce soit. Nous avons été des millions à jouer les perroquets, bravo les églises pour cette manipulation. Aujourd'hui mon saint ordinateur traduit tout.

    J'avais une cabane dans le clocher, j'ai tout entendu, j'ai tout vu je suis parti.....

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