LA MORT D’UN VIEILLARD

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Belmondo était un de ces monstres sacrés comme le cinéma nous en fournit, quelquefois avec une scène culte. Raimu (la Pomponette) Arletty (atmosphère) Jean Gabin (j’en veux pas, de tes pipes de pédales, j’fume que la galuche). Aussi Danielle Darrieux, aussi célèbre à l’époque que Brigitte Bardot. Ou encore Pierre Renoir, dont le père était déjà célèbre pour son propre compte.

Mais pas seulement en France. L’Angleterre nous a donné Laurence Olivier. La Suède Greta Garbo, puis ensuite la lumineuse Ingrid Bergman. L’Allemagne Erich von Stroheim et naturellement Marlène Dietrich. Et puis il y a eu notre Ursula Andress, la belle Bernoise. L’Amérique n’était naturellement pas avare de mondialement connus, Pour n’en citer que deux, Marilyn Monroe et, comment s’appelait-il déjà, ah, ça me revient Charlie Chaplin.

Il était de ce calibre-là, Bebel. Un physique tout de suite reconnaissable, un sourire franc et massif et à ce qu’on croit savoir une vie privée irréprochable : pas de fraude fiscale (ça ce serait su !), pas de violences au civil, pas de conversion à l’islam, pas de plainte d’un homme ou d’une femme pour agression sexuelle, bref une vie qui méritait amplement les funérailles nationales qu’un État soucieux de sa propre image lui a accordées.

Dans la liasse des hommages à l’acteur disparu, il y a celui d’Alain Delon, auteur d’un superlatif qui fera date : il s’est dit ‘anéanti’. Joli coup pour faire parler de lui. Sauf qu’on peut lui faire remarquer que la mort paisible d’un ami (sa famille dixit) à un âge tout de même respectable peut causer une tristesse compréhensible mais pas l’anéantissement. Sacré Delon, toujours friand du vocabulaire qui fait mouche. En plus, il n’était pas aux obsèques, il n’a pas eu la force. Il est un grand sensible.

Pendant ce temps, Macron se lèche les babines : voyez ce que je fais des ouvriers de la culture française qui d’ailleurs n’existe pas. Vite un drapeau tricolore sur ce cercueil. Je veux que ça ait de la gueule. Ne me remerciez pas mais votez pour moi l’an prochain.


Pour ma coda, une citation de Macron justement : Moi je !

Lien permanent 8 commentaires

Commentaires

  • Sauf que Chaplin est britannique sauf erreur...

  • Sauf que Charlie Chaplin était britannique même s'il a fait l'essentiel de sa remarquable carrière aux EU. Quant à von Stroheim, il était austro-hongrois né à Vienne. Nul doute que Belmondo restera un comédien inoubliable.

  • Normalement Delon aurait dû dire « il est anéanti » puisqu’il parle de LUI d’habitude à la troisième personne. Avec l’âge il a dû un peu s’oublier...

  • Macron que certains voient comme un aigle se comporte comme un vautour qui ne dédaigne pas se nourrir d'une dépouille, ça vole bas. Pour une fois Jupiter n'a pas eu besoin de se déguiser en acteur, il porte le costume à l'année.

  • Sauf que Macron ou un autre, ils auraient tous sans exception sauté sur l’occasion. Sarko, Hollande, Chirac, ou Hidalgo, ils auraient tous salué le « héros «  franchouillard et populaire. On verra pour Delon dans quelque temps... mais là faudra agrandir les cadres des portes pour le laisser partir.

  • "On verra pour Delon dans quelque temps... mais là faudra agrandir les cadres des portes pour le laisser partir."
    Ben oui, puisqu'il est devenu genevois...

  • Du côté suisse j'aurais ajouté le grand Michel Simon...

  • Bien sûr, comment ai-je pu oublier cette trogne, ce Pantagruel parmi les acteurs. Merci de me l'avoir rappelé.

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