E ZÜRCHEREI

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On croit que les cantons romands ont le monopole de la sottise (Genferei). C’est une erreur. Ils ont aussi des cinglés dans la partie alémanique. Voyez plutôt : le Conseil Munidsespoils de la Ville de Zurich vient de décider que les enfants des écoles auront droit à un troisième cabinet de toilettes, soit un marqué B, un second marqué M et un troisième marqué U, soit Buebe, Maitli et Unentschlosse (indécis).

Ce supplément de cabinet vient à son heure. Quand on pense que pendant des millénaires l’humanité a dû se contenter de deux lieux de toilette (homme/dame) et qu’on ne faisait aucun cas de ceux qui n’étaient ni l’un ni l’autre, on en est stupéfait. Zurich a mis fin à cette lacune. Bravo !

Non, je plaisante. Ces histoires de non-sexe, de transsexe, de bisexe, de trisexe, et autres catégories m’ont toujours parues inventées. Et qu’elles sont un effet de mode. Je voyais récemment une réunion où un intervieweur se trouvait face à un monsieur (barbu) qui se disait ni homme, ni femme, cela le plus sérieusement du monde. Il y a trente ans, cette attitude ne lui serait même pas venue à l’idée. Quant à l’intervieweur il n’en revenait tout simplement pas.

D’une manière générale, il y a trop d’hurluberlus qui, pour atteindre le quart d’heure de célébrité mondiale (Andy Warhol) sont présents sur les plateaux de télévision avec des calembredaines qu’ils auraient avantage à garder pour eux. On voit par exemple une dame, d’une laideur offensante, venir parler de sa métamorphose : il était auparavant un homme. On se passerait bien de cette apparition et de ce discours.

Où cela va devenir palpitant, c’est lors du prochain concours des miss, cette gracieuse tradition qui nous offre à voir de jolies demoiselles tout souriantes, c’est bien agréable. Mais cela risque de l’être moins car désormais les trans seront admis à concourir. C’est-à-dire des gaillards musclés mais cachant qu’ils ont une bistouquette. Ils n’auront je crois aucune chance mais par une conception idiote de l’égalité, ils sont autorisés à participer. Il y en aura certainement qui voudront se rendre ridicule.

Au chapitre des propositions incongrues, il y a celle de cet édile suédois qui demandait que les hommes fassent leur petite commission assis, comme les dames, mettant ainsi fin à une pratique immémoriale.

Ce qui m’amène à ma coda, imitée d’une citation célèbre et grandiose de Malraux et dont vous excuserez la trivialité :
L’homme pissera debout ou ne pissera pas.

Lien permanent 8 commentaires

Commentaires

  • Il y a fort à parier qu'à Zurich ils inventeront les WC à deux places, demandez à géo sais tout.....

  • Au commencement il y avait les toilettes à la turc, depuis beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. . .

  • Pourquoi pas faire un concours de trans ? Le problème c'est pas le genre c'est le mélange des genres.

  • Au risque de passer pour un traitre, j’avoue que je pisse assis chez moi où, comme dans tous les appartements, il n’y a pas d’urinoir propre à la station verticale.

    J’ai changé ma pratique mictionnelle il y a des lustres par respect pour les utilisatrices avec qui j’ai pu partager les lieux. Et qui m’avaient fait remarquer deux ou trois choses dont les hommes en général se foutent totalement.

    L’examen approfondi de la pratique masculine, ancestrale je veux bien l’admettre, m’a conduit à conclure que l’état des wc après les passages successifs de mâles alpha giclant partout leurs marques territoriales relevait de la préhistoire.

  • A l'orige femmes et hommes urinaient debout. Les toilettes n'existaient pas. Les hommes contre un arbre et les femmes entre leurs jambes. Ces dernières comprirent assez vite qu'en s'accroupissant elles éviteraient de tremper leurs pédibus. Les hommes continuèrent même quand il n' y avait pas d'arbre puis qu'ils pouvaient pisser plus loin. Les urinoirs remplacèrent les arbres et les sièges permirent aux femmes de s'assoir. Les indécis n'ont qu'à aller dans les uns ou dans les autres en fonction de leurs humeurs, pas besoin d'en construire de nouveaux.

  • On ne sait rien de certain sur nos lointains ancêtres et sur la façon dont ils et surtout elles pissaient.

    Mais j’ai trouvé chez Lévi-Strauss une référence disant que vraisemblablement les femmes ont compris très vite les avantages de pisser assises ou accroupies. Il précise que pisser assis ou accroupi nécessite une protection, car qui pisse assis est plus vulnérable qu’un homme urinant debout.

    Les femmes ayant donc le temps de pisser à leur aise près de leur maison ou à l’intérieur, elles se sont assises. Contrairement aux mâles chasseurs toujours sur le qui-vive dans la nature. D’où la vulnérabilité des hommes en train de faire cette fois leur grosse commission...en pleine nature. C’était la hantise de Rousseau le parano sur l’île St-Pierre, où il se promenait en djellaba.

    Sous un autre angle, un psychanalyste à deux balles dirait que pour un mec, pisser assis sur la cuvette chez soi est plutôt intéressant en tant que symptôme...Eh oui chaque homme a une part de féminin en lui.

    Et chaque femme une part de mec en elle: lors de concerts ou de festivals où l’accès aux wc est quasiment impossible, les femmes peuvent maintenant acheter à l’entrée un « pisse-debout », un truc en plastique qu’elles se serrent entre les jambes ni vu ni connu. Lavable et réutilisable. J’ai même eu la preuve de cette pratique lors d’une randonnée en montagne avec des copines fort marrantes.

  • Dans une grande partie de l'Inde, comme dans un grand nombre régions et pays, les gens n'ont pas encore de toilettes du tout.
    Ce n'est qu'un rappel propre à mettre en perspective certains "raffinements" de nos pays "développés". Je fais allusion à ceux qui ne sont d'aucune utilité, évidemment, sinon une utilité politique.

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