• LA SEPTIÈME

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    Quand on dit comme ça en nombres ordinaux jusqu’à neuf et précédé de l’article défini au féminin, on pense immédiatement aux symphonies de Beethoven, la Troisième, l’héroïque, la Sixième, la pastorale, le Neuvième, celle avec chœur. Cela est inscrit dans notre culture occidentale.

    Mais je ne vais pas vous parler de Ludwig van mais de Zemmour. Décidément, il n’en fait pas une de bonne. N’a-t-il pas osé mettre lors d’une de ses harangues un mouvement de la septième de Beethoven ? Par chance un musicologue qui passait par là lui a volé dans les plumes. C’était en substance le grand Beethoven, le républicain droit dans ses bottes, qui déchira sa dédicace à Napoléon de sa Troisième quand il apprit qu’il s’était couronné empereur, contre le petit Zemmour, celui qui veut être calife à la place du calife.

    Comme on le voit, le plus petit prétexte est bon pour critiquer E.Z. On l’avait déjà vu être attaqué pour des brusqueries de nature sexuelle. Une demoiselle s’était plainte d’un baiser, une autre d’une main sur son genou et qui serait remontée, mais ces effarouchées n’avaient pas de témoins valables et étaient retournées dans leur anonymat mérité. Un flop.

    Ces attaques commencent à bien faire. Elles ont une cause principale. Il s’agit pour le pouvoir et surtout pour le Président de rempiler coûte que coûte et Zemmour met ce pouvoir en danger. Il ne fait certes pas l’unanimité mais beaucoup de Français sont d’avis qu’il serait une alternative valable à ce chef de l’État qu’ils pensent avoir assez vu. Les discours mensongers de Macron ne trompent que ceux qui veulent bien l’être. Dire que la France va mieux depuis son quinquennat fait rire jaune des Français qui voient leur pouvoir d’achat se rétrécir, qui pensent que sortir dans la rue peut être dangereux, qui s’inquiètent du montant exorbitant de la dette publique, qui ont mille sujets de colère pour le moment rentrée. Il y a chez Macron cette auto-satisfaction : ‘regardez ce que j’ai déjà fait, n’est ce pas merveilleux ?’ La France va à vau-l’eau et il semble ne pas s’en apercevoir. Au lieu de cela, il court les capitales pour se faire élire empereur de l’Europe à l’instar de Charlemagne.

    Le résultat de tout ça, c’est que la démocratie en prend un méchant coup. Pour accéder à la Présidence, le candidat doit avoir l’aval de cinq cents maires de communes françaises. Sur les trente mille communes, cela ne devrait pas être difficile, il y a certainement des maires convaincus par les qualités d’un candidat, mais il se trouve que des maires sont l’objet de menaces s’ils se déclarent pro-Zemmour. Même des menaces de mort. Quant à Hidalgo, du haut de ses 2 % d’intentions de votes, elle déclare que ceux qui n’obtiennent pas les signatures ne les méritent pas. On ne saurait être plus vacharde.

    Ces attaques contre Zemmour, dont on ose à peine supposer l’origine sont la négation même de la démocratie (de la quoi ?). C’est pourtant simple : un quidam ambitionne d’être élu, il se présente comme candidat et le peuple décide ou non de l’élire. Auparavant, il devra présenter un programme, convaincre ce peuple et faire face aux critiques. Dans un système bien huilé, ça marche comme sur des roulettes. Mais voilà, le système français n’est plus ce qu’il était du temps, disons, de Coty. Bon, on verra ce qu’on verra ce printemps.

    En attendant, je dédie ma coda à Macron, qu’il mettra sans doute dans sa poche avec son mouchoir dessus. Je cite Pascal :

    Le moi est haïssable.

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  • E ZÜRCHEREI

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    On croit que les cantons romands ont le monopole de la sottise (Genferei). C’est une erreur. Ils ont aussi des cinglés dans la partie alémanique. Voyez plutôt : le Conseil Munidsespoils de la Ville de Zurich vient de décider que les enfants des écoles auront droit à un troisième cabinet de toilettes, soit un marqué B, un second marqué M et un troisième marqué U, soit Buebe, Maitli et Unentschlosse (indécis).

    Ce supplément de cabinet vient à son heure. Quand on pense que pendant des millénaires l’humanité a dû se contenter de deux lieux de toilette (homme/dame) et qu’on ne faisait aucun cas de ceux qui n’étaient ni l’un ni l’autre, on en est stupéfait. Zurich a mis fin à cette lacune. Bravo !

    Non, je plaisante. Ces histoires de non-sexe, de transsexe, de bisexe, de trisexe, et autres catégories m’ont toujours parues inventées. Et qu’elles sont un effet de mode. Je voyais récemment une réunion où un intervieweur se trouvait face à un monsieur (barbu) qui se disait ni homme, ni femme, cela le plus sérieusement du monde. Il y a trente ans, cette attitude ne lui serait même pas venue à l’idée. Quant à l’intervieweur il n’en revenait tout simplement pas.

    D’une manière générale, il y a trop d’hurluberlus qui, pour atteindre le quart d’heure de célébrité mondiale (Andy Warhol) sont présents sur les plateaux de télévision avec des calembredaines qu’ils auraient avantage à garder pour eux. On voit par exemple une dame, d’une laideur offensante, venir parler de sa métamorphose : il était auparavant un homme. On se passerait bien de cette apparition et de ce discours.

    Où cela va devenir palpitant, c’est lors du prochain concours des miss, cette gracieuse tradition qui nous offre à voir de jolies demoiselles tout souriantes, c’est bien agréable. Mais cela risque de l’être moins car désormais les trans seront admis à concourir. C’est-à-dire des gaillards musclés mais cachant qu’ils ont une bistouquette. Ils n’auront je crois aucune chance mais par une conception idiote de l’égalité, ils sont autorisés à participer. Il y en aura certainement qui voudront se rendre ridicule.

    Au chapitre des propositions incongrues, il y a celle de cet édile suédois qui demandait que les hommes fassent leur petite commission assis, comme les dames, mettant ainsi fin à une pratique immémoriale.

    Ce qui m’amène à ma coda, imitée d’une citation célèbre et grandiose de Malraux et dont vous excuserez la trivialité :
    L’homme pissera debout ou ne pissera pas.

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