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  • UN NÈGRE STUPIDE

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    Attention, je n’ai pas dit ‘sale nègre’, qui est une insulte, je le qualifie de stupide, qui est une opinion. Et je dis nègre comme je l’ai toujours dit depuis mon enfance. Comme je continue à dire aveugle et pas non-voyant, sourd et pas malentendant, et ainsi de suite. Ces euphémismes, c’est pas mon truc.

    Cela mis au point, voyons l’affaire Notre homme est trompettiste, comme Louis Armstrong, comme Maurice André. S’il n’était que ça, il n’apparaîtrait pas dans mon fait divers. Mais il est aussi mélanoderme (je varie un peu l’appellation) et à ce titre il l’ouvre toute grande pour s’en prendre, pas gêné, à l’Orchestre Philarmonique de Vienne. Car cette phalange prestigieuse ne comporte en effet pas de subsaharien, pas de Cafres, ni de Hottentots, ni de Pygmées dans leur rangs. Ses musiciens sont tous blancs. Et ses musiciennes, car il y a aussi des femmes, en petit nombre mais il y en a. Passant en revue un certain nombre de grands orchestres occidentaux, je constate également cette blancheur, mâtinée souvent par la présence de violonistes chinoises ou japonaises conquises par cette musique occidentale qui est bien ce qu’on a fait de mieux.

    Une dame d’ailleurs signale à cet assombri que les examens d’embauche des Wiener Philarmoniker se font derrière un rideau et ainsi le jury ne saurait accorder sa voix à une jolie musicienne qui ferait des fausses notes. En théorie, il ne connaît même pas la couleur de sa peau. La musique seule compte.

    De plus on commence à en avoir basta de ces guss au développement moins avancé qui viennent critiquer le nôtre dont nous sommes à juste titre fiers et qui par ses réussites est allé essaimer : si on chante la Neuvième avec faste à Tokyo, s’il y a un orchestre symphonique à Cinccinati, s’il y a à New York un Museum of Modern Art, le MoMA, avec des toiles de Picasso, van Gogh, Matisse, il doit y avoir une raison. Victor Hugo est traduit dans de nombreuses langues, peut-être le lit-on au Tchad ou au Togo dans celle du pays.

    Libre à notre trompettiste de former son propre orchestre symphonique (avec peut-être un quota de musiciens blancs) dans le continent de ses ancêtres, mais s’il vient dans le nôtre, qu’il s’abstienne de pinailler avec des problèmes qui n’existaient pas avant lui.

    Et comme il vient de perdre une occasion de se taire, ma coda sera cet apophtegme percutant de l’ami Desproges :

    Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et ne laisser aucun doute à ce sujet.

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  • Y A DU RAB D’ARABE

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    On demande aux Français d’apprendre l’arabe, et pas qu’un chouia. Dès l’école primaire à ce que j’entends dire. On est parti de ce principe valable en soi que plus on connaît de langues en plus de la maternelle, mieux on se porte. C’est certain et ça fait taire les récalcitrants. Car il y a des teigneux qui ne voient pas la nécessité de se colleter avec cette langue-là.

    Pourtant ce ne sont pas les encouragements qui manquent. Celui de Jack Lang par exemple, qui pantoufle comme directeur de l’Institut du Monde arabe et arrondit ainsi les fins de mois de sa retraite. Il écrit un livre : ‘Langue arabe, trésor de France’. Faut oser. Il nous apprend ce que nous savions déjà, qu’il y a un certain nombre de mots arabes dans la langue française. Et qu’il y en a plus que de mots d’origine gauloise donc celte. Et Lang d’entonner le péan à la gloire des Arabes, de leur riche culture, de ce qu’ils ont apporté au monde. Évidemment avec le poste qu’il occupe, il n’allait pas cracher dans la soupe.

    Mais tout de même, un chouia de réflexion aurait été de mise. La langue gauloise devait suffire aux besoins limités de ses locuteurs. Quand les Romains sont venus, il a bien fallu se servir du latin pour désigner tout ce qu’il apportaient, des légumes et fruits nouveaux, des cirques, des maisons carrées et surtout une langue écrite.

    Kif-kif plus tard dès le quatorzième siècle, quand les marchands vénitiens, dont Marco Polo, allèrent chercher les fabuleux produits de l’Orient proche ou lointain pour les vendre à l’Occident. Dans un colloque animé par un lexicographe, auteur, je vous jure, d’un livre ‘Nos ancêtres, les Arabes’, on constate le même enthousiasme pour les cinq cents mots arabes que contient le français. On épilogue sur le sucre, le café, l’orange, le sirop, l’artichaut, l’un de ces braves va jusqu’à brandir une aubergine dont j’avais appris que le nom venait non de l’arabe mais du sanskrit. Bon, tout ce qui rentre fait ventre, comme on dit.

    Ce soudain tir groupé me paraît suspect. Tout à coup on s’intéresse au vocabulaire arabe, pas aux mots russes bojé moi, allemands, mein Gott, alémaniques, gopferdami. Les medias s’y sont mis aussi. Ne serait-ce pas (je hasarde une hypothèse) pour faire gober par une opinion publique désormais anesthésiée la nécessité urgente d’introduire l’enseignement de l’arabe à l’école et par là se faire bien voir des musulmans de passeport français qui sont donc aussi électeurs. Tout est possible.

    Sur ces intentions candides vient se greffer un problème de taille. L’arabe est surtout parlé. Il compte de nombreux dialectes et on ne se comprend pas entre Marrakech et Le Caire. Quelle variante va-t-on choisir ? Il y aurait certes l’option de l’arabe écrit mais là encore on peut se demander si ce sera efficace, les jeunes de la banlieue française auquel ce programme est destiné ne vont peut-être pas mordre gaîment dans quelque chose qui va les dépasser si on considère leur niveau intellectuel peu chatoyant et aussi leur médiocre soif d’apprendre. Les profs sont unanimes, le français de ces jeunes gentlemen est déjà désastreux alors une langue étrangère…

    Il reste l’espoir pas tout à fait insensé qu’il ne s’agit là que d’un projet et que le gang Macron, à son habitude, ne le mettra pas en œuvre. J’ai déjà pour eux employé cette jolie expression grands diseux, petits faiseux.

    Pour ma coda, une petite phrase pour faire plaisir aux arabophiles cités plus haut :
    Le klebs du toubib, échappant à son caïd de maître, est allé au souk où il a chouravé* bezef couscous. Il a vraiment la baraka.

    7 mots arabes et un mot tzigane, qui dit mieux ?


    * On ne parle jamais de l’apport immense du vocabulaire des Roms dans la langue française.

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