Le blog d'André Thomann - Page 2

  • LE GÉANT NAIN

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    Si vous me demandiez hic et nunc qui est le président (ou présidente) de la Confédération cette année, je ne pourrais pas vous répondre. Pas plus que je ne saurais vous donner la liste de nos sept conseillers fédéraux actuels. Mais c’est sans importance. On peut vivre avec cette ignorance.

    En revanche, je connais le nom du président de la République française et d’un certain nombre de ses ministres. C’est je crois parce qu’ils sont un peu m'as-tu-vu et n’ont pas la discrétion des nôtres. Ils font des discours instructifs mais qui ne correspondent pas à la réalité. Exemple : une certaine Sibeth Quelquechose, elle est porte-parole de gouvernement (un métier maudit). Si j’ai bien compris, elle est chargée de faire connaître les opinions et les décisions de L’Élysée aux populations, et là, c’est la catastrophe.

    Ne voilà-t-il pas qu’elle déclare avec aplomb que le masque est inutile et qu’au surplus elle ne saurait pas, elle, comment le mettre. Cette position est donc celle du président Macron qu’elle se doit de rapporter fidèlement. Mais si on s’intéresse directement au président, on tombe sur une photo où il est en entretien avec le fameux docteur Raoult et on le voit qui porte ce masque inutile. Les Français ne savent plus ce qu’il faut croire. Aux dernières nouvelles, le masque est devenu obligatoire.

    Autre dérapage : les Français sont soumis à un contrôle très strict, confinés sinon peine d’amende, pas de mains serrées pour ceux qui ont le droit de sortir grâce à un Ausweis délivré par la Kommandantur, pas d’embrassade, distance d’un mètre entre les participants.

    Cela ne semble pas concerner notre géant. On le voit sur une autre photo prendre un bain de foule en plein confinement qu’il a lui même ordonné. Il est au-dessus de ça. Il volerait les cloches de Notre-Dame si Gargantua ne l’avait pas fait avant lui.

    Sa marotte, c’est d’aller faire guili-guili aux présidents des pays nains. Il chausse ses bottes de sept lieues et va à Sofia, Budapest -carest, Varsovie, La Haie, Kiev, exprimer la bonne parole européenne et la libre circulation telle qu’il la pratique en France. Il joue les petits chefs, au point qu’un journal satirique néerlandais a titré Macron empereur de l’Europe. Il y en a qui ne respectent rien.

    Ce que notre petit nain peine à comprendre, c’est que l’Europe telle qu’elle a commencé avec la Communauté du Charbon et de l’Acier, nombre de pays n’en veulent plus car elle est devenue la Communauté couscous-merguez.

    Et puis l’Europe ne saurait plus être ni à la Charlemagne, ni à la Habsbourg, des États agglomérés sous la férule d’un despote plus ou moins éclairé, plus ou moins guerrier et qui regroupait des ethnies disparates qui finissaient par se rebiffer. De nos jours, les pays demandent à redevenir des nations, avec leur identité, leurs traditions, leurs jours de fête, leurs mets locaux. La Suisse a particulièrement bien réussi dans cette quête d’identité puisque dans notre pays chaque canton a la sienne, chaque canton est une nation.

    D’où une précieuse diversité. Dans le bâti, chaque canton utilise des moellons différents, un village vaudois ne ressemble pas à un village neuchâtelois. Dans les assiettes aussi mais souvent les mets ne voyagent pas ; je doute qu’on trouve des cardons à Coire mais je n’ai jamais mangé des capuns à Genève, il faut aller dans les Grisons pour goûter ces délicieux pâtés chauds entourés d’une feuille de bette.

    Les Français ont aussi, en fait toute l’Europe, cette diversité mais l’uniformisation et surtout la mort programmée de l’agriculture française font qu’on ne saura bientôt plus ce qu’est un produit du terroir. Le bœuf canadien aux hormones* remplacera le charolais et le limousin et tout le monde sera bien content.

    Je soupçonne le président Macron de n’avoir que peu de goût pour la nourriture et de manger petitement. Faim de pouvoir, ça oui, mais ça le rend suspect. Les Français ont intérêt à le surveiller de près.


    Pour ma coda, une blague genre historique :
    On demande à un vieil Habsbourg un peu déphasé s’il va au match ce soir, il y a Autriche-Hongrie.
    — Ah, et ils jouent contre qui ?



    *Qu’est ce qui va nous pousser si on en mange ?


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  • LES RADIS C’EST LE PRINTEMPS

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    On vient de m’apporter mes premiers radis et rien ne pouvait me faire plus plaisir. D’abord parce j’aime croquer ces petites boules rouges qui amènent de la fraîcheur dans la bouche.

    Ensuite parce qu’ils signifient l’arrivée du printemps dans nos assiettes. Les légumes d’hiver ont leur charme et des potirons sur les étals des maraîchers, c’est autant de soleils à portée de vue. Et une soupe à la courge est un plaisir de gourmet. Mais le défilé des saisons sous nos climats moyens fait que nous avons l’alternance des produits offerts à notre peccamineuse gourmandise.

    Cette succession saisonnière de ce que nous offre la terre, je l’ai constatée avec contentement au marché de Plainpalais que j’ai fréquenté toute ma vie. J’y allais d’abord avec ma mère qui m’a appris à ne pas acheter n’importe quoi. Je l’entends encore dire ‘là je n’achète pas, c’est un revendeur’, sous-entendu il vous vendrait des fraises à Noël et des asperges en janvier. Elle achetait chez le maraîcher du coin ce qu’il avait à offrir tout au long de l’année et j’ai toujours fait de même.

    Nous avons là des producteurs de premier ordre. Il y en a un qui fait ses propres endives disponibles à la fin de l’hiver uniquement et que j’ai apostrophé une fois : elles sont pas belles vos endives, vous m’en mettrez un kilo. C’est vrai qu’elles n’ont pas la prestance des top-modèles qui nous viennent de Hollande, elles sont un peu ébouriffées, mais quand on les mange comme ça, juste à la croque-au-sel, vos papilles sont à la fête.

    Tel autre offre ses propres produits mais va quelquefois fouiner un peu plus loin et nous propose de l’oignon des Cévennes, un régal, ou l’échalote grise au goût plus vif. Tout cela fait que les achats du marché sont ceux d’un gourmet si on sait choisir. Ainsi par exemple, autrefois on achetait des tomates sans autres précisions. Maintenant on achète des noires de Crimée, des roses de Berne, des marmandes. Ce sont toujours des tomates mais le goût est différent et on achètera l’une ou l’autre selon l’usage qu’on veut en faire. C’est un raffinement de gourmet.

    Il va sans dire que mes emplettes se font sans tenir compte des ukases de la bien-pensance contemporaine. J’arrive à un âge avancé sans avoir acheté ni mangé bio sauf peut-être à mon insu. Il m’arrive de cuire mes aliments alors que les crudivores m’assurent que j’ai tort. Je peux aussi me régaler d’une omelette ou d’une tartine au miel, ce que les végans considèrent comme un crime abominable.

    Peut-être que la gourmandise est un billet de longévité, allez savoir. Alors un conseil : ne mangez pas distraitement : quand vous croquez un radis, pensez à ce radis et pas à autre chose. Quand vous buvez un verre de vin ou de whisky (les quantités sont différentes, hé !) concentrez-vous sur ce moment béni. Comme l’a dit le poète, l’éternité, c’est maintenant.


    Pour ma coda, ce commentaire d’un confiné débrouillard :
    Pour m’occuper, je prépare des lentilles farcies. C’est long mais j’ai que ça à foutre.

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  • ALLO DOCTEUR…

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    Hani Ramadan défend son frère et c’est bien normal. Tout le monde en ferait autant, la famille avant tout. Mais il s’y prend mal. Le déclarer innocent de tout n’est pas tenable. Entendons-nous : une astuce juridique veut qu’un accusé jouisse de la présomption d’innocence tant qu’un tribunal ne l’a pas déclaré coupable. Ainsi Landru qui fut dûment guillotiné était présumé innocent jusqu’à la sentence du tribunal qui le condamnait à mort.

    Il en va autrement de la réalité. Lorsqu’un homme est vu par des témoins retirer un couteau sanglant du corps de sa victime, il est évidemment coupable et la presse qui emploie le mot présumé en en parlant commet un impair. On a encore vu récemment le cas. C’était risible.

    Donc Tariq est pour le moment juridiquement innocent. Jusqu’au procès qui décidera. Un procès qui semble mettre du temps à montrer le bout de son nez. Mais qu’y faire ?

    Mais il y a une des actions de frère Tariq où sa culpabilité est déjà palpable, c’est l’adultère. Certes l’adultère n’est pas passible des tribunaux, faut pas les encombrer. Mais il est néanmoins condamné et surtout condamné par son aîné Hani. Or celui-ci s’abstient de parler de cet aspect du problème et il fait bien, il s’agit de sauver les meubles. Car Hani est un farouche adversaire de l’adultère et demande pour sa punition carrément la lapidation, tant ce crime est abominable. Mais il ne peut pas demander la lapidation de son propre frère, ça ne se fait pas. Dilemme !

    Mais j’aimerais aborder un détail qui a cependant son importance. Lorsqu’il parle de son frère, il lui donne du docteur long comme le bras : le docteur Tariq Ramadan. C’est un usage teuton, Der Herr Doktor. L’usage français est de n’appeler docteur que les médecins. T.R. a un doctorat en quelque chose comme la théologie islamique et c’est tout. Un doctorat acquis d’ailleurs par les poils. Mais bon !


    Ma coda est un échange avec un vrai docteur et qui est susceptible de variantes :
    — Docteur, ça me fait mal quand j’appuie.
    — Alors n’appuyez pas.


    Variantes :
    — Docteur, on m’agresse quand je porte la kippa.
    — Alors ne la portez pas.

    — Docteur, on me houspille quand je porte le voile.
    — Alors ne le portez pas.

    Et queue de rat et queue de rat.

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