Le blog d'André Thomann - Page 2

  • ORBAN LE FORBAN ?

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    On lui tombe dessus comme avec une tonne de briques. Dame Ursula parle même de l’exclure de UE. Le gnome de l’Élysée y est allé lui aussi d’un blâme : Uram Orban, c’est pas bien ce que vous faites. Les pays occidentaux de l’UE font chorus, Orban est l’abominable homme de la puszta.

    Mais qu’a donc fait de répréhensible ce Premier ministre hongrois pour s’attirer les foudres de ses pairs ? Il a décrété que le prosélytisme homosexuel ne devait pas s’adresser à des enfants et qu’il ne serait admissible qu’à partir de dix-huit ans. Un adulte fait ce qu’il veut mais les enfants doivent être protégés et n’ont pas à être soumis à des pressions concernant leur orientation sexuelle.

    Sur quoi tout le monde s’est déchaîné : on a parlé d’atteinte à la liberté d’expression, pas moins. Sur ce point, il est bon de préciser ceci : cette liberté n’est pas absolue sous nos climats. Ainsi le First Amendment de la Constitution des U.S.A. mentionne précisément que la pornographie enfantine est interdite. Or, justement cette propagande des homos auprès d’enfants peut être assimilable à de la pornographie et interdite comme telle.

    De toute façon, on peut imaginer qu’Orban, et nous avec, en a un peu marre des extravagances de ces messieurs-dames qui vont défiler dans des Marches de la Fierté en brandissant un drapeau arc-en-ciel et clamant qu’ils sont fiers de ce qu’ils sont. Ces manifestations sont à la fois obscènes et stupides. On ne descend pas dans la rue pour dire qu’on est fier de quoi que ce soit. En manifestant ainsi, les homos attirent les sarcasmes de ceux qui ne le sont pas et qui y vont de leurs qualificatifs péjoratifs : pédés, gouines. Beau résultat !

    Que je sache d’ailleurs, les homosexuels (hommes ou femmes) ne sont pas brimés en Occident et n’ont aucune raison de se sentir victimes. Dans les pays musulmans de stricte observance, c’est autre chose. S’il y a des victimes, c’est nous, qui sommes soumis à ces grotesques cortèges. Mais déjà la défense s’organise. L’UEFA interdit le déploiement des calicots arc-en-ciel pendant les matches de foot. Une bienvenue contre-offensive. Qu’on soit débarrassé une fois pour toutes de ces parasites. Heil Orban !

    Pour ma coda, une blague sur l’Abominable homme, des neiges cette fois :
    Si vous pensez que je suis abominable, qu’allez-vous dire de ma femme ?

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  • JE DIS TOUT

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    C’est ma traduction de ‘coming out’. J’évite les anglicismes, je passe mes week-ends à trouver des équivalents.

    Alors voici :

    Je suis né garçon, et blanc en plus, avec les attributs que cela comporte. Je n’ai jamais voulu devenir une fille. Plus tard, j’ai toujours fait la chose avec des personnes du sexe opposé au mien, lesquelles étaient consentantes. Je n’ai donc jamais violé personne. Marié, je n’ai jamais commis d’adultère. Je n’ai jamais tenu un homme par la main. Je ne m’en suis jamais pris à des petits garçons ni à des fillettes. L’inceste m’était inconnu.

    Or en lisant tout ce qui s’écrit de nos jours sur les pratiques sexuelles, sur tout ce qui est désormais non seulement permis mais recommandé, toutes les riches possibilités, coprophagie, zoophilie, qui s’offrent au baiseur moderne, alors au vu de ce que j’expose ci-dessus, je me pose cette question angoissée : ÉTAIS-JE PERVERS ? Dites-moi que je me trompe.

    Et pour ma coda une citation d’un certain marquis de la Vieuville à peine osée :
    Je lève mon verre au beau sexe des deux hémisphères. Et moi je bois aux deux hémisphères du beau sexe.

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  • ET SI LA PRINCESSE…

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    Petit conte transgenre

    Le journaliste : Si votre altesse voulait bien s’approcher du micro…

    La princesse : Attendez, je ne crois pas que je puisse atteindre la table d’un seul saut. Si vous pouviez reculer un peu cette chaise, je ferai le trajet en deux fois. Merci.

    Le J. : Il vous est donc arrivé…

    La P. : Vous pourriez mettre le micro à mon niveau ? Voilà qui est mieux.

    Le J. : Il vous est donc arrivé quelque chose de peu banal.

    La P. : Vous savez, dans les contes, tout est surprenant et tout est en somme banal.

    Le J. : Expliquez-vous.

    La P. :
    J’habitais donc, j’habite en somme toujours, dans un château royal, mon père étant roi. Derrière le château, il y a un immense parc, avec des arbres magnifiques, des ensembles floraux, enfin, je ne vous explique pas, nous sommes dans un conte et vous pouvez faire aller votre imagination. Au fond du parc, non, pas au fond, il va encore beaucoup plus loin, à perte de vue, disons à une certaine distance du château, il y a un vaste étang où j’ai adoré me promener avant le, comment dire, l’événement. Dans cet étang, au bord de cet étang, il y a des grenouilles, que je me plaisais à observer. Un jour que j’étais assise sur un banc de pierre se déroula le scénario classique que j’avais lu maintes fois dans mon enfance, sans en comprendre la vraie signification. Une grenouille s’approcha de moi, un mâle, comme j’allais m’en apercevoir dans les instants qui suivirent. Il y a évidemment des grenouilles mâles et des grenouilles femelles, ça tombe sous le sens, même si le français donne du féminin aux deux sexes. Vous avez remarqué que lorsque vous regardez une girafe, vous pensez tout de suite à une dame ou une demoiselle, alors que vous êtes peut-être en face d’un mâle. En face, s’il s’agit d’une girafe, c’est évidemment façon de parler. Enfin, passons, mais le détail a son importance, comme vous allez voir. Bref, l’animal s’approche vraiment beaucoup et me dit, sans préambules : Tu me fais la bise ? J’étais un peu surprise par ce procédé direct. Dans mon milieu, à la cour donc, les jeunes gens qui me draguent usent de détours : ils me proposent une partie de tennis, un tour dans leur nouvelle voiture, certains vont jusqu’à vouloir me lire un poème. Tous des hypocrites, si vous voulez mon avis. Leur seule idée, c’est de me sauter* et si ça se trouve, m’épouser pour hériter un jour de la fortune de papa, qui est colossale, comme il est de règle dans les contes. J’étais donc surprise du style de, j’ai envie de dire ‘mon’ grenouille, surprise mais pas choquée. Enfin quelqu’un qui va droit au but, me disais-je. Et puis je savais par mes lectures, que l’animal allait se transformer illico en prince charmant qui serait en même temps l’homme de ma vie. J’ai toujours aimé les grenouilles, que je trouve des animaux sympathiques. C’est donc sans dégoût que je donnai suite à la demande qui m’était faite.

    Le J. : Et là, ce fut la surprise.

    La P. : Vous pouvez le dire. Mais pas la panique.

    Le J. : Au lieu que la grenouille, ‘le’ grenouille, pour parler comme vous, se mue en prince, c’est la princesse qui est devenue grenouille. Comme ça, instantanément ?

    La P. : D’un coup.

    Le J. : Quelle a été votre première impression ?

    La P. : Celle d’une très grande fraîcheur. Nous étions en pleine canicule et il a fait très chaud cette année là. Mon prince, si on peut dire, m’a immédiatement proposé de faire trempette dans l’étang, ce que nous avons fait. Moi qui nage plutôt comme une enclume, toute princesse que je suis, je me suis trouvée batifolant dans l’eau avec une agilité dont vous n’avez aucune idée, comme si j’avais fait ça toute me vie.

    Le J. : Il y a tout de même dû y avoir des moments surprenants. Quand vous vous êtes trouvée avec une voix différente, par exemple.

    La P. : Même pas. Pour mon éducation, on m’a naturellement fait faire de l’aquarelle, apprendre le clavecin, danser et chanter. C’est là que j’étais la moins bonne. Mon professeur de chant avait coutume de dire, pas à moi directement, mais ça m’est revenu aux oreilles : cette fille là, elle chante pas, elle croasse. Bon, ça c’est les corbeaux. Mais il aurait pu dire que je coassais, c’est assez pareil. Il exagérait certes un peu, mais je dois reconnaître que la voix était ce que j’avais de moins bien. Je me suis donc facilement adaptée.

    Le J. : Un qui a dû être surpris, c’est votre compagnon. Lui qui pensait devenir prince.

    La P. : Je n’en suis pas si sûr. J’ai plutôt l’impression que le scénario était arrangé d’avance. Ces histoires de prince transformé en grenouille par une méchante sorcière, c’est un truc qui ne tient pas debout. Vous y croyez, vous ?

    Le J. : Ben, c’est-à-dire que…

    La P. : Allons, allons, ne me dites pas que vous croyez aux sorcières et à ces fariboles.

    Le J. : Ce que j’aimerais savoir, c’est la réaction de vos parents.

    La P. : Là, évidemment, ç’a été le choc. On m’a cherchée partout. On a fait des battues dans le parc. Toute la domesticité qui criait, dans un accès de familiarité excusable vu les circonstances : ‘Marguerite, Marguerite’. Oui c’est mon prénom, ça n’est pas ce que mes parents ont trouvé de mieux. Mais passons. Moi, je rigolais dans mon étang. Il faut vous dire qu’avec mon compagnon, on s’est tout de suite très bien entendus. Il m’a avoué tout de suite qu’il m’aimait, mais qu’il m’aimait en grenouille, pas en princesse. Il avait un peu observé la vie de cour en s’approchant de nuit du château et il avait trouvé ça débile. Je ne pouvais que lui donner raison.

    Le J. : Mais vous, vous étiez aussi amoureuse ?

    La P. : Mais oui, un peu dès le début. Puis je me suis attachée. Il faut dire que Toddy est très gentil, très attaché. J’aime son accent anglais, il est anglais par sa mère. D’ailleurs, si je n’y prend pas garde, je vais l’avoir aussi, cet accent.

    Le J. : Mais j’imagine que vous avez ensuite consulté les plus grandes sommités médicales pour vous redonner, à vous et à votre compagnon, votre forme première. Des dermatologues, des spécialistes en traitements hormonaux. Des exorcistes peut-être.

    La P. : Voilà que vous retournez au surnaturel. Pour moi, il n’est pas question de revenir à ma forme première. Je me trouve bien de ce qui m’est arrivé et je ne changerais pour rien au monde. Si je compare à la cour, la vie de l’étang me paraît infiniment préférable. Oh, c’est vrai, mes parents auraient bien aimé que je redevienne princesse humaine. Déjà que je devais tantôt faire un séjour à Londres pour parfaire mon anglais, puis en France pour le français…

    Le J. : …que vous parlez remarquablement.

    La P. : Je vous remercie du compliment. Mais j’avais une gouvernante anglaise et auparavant, une nurse française. Dans mon milieu, c’était la règle.

    Le J. : Et votre langue maternelle ?

    La P. : C’est celle des contes. Je vous laisse deviner.

    Le J. : En somme, vous êtes heureuse.

    La P. : Parfaitement. Autour de l’étang, j’ai plein de copines. si vous y passez un soir, mais pour cela, il vous faudra un laisser-passer délivré par le Palais, vous nous entendrez tchatcher grave. Vous voyez, l’argot grenouille ressemble beaucoup à l’argot humain.

    Le J. : Permettez-moi une question délicate.

    La P. : Je vous écoute.

    Le J. : Sexuellement, qu’est-ce qui a changé pour vous ?

    La P. : C’est pas délicat, c’est une question normale. Je réponds. En changeant de forme, j’ai bien sûr changé de libido. Elle est devenue saisonnière. (Rêveuse) On s’habitue. Et la saison des amours, je vous jure que c’est quelque chose. Ça coasse dans tous les coins, ça fait chaud au cœur.

    Le J. : Chaud au cœur ? Vous êtes pourtant devenue un animal à sang froid.

    La P. : Mais j’ai gardé certaines expressions de mon passé. Dis donc, vous êtes sympa comme journaliste. J’ai envie de vous faire la bise. (Elle fait mine de lui sauter au visage).

    Le J. : Hé ho, doucement, on ne plaisante pas avec ces choses-là. (Il lui donne un coup violent qui la fait tomber d’abord sur la chaise puis par terre).

    La P. : Quelle brute ! Il m’a fait mal, ce con ! Z’êtes pas sympa !


    * Pour un usage scolaire, ce bout de phrase peut être supprimé.

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