Le blog d'André Thomann - Page 3

  • ILS SE LES FONT COUPER

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    Il y avait déjà eu un précédent. Le théologien Origène (troisième siècle de notre ère) s’était fait couper son service trois pièces en accord avec la Bible, pensait-il. Mais c’était sans doute un cas rare à l’époque.

    De nos jours, ils pullulent. Ils s’appellent les nullos, et dans l’échelle de la psychiatrie ils doivent occuper l’échelon du haut. Car il faut être fou à lier pour se déclarer ni homme ni femme, pour vouloir être un individu sans sexe et demander qu’on vous charcute la bistouquette pour ne plus avoir cet organe honteux qui l’empêche de vivre pleinement. Reste à savoir si un médecin, lié par le serment d’Hippocrate, peut s’autoriser à pratiquer cette opération qui constitue une atteinte à l’intégrité corporelle du ‘patient’. Même si c’est à sa demande. Elle se fait en tous cas aux États-Unis, mais là-bas…

    D’une façon générale, le sexe étant une activité simple et accessible, toutes les prises de positions qu’on nous propose et qui sont la plupart compliquées et souvent farfelues commencent à nous gonfler. On nous parle par exemple du lesbianisme dans une équipe de foot. On nous montre des photos où des joueuses se sucent la pomme, sans doute après un but réussi. Mais on s’en fout, on demande un peu plus de sport et un peu moins d’exhibitionnisme.

    Surtout, qu’on soit hétéro, homo, ou toute autre variante de l’activité sexuelle, on voudra bien garder ça pour soi et ne pas venir encombrer les plateaux de ses fantaisies souvent délétères. On ne voit pas pourquoi la mère d’un petit garçon viendrait le montrer au public déguisé en fille, robe rose et cheveux longs. On est à la limite de la contrainte. Le pauvre petit gars ne sait plus où il en est et en passe de devenir un traumatisé. Beau résultat.

    De même, on ne devrait pas interviewer un monsieur barbu qui déclare être une dame ou même n’être rien de tout ça. Comment peut-on se rendre ridicule à ce point ? Une des lois du genre est la discrétion. On ne parle pas non plus de ses émonctoires, si ce n’est à son médecin. Il est vrai que les médias font leurs choux gras de ces sujets graveleux et on va encore en avoir pour longtemps de ces m’as-tu-vu ridicules.

    Et il y a encore cette mémère, prof d’université s’il vous plaît, qui est venue donner son cours entièrement nue (oui, à loilpé intégral), sans doute pour envoyer un message, mais que peu des étudiants auront compris. J’imagine que certains ont même rigolé, la viande n’étant plus de la première fraîcheur. Ce qui frappe surtout, c’est l’absence de poursuites pour exhibition dans un lieu public. Que fait la police ?

    Pour ma coda, un proverbe français du troisième siècle de notre ère :
    Où y a d’ l’Origène, y a pas de plaisir. C’est débile mais j’ai pas pu résister.


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  • LE POUCE LEVÉ

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    S’il y a une activité qui semble être en déclin, c’est l’auto-stop. Dans mes dernières années de conduite d’une voiture, je ne voyais plus ces pouces levés par des jeunes gens qui demandaient qu’on les transporte. Et c’est bien dommage. C’était une façon gratuite de se déplacer (il n’était jamais question d’argent) et surtout elle illustrait fameusement ce ‘vivre ensemble’ dont on nous rebat de nos jours les oreilles.

    Et c’est pour cette raison que j’ai envie de vous en parler céans. Nous n’avions pas besoin d’un slogan pour nous lier temporairement et sans heurts avec notre prochain qui était un automobiliste ‘riche’ et nous des étudiants impécunieux.

    J’ai souvent pratiqué le stop, en France, en Grande-Bretagne (hitch-hiking) et en Allemagne (per Anhalter). Alors voici quelques épisodes d’une période heureuse où on était tous sympas et où le danger n’existait pas.

    Un type sympa justement, c’était en Angleterre. Il me prend et me dit qu’il ne me mènerait pas très loin car il habitait un village à quelques kilomètres. Mais comme c’était l’heure du lunch, il m’emmenait chez lui et sa femme pourrait me préparer un petit repas. Ensuite il me ramènerait sur la grand route. J’eus droit à une omelette-salade et je pus repartir lesté. C’est des moments qu’on n’oublie pas.

    Mais il y a mieux encore. Un dimanche matin de mai (im wunderschönen Monat Mai) je sortais de Trèves dans l’idée de longer le cours de la Moselle. Un quidam me prend mais me demande de ne pas être pressé car il doit s’arrêter en cours de route car il a affaire dans une localité du parcours. Cette affaire, c’était de payer une facture chez un vigneron. Il aurait pu me laisser en plan, mais non, il m’emmène chez son vigneron et je participe alors à ma première dégustation de vin, de ce fameux riesling de la Moselle. À vingt ans, j’entrais à l’âge adulte. Vive moi ! À mon âge je ne conduis plus mais je continue les dégustations. Nous sortîmes de cave et reprîmes notre route et à l’heure du Mittagessen, mon hôte me paya encore le repas. C’est des moments qu’on n’oublie pas.

    Une autre fois, et là c’est moi qui étais au volant, je prends deux jeunes Italiens en sortant de Boulogne (je rentrais d’Angleterre), ils me dirent qu’ils avaient un rendez-vous urgent le surlendemain à Milan. Un peu plus loin, je pris encore un Allemand qui allait vers le sud. Ambiance très gaie, on était quatre à rire, à trouver que la vie était belle. L’Allemand nous quitta à Dijon et je continuai avec mes Italiens que je déposai à Bellevue en leur indiquant de traverser la route et lever le pouce en direction de l’est. Si je vous raconte cet épisode, c’est qu’il a eu une suite. Deux jours plus tard, je recevais un petit mot : mes Italiens avaient bien honoré leur rendez-vous et me remerciaient de les avoir pris en route. Telles étaient les mœurs de l’époque. J’ai eu affaire à des gentlemen.

    Pour ma coda, encore un peu de nostalgie, la première strophe d’une chanson de Charles Trenet :

    De toutes les routes de France d’Europe
    Celle que j’préfère c’est celle qui conduit
    En auto ou en auto-stop
    Vers les rivages du Midi
    Nationale 7

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  • ON ARRÊTE DE RIRE. C’EST UN ORDRE !

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    On a cette impression que le rire, ce bon rire qui est le propre de l’homme, est en train de disparaître sous les coups de boutoir d’un pouvoir malfaisant qui y voit un adversaire de son idéologie totalitaire. Car ne nous y trompons pas, nous allons vers une dictature généralisée dont même la Suisse pourtant viscéralement démocratique doit craindre les effets.

    Cette mise à l’index du rire n’est certes pas nouvelle. Les religions sont les premières à s’opposer à toute hilarité. Dans aucun des évangiles canoniques (les autres je ne les connais pas) on peut lire cette phase, en entendant cela, Jésus éclata de rire. Jésus ne riait pas, ne souriait même pas. Les chrétiens imitent Jésus au moins sur ce point. Sauf peut-être un moine hilare sur le couvercle d’une boîte de camembert.

    La religion qui rit encore moins, c’est bien l’islam. On y tue pour une caricature qui devait pourtant faire rire si on y était disposé. « Vous avez offensé un milliard de musulmans (cinq cent mille selon la police) vous devez mourir ». On est loin d’une religion de tolérance comme veulent nous le faire croire les sieurs Gemperli, Blancho et les Ramadan brothers. Sont tous pour la dictature du musultariat.

    Deux faits récents me font craindre le pire. Il y a d’abord cette décision du New York Times de ne plus publier de caricatures politiques. Il en avait publié une qui montrait Trump, avec sur la tête une kippa, tenant en laisse Netanyahou. Alors, fâchés les lecteurs, ils ont crié très fort à l’antisémitisme et le journal, la tête basse, s’est excusé.
    Ben fallait pas. Déjà parce que ce dessein n’est antisémite que si on le veut bien. Et ce n’est pas casser du Juif que de dire qu’un président américain a barre sur le Premier israélien. C’est peut-être l’opinion d’un chroniqueur de ce journal, pourquoi ne serait-ce pas celle d’un dessinateur ? Et qu’un journal de la carrure du N.Y.T. décide sous la menace de supprimer les dessins politiques, quelle veulerie ! Quelle atteinte à son propre honneur ! Sont pas capables d’envoyer les critiques se faire voir ?

    Un deuxième exemple (je dis bien deuxième et pas second car il y en aura certes d’autres) de la campagne des antirires (donc des prorides), c’est celui dont est victime le dessinateur Xavier Gorce. Cet excellent artiste dessine des petits pingouins et leur fait dire des choses abominables et drôles. Dans un de ses derniers dessins, il lui fait dire ceci : Si j’ai été abusée par le demi-frère adoptif de la compagne de mon père transgène devenu ma mère, est-ce un inceste ? C’est féroce et j’ai ri de mon meilleur rire. Car ce à quoi on reconnaît les grands caricaturistes, c’est justement leur trait incisif, celui qui porte l’attaque bienvenue contre les ploucs de toute nature. Gorce remet à leur place de la belle manière ces indigents au sexe hésitant qui envahissent les médias en se glorifiant ou en pleurnichant. On ne les a que trop vus.

    Mais c’était sans compter avec la rédaction du Monde. Qui a déclaré regretter la publication de ce dessin qui selon lui se moquait de toutes les victimes d’inceste. Alors que le trait du dessinateur allait of course fustiger les fauteurs d’inceste, ces farfelus qui veulent donner de nouvelles bases à l’activité sexuelle qui avait pourtant bien fonctionné jusqu’à maintenant.

    Cette manie qu’ont désormais les médias de se culpabiliser et de s’excuser au moindre soupçon d’avoir pu choquer une minorité braillarde qui décroche son téléphone pour la moindre offense ne me dit rien de bon. C’est aussi la fin du haussement d’épaules pourtant si nécessaire quelquefois.

    Pour ma coda, une citation de Raymond Devos, un connaisseur.
    Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter.

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